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Discrimination salariale : les PME montrées du doigt

Professionnelle de moins de 30 ans, sans fonction de cadre, travaillant dans un petit restaurant de moins de 20 employés : voilà le portrait de la personne qui subit la discrimination salariale la plus crasse en Suisse. Dans ce cas de figure, entre 52 et 65% de la différence salariale mesurée entre hommes et une femme ne sont pas explicables objectivement. Il s’agit de pure discrimination, qui se chiffre à près de 8 milliards par an. A la veille de la Journée internationale des femmes, le constat est toujours aussi scandaleux. suite

L’analyse approfondie des différences salariales que livre aujourd’hui l’OFS dépeint un tableau toujours aussi sombre sur le front de l’égalité salariale entre femmes et hommes en Suisse. Il était déjà connu que la part inexpliquée des différences salariales – que les experts nomment discrimination salariale – varie énormément selon la branche économique : l’hôtellerie-restauration (65,2%), le commerce de détail (56,9%) et l’industrie des machines (41,7%) détiennent la palme des mauvais exemples. On apprend aujourd’hui que ce sont au sein des PME de moins de 20 employés que les femmes sont le plus discriminées. Plus de 56 % de leur salaire ne s’explique pas par des critères objectifs (voir encadré). Ces PME de moins de 20 personnes représentent 95% des entreprises et occupent 36% des employés en Suisse.

« Le PNR60 sur l’égalité avait déjà pointé la discrimination salariale frappant les jeunes femmes juste après l’apprentissage, avec un manque à gagner de 7% qui ne s’explique pas » selon Valérie Borioli Sandoz, responsable de l’égalité chez Travail.Suisse. L’analyse de l’OFS confirme ce fait : chez les femmes de moins de 30 ans, plus de la moitié de l’écart salarial est discriminant (52,2%), un écart discriminant qui diminue avec l’âge (36,8% chez les plus de 50 ans).

Le secteur public affiche lui un « score » supérieur à la moyenne nationale : 41,7% des différences salariales sont inexpliquées alors que la moyenne suisse est de 39,1%. Dans ce secteur, l’écart de rémunération en général n’évolue pas (16,6%) quand bien même il est inférieur à celui mesuré dans le secteur privé (19,5%).
Chaque mois, ce sont quelques centaines de francs en moins dans la poche des femmes. Et chaque année, l’impact économique global de la discrimination se chiffre à 7,7 milliards. A long terme, les femmes discriminées toute leur vie seront à nouveau pénalisées au moment de leur retraite. Il est utile de rappeler le scandale des chiffres et des enjeux à la veille de la Journée internationale des femmes.
Inégalité salariale : les écarts de salaire entre femmes et hommes sont conditionnés par plusieurs facteurs : des facteurs personnels (âge, formation, ancienneté), des facteurs liés au poste de travail (position professionnelle, niveau de qualification, domaine d’activité) et des facteurs liés aux entreprises (taille de l’entreprise, branche économique, région).

Discrimination salariale : après avoir écarté les facteurs d’explication objectifs par une analyse de régression (modèle d’Oaxaca), les écarts de salaire entre femmes et hommes qui subsistent sont inexplicables et considérés par les experts comme de la discrimination salariale.

Pour plus de détails :
Valérie Borioli Sandoz, Responsable Politique de l’égalité Travail.Suisse, 079 598 06 37

07 mars 2017, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique d'égalité

Réforme de la prévoyance vieillesse 2020: le Conseil national n’a rien appris

Les décisions prises aujourd’hui par le Conseil national dans le cadre de la réforme de la prévoyance vieillesse 2020 témoignent d’aucune volonté de compromis. Visiblement, la majorité des conseillers nationaux et conseillères nationales n’a rien appris de la débâcle de la réforme de l’imposition des entreprises III. Il est clair que la réforme ne réussira pas ainsi. suite

Les débats d’aujourd’hui n’ont pas été marqués par la recherche du compromis mais par un esprit de guerre de tranchée idéologique. « Cela n’est malheureusement en rien utile aux travailleuses et travailleurs assurés », indique Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale à Travail.Suisse. « Ce n’est qu’avec une réforme qui répartisse les sacrifices à faire de la manière la plus juste possible sur différentes épaules et qui crée un équilibre avec des mesures bien compréhensibles que l’on peut gagner une majorité de la population », ajoute encore Kuert Killer.

Or, ce que le Conseil national a décidé aujourd’hui est clairement insuffisant pour une réforme de la prévoyance vieillesse ayant des perspectives d’avenir. Une AVS volontairement sous-financée, la menace d’un âge de la retraite à 67 ans, des réductions dans les rentes de veuves et d’enfants et des mesures de compensation exclusivement via le 2ème pilier ne peuvent que mener à une crise de confiance. Avec un peu plus de doigté, on reconnaîtrait facilement le fait que, dans la situation actuelle, il faut une solide compensation reposant sur les deux piliers de la prévoyance vieillesse pour compenser la baisse du taux minimal de conversion.

Travail.Suisse demeure convaincu que le modèle du Conseil des Etats représente le fondement pour la réussite de la réforme et s’engage avec force pour qu’il finisse par s’imposer.

Pour d’autres informations :
Matthias Kuert, responsable du dossier de politique sociale, Travail.Suisse, tél. 079 777 24 69

28 février 2017, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Le monde politique ne veut pas fixer de limites aux rémunérations abusives

Le Conseil national a rejeté aujourd’hui la motion du conseiller national Jacques-André Maire (PS) « Transparence fiscale pour les hauts salaires des managers » (15.3100) exigeant la transparence fiscale pour les hauts salaires des managers. Le monde politique montre ainsi le peu de cas qu’il fait de la colère suscitée par les rémunérations exorbitantes des managers. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, on rate ainsi la chance de faire la transparence dans la discussion sur les salaires des managers et de mieux comprendre l’utilité de ces hauts salaires pour la collectivité. suite

La motion demande la publicité du registre d’impôt des très hauts salaires des managers. Des registres d’impôts publics cantonaux font partie depuis des années de la tradition helvétique. Ce n’est qu’au cours des dernières années que l’on a limité de plus en plus la publicité du registre d’impôts ou qu’on l’a même supprimée. « Faire la transparence sur les versements d’impôts des « top-managers » aiderait à montrer l’utilité de ces salaires – eu égard au montant élevé des impôts payés – pour la collectivité » indique Jacques-André Maire, conseiller national et vice-président de Travail.Suisse.

Le problème des rémunérations abusives toujours non résolu

Les salaires exorbitants des « top-managers » suscitent l’ire de la population depuis longtemps, ce qui a conduit à son éloignement et à sa perte de confiance envers l’économie. Cela s’est manifesté clairement avec l’acceptation des initiatives sur les rémunérations abusives, l’immigration de masse et le rejet de la reforme sur l’imposition des entreprises III. L’étude sur les salaires des managers de Travail.Suisse montre aussi très bien que l’évolution des salaires des managers n’a pas pu être freinée aussi au cours des dernières années. Depuis 2011, les rémunérations pour deux tiers des CEO et même pour trois quarts des autres membres de la direction ont augmenté – de 21% pour le dirigeant et de 15% pour les autres membres de la direction. « L’initiative sur les rémunérations abusives qui a été acceptée par le peuple ne s’avère pas être un instrument efficace contre les salaires indécents des managers car les possibilités de contournement sont trop nombreuses et les votations sur les rémunérations ne conduisent pas au but recherché » indique Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique à Travail.Suisse. Et de poursuivre : « Le rejet de la motion montre que le monde politique n’a pas du tout la volonté de se saisir du problème des rémunérations abusives des managers ».

Pour d’autres informations:
• Jacques-André Maire, conseiller national et président de Travail.Suisse, Tel. 078 709 48 50
• Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique de Travail.Suisse, Tel. 076 412 30 53

27 février 2017, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Attaque frontale contre la loi sur le travail

La commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national a lancé hier une attaque en règle contre la protection des travailleurs et travailleuses que Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, ne peut pas accepter. La transmission des deux initiatives parlementaires Graber (16.414) et Keller-Sutter (16.423) vise à faire sauter la saisie du temps de travail, à supprimer la limitation de la durée maximale de la semaine de travail et à réduire la durée du repos. Ce cocktail est incompatible avec la santé des travailleurs et travailleuses. suite

Les deux motions qui ont été transmises prévoient de libérer certaines branches économiques et groupes d’entreprises ou de travailleurs et travailleuses du respect de la durée maximale de la semaine de travail de 45 heures et de pouvoir abaisser à huit heures la durée des repos minimaux. Sur le fond, il s’agit de libérer les travailleurs exerçant des fonctions dirigeantes et les spécialistes de la saisie du temps de travail. Cette attaque ne remet pas seulement en question les dispositions centrales de la loi sur le travail mais concerne aussi une grande partie des travailleurs et travailleuses en Suisse en raison de son domaine d’application formulé de manière évasive.

Le stress, la charge de travail et le burnout ont déjà fortement augmenté au cours des dernières années. La perte de la maîtrise de son temps de travail est considérée comme la plus importante détérioration des conditions de travail (voir le Baromètre Conditions de travail 2016). Les initiatives parlementaires qui ont été transmises détérioreront encore nettement plus la situation de surcharge des travailleurs et travailleuses et rendront nettement plus difficile la conciliation de la vie professionnelle, familiale, privée et de la possibilité de formation continue.

« C’est en particulier la suppression de la saisie du temps de travail, rendant impossible les contrôles des dispositions matérielles de la loi sur le travail, qui recèle un danger de travail effectué gratuitement par les salarié-e-s » indique Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique à Travail.Suisse. A l’heure actuelle, les travailleurs et travailleuses en Suisse effectuent déjà environ 200 millions d’heures supplémentaires par année qui, à l’avenir, disparaîtront de la statistique. La décision précipitée de la CER est d’autant plus incompréhensible qu’une dérégulation de la saisie du temps de travail est déjà entrée en vigueur au 1.1.2016 et que l’on n’ait pas attendu une proposition pour une simplification supplémentaire sur la base du compromis des partenaires sociaux.

Pour plus de renseignements :
Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique, bureau : 031 370 21 11, mobile : 076 412 30 53

22 février 2017, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Réinsertion: les employeurs doivent montrer des solutions concrètes

Les finances de l’AI se sont stabilisées. C’est pourquoi il est juste que le Conseil fédéral propose une poursuite sereine du développement de l’AI qui optimise la réinsertion et renonce à des réductions de prestations. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, une meilleure réinsertion requiert, outre l’amélioration de la collaboration de la Confédération et des partenaires sociaux, aussi de nouvelles orientations allant au-delà de l’entreprise individuelle. En revanche, Travail.Suisse considère qu’un système de rente partiellement linéaire est de nature à faire trébucher la réforme. suite

Travail.Suisse soutient largement les propositions présentées aujourd’hui sur la réforme de l’assurance-invalidité, en particulier le renforcement des efforts au sujet des jeunes adultes et des assuré-e-s atteints sur le plan psychique. Les recettes et dépenses de l’AI étant à nouveau en phase entre elles, ce qu’il faut maintenant c’est un développement continu en lieu et place d’une politique trop marquée par des symboles. Il faut aussi renforcer la mise en œuvre des mesures déjà décidées.

Cela n’ira pas si les employeurs ne s’engagent pas davantage

Dans le but de renforcer les efforts de réinsertion, la loi prévoit nouvellement des conventions de collaboration entre la Confédération et les organisations faîtières de l’économie (organisation d’employeurs et de travailleurs). Travail.Suisse se dit prête à collaborer à une telle convention. Celle-ci doit, outre les règles de coordination et les objectifs qualitatifs, inclure le but supérieur – et cela par le bais d’objectifs quantitatifs contraignants – qui est d’intégrer davantage de personnes handicapées dans le processus de la vie active et de parvenir à les y maintenir durablement.

Les employeurs sont en outre mis au défi de présenter des solutions nouvelles car ils n’offrent toujours que trop peu de places de travail pour les personnes ayant un handicap. « Les employeurs ne peuvent pas seulement parler de réinsertion et d’économies dans l’AI et, en même temps, rejeter un quota d’occupation car rien ne bouge alors. Il faut chercher de nouvelles voies », indique Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale à Travail.Suisse. L’apprentissage effectué en réseaux d’entreprise qui est une réussite pourrait servir de modèle à suivre. Ce modèle prévoit la formation commune des apprenant-e-s dans plusieurs entreprises. Avec un tel modèle, les PME peuvent aussi participer aux efforts de réinsertion. Travail.Suisse demande aux organisations d’employeurs de favoriser de telles solutions aussi pour la réinsertion dans la vie active au lieu de continuer à augmenter la pression sur les rentiers et rentières de l’AI.

Un système de rente partiellement linéaire met en danger la réforme

La proposition d’un système de rente partiellement linéaire a déjà contribué à l’échec de la précédente réforme et, avec la majorité parlementaire actuelle, fait de cette réforme factuelle un projet de portée politique symbolique au détriment des personnes concernées. « Le danger est grand que sous couvert d’un système de rente linéaire on pratique une pure politique d’économie » ajoute Matthias Kuert Killer. C’est avant tout le manque de postes de travail et non pas le manque d’incitation pour les personnes concernées qui est le problème de l’AI. Le nouveau système conduira à des réductions de prestations pour les personnes lourdement handicapées (à partir d’un degré d’invalidité de 60%) et ainsi à une plus forte utilisation des prestations complémentaires. Cela ne peut pas et ne doit pas être le but de la réforme.

Pour plus d’informations:
Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale à Travail.Suisse, Tel. 079 777 24 69

15 février 2017, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

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