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Communiqués de presse récents

Prévoyance vieillesse 2020: la voie praticable du Conseil des Etats

En réaffirmant son concept de réforme, le Conseil des Etats montre avec sérieux son souci d’aboutir à un projet de réforme apte à recueillir autour de lui une majorité. Par une combinaison de mesures dans le 1er et le 2ème pilier, il est possible de compenser de façon pragmatique les pertes de rentes provoquée par la baisse du taux de conversion. Le Conseil des Etats a aussi choisi de financer de manière solide l’AVS en confirmant l’augmentation nécessaire d’un point de pourcentage de TVA au minimum. suite

Une compensation des pertes de rentes par le biais des 2 piliers répartit le mieux la charge supplémentaire. La compensation partielle par l’AVS est pour Travail.Suisse une issue plus efficace et plus pragmatique pour compenser les pertes de rentes. Une rente AVS légèrement plus élevée aide à stabiliser le niveau des rentes pour tous dans une période de bas taux d’intérêt dans la LPP qui met les rentes sous pression dans la partie surobligatoire de la prévoyance professionnelle. En prolongeant à 20 ans la génération de transition, le Conseil des Etats confirme aussi son sérieux pour éviter des réductions de rentes.

Ce qui est aussi positif, c’est le fait que le Conseil des Etats, contrairement au Conseil national, veut une AVS solidement financée, avec le point de pourcentage supplémentaire de la TVA. En outre, il renonce à l’unanimité à un mécanisme d’intervention automatique dans l’AVS. Cela aurait signifié carte blanche pour de futures augmentations de l’âge de la retraite, ce qui n’aurait eu aucune chance devant le peuple. Le Conseil des Etats s’en est aussi tenu à agir avec détermination contre les primes de risques abusivement élevées des assureurs (pour les risques décès et invalidité).

Le concept du Conseil des Etats permet de conserver intactes les chances pour un projet apte à recueillir une majorité. Travail.Suisse appelle maintenant les représentants et représentantes les plus responsables des partis bourgeois au Conseil national d’assouplir leur position et d’ouvrir la voie à la réussite de la réforme.

Pour plus d’informations :
Adrian Wüthrich, Président, Tél. 079 287 04 93
Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale, Tél. 079 777 24 69

07 mars 2017, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Le Conseil national ne veut pas de meilleure protection pour les personnes travaillant à temps partiel

Le Conseil national a rejeté aujourd’hui une motion (15.3102) de Jacques-André Maire qui demande que l’on traite de manière égale le travail à temps partiel et le travail à plein temps concernant la réglementation du travail supplémentaire. On renonce ainsi au niveau politique à contribuer à améliorer les conditions-cadres pour le travail à temps partiel. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, regrette que l’on ait raté l’occasion d’améliorer la situation du travail à temps partiel. suite

Avec la réglementation actuelle, le travail supplémentaire commence pour les travailleurs et travailleuses à temps partiel à partir du même temps de travail hebdomadaire que pour ceux à plein temps. Cela défavorise les personnes travaillant à temps partiel car elles doivent effectuer en proportion beaucoup plus d’heures de travail au-delà de la limite du temps de travail contractuel pour parvenir dans le domaine du travail supplémentaire compensé. La motion qui a été rejetée aujourd’hui aurait adapté la limite hebdomadaire du travail supplémentaire au degré d’activité et garanti l’égalité de traitement entre le travail à temps partiel et le travail à plein temps. Avec ce rejet, les personnes travaillant à temps partiel continueront proportionnellement à effectuer beaucoup plus d’heures supplémentaires pour arriver dans le domaine du travail supplémentaire faisant l’objet d’un supplément de salaire obligatoire.

Insuffisance de la promotion du travail à temps partiel

Le travail à temps partiel a cru régulièrement au cours des dernières années et représente maintenant environ un tiers des personnes occupées. Le recul du modèle classique à un revenu et la conciliation de la vie professionnelle, familiale et de la formation continue rendent le travail à temps partiel indispensable. Dans le même temps, il n’y a pratiquement pas de réglementations spécifiques pour les personnes travaillant à temps partiel. On sous-estime en particulier la charge temporelle. Et les réglementations actuelles incitent plutôt à considérer les personnes à temps partiel comme un amortisseur de main-d’œuvre flexible plutôt que de prendre en considération leurs besoins de protection individuelle. Pendant que le milieu politique rappelle constamment que le travail à temps partiel est le moyen pour renforcer la participation à la vie active des femmes et ainsi mieux utiliser le potentiel de main-d’œuvre, il refuse paradoxalement une exigence concrète qui aurait permis d’améliorer les conditions-cadres pour les personnes travaillant à temps partiel.

Pour d’autres informations :
Jacques-André Maire, vice-président de Travail.Suisse, Mobile : 078 709 48 50
Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique, Mobile : 076 412 30 53

07 mars 2017, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Discrimination salariale : les PME montrées du doigt

Professionnelle de moins de 30 ans, sans fonction de cadre, travaillant dans un petit restaurant de moins de 20 employés : voilà le portrait de la personne qui subit la discrimination salariale la plus crasse en Suisse. Dans ce cas de figure, entre 52 et 65% de la différence salariale mesurée entre hommes et une femme ne sont pas explicables objectivement. Il s’agit de pure discrimination, qui se chiffre à près de 8 milliards par an. A la veille de la Journée internationale des femmes, le constat est toujours aussi scandaleux. suite

L’analyse approfondie des différences salariales que livre aujourd’hui l’OFS dépeint un tableau toujours aussi sombre sur le front de l’égalité salariale entre femmes et hommes en Suisse. Il était déjà connu que la part inexpliquée des différences salariales – que les experts nomment discrimination salariale – varie énormément selon la branche économique : l’hôtellerie-restauration (65,2%), le commerce de détail (56,9%) et l’industrie des machines (41,7%) détiennent la palme des mauvais exemples. On apprend aujourd’hui que ce sont au sein des PME de moins de 20 employés que les femmes sont le plus discriminées. Plus de 56 % de leur salaire ne s’explique pas par des critères objectifs (voir encadré). Ces PME de moins de 20 personnes représentent 95% des entreprises et occupent 36% des employés en Suisse.

« Le PNR60 sur l’égalité avait déjà pointé la discrimination salariale frappant les jeunes femmes juste après l’apprentissage, avec un manque à gagner de 7% qui ne s’explique pas » selon Valérie Borioli Sandoz, responsable de l’égalité chez Travail.Suisse. L’analyse de l’OFS confirme ce fait : chez les femmes de moins de 30 ans, plus de la moitié de l’écart salarial est discriminant (52,2%), un écart discriminant qui diminue avec l’âge (36,8% chez les plus de 50 ans).

Le secteur public affiche lui un « score » supérieur à la moyenne nationale : 41,7% des différences salariales sont inexpliquées alors que la moyenne suisse est de 39,1%. Dans ce secteur, l’écart de rémunération en général n’évolue pas (16,6%) quand bien même il est inférieur à celui mesuré dans le secteur privé (19,5%).
Chaque mois, ce sont quelques centaines de francs en moins dans la poche des femmes. Et chaque année, l’impact économique global de la discrimination se chiffre à 7,7 milliards. A long terme, les femmes discriminées toute leur vie seront à nouveau pénalisées au moment de leur retraite. Il est utile de rappeler le scandale des chiffres et des enjeux à la veille de la Journée internationale des femmes.
Inégalité salariale : les écarts de salaire entre femmes et hommes sont conditionnés par plusieurs facteurs : des facteurs personnels (âge, formation, ancienneté), des facteurs liés au poste de travail (position professionnelle, niveau de qualification, domaine d’activité) et des facteurs liés aux entreprises (taille de l’entreprise, branche économique, région).

Discrimination salariale : après avoir écarté les facteurs d’explication objectifs par une analyse de régression (modèle d’Oaxaca), les écarts de salaire entre femmes et hommes qui subsistent sont inexplicables et considérés par les experts comme de la discrimination salariale.

Pour plus de détails :
Valérie Borioli Sandoz, Responsable Politique de l’égalité Travail.Suisse, 079 598 06 37

07 mars 2017, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique d'égalité

Réforme de la prévoyance vieillesse 2020: le Conseil national n’a rien appris

Les décisions prises aujourd’hui par le Conseil national dans le cadre de la réforme de la prévoyance vieillesse 2020 témoignent d’aucune volonté de compromis. Visiblement, la majorité des conseillers nationaux et conseillères nationales n’a rien appris de la débâcle de la réforme de l’imposition des entreprises III. Il est clair que la réforme ne réussira pas ainsi. suite

Les débats d’aujourd’hui n’ont pas été marqués par la recherche du compromis mais par un esprit de guerre de tranchée idéologique. « Cela n’est malheureusement en rien utile aux travailleuses et travailleurs assurés », indique Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale à Travail.Suisse. « Ce n’est qu’avec une réforme qui répartisse les sacrifices à faire de la manière la plus juste possible sur différentes épaules et qui crée un équilibre avec des mesures bien compréhensibles que l’on peut gagner une majorité de la population », ajoute encore Kuert Killer.

Or, ce que le Conseil national a décidé aujourd’hui est clairement insuffisant pour une réforme de la prévoyance vieillesse ayant des perspectives d’avenir. Une AVS volontairement sous-financée, la menace d’un âge de la retraite à 67 ans, des réductions dans les rentes de veuves et d’enfants et des mesures de compensation exclusivement via le 2ème pilier ne peuvent que mener à une crise de confiance. Avec un peu plus de doigté, on reconnaîtrait facilement le fait que, dans la situation actuelle, il faut une solide compensation reposant sur les deux piliers de la prévoyance vieillesse pour compenser la baisse du taux minimal de conversion.

Travail.Suisse demeure convaincu que le modèle du Conseil des Etats représente le fondement pour la réussite de la réforme et s’engage avec force pour qu’il finisse par s’imposer.

Pour d’autres informations :
Matthias Kuert, responsable du dossier de politique sociale, Travail.Suisse, tél. 079 777 24 69

28 février 2017, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Le monde politique ne veut pas fixer de limites aux rémunérations abusives

Le Conseil national a rejeté aujourd’hui la motion du conseiller national Jacques-André Maire (PS) « Transparence fiscale pour les hauts salaires des managers » (15.3100) exigeant la transparence fiscale pour les hauts salaires des managers. Le monde politique montre ainsi le peu de cas qu’il fait de la colère suscitée par les rémunérations exorbitantes des managers. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, on rate ainsi la chance de faire la transparence dans la discussion sur les salaires des managers et de mieux comprendre l’utilité de ces hauts salaires pour la collectivité. suite

La motion demande la publicité du registre d’impôt des très hauts salaires des managers. Des registres d’impôts publics cantonaux font partie depuis des années de la tradition helvétique. Ce n’est qu’au cours des dernières années que l’on a limité de plus en plus la publicité du registre d’impôts ou qu’on l’a même supprimée. « Faire la transparence sur les versements d’impôts des « top-managers » aiderait à montrer l’utilité de ces salaires – eu égard au montant élevé des impôts payés – pour la collectivité » indique Jacques-André Maire, conseiller national et vice-président de Travail.Suisse.

Le problème des rémunérations abusives toujours non résolu

Les salaires exorbitants des « top-managers » suscitent l’ire de la population depuis longtemps, ce qui a conduit à son éloignement et à sa perte de confiance envers l’économie. Cela s’est manifesté clairement avec l’acceptation des initiatives sur les rémunérations abusives, l’immigration de masse et le rejet de la reforme sur l’imposition des entreprises III. L’étude sur les salaires des managers de Travail.Suisse montre aussi très bien que l’évolution des salaires des managers n’a pas pu être freinée aussi au cours des dernières années. Depuis 2011, les rémunérations pour deux tiers des CEO et même pour trois quarts des autres membres de la direction ont augmenté – de 21% pour le dirigeant et de 15% pour les autres membres de la direction. « L’initiative sur les rémunérations abusives qui a été acceptée par le peuple ne s’avère pas être un instrument efficace contre les salaires indécents des managers car les possibilités de contournement sont trop nombreuses et les votations sur les rémunérations ne conduisent pas au but recherché » indique Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique à Travail.Suisse. Et de poursuivre : « Le rejet de la motion montre que le monde politique n’a pas du tout la volonté de se saisir du problème des rémunérations abusives des managers ».

Pour d’autres informations:
• Jacques-André Maire, conseiller national et président de Travail.Suisse, Tel. 078 709 48 50
• Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique de Travail.Suisse, Tel. 076 412 30 53

27 février 2017, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

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