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Pour une assise plus large et moins d’hypocrisie

Actuellement, la libre-circulation des personnes est au cœur de tous les débats sur l’immigration. Il y a toutefois de bonnes raisons de repenser la politique d’admission pour les travailleurs et travailleuses des pays tiers. Cette politique est aujourd’hui dominée par les entreprises multinationales et il règne une grande hypocrisie. Pour surmonter ce malaise, il faut une politique d’admission à l’assise beaucoup plus large et liée à de fortes mesures d’accompagnement. suite

En raison de l’évolution démographique, la Suisse sera aussi à l’avenir tributaire de l’immigration. Cela vaut d’ailleurs aussi pour l’Europe. La Suisse ne pourra donc plus guère recruter en Europe toute la main-d’œuvre dont elle a besoin. La politique d’admission des travailleurs et travailleuses des pays tiers ne correspond d’ailleurs déjà plus aujourd’hui aux besoins de la société et à la réalité. Elle est dominée par les grandes entreprises multinationales et le Conseil fédéral est le seul compétent pour décider. En outre, il existe une réelle hypocrisie dans le sens que seuls les besoins de spécialistes très qualifiés sont officiellement couverts et qu’on préfère cacher le fait qu’il y a environ 100’000 sans papiers.

Pour surmonter cette hypocrisie et faire que la politique d’admission couvre les besoins de l’économie et de la société, une politique d’admission plus flexible est judicieuse. Mais, dans le même temps, il faut veiller à ce que la nouvelle politique d’admission ne conduise pas à une plus grande pression sur les salaires et les conditions de travail et ne contredise pas les buts de la politique de formation et de la politique d’intégration. C’est pourquoi, il est clair pour Travail.Suisse qu’une flexibilisation de la politique d’admission n’est possible que si la question des contingents est discutée plus largement et liée à de strictes conditions. A ce sujet, les thèmes et exigences suivants doivent être mis au premier plan :

- élargir l’assise de la politique d’admission ;
un strict contrôle des salaires et des conditions de travail pour empêcher le dumping salarial et social ;

- des mesures de formation obligatoires en faveur du personnel étranger et le renforcement de la formation professionnelle ;

- une politique d’intégration pour utiliser le potentiel de toute la population.

Ces conditions permettront à la politique d’admission pour les personnes de pays tiers de bénéficier d’une assise nettement plus large, au marché du travail d’être mieux protégé et à la politique d’intégration et de formation la prise en considération des besoins de la société. Ce n’est qu’ainsi que la flexibilisation nécessaire de la politique d’admission pour la maîtrise de l’évolution démographique pourra être acceptée par la population.

25 octobre 2011, Martin Flügel, Président

2e pilier: Protéger les rentes et créer la confiance

Il y a une contradiction dans le 2e pilier. Alors qu’on prêche sans cesse aux assurés la nécessité urgente de réduire les prestations, les assureurs-vie et les administrateurs des institutions de prévoyance empochent chaque année des milliards de francs. En acceptant cette situation, la politique a perdu la confiance de la population. Lors d’une conférence de presse à Berne, Travail.Suisse a présenté, avec Marie-Thérèse Weber-Gobet, conseillère nationale, ses propositions en vue de stopper les fuites et de protéger les rentes. C’est ainsi seulement que la politique réussira à sortir de la crise de confiance. suite

On soûle les assurés avec la nécessité de réduire les rentes tandis que chaque année les fuites du système se chiffrent par milliards. En effet, les assureurs-vie empochent plusieurs centaines de millions de bénéfices, sans parler des administrateurs avec leurs milliards de francs de frais. Jusqu’ici, le Conseil fédéral et le Parlement ont ignoré la contradiction entre le sous-financement prêché et l’abondance réelle. Le non clair des citoyennes et citoyens à l’abaissement du taux de conversion en est le résultat. Cela montre que la politique a perdu la confiance de la population.

Prendre des mesures de confiance

Cet automne, le Conseil fédéral présentera un rapport sur l’avenir du 2e pilier. En même temps, le Parlement discutera de différentes mesures aptes à rétablir la
confiance. Que doit faire la politique pour faire preuve de son sens des responsabilités en matière de prévoyance professionnelle ?

- Les travailleurs et travailleuses assurés auprès des fondations des assureurs-vie doivent participer de façon équitable aux excédents. S’il n’était pas possible d’améliorer la réglementation de la « Legal-quote » au sujet de la distribution des bénéfices – qui n’arrive pas aujourd’hui à stopper la pratique étrangère au but des sommes administrées
- une séparation des assureurs-vie et des institutions de prévoyance est inévitable.

- Les frais d’administration qui s’élèvent à presque 4 mia de francs par année doivent être réduits. Le deuxième pilier n’est pas l’eldorado de l’industrie financière. Des frais d’administration exorbitants et parfois cachés projettent le 2e pilier dans la sphère d’influence des arnaqueurs. Cette situation est indigne d’une assurance sociale et le conseiller fédéral Burkhalter doit immédiatement y mettre un terme.

- Il faut respecter le message clair de la population contre des baisses de rentes. Si des adaptations du taux de conversion sont nécessaires, il faut prendre des mesures de compensation qui empêchent des baisses de rentes à court et à long terme.

Seul un paquet peut recueillir une majorité

Une révision de la LPP ne peut aboutir que si l’on aborde en même temps les trois points mentionnés ci-dessus. Des mesures de compensation pour maintenir le niveau des rentes ne suffisent pas Aussi longtemps que l’argent est à disposition de façon excessive pour les assureurs-vie et les administrateurs, on ne voit pas pourquoi les assurés devraient payer davantage à l’avenir pour des rentes identiques.

30 août 2011, Martin Flügel, Président

Il faut augmenter les salaires !

La Suisse a bien maîtrisé la crise économique passée. Les prévisions restent solides avec une croissance économique de 2.9 pourcent pour cette année et 1.9 pourcent pour 2012. Travail.Suisse et ses fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel & Gastro Union demandent pour 2012 des augmentations de salaires réelles nominales de 1,5 à 3 pourcent. suite

Si l’économie suisse est de plus en plus robuste depuis deux ans, le mérite en revient aussi au très fort engagement des travailleurs et travailleuses. L’augmentation de la productivité en cours, la grande flexibilité et la pression élevée qui s’exerce sur le travail doivent être honorées dans les négociations salariales 2012.

Revendications différenciées, entre 1.5 et 3 pourcent

Comme d’habitude, Travail.Suisse et ses fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel & Gastro Union agissent de façon différenciée et tiennent compte de la situation économique actuelle des différentes branches et entreprises. Les revendications salariales pour l’artisanat, la construction et le secteur des services se situent entre 2 et 3 pourcent nominal (1.3 – 2.3 pourcent réel), pour l’industrie en moyenne à 2% nominal (1.3 pourcent réel), pour les branches du service public de 1.5 à 2.5 pourcent nominal (0.8 – 1.8 pourcent réel)1. Avec la nouvelle échelle salariale dans la convention collective de l’hôtellerie-restauration, il y aura aussi pour les employés de cette branche des augmentations salariales comprises entre 4 et 7 pour cent.

Accent mis sur l’égalité salariale

I faut accorder une augmentation salariale extraordinaire aux femmes. De plus, les entreprises doivent participer au dialogue sur l’égalité des salaires et améliorer la conciliation de la vie professionnelle et familiale et les chances de carrière.

Accent mis sur des augmentations salariales régulières et générales

Des augmentations salariales générales permettent à tous les travailleurs et travailleuses de compenser les coûts de la vie en hausse et de profiter de la reprise économique. Il faut des augmentations salariales régulières au lieu de primes et de versements uniques.

1 Déduction du renchérissement de 0.7 pourcent

03 août 2011, Susanne Blank, Responsable politique économique

Salaires des managers: le self-service continue!

Après une brève interruption passagère dans les années 2008 et 2009 la mentalité de self-service est de retour dans les étages directoriaux. L’étude sur les salaires des managers de Travail.Suisse, l’organisation indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, montre que, ces neuf dernières années, les écarts salariaux se sont élargis massivement. suite

Pour la septième année de suite, Travail.Suisse a examiné, sur la base des rapports annuels, les salaires des managers et membres de conseils d’administration de 27 entreprises suisses. Il s’avère qu’après une évolution affaiblie dans les années 2008 et 2009, la folie ordinaire est de retour dans les étages directoriaux.

2010 : les écarts salariaux s’élargissent toujours plus
L’an passé, les écarts salariaux, à savoir le rapport entre le salaire le plus bas de l’entreprise et le salaire moyen d’un membre de la direction du groupe, ont poursuivi leur progression dans 16 des 27 entreprises examinées (Georg Fischer, Swatch, Ascom, Swiss Life, Nestlé, Bobst, Ruag, Lindt & Sprüngli, Post, Lonza, Swisscom, Clariant, Helvetia, Migros, ABB et Valora).

2010 : l’Ecart salarial de Travail.Suisse est décerné au groupe industriel Georg Fischer

C’est l’entreprise industrielle Georg Fischer qui a présenté l’élargissement le plus fort de l’écart salarial en 2010. En l’espace d’un an, ce dernier a passé de 1 : 14 à 1 : 20, ce qui représente une augmentation de 45 %. C’est pourquoi, l’ « Ecart salarial de Travail.Suisse » est décerné à Georg Fischer.

2010 : le cartel des salaires ne cesse de croître

Le cartel des salaires, formé du groupe des managers qui gagnent au moins 100 fois plus que leurs collaborateurs, continue d’abuser sans vergogne. Comparé à l’année précédente, il a encore poursuivi sa progression et compte en 2010 46 managers et membres de conseil d’administration répartis dans 10 entreprises. Dans le monde à part des étages supérieurs, rien n’a donc fondamentalement changé.

Ecart salarial 2002-2010 : fort déplacement vers le haut

L’évolution des dernières neuf années ne laisse aucun doute : il y a eu un fort déplacement vers le haut de l’écart salarial. Largement ignorées de l’opinion publique, des entreprises comme Implenia, Lonza, Bâloise, Lindt & Sprüngli, Clariant et Ascom voient les salaires de leur direction gonfler dans un esprit de rattrapage vers les rémunérations les plus exorbitantes des grands groupes.

Il faut des mesures offensives

Travail.Suisse constate que l’autorégulation a échoué et que des changements fondamentaux sont de rigueur. En font partie les mesures suivantes : limitation des bonus et interdiction des paiements extraordinaires , imposition des bonus à partir d’un million, votation sur les salaires de la direction du groupe ainsi que la représentation du personnel au conseil d’administration.

20 juin 2011, Susanne Blank, Responsable politique économique

Dix thèses démographiques contre le manque crucial de main-d’œuvre

En 2030, 400‘000 postes de travail resteront vacants faute de main-d’œuvre. Après avoir servi pendant des décennies à peindre le diable sur la muraille en ce qui concerne la prévoyance vieillesse, la démographie est aujourd’hui au centre du débat sur l’immigration. Les deux discussions détournent l’attention du vrai problème : le manque crucial de main-d’œuvre qui menace la qualité de vie en Suisse. Dans un recueil de thèses publié aujourd’hui, Travail.Suisse esquisse un nouveau point de vue sur la démographie et les défis fondamentaux qu’elle nous lance. suite

Le financement de la prévoyance vieillesse a été durant des dizaines d’années au premier plan de la discussion sur la démographie. Mais l’Office fédéral des assurances sociales a enterré depuis lors ses scénarii catastrophe prévoyant des déficits par milliards dans l’AVS.

Pénurie à hauteur de quatre cent mille places de travail : attention à notre qualité de vie !

C’est pourtant dans le manque crucial de main-d’œuvre que réside le défi le plus important de la démographie. Sur mandat de Travail.Suisse, une étude du Bureau BASS parvient à la conclusion qu’en 2030 il manquera 400’000 travailleuses et travailleurs. Un chiffre d’une telle ampleur démontre que le manque crucial de main d’œuvre affectera des domaines fondamentaux pour la qualité de vie de toute la population : manque de personnel dans les hôpitaux et homes, agrandissement considérable des classes de l’école publique en raison du manque de personnel enseignant, restrictions dans le service d’ordre en raison de policiers, suppressions de trains faute de conducteurs de locomotive, etc.

Rendre le marché du travail capable de relever les défis démographiques : utiliser le potentiel de 200’000 travailleurs et travailleuses

Afin d’éviter le manque crucial de main-d’œuvre sans recourir excessivement à l’immigration, le marché du travail doit relever les défis démographiques. Cela signifie renforcer la position des travailleuses et des travailleurs et valoriser les capacités à disposition de la main-d’oeuvre existante. Selon l’étude BASS, les travailleurs âgés et les travailleuses à temps partiel représentent un potentiel de 200’000 travailleurs et travailleuses. Des investissements sont nécessaires dans la santé et la formation des travailleuses et des travailleurs ainsi que dans la conciliation entre activité professionnelle et vie familiale. Cela signifie concrètement : plus de vacances et des conditions de travail adaptées aux travailleurs âgés pour une meilleure santé, plus d’emplois à temps partiel et plus de structures pour la prise en charge des enfants sur l’ensemble du territoire pour une meilleure conciliation et une formation continue obligatoire afin d’augmenter le niveau de formation de tous les travailleurs et travailleuses.

10 thèses démographiques comme pilier thématique du Congrès*

Travail.Suisse présente aujourd’hui sous forme de thèses sa vision de l’évolution démographique et ses revendications portant sur les adaptations nécessaires. Ces thèses seront discutées puis adoptées par les délégué-e-s au Congrès de Travail.Suisse le 10 septembre prochain.

24 mai 2011, Martin Flügel, Président

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