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Initiative Minder: Un non qui conduit à une meilleure solution

La Sec Suisse, l’Association suisse des cadres (ASC) et Travail.Suisse ont décidé de dire non à l’initiative Minder. Pour ces trois organisations, il est évident que les salaires abusifs constatés ces dernières années ne peuvent être justifiés en aucun cas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elles ont soutenu l’initiative Minder lorsqu’elle a été lancée. Mais, au vu du contre-projet du Parlement, l’initiative a rempli sa fonction. Un non à l’initiative Minder conduira à une meilleure solution. suite

Pour le Conseiller national Thomas Weibel, Président de l’ASC, le 3 mars le peuple ne va pas décider s’il faut contrer les rémunérations abusives, mais uniquement se prononcer sur la manière d’agir. Certes, son intitulé est séduisant, mais l’initiative Minder nuit à la place économique suisse et met en jeu des places de travail. Les grandes entreprises ne seraient pas seules à en être affectées : le magasin de fleurs du coin ou le fabricant de produits semi-finis installé dans le village voisin le seraient aussi.

Martin Flügel, Président de Travail.Suisse, ne s’attend pas à ce que le renforcement des droits des actionnaires fasse des miracles. Ce qui, selon l’initiative, peut être atteint sur le plan du contrôle des rémunérations et de la transparence est atteint par le contre-projet. Là où l’initiative va plus loin, elle devient contradictoire et entraîne surtout des coûts à hauteur de millions pour les caisses de pension.

Le Conseiller national Daniel Jositsch, Président de la Sec Suisse et professeur de droit pénal à l’Université de Zurich, souligne que l’élection du Conseil d’administration pour une année continue d’entériner la réflexion à court terme, dommageable, de l’entreprise. Il est en outre plus qu’exagéré, du point de vue pénal, d’infliger une peine privative de liberté à un administrateur d’une caisse de pension s’il a omis d’exercer son droit de vote. De telles mesures n’aident pas à combattre les rémunérations abusives.

Tout compte fait, les trois organisations sont d’avis que les retombées négatives de l’initiative l’emportent et que, pour cette raison, également dans l’optique des employé-e-s et des travailleurs-euses, il faut faire triompher la meilleure solution en disant non à l’initiative.

17 janvier 2013, Martin Flügel, Président

Résultats des négociations salariales 2013: de suffisant à satisfaisant mais décevant pour les femmes et les salaires minimaux

Les négociations salariales 2013 sont en grande partie achevées dans les branches et les entreprises. Avec une conjoncture qui s’est un peu essoufflée et un fort renchérissement négatif, les négociations 2013 ont été rudes. Elles se sont conclues avec des hausses de salaires de 0,7 à 2 pourcent avec un renchérissement négatif de 0,7 pourcent (année 2012). Les revendications des fédérations de Travail.Suisse, Syna, Hotel & Gastro Union et transfair sont en majorité atteintes (1 à 2.5 pourcent). En revanche, les résultats salariaux sont improductifs et décevants pour le besoin de rattrapage auprès des femmes et des salaires minimaux. Il n’y a pas de quoi se réjouir non plus des augmentations générales de salaires car bien trop clairsemées. suite

Voici un aperçu des principaux résultats des négociations salariales :

Le secteur des services, en général satisfaisant : à la Coop, il y a une bonne augmentation de la masse salariale de 1.1 pourcent. Dans divers hôpitaux, les salaires augmenteront entre 0,9 et 1,4 pourcent, de façon individuelle le plus souvent. Dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, les salaires n’augmentent pas pour 2013.

Dans l’artisanat, peu de bonnes négociations : chez les installateurs-électriciens, la masse salariale augmente d’un bon 1,5 pourcent mais hélas seulement de façon individuelle. Le secteur principal de la construction accorde des augmentations générales de 0,5%. Sinon, le second oeuvre, qui connaît toujours une forte expansion, déçoit avec des recommandations salariales individuelles non contraignantes (carrosserie, sanitaire, métal) ou même nulles (fabrication d’orgues, industrie du meuble, menuiserie, tuileries).

Industrie avec peu d’augmentations et en général plus faibles : dans l’industrie il y a encore peu de résultats salariaux mais dominent les conclusions individuelles. Chez Rockwell, c’est excellent avec 1,7 pourcent. Des primes uniques et des résultats nuls (par exemple industrie textile), tel est une nouvelle fois le maigre tableau que présente l’industrie.

Dans le service public, de satisfaisant à bon : à Swisscom, les salaires augmentent l’an prochain de 0,8% en général et de 0,4 pourcent à titre individuel. Dans l’administration fédérale, il y a une augmentation générale de salaire de 0,5%. A la Poste, les salaires augmentent de 0,2 pourcent en général et de 0,8% à titre individuel, à quoi s’ajoute un pourcent de cotisation à la caisse de pension et une prime unique de 500 francs. Aux CFF, les négociations ont été interrompues, les salaires seront augmentés individuellement de 0,5 pourcent.

Pas de progrès pour les femmes et les salaires minimaux – pratiquement pas d’augmentations générales de salaires

Il est décevant que dans les négociations salariales de cette année, on a obtenu presque seulement des augmentations individuelles de salaires. Les fédérations de Travail.Suisse craignent, avec les augmentations individuelles de salaires, le danger d’arbitraire et de favoritisme, en particulier dans les entreprises qui n’ont pas de système de rémunération transparent. En raison du renchérissement négatif de cette année de 0,7 pourcent, qui permet d’augmenter le pouvoir d’achat pour tous avec les salaires actuels, cette inquiétude n’a pas reçu de considération. Un autre motif d’insatisfaction concerne la tendance critique qui se poursuit qui remplace les augmentations régulières de salaires par le versement de primes uniques.

On n’a pas accordé d’attention au besoin de rattrapage pour les femmes et les salaires minima : pour les salaires des femmes, le résultat est décourageant, pratiquement aucun employeur n’étant prêt à aller de l’avant dans l’égalité des salaires. Il n’y a pratiquement pas eu d’augmentations non plus concernant les salaires minima de différentes branches.

18 décembre 2012, Susanne Blank, Responsable politique économique

La fin des baisses fiscales

La situation financière de la Suisse est très bonne. Au cours des dernières années, on a utilisé la marge de manœuvre de politique financière essentiellement pour baisser les impôts. Aujourd’hui, cet argent fait défaut pour des investissements et est nécessaire pour le financement de dépenses augmentant de façon continue pour garantir la qualité de vie et la prospérité future de la Suisse. Voilà pourquoi Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, exige la fin des baisses fiscales. suite

La situation financière des pouvoirs publics en Suisse est excellente. Tant la Confédération que les cantons font des excédents. A nouveau en 2012, les comptes de la Confédération boucleront avec plus d’un milliard de mieux que le budget. Cela fait maintenant neuf ans qu’il en va ainsi et si on cumule les « erreurs de budgétisation » depuis 2004, on atteint la somme de plus de 25 milliards de francs. A cela s’ajoute le fait que la Suisse, selon les calculs de l’OCDE, n’a pratiquement pas de dettes.

La marge de manœuvre dans la politique financière a été jusqu’ici avant tout utilisée pour baisser les impôts. Aujourd’hui, cet argent manque pour des investissements ou le financement de dépenses qui augmentent de façon continue. Cela ne manque pas d’inquiéter parce que les pouvoirs publics doivent s’attendre à un énorme besoin d’investissements et de dépenses croissantes en raison de l’évolution démographique et de l’abandon de l’énergie nucléaire.

Au vu de cette situation, les baisses d’impôt ne sont plus d’actualité. Il s’agit maintenant de stabiliser les recettes existantes et de chercher partiellement de nouvelles sources de financement. Il en résulte pour Travail.Suisse les revendications suivantes :

- Réaménagement des impôts sur les bénéfices : la suppression des privilèges fiscaux actuels ne doit pas être détournée à des fins d’une baisse massive de l’imposition des bénéfices. Si l’on veut arriver à un résultat raisonnable, il faut plus de transparence, un taux minimum pour toute la Suisse et une compensation des baisses fiscales dans certains cantons par un relèvement de l’impôt fédéral sur les bénéfices.

- Impôt fédéral sur les successions importantes : on peut ainsi décharger l’AVS et les actifs en lien avec le vieillissement de la population. Cet impôt limite la concurrence fiscale entre les cantons et œuvre pour une distribution plus équilibrée de la fortune.

- Taxe sur les transactions financières (TTF) : aussitôt que cet impôt sera introduit dans l’UE, la Suisse devra en faire de même. Si dans le même temps, on abolit les droits de timbre, la TTF sera doublement justifiée. En cas d’application des mêmes taux que ceux prévus dans l’UE, une TTF apporterait de revenus d’environ 2,75 milliards de francs.

- Imposition plus élevée des entreprises pour financer l’économie care : la démographie mène à une plus forte croissance de l’économie care (encadrement des enfants, soins etc.), tributaire des contributions des pouvoirs publics. Pour le financement, les entreprises doivent apporter leur contribution car elles bénéficieront aussi d’une meilleure offre en possibilités d’encadrement extra-familial ou prestations de soins. Cette contribution peut se faire sous la forme d’un point de pourcentage supplémentaire de l’impôt fédéral sur les bénéfices ou sous celle de l’introduction de la progressivité de cet impôt.

20 novembre 2012, Denis Torche, Responsable politique fiscale et financière

Les bénéfices des assurances vie dans le 2e pilier: les milliards oubliés de 2011

En 2011 aussi, les assureurs vie ont retiré un gain de plus de 600 mio. de francs du 2ème pilier. L’analyse de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, le démontre. Cet argent manque pour financer les rentes. Les assureurs vie ne dupent pas seulement leurs assurés, ils bloquent aussi tout tentative de réforme du 2ème pilier. Le Conseil fédéral doit maintenant négocier et réduire massivement les gains des assureurs vie. suite

La discussion sur les rentes est de nouveau lancée avec la parution du rapport sur l’avenir du 2ème pilier. Les organisations patronales, les partis bourgeois et les assureurs vie exigent ouvertement une diminution du taux de conversion.

Des gains excessifs bloquent toute réforme

Pour Travail.Suisse, une adaptation du taux de conversion n’est pas un sujet tabou. Mais aussi longtemps que les assureurs vie prélèvent année après année plus d’un demi-milliard de francs du deuxième pilier grâce à une interprétation aventureuse de la répartition des excédents, les réductions de rentes ou des augmentations des contributions sont inacceptables. L’analyse de Travail.Suisse montre que les assureurs du 2ème pilier ont retiré près de 3 milliards de francs depuis 2005. Cet argent manque aujourd’hui pour financer les rentes. La contradiction entre le soi-disant sous-financement des rentes et les gains élevés des assureurs est éclatante et empêche toute réforme du 2ème pilier.

Financer les rentes au lieu de maximiser les gains

Le Conseil fédéral se doit de négocier maintenant. Plus de transparence ne suffira pas. Car malgré une transparence améliorée, rien n’a changé en matière de gains. Travail.Suisse revendique maintenant plus d’argent pour les rentes. Pour cela, les gains des assureurs vie doivent être massivement réduits :

- En premier lieu, les primes de risques doivent être réduites. Les primes d’assurances contre les risques d’invalidité et de mort se montent actuellement à plus du double des prestations versées. Travail.Suisse exige que le total des primes de risques ne se monte pas à plus de 120% du total des prestations effectivement versées.
- Deuxièmement, la quote-part est à augmenter : Travail.Suisse revendique que la part des recettes que les assureurs vie doivent reverser aux employés assurés (= legal quote) passe de 90 à 95% au minimum.

Ces mesures sont nécessaires, afin que l’argent qui appartient aux employés revienne aux employés, et que le 2ème pilier serve à nouveau à la prévoyance professionnelle et pas à la maximisation des profits.

18 octobre 2012, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Les travailleurs et travailleuses méritent des hausses de salaire pour 2013

Les prévisions économiques restent dans l’ensemble réjouissantes pour le reste de l’année et pour 2013, malgré des conditions-cadres difficiles. Au cours de ces années passées incertaines, les travailleurs et travailleuses ont fourni un très grand engagement, qu’il s’agit maintenant d’honorer. Travail.Suisse et les fédérations Syna, Hotel&Gastro Union et transfair exigent pour 2013 des augmentations de salaire de 1 à 2.5 pourcent. suite

L’économie suisse fait preuve de sa robustesse et de sa capacité concurrentielle dans le rude environnement de la crise de la dette et de l’euro. Cela est redevable en particulier au très grand engagement des travailleurs/euses. La productivité en hausse, la flexibilité élevée et la forte pression au travail doivent être honorées de façon correspondante dans les négociations salariales 2013.

Travail.Suisse et les fédérations Syna, Hotel&Gastro Union et transfair agissent, comme il est de coutume, de façon différenciée pour tenir compte des particularités des branches et des entreprises. Les exigences principales sont les suivantes :

Augmentations salariales entre un et deux et demi pourcent

L’engagement élevé au travail des dures années passées doit être honoré pour 2013 sous la forme d’une augmentation de salaire comprise entre 1 et 2,5%. Si l’on tient compte du renchérissement négatif, cela signifie une augmentation de salaire réelle de 0.6 à 2,1%. Le renchérissement annuel prévu de -0,4% ne doit pas être pris comme prétexte par les employeurs pour renoncer à une augmentation de salaire réelle.

Le temps est venu pour des corrections

Les négociations salariales 2013 sont le moment idéal pour procéder aux corrections qui s’imposent depuis un bon moment. Il faut augmenter les salaires les plus bas et minimaux d’au moins 100 francs par mois. Il s’agit aussi de mettre un accent particulier sur l’égalité des salaires avec des augmentations particulières pour les femmes.

Augmentations de salaire générales et régulières

Tous les travailleurs et travailleuses doivent profiter de la croissance économique et des progrès de la productivité. Des augmentations générales de salaire sont le bon moyen pour y parvenir. Au lieu de primes et de versements uniques, nous demandons des augmentations de salaire régulières.

Des augmentations de salaire substantielles soutiennent la consommation privée et concourent à ce que l’économie suisse continue à rester sur le chemin de la croissance.

02 août 2012, Susanne Blank, Responsable politique économique

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