Thèmes – Autres points forts

Traduire en actes les déclarations sociales de Hollande et Juncker !

Avec le thème d’une société juste, des emplois de qualité et des droits des travailleurs, le Syndicat européen (CES) a tenu son congrès à Paris. Le fait que François Hollande, président de la République française et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne y aient participé montre l’importance de la CES (voir encadré) en tant que force d’influence en Europe. suite

Mais si les déclarations fortes « prosyndicales » des « grands » de l’Union européenne ont été appréciées, il faudra maintenant les traduire en acte ont rappelé à plusieurs reprises divers intervenants. En tout cas, le nouveau secrétaire général qui a été élu, Luca Visentini (Italie) – il succède à ce poste à Bernadette Ségol (France) – ne veut pas perdre de temps : « La première chose que je ferai lundi matin sera d’écrire une lettre au Président de la Commission européenne pour le rencontrer » a-t-il indiqué dans son allocution de nouveau secrétaire général, devant un tonnerre d’applaudissements.

C’est que Juncker est plein de bonnes intentions : relancer le dialogue social en panne, assurer que le contrat à durée indéterminée soit bien la règle en Europe, concrétiser le principe à travail égal, salaire égal au même lieu de travail. Mais voilà : ces dernières années, l’UE a fait primer les libertés économiques sur les droits sociaux, s’est ingérée dans les affaires des partenaires sociaux en refusant des accords conclus au niveau européen entre les représentations d’employeurs et la CES (exemple du secteur de la coiffure). Il est donc logique d’attendre Juncker au contour.

C’est que depuis la crise financière de 2008, la situation sociale et économique en Europe n’a guère évolué favorablement : la croissance retrouvée tout récemment reste fragile et est insuffisante pour résorber le chômage. Le nombre de travailleurs pauvres, le travail à temps partiel involontaire et le travail précaire ont augmenté.

Un programme d’action sur trois piliers

Dans ce contexte très difficile, le congrès de la CES a adopté un programme d’action 2015-2019 et un Manifeste (version résumée du programme d’action) reposant sur trois piliers : le premier pilier veut une économie forte au service des citoyens. La CES demande un programme d’investissement annuel de 2 pourcent du PIB dans l’UE sur les 10 prochaines années pour créer des emplois. Une large place est faite aux emplois verts. C’est d’ailleurs à Paris que se tiendra à la fin novembre la conférence de l’ONU sur le climat. La protection de l’environnement et l’emploi vont de pair. Car une planète morte ne crée pas d’emplois.

Le second pilier veut des syndicats plus forts pour la défense de la démocratie au travail. Il faut renforcer les systèmes de négociation collective affaiblis par la crise et refuser l’ingérence des pouvoirs publics. Il faut aussi respecter le droit de grève, introduire un salaire minimum légal fixé en accord avec les partenaires sociaux.

Le troisième pilier veut un socle de normes sociales ambitieuses. Un protocole de progrès social européen doit faire partie de la Constitution de l’UE, pour combattre le dumping social et réaffirmer que les droits fondamentaux prévalent sur les libertés économiques.

Une cascade de résolutions d’urgence

Les délégué-e-s ont aussi adopté toute une série de résolutions d’actualité brûlante : crise des réfugiés en Europe, référendum au Royaume-Uni sur son appartenance à l’UE ou encore le droit de grève qui est mis sous pression en Espagne.

Travail.Suisse était bien représenté à ce Congrès, avec la participation d’Adrian Wüthrich, nouveau président de Travail.Suisse et Arno Kerst, président de Syna. A noter aussi que trois personnes de Jeunesse.Suisse ont participé en tant qu’observateurs. Ils pourront se réjouir du fait que le Congrès ait accepté d’améliorer la participation des jeunes dans la représentation des instances du syndicat européen. La question se pose d’ailleurs toujours aussi pour les femmes : une résolution a donné le mandat à la nouvelle équipe de la CES de favoriser une meilleure représentation des femmes dans les différents organes.

La CES doit devenir plus proactive

Depuis 2011, date du précédent congrès (Athènes) on a vu une CES plutôt sur la défensive et réactive dans un contexte de politiques d’austérité. Afin que la CES soit plus offensive et proactive, le congrès a adopté un document sur le rôle de la CES pour la période 2015-2019. Il s’agira de mieux fixer les priorités et de revoir les modes de fonctionnement afin de peser davantage sur les institutions de l’Union européenne. Une première occasion lui est donnée : en soutenant l’initiative citoyenne 1 que la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) a annoncée en primeur au Congrès pour améliorer les salaires et les conditions de travail dans cette branche au niveau européen.

1 Il s’agit d’un instrument récent de l’UE qui, avec la récolte d’un million de signatures au niveau de l’UE, permet de proposer des modifications du droit européen. On peut faire une comparaison avec l’initiative populaire que l’on connaît en Suisse.

Le syndicat européen (CES) en bref

Le syndicat européen (CES) a été fondé en 1973 et regroupe 90 confédérations syndicales nationales de 39 pays européens et 10 fédérations syndicales européennes. Son principal objectif est d’assurer la voix du monde du travail en Europe, en premier lieu auprès de l’Union européenne. La CES agit en faisant du lobbying auprès des institutions européennes, en particulier auprès de la Commission et du Parlement européen et prend position sur la plupart des lois européennes qui concernent de près ou de loin les intérêts des travailleurs et travailleuses en Europe.

La CES peut aussi mobiliser via ses confédérations syndicales nationales et organise régulièrement de grandes manifestations au niveau européen.

Enfin, la CES joue un rôle important pour la promotion du dialogue social en Europe en prenant part à la négociation d’accords avec les confédérations d’employeurs européens. Parmi les princi-paux accords existant au niveau européen, on peut citer celui sur le congé parental (révisé en 2009), le travail à temps partiel (1997) ou encore le stress lié au travail (2004).

12 octobre 2015, Denis Torche, Responsable politique internationale

Pour la fin de l’austérité et relancer la croissance et l’emploi

Avec le thème d’une société juste, des emplois de qualité et des droits des travailleurs et travailleuses, le Syndicat européen (CES) tient à la fin du mois de septembre son congrès quadriennal à Paris. La CES y adoptera un Manifeste et un programme d’action pour les quatre ans à venir. Le congrès sera aussi l’occasion de réfléchir au mandat de la faîtière syndicale européenne et de ses moyens et méthodes d’action dans le but de renforcer son influence auprès des institutions européennes. suite

Le précédent congrès de la CES qui s’était tenu à Athènes en mai 2011, avait été placé sous le signe de la mobilisation contre la politique d’austérité et pour l’Europe sociale. Force est de constater que, malgré les quatre années qui ont passé, la situation sociale et économique en Europe n’a guère évolué favorablement : la croissance retrouvée tout récemment reste fragile et surtout est insuffisante pour résorber significativement le chômage.

Ainsi, pour ne prendre que quelques chiffres, le chômage a atteint un niveau record en 2013 avec 26,6 millions de personnes, dont 5,6 millions de moins de 25 ans. La Grèce et l’Espagne sont confrontés à des taux de chômage de près de 25 pourcent. Le nombre de travailleurs pauvres, le travail à temps partiel involontaire, le sous-emploi et le travail précaire ont augmenté tout comme les divergences et les inégalités au sein et entre les marchés nationaux du travail. Les femmes, les jeunes, les travailleurs migrants, les personnes handicapées et les groupes les plus vulnérables ont continué à être proportionnellement plus affectés par la crise et ses retombées. 1

Un programme d’action reposant sur trois piliers

Dans ce contexte très difficile, pour peser davantage sur les institutions européennes, le congrès de la CES prévoit d’adopter un programme d’action reposant sur trois piliers : le premier pilier veut une économie forte au service des citoyens. La CES réclame dans ce cadre une politique de relance basée sur les salaires et un programme d’investissement annuel de 2 pourcent du PIB sur les 10 prochaines années pour créer des emplois de qualité. Une large place est faite aux emplois verts avec la nécessité de développer des systèmes énergétiques durables.

Le lieu du congrès de la CES est le même que celui qui accueillera la conférence de l’ONU sur le climat en décembre 2015 et le syndicat européen milite pour une réduction des gaz à effet de serre de 40 pourcent d’ici 2030 mais aussi pour une transition juste ; car la lutte contre le réchauffement climatique peut mettre des secteurs économiques en difficulté et il est nécessaire que les travailleurs et travailleuses qui perdront leur emploi soient soutenus par des mesures de formation ou de reconversion professionnelle.

Le second pilier veut des syndicats plus forts pour la défense des valeurs démocratiques et de la démocratie au travail. Il s’agit ici de renforcer les systèmes de négociation collective qui ont été affaiblis par la crise. La CES refuse toute ingérence des autorités publiques dans le dialogue social. Il faut aussi respecter le droit de grève, introduire un salaire minimum légal là où les syndicats le réclament, fixé en concertation avec les partenaires sociaux.

Le troisième pilier veut un socle de normes sociales ambitieuses. L’élément principal de ce pilier est la demande d’adoption d’un protocole de progrès social européen, à joindre aux traités de l’UE, pour combattre le dumping social et réaffirmer que les droits fondamentaux prévalent sur les libertés économiques. La directive sur le détachement des travailleurs doit être révisée pour garantir le principe de l’égalité de traitement, c’est-à-dire un salaire égal au même lieu de travail. Concernant la libre circulation des personnes, la CES la soutient au nom de l’égalité mais elle précise bien qu’elle ne doit pas être utilisée par les employeurs comme moyen de réduire les normes nationales et d’augmenter les emplois précaires.

La CES doit devenir plus proactive et plus offensive

Les quatre années qui ont passé depuis 2011 ont vu une CES plutôt sur la défensive et réactive qu’offensive et proactive. C’est que le contexte économique très difficile avec l’austérité en première ligne ne laissait que peu de marge de manœuvre. Le document sur le rôle de la CES pour le prochain mandat 2015-2019, qui sera aussi discuté au Congrès de Paris, contient des orientations pour une CES plus proactive, plus capable d’influencer l’agenda européen. Si la reprise se confirme en Europe, la CES pourra évoluer dans un contexte plus favorable. Mais il est aussi important que les syndicats nationaux stoppent l’érosion de leurs membres car dans beaucoup de pays on constate une baisse du taux de syndicalisation. Une CES forte ne peut l’être que si les confédérations syndicales et les fédérations syndicales nationales qui la composent le sont aussi.

Avec Hollande et Juncker

Lors de l’ouverture du congrès, les interventions de François Hollande, Président de la République française, Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne et Martin Schulz, Président du Parlement européen, sont prévues Ce « beau monde » au plus haut niveau européen montre l’importance accordée à la CES dans le processus de construction européenne. Puissent ces interventions donner à la CES un surcroît de force pour mener à bien son mandat pour une Europe plus sociale, plus juste et plus favorable aux intérêts des travailleurs et travailleuses de toute l’Europe.

p(footnote). 1 CES – Rapport d’activités 2011-2015, p. 20.

Le syndicat européen (CES) en bref

_Le syndicat européen (CES) a été fondé en 1973 et regroupe 90 confédérations syndicales nationales de 39 pays européens et 10 fédérations syndicales européennes. Son principal objectif est d’assurer la voix du monde du travail en Europe, en premier lieu auprès de l’Union européenne. La CES agit en faisant du lobbying auprès des institutions européennes, en particulier auprès de la Commission et du Parlement européen et prend position sur la plupart des lois européennes qui concernent de près ou de loin les intérêts des travailleurs et travailleuses en Europe. _

Lorsqu’il s’agit de sujets très importants comme les politiques d’austérité ou des projets de plan d’investissements, la CES peut aussi mobiliser via ses confédérations syndicales nationales et organise régulièrement de grandes manifestations au niveau européen.

Enfin, la CES joue un rôle important pour la promotion du dialogue social en Europe en prenant part à la négociation d’accords avec les confédérations d’employeurs européens. Parmi les principaux accords existant au niveau européen, on peut citer celui sur le congé parental (révisé en 2009), le travail à temps partiel (1997) ou encore le stress lié au travail (2004).

28 septembre 2015, Denis Torche, Responsable de la politique internationale

Conférence internationale du travail 2015 : travail décent toujours en point de mire

La Conférence internationale du travail, qui se tient chaque année à Genève au début de juin, vient d’achever ses travaux. Les points forts, cette année, ont été l’adoption d’une recommandation sur l’économie informelle, la création d’emplois décents et productifs dans les petites et moyennes entreprises et les travaux de la commission de l’application des normes avec un accent mis sur les travailleurs ruraux. suite

L’économie informelle fait référence à toutes les activités économiques des travailleurs et travailleuses qui ne sont pas couvertes – dans la législation ou la pratique – par des dispositions formelles ; par exemple le droit du travail, la santé et la sécurité au travail ou la protection sociale. On estime que plus de la moitié de la main-d’œuvre mondiale travaille dans l’économie informelle, ce qui représente un énorme obstacle sur la voie du travail décent. L’économie informelle est donc un enjeu majeur pour le droit des travailleurs et travailleuses, notamment l’accès aux principes et droits fondamentaux du travail et à la protection sociale. L’économie informelle a un impact négatif sur le développement d’entreprises durables. Le Bureau international du travail (BIT) estime que 90 pourcent des entreprises qui emploient de 10 à 250 personnes sont informelles.

Adoption d’une recommandation sur l’économie informelle

La plupart des gens entrent dans l’économie informelle non pas par choix mais par manque de débouchés dans l’économie formelle. L’adoption de la recommandation, qui a rang de norme internationale du travail, facilitera la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle. Elle prévoit des stratégies de croissance axées sur la création d’emplois de qualité ainsi qu’un cadre réglementaire. Ce dernier comprend l’application des droits fondamentaux au travail, le dialogue social, l’égalité, l’entrepreneuriat, les qualifications et la gestion, l’accès au crédit et au marché et l’extension de la protection sociale.

L’adoption de la recommandation contre le travail informel devrait aider des centaines de millions de travailleurs et travailleuses à sortir de l’informalité pour entrer dans l’économie formelle. Mais le plus important a souligné le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) Guy Ryder sera surtout de la mettre en pratique.

Améliorer la qualité de l’emploi et la productivité dans les PME

Le gouvernement suisse a fait preuve de beaucoup d’engagement dans la commission sur les PME et la création d’emplois décents et productifs. C’est que notre pays se sent particulièrement concerné au vu de sa structure économique. En effet, en Suisse les PME (jusqu’à 250 employés) représentent près de 99 pourcent des entreprises et environ deux-tiers des emplois. Notre pays a mis l’accent dans les débats sur les questions de l’accès au crédit, du financement, des allégements administratifs des PME et de l’importance du partenariat social. Cela est certes nécessaire mais il ne faut pas oublier d’autres aspects essentiels qui sont les conditions de travail et salariales ainsi que la représentation syndicale dans les petites entreprises. En effet, le rapport du BIT 1 qui a servi de cadre aux débats, met en exergue le fait que dans les petites entreprises le dialogue social, la productivité, les conditions de travail et salariales, la santé et sécurité au travail tendent à être plus faibles que dans les plus grandes entreprises.

Un autre aspect qu’il fallait aussi souligner est le fait que c’est souvent moins la taille de l’entreprise qui est déterminante mais le secteur d’activité qui peut représenter des déficits de travail décent. C’est pourquoi, nous avons demandé que les conclusions de la commission soient aussi ciblées sur les PME actives dans des branches qui offrent généralement des conditions de travail plus précaires, comme l’agriculture, l’hôtellerie-restauration, le nettoyage, le bâtiment, certaines industries comme le textile.

Les conclusions adoptées par la Conférence concernant les PME et la création d’emplois décents et productifs recensent les obstacles (déficit de travail décent, santé et sécurité faible) et proposent des mesures pour y remédier (accès au financement, création de réseaux d’entreprises mais aussi nécessité du dialogue social et soutien des pouvoirs publics). Les programmes de soutien de l’OIT aux PME qui existent déjà devraient être développés mais aussi mieux inclure les partenaires sociaux, en particulier les syndicats.

L’emploi vert aussi au centre des débats

Cette session a aussi été marquée, sous le titre « Le changement climatique et le monde du travail » par un débat de haut niveau, avec la participation du Président de la France François Hollande, sur la nécessité de lutter contre le changement climatique en développant les emplois verts et les éco-professions. L’OIT, de par sa structure tripartite – gouvernements, syndicats, employeurs – est particulièrement bien placée pour jouer un rôle important dans la promotion des emplois verts et du développement durable.

La commission de l’application des normes s’est penchée d’abord sur le sort des travailleurs ruraux. Sous le titre « Donner une voix aux travailleurs ruraux » le rapport y relatif a mis en évidence la nécessité de promouvoir le droit d’association des organisations qui représentent les travailleurs ruraux. C’est que l’agriculture reste un secteur très important dans le monde et qu’il compte un nombre considérable de travailleurs et travailleuses très vulnérables avec des conditions de travail souvent déplorables et des salaires misérables, en Suisse aussi. Ainsi, il n’a toujours pas été possible de conclure une convention collective de travail dans le secteur de l’agriculture en Suisse, comme l’a relevé le représentant des travailleurs suisses.

Lutter contre le travail forcé au Qatar et en Erythrée

La commission a examiné cette année les cas de 24 pays qui connaissent de graves problèmes d’application de conventions internationales du travail qu’ils ont ratifiées. On retiendra cette année les cas de l’Erythrée et du Qatar, pour violation de l’application de la convention no 29 sur le travail forcé. Ces deux cas ont des implications directes pour notre pays : dans le cas de l’Erythrée, l’enrôlement de force dans l’armée, en violation de la convention no 29, conduit à faire des requérants d’asile erythréens, le groupe le plus important des demandeurs d’asile en Suisse. Quant au Qatar, on lui reproche son système du kafala qui enchaîne le travailleur migrant à son employeur. Comme ce pays organise la coupe du monde de football en 2022, les pressions exercées pour qu’il mette fin à ces pratiques de travail forcé sont bienvenues et peuvent être efficaces. La Suisse est concernée par le fait que la FIFA, qui a son siège est en Suisse, doit faire pression sur le Qatar pour qu’il garantisse des conditions de travail dignes sur les grands chantiers ouverts en prévision de la coupe du monde de football.

Parmi les 24 pays qui se sont retrouvés sur la sellette avec des lacunes graves d’application, on peut citer des pays dans lesquels notre œuvre d’entraide Brücke Lepont soutient des projets de coopération. C’est le cas de la Bolivie avec la convention no 138 sur l’âge minimum (travail des enfants), du Honduras avec la convention no 81 sur l’inspection du travail et de EL Salvador avec la convention no 87 sur la liberté syndicale.


1 Les petites et moyennes entreprises et la création d‘emplois décents et productifs. Rapport IV, 76p, Bureau international du travail, Genève.

23 juin 2015, Denis Torche, Responsable politique environnementale, fiscale et extérieure

Business mondial – responsabilité globale

Une coalition de 60 organisations lance l’initiative pour des multinationales responsables. Soutenez cette initiative en récoltant des signatures! suite

Conditions de travail inhumaines dans les usines de textiles en Europe de l’Est et en Asie ; travail des enfants dans des plantations de cacao en Afrique ; émissions mortelles de dioxyde de soufre en Zambie – autant d’exemples de violations des droits humains dans lesquelles des sociétés domiciliées en Suisse sont impliquées. En 2011, une vaste coalition d’organisations a constitué la campagne «Droit sans frontières» et lancé une pétition. Le Conseil fédéral et le parlement continuant de miser sur le seul bon vouloir des entreprises, l’actuelle initiative demande une preuve de diligence qui doit prévenir les violations des droits humains et les atteintes à l’environnement par des multinationales suisses à l’étranger.

Respecter les droits de l’homme et l‘environnement

L’initiative demande:
a) les entreprises doivent respecter partout dans le monde les droits de l’homme et les normes environnementales internationales; elles doivent veiller à ce que ces droits et ces normes soient également respectés par les entreprises qu’elles contrôlent.
b) les entreprises ont un devoir de diligence à mettre en œuvre; elles doivent notamment examiner quelles sont les répercussions effectives et potentielles sur les droits de l’homme et sur l’environnement et prendre des mesures appropriées en vue de prévenir toute violation de ceux-ci.
c) Les entreprises sont également responsables du dommage causé par elles-mêmes et par les entreprises qu’elles contrôlent.

«Qualité suisse» grâce à la preuve de diligence

Brücke • Le pont, l’œuvre d’entraide de Travail.Suisse, est régulièrement témoin de violations des droits de l’homme et des atteintes à l’environnement par des multinationales. En 2014 dans l’état du Piauí au Brésil, des milliers de personnes protestaient contre l’arrivée d’entreprises minières, craignant des expulsions et des dégâts écologiques. Des jeunes journalistes, formés par un projet de Brücke • Le pont, ont tourné un film documentaire et diffusé l’information par radio atteignant plus d’un million d’auditeurs et auditrices. Brücke • Le pont vous invite à signer l’initiative pour des multinationales responsables. Les pays en développement et la Suisse en profiteront. Dorénavant, «Qualité suisse» doit également désigné le comportement éthique et durable des multinationales suisses à niveau mondial.

Nous vous invitons à récolter des signatures pour l’initiative auprès de vos connaissances et sur votre place de travail. Les talons sont à télécharger ici : http://www.bruecke-lepont.ch/fileadmin/user_upload/diverses/fr/Kovi-Bogen_A4_FR.pdf

Prenez en considération que seules les personnes ayant le droit de vote peuvent signer l’initiative – listées par commune. Utilisez donc plusieurs talons pour votre récolte de signatures! Vous trouverez de plus amples informations sur www.initiative-multinationales.ch. Nous vous prions d’envoyer les signatures récoltées à Brücke • Le pont, Rue St-Pierre 12, 1700 Fribourg. Merci!

28 avril 2015, José Balmer, Brücke-Le pont

Brücke • Le pont étend sa sphère d’activité au Honduras

La situation difficile dans laquelle se trouvent les jeunes au Honduras, en Amérique centrale, nécessite qu’on leur vienne en aide. La violence permanente qui sévit dans les quartiers pauvres vient s’ajouter au manque de formation et au chômage, ce qui aggrave encore les difficultés de la vie pour les jeunes. C’est pourquoi nombre d’entre eux émigrent aux Etats-Unis, illégalement et sans qualifications, incertains de l’avenir. suite

Brücke • Le pont a acquis de précieuses connaissances avec ses projets destinés aux jeunes et mis en place au Salvador, pays voisin du Honduras. Trois organisations partenaires y offrent aux jeunes gens des cours de formation professionnelle, de courte durée et axés sur la pratique, et elles adoptent avec eux des mesures visant à prévenir la violence. Trois autres projets soutiennent des travailleuses, les aidant à faire valoir leurs droits. Ces expériences sont désormais mises à profit dans le programme développé au Honduras. Pendant l’été 2014, les premiers projets pilotes ont commencé dans les quartiers pauvres de la capitale Tegucigalpa. De même, un échange a déjà eu lieu entre les organisations partenaires des deux pays.

La formation professionnelle constitue une bonne base

L’offre destinée aux jeunes issus de milieux pauvres est orientée vers les besoins du marché du travail, et en fonction de leurs capacités. Ces cours ne durent que quelques mois, car les jeunes gens se livrent à des petits boulots pour gagner leur vie et ne peuvent pas suivre de longues formations. Mais cette formation de brève durée, axée sur la pratique, leur ouvre déjà des portes vers un meilleur emploi dans la restauration, la boulangerie-pâtisserie, la coiffure et les soins esthétiques, la couture, la menuiserie, l’informatique, l’électricité, la comptabilité ou le service de messagerie.

Voler de leurs propres ailes

La formation permet à de nombreux jeunes de trouver un poste fixe sur le marché du travail officiel. D’autres utilisent les compétences nouvellement acquises pour devenir indépendants dans un secteur informel, seuls ou avec d’autres jeunes partageant les mêmes intentions qu’eux. Si cette « économie parallèle» n’offre guère de sécurité, notamment en ce qui concerne les prestations sociales, elle offre par contre une grande marge de manœuvre à la créativité et à la flexibilité. Pour permettre à ces jeunes de réussir, tous les cours contiennent également des éléments visant à renforcer leurs compétences sociales, ainsi qu’une assistance à l’intégration au monde du travail.

Faire école

En s’étendant au Honduras, Brücke • Le pont transfère les bonnes expériences faites ailleurs et crée des synergies. Marvin Campos (17), l’un des élèves, a dit à San Salvador: « Je ne veux pas laisser mes frères et sœurs seuls, mais rester ici et contribuer à vaincre la violence. Et je veux apprendre un métier, travailler et aider ma famille ». Il s’agit de soutenir cette bonne volonté. Votre don permettra à d’autres jeunes de tenir les mêmes propos, au Honduras aussi. Ne les laissez pas en plan! Merci!

Pour vos dons: CCP 90-13318-2

10 mars 2015, José Balmer, Brücke-Le pont

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