Thèmes – Autres points forts – International

Conférence internationale du travail 2015 : travail décent toujours en point de mire

La Conférence internationale du travail, qui se tient chaque année à Genève au début de juin, vient d’achever ses travaux. Les points forts, cette année, ont été l’adoption d’une recommandation sur l’économie informelle, la création d’emplois décents et productifs dans les petites et moyennes entreprises et les travaux de la commission de l’application des normes avec un accent mis sur les travailleurs ruraux. suite

L’économie informelle fait référence à toutes les activités économiques des travailleurs et travailleuses qui ne sont pas couvertes – dans la législation ou la pratique – par des dispositions formelles ; par exemple le droit du travail, la santé et la sécurité au travail ou la protection sociale. On estime que plus de la moitié de la main-d’œuvre mondiale travaille dans l’économie informelle, ce qui représente un énorme obstacle sur la voie du travail décent. L’économie informelle est donc un enjeu majeur pour le droit des travailleurs et travailleuses, notamment l’accès aux principes et droits fondamentaux du travail et à la protection sociale. L’économie informelle a un impact négatif sur le développement d’entreprises durables. Le Bureau international du travail (BIT) estime que 90 pourcent des entreprises qui emploient de 10 à 250 personnes sont informelles.

Adoption d’une recommandation sur l’économie informelle

La plupart des gens entrent dans l’économie informelle non pas par choix mais par manque de débouchés dans l’économie formelle. L’adoption de la recommandation, qui a rang de norme internationale du travail, facilitera la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle. Elle prévoit des stratégies de croissance axées sur la création d’emplois de qualité ainsi qu’un cadre réglementaire. Ce dernier comprend l’application des droits fondamentaux au travail, le dialogue social, l’égalité, l’entrepreneuriat, les qualifications et la gestion, l’accès au crédit et au marché et l’extension de la protection sociale.

L’adoption de la recommandation contre le travail informel devrait aider des centaines de millions de travailleurs et travailleuses à sortir de l’informalité pour entrer dans l’économie formelle. Mais le plus important a souligné le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) Guy Ryder sera surtout de la mettre en pratique.

Améliorer la qualité de l’emploi et la productivité dans les PME

Le gouvernement suisse a fait preuve de beaucoup d’engagement dans la commission sur les PME et la création d’emplois décents et productifs. C’est que notre pays se sent particulièrement concerné au vu de sa structure économique. En effet, en Suisse les PME (jusqu’à 250 employés) représentent près de 99 pourcent des entreprises et environ deux-tiers des emplois. Notre pays a mis l’accent dans les débats sur les questions de l’accès au crédit, du financement, des allégements administratifs des PME et de l’importance du partenariat social. Cela est certes nécessaire mais il ne faut pas oublier d’autres aspects essentiels qui sont les conditions de travail et salariales ainsi que la représentation syndicale dans les petites entreprises. En effet, le rapport du BIT 1 qui a servi de cadre aux débats, met en exergue le fait que dans les petites entreprises le dialogue social, la productivité, les conditions de travail et salariales, la santé et sécurité au travail tendent à être plus faibles que dans les plus grandes entreprises.

Un autre aspect qu’il fallait aussi souligner est le fait que c’est souvent moins la taille de l’entreprise qui est déterminante mais le secteur d’activité qui peut représenter des déficits de travail décent. C’est pourquoi, nous avons demandé que les conclusions de la commission soient aussi ciblées sur les PME actives dans des branches qui offrent généralement des conditions de travail plus précaires, comme l’agriculture, l’hôtellerie-restauration, le nettoyage, le bâtiment, certaines industries comme le textile.

Les conclusions adoptées par la Conférence concernant les PME et la création d’emplois décents et productifs recensent les obstacles (déficit de travail décent, santé et sécurité faible) et proposent des mesures pour y remédier (accès au financement, création de réseaux d’entreprises mais aussi nécessité du dialogue social et soutien des pouvoirs publics). Les programmes de soutien de l’OIT aux PME qui existent déjà devraient être développés mais aussi mieux inclure les partenaires sociaux, en particulier les syndicats.

L’emploi vert aussi au centre des débats

Cette session a aussi été marquée, sous le titre « Le changement climatique et le monde du travail » par un débat de haut niveau, avec la participation du Président de la France François Hollande, sur la nécessité de lutter contre le changement climatique en développant les emplois verts et les éco-professions. L’OIT, de par sa structure tripartite – gouvernements, syndicats, employeurs – est particulièrement bien placée pour jouer un rôle important dans la promotion des emplois verts et du développement durable.

La commission de l’application des normes s’est penchée d’abord sur le sort des travailleurs ruraux. Sous le titre « Donner une voix aux travailleurs ruraux » le rapport y relatif a mis en évidence la nécessité de promouvoir le droit d’association des organisations qui représentent les travailleurs ruraux. C’est que l’agriculture reste un secteur très important dans le monde et qu’il compte un nombre considérable de travailleurs et travailleuses très vulnérables avec des conditions de travail souvent déplorables et des salaires misérables, en Suisse aussi. Ainsi, il n’a toujours pas été possible de conclure une convention collective de travail dans le secteur de l’agriculture en Suisse, comme l’a relevé le représentant des travailleurs suisses.

Lutter contre le travail forcé au Qatar et en Erythrée

La commission a examiné cette année les cas de 24 pays qui connaissent de graves problèmes d’application de conventions internationales du travail qu’ils ont ratifiées. On retiendra cette année les cas de l’Erythrée et du Qatar, pour violation de l’application de la convention no 29 sur le travail forcé. Ces deux cas ont des implications directes pour notre pays : dans le cas de l’Erythrée, l’enrôlement de force dans l’armée, en violation de la convention no 29, conduit à faire des requérants d’asile erythréens, le groupe le plus important des demandeurs d’asile en Suisse. Quant au Qatar, on lui reproche son système du kafala qui enchaîne le travailleur migrant à son employeur. Comme ce pays organise la coupe du monde de football en 2022, les pressions exercées pour qu’il mette fin à ces pratiques de travail forcé sont bienvenues et peuvent être efficaces. La Suisse est concernée par le fait que la FIFA, qui a son siège est en Suisse, doit faire pression sur le Qatar pour qu’il garantisse des conditions de travail dignes sur les grands chantiers ouverts en prévision de la coupe du monde de football.

Parmi les 24 pays qui se sont retrouvés sur la sellette avec des lacunes graves d’application, on peut citer des pays dans lesquels notre œuvre d’entraide Brücke Lepont soutient des projets de coopération. C’est le cas de la Bolivie avec la convention no 138 sur l’âge minimum (travail des enfants), du Honduras avec la convention no 81 sur l’inspection du travail et de EL Salvador avec la convention no 87 sur la liberté syndicale.


1 Les petites et moyennes entreprises et la création d‘emplois décents et productifs. Rapport IV, 76p, Bureau international du travail, Genève.

23 juin 2015, Denis Torche, Responsable politique environnementale, fiscale et extérieure

Business mondial – responsabilité globale

Une coalition de 60 organisations lance l’initiative pour des multinationales responsables. Soutenez cette initiative en récoltant des signatures! suite

Conditions de travail inhumaines dans les usines de textiles en Europe de l’Est et en Asie ; travail des enfants dans des plantations de cacao en Afrique ; émissions mortelles de dioxyde de soufre en Zambie – autant d’exemples de violations des droits humains dans lesquelles des sociétés domiciliées en Suisse sont impliquées. En 2011, une vaste coalition d’organisations a constitué la campagne «Droit sans frontières» et lancé une pétition. Le Conseil fédéral et le parlement continuant de miser sur le seul bon vouloir des entreprises, l’actuelle initiative demande une preuve de diligence qui doit prévenir les violations des droits humains et les atteintes à l’environnement par des multinationales suisses à l’étranger.

Respecter les droits de l’homme et l‘environnement

L’initiative demande:
a) les entreprises doivent respecter partout dans le monde les droits de l’homme et les normes environnementales internationales; elles doivent veiller à ce que ces droits et ces normes soient également respectés par les entreprises qu’elles contrôlent.
b) les entreprises ont un devoir de diligence à mettre en œuvre; elles doivent notamment examiner quelles sont les répercussions effectives et potentielles sur les droits de l’homme et sur l’environnement et prendre des mesures appropriées en vue de prévenir toute violation de ceux-ci.
c) Les entreprises sont également responsables du dommage causé par elles-mêmes et par les entreprises qu’elles contrôlent.

«Qualité suisse» grâce à la preuve de diligence

Brücke • Le pont, l’œuvre d’entraide de Travail.Suisse, est régulièrement témoin de violations des droits de l’homme et des atteintes à l’environnement par des multinationales. En 2014 dans l’état du Piauí au Brésil, des milliers de personnes protestaient contre l’arrivée d’entreprises minières, craignant des expulsions et des dégâts écologiques. Des jeunes journalistes, formés par un projet de Brücke • Le pont, ont tourné un film documentaire et diffusé l’information par radio atteignant plus d’un million d’auditeurs et auditrices. Brücke • Le pont vous invite à signer l’initiative pour des multinationales responsables. Les pays en développement et la Suisse en profiteront. Dorénavant, «Qualité suisse» doit également désigné le comportement éthique et durable des multinationales suisses à niveau mondial.

Nous vous invitons à récolter des signatures pour l’initiative auprès de vos connaissances et sur votre place de travail. Les talons sont à télécharger ici : http://www.bruecke-lepont.ch/fileadmin/user_upload/diverses/fr/Kovi-Bogen_A4_FR.pdf

Prenez en considération que seules les personnes ayant le droit de vote peuvent signer l’initiative – listées par commune. Utilisez donc plusieurs talons pour votre récolte de signatures! Vous trouverez de plus amples informations sur www.initiative-multinationales.ch. Nous vous prions d’envoyer les signatures récoltées à Brücke • Le pont, Rue St-Pierre 12, 1700 Fribourg. Merci!

28 avril 2015, José Balmer, Brücke-Le pont

Brücke • Le pont étend sa sphère d’activité au Honduras

La situation difficile dans laquelle se trouvent les jeunes au Honduras, en Amérique centrale, nécessite qu’on leur vienne en aide. La violence permanente qui sévit dans les quartiers pauvres vient s’ajouter au manque de formation et au chômage, ce qui aggrave encore les difficultés de la vie pour les jeunes. C’est pourquoi nombre d’entre eux émigrent aux Etats-Unis, illégalement et sans qualifications, incertains de l’avenir. suite

Brücke • Le pont a acquis de précieuses connaissances avec ses projets destinés aux jeunes et mis en place au Salvador, pays voisin du Honduras. Trois organisations partenaires y offrent aux jeunes gens des cours de formation professionnelle, de courte durée et axés sur la pratique, et elles adoptent avec eux des mesures visant à prévenir la violence. Trois autres projets soutiennent des travailleuses, les aidant à faire valoir leurs droits. Ces expériences sont désormais mises à profit dans le programme développé au Honduras. Pendant l’été 2014, les premiers projets pilotes ont commencé dans les quartiers pauvres de la capitale Tegucigalpa. De même, un échange a déjà eu lieu entre les organisations partenaires des deux pays.

La formation professionnelle constitue une bonne base

L’offre destinée aux jeunes issus de milieux pauvres est orientée vers les besoins du marché du travail, et en fonction de leurs capacités. Ces cours ne durent que quelques mois, car les jeunes gens se livrent à des petits boulots pour gagner leur vie et ne peuvent pas suivre de longues formations. Mais cette formation de brève durée, axée sur la pratique, leur ouvre déjà des portes vers un meilleur emploi dans la restauration, la boulangerie-pâtisserie, la coiffure et les soins esthétiques, la couture, la menuiserie, l’informatique, l’électricité, la comptabilité ou le service de messagerie.

Voler de leurs propres ailes

La formation permet à de nombreux jeunes de trouver un poste fixe sur le marché du travail officiel. D’autres utilisent les compétences nouvellement acquises pour devenir indépendants dans un secteur informel, seuls ou avec d’autres jeunes partageant les mêmes intentions qu’eux. Si cette « économie parallèle» n’offre guère de sécurité, notamment en ce qui concerne les prestations sociales, elle offre par contre une grande marge de manœuvre à la créativité et à la flexibilité. Pour permettre à ces jeunes de réussir, tous les cours contiennent également des éléments visant à renforcer leurs compétences sociales, ainsi qu’une assistance à l’intégration au monde du travail.

Faire école

En s’étendant au Honduras, Brücke • Le pont transfère les bonnes expériences faites ailleurs et crée des synergies. Marvin Campos (17), l’un des élèves, a dit à San Salvador: « Je ne veux pas laisser mes frères et sœurs seuls, mais rester ici et contribuer à vaincre la violence. Et je veux apprendre un métier, travailler et aider ma famille ». Il s’agit de soutenir cette bonne volonté. Votre don permettra à d’autres jeunes de tenir les mêmes propos, au Honduras aussi. Ne les laissez pas en plan! Merci!

Pour vos dons: CCP 90-13318-2

10 mars 2015, José Balmer, Brücke-Le pont

Recommandations pour promouvoir l’emploi des travailleurs plus âgés

Financé par la contribution suisse pour éliminer les disparités avec les nouveaux pays membres de l’UE, le projet « Solutions permettant de promouvoir l’emploi des salariés plus âgés en Hongrie » s’est conclu à fin 2014. Cette coopération avec des partenaires sociaux hongrois a conduit, dans le cadre d’un dialogue approfondi, à une publication comportant des recommandations détaillées pour favoriser l’emploi des travailleuses et travailleurs âgés en Hongrie en s’appuyant sur des expériences suisses. suite

Contrairement à la situation qui prévaut en Suisse, la Hongrie est un des pays de l’UE qui a un taux d’activité des travailleurs et travailleuses de plus de 50 ans des plus faible de l’ordre de 40% contre 70% en Suisse. En outre, leur état de santé est souvent mauvais et ce pays occupe l’une des trois dernières places en Europe pour ce qui est de l’espérance de vie dès 50 ans. Soucieux d’améliorer la situation des travailleuses et travailleurs âgés sur le marché du travail hongrois, le syndicat MOSZ (Fédération nationale des Conseils ouvriers) s’est adressé à Travail.Suisse pour avoir un partenaire permettant de soumettre un projet de coopération financé par la Suisse.

Réelle coopération entre employeurs et syndicat hongrois

Le projet de coopération a été approuvé en mai 2013 et obtint un financement de CHF 125.000.-. Il est réjouissant de constater qu’il impliqua activement non seulement une organisation syndicale, le MOSZ, mais aussi une organisation d’employeurs, le VOSZ (Fédération nationale des Employeurs et Entrepreneurs). Il y eut dès lors dès le départ une volonté conjointe de partenaires sociaux de s’impliquer dans ce projet.

Le projet consista, dans un premier temps, en un tour d’étude en Suisse organisé par Travail.Suisse en novembre 2013. Il permit à une délégation du MOSZ et du VOSZ de recueillir des expériences faites en Suisse au sujet de la position des travailleuses et travailleurs plus âgés sur le marché du travail suisse. Pendant ce tour d’étude, des visites et des échanges ont eu lieu avec le Seco, des organisations des partenaires sociaux (Syna, Union patronale suisse), des milieux de la recherche, des entreprises (p.ex. La Poste), un office régional de placement et une association de soutien aux chômeuses et chômeurs.

Puis, pendant la première partie de l’année 2014, ces expériences ont été reprises et intégrées à un véritable dialogue social entre le MOSZ et le VOSZ en Hongrie. Ce dernier a de plus mené une importante enquête auprès d’entreprises hongroises sur la façon dont sont intégrés les travailleurs plus âgés. 175 entreprises ont participé à l’enquête, dont 69 avaient des participations suisses.

Une des conclusions de cette enquête est qu’il faut modifier les mentalités, en rendant plus conscients les employeurs hongrois des avantages que procurent aussi les employés plus âgés, en terme de fiabilité, loyauté, expérience etc. Des séminaires ont eu lieu aussi à plusieurs reprises avec la participation d’expert-e-s suisses sur le sujet et des représentant-e-s du gouvernement hongrois à Budapest.

Publication avec recommandations pour agir

Une conférence de clôture du projet s’est tenue au mois de juin 2014 à Budapest avec la participation du ministère de l’emploi. Ensuite les partenaires hongrois, avec la collaboration de Travail.Suisse, ont rédigé une publication qui effectue, dans une première partie, une analyse comparative de la situation des travailleuses et travailleurs plus âgés sur les marchés du travail hongrois et suisse. A ce sujet, on constate de grandes différences (comme le taux d’activité et l’état de santé) mais aussi des similitudes : ainsi dans les deux pays, les chômeurs plus âgés sont aussi ceux qui ont le plus de peine à se réinsérer sur le marché du travail et autant en Hongrie qu’en Suisse, les chômeurs plus âgés restent plus longtemps au chômage que la moyenne des pays de l’OCDE.

La publication fait état ensuite des pratiques suisses susceptibles d’être utiles pour l’employabilité des travailleurs plus âgés en Hongrie. Ce qui a trouvé un écho particulièrement positif auprès des partenaires hongrois, c’est la manière démocratique et consensuelle d’aborder les problèmes en Suisse ainsi que le système public de l’emploi, moins bureaucratique et plus axé sur la réinsertion active. La campagne de communication visuelle du canton d’Argovie confondant subtilement l’âge et l’expérience des travailleuses et travailleurs plus âgés, à laquelle Syna a participé, a aussi fait forte impression.

La publication se conclut par des recommandations adressées aux différents acteurs concernés, c’est-à-dire les pouvoirs publics, les employeurs, les syndicats, les ONG, les médias et les personnes directement concernées, c’est-à-dire les travailleuses et travailleurs âgés eux-mêmes.

Le MOSZ, qui est à l’origine de ce projet, a décidé de garder régulièrement à son ordre du jour les propositions faites afin qu’elles soient discutées régulièrement avec les pouvoirs publics et les employeurs pour une réelle mise en œuvre. Les membres du MOSZ sont aussi encouragés à œuvrer sur les lieux de travail en vue d’améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs plus âgés et de sauvegarder leur capacité de travail.

> Broschure version PDF (disponible qu’en version française)

04 février 2015, Denis Torche, Responsable politique environnementale, fiscale et extérieure

Au Brésil, la communication au service du développement

L’Institut Comradio encourage le développement dans les campagnes, via la radio. Brücke • Le pont, l’oeuvre d’entraide de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, soutient le projet. suite

La communication est indispensable au développement; en effet, une personne coupée des voies de communication et exclue de l’échange d’informations ne saurait se développer. Cette évidence est l’une des bases importantes des activités de Brücke • Le pont. C’est pourquoi l’œuvre d’entraide soutient l’Institut Comradio, situé dans le nord-est du Brésil. Cet Institut établit le contact avec la population rurale, pauvre, et ne lui fournit pas seulement des loisirs, mais aborde aussi les problèmes économiques et sociaux de cette région aride. Son action revêt une valeur inestimable pour les familles de petits paysans qui luttent pour leur survie.

Transmettre les connaissances

« Faire connaître les bonnes pratiques, c’est là notre passion première. » C’est ainsi que Comradio se présente sur l’internet. Sur un réseau de 20 stations de radio, qui utilise lui-même un canal satellite, Comradio dessert les villages et groupes d’habitations isolés de la région. Par son travail, l’Institut met en pratique le droit à l’information. A elle seule, celle-ci permet aux gens de se forger une opinion, de s’organiser et de défendre leurs droits de citoyens.

La voix des sans voix

Comradio ne crée pas une communication à sens unique. Elle ne fait pas que fournir des informations et apporter l’expertise de la ville à la campagne, elle inclut la population rurale dans ses émissions et lui donne la parole. Les gens de la campagne ont beaucoup appris dans leur lutte pour la survie, et ce qu’ils ont appris peut être utile à d’autres. La radio leur permet aussi de faire connaître leurs problèmes légitimes, afin que ceux-ci ne soient pas oubliés et qu’ils soient pris en considération dans les décisions politiques.


h2. Freiner l’exode rural

La population rurale migre vers les villes parce que la survie est rude et faite de privations dans les campagnes. Ce sont surtout les jeunes qui, ne voyant aucun avenir pour eux à la campagne, cherchent du travail, un salaire et des loisirs dans les centres urbains. Le projet de Brücke • Le pont cherche à contrecarrer cette tendance. Les échanges d’idées et d’expériences par le biais de Comradio contribuent à faire reculer la pauvreté à la campagne, à rentabiliser le travail et à rendre la vie plus agréable. Les émissions radiophoniques apportant des nouvelles et messages positifs pallient progressivement le sentiment d’impuissance de la population rurale et l’image désolante qu’offrent les régions rurales. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’investir en faveur de leur région et de leur famille.

Un projet réussi

Avec Comradio, Brücke • Le pont finance un projet de trois ans visant à former 240 jeunes gens issus de milieux pauvres. Ils ont d’excellentes chances d’obtenir un job décemment payé, car les entreprises privées et les pouvoirs publics ont de plus en plus besoin de spécialistes en communication. Ces jeunes trouvent ainsi un moyen de s’extraire de la pauvreté.

h2. La communication élargit l’horizon

En plus de connaissances techniques, la formation en communication donne également aux jeunes gens une nouvelle vision du monde dans lequel ils vivent – quant aux conditions sociales, économiques et culturelles – et les motive à s’engager. Felipe Reis Alves dit: « La formation a complètement changé ma vie. J’ai découvert un nouvel horizon. Je peux maintenant diffuser des informations et des messages clairs pour le bien de la communauté et contribuer ainsi à bâtir une société plus juste et plus démocratique ».

Soutenez ce projet novateur en faveur du monde rural, en particulier de la jeunesse des campagnes! Pour faire un don: Brücke • Le pont, 1700 Fribourg, CP 90-13318-2; Information sur le site: www.bruecke-lepont.ch.

13 octobre 2014, José Balmer, Brücke-Le pont

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