Thèmes – Egalité – Maternité et paternité

Le congé de paternité a un besoin urgent d’une base juridique

Travail.Suisse a mis à jour les chiffres sur la fréquence du congé de paternité dans l’économie suisse (à partir de mai 2018). Les contrats collectifs de travail les plus importants et les plus contraignants ont été analysés. Il s’avère que l’adoption d’un congé de paternité est un processus lent. Pour près de la moitié des salariés sous contrat collectif de travail, seuls 1 à 2 jours de congé de paternité sont encore prévus. Parmi les grandes entreprises, il existe de nombreux exemples de congés de paternité de 10 à 20 jours.

Les chiffres relatifs au secteur public en tant qu’employeur ont également été mis à jour. Pour la Confédération, les cantons, les 30 plus grandes villes et les capitales cantonales, le congé paternité de 5 à 10 jours devient la norme. Cependant, seuls les grands centres urbains offrent un congé de paternité de 20 jours ouvrables, comme l’exige l’initiative populaire Travail.Suisse.

Dans l’ensemble, il y a une grande différence entre les grands et les petits employeurs : les grands employeurs offrent un congé de paternité, quoique modestement, alors que les petits employeurs ne le font généralement pas. Cette lacune ne peut être comblée que par une législation sur le congé de paternité et un financement fondé sur la solidarité, ce qui crée des règles du jeu équitables.

> A la fiche d’informations avec tous les graphiques


Quand les pères bricolent leur congé paternité, c’est au détriment de leur santé

Le droit à un temps réservé et payé lors de la naissance d’un enfant n’est pas reconnu aux pères travaillant en Suisse. Pourtant, très nombreux sont les hommes qui prennent quelques jours pris sur leurs vacances ou leurs heures supplémentaires. Cela n’est pas sans conséquence sur leur état de fatigue et de santé. La Conseillère nationale Yvonne Gilli s’en est émue et a déposé un postulat au Parlement lors de la dernière session. suite

« Il est évident que les pères sont de plus en plus nombreux à assumer également une part des responsabilités inhérentes à la vie de la famille. Cette nouvelle répartition des rôles correspond à une évolution de la société où les pères et les mères ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. » Tels sont les mots utilisés par l’élue saint-galloise Yvonne Gilli, docteure en médecine, dans son interpellation du Conseil fédéral de juin dernier.

Le temps réservé – et donc payé – aux parents lors de la naissance ou de l’adoption d’un enfant est un problème récurrent dans la politique fédérale. Les nouveaux venus sous la coupole font des propositions pour régler la situation, comme Marco Romano (PDC TI)1 ou Valérie Piller Carrard (PS FR)2. C’est au tour de l’élue verte Yvonne Gilli de s’inquiéter des effets sur la santé des congés que se « bricolent » les pères lors de la naissance de leur enfant.

La situation actuelle est source d’inégalité entre la mère – qui bénéficie depuis 2005 d’un congé maternité payé de 14 semaines – et le père – qui n’a le droit de prendre qu’un seul jour. Cet unique jour, le nouveau père en bénéficie au titre de « jour de congé usuel » tel que le définit le Code des obligations (art. 323 al.3) : c’est un temps libre exceptionnel que les employé-s sont obligés de prendre pour régler des affaires personnelles. Etre présent auprès de sa famille et assumer ses responsabilités lors d’une naissance n’est pas mieux considéré qu’un déménagement ou une visite chez le dentiste.

Un bricolage contraire à la loi et néfaste pour la santé

Les pères, dont les employeurs n’offrent aucune solution à titre privé, se concoctent alors leur congé paternité. Comment ? En économisant leurs jours de vacances en prévision de la naissance ou en accumulant les heures supplémentaires pour pouvoir les compenser à ce moment-là. Cela n’est pas sans effet sur la santé et… c’est contraire à la loi ! En effet, la loi définit les vacances comme du temps sans travail qui sert à se reposer. Se reposer est devenu de plus en plus important en raison de l’augmentation de la pression à la place de travail et du rythme de plus en plus soutenu pour réaliser les tâches. Utiliser ses vacances pour la naissance d’un enfant est un mauvais calcul, car la venue d’un enfant n’est pas une période qui permet le repos, bien au contraire. La venue d’un enfant implique un chamboulement durable dans l’organisation de la famille, les journées et les nuits sont bien remplies.

On constate par ailleurs que pour réduire les coûts de la santé, la durée d’hospitalisation des parturientes est toujours plus courte. Après l’accouchement, la mère est rapidement de retour à la maison et lorsque le couple a déjà un ou plusieurs enfants, la présence du père est alors indispensable afin qu’il puisse assurer le bon fonctionnement du ménage, la garde des autres enfants et les soins à prodiguer à son épouse et à son nouveau-né. Est-il utile de le rappeler : de nos jours, le recours à des tiers de la famille est de moins en moins possible, soit parce que les grands-parents travaillent, soit parce que les membres d’une même famille sont trop éloignés les uns des autres.

C’est pourquoi les hommes qui s’arrangent un « temps de père » à la naissance de leur enfant mettent en péril leur santé : ils sont déjà fatigués lorsque l’heureux événement survient – car ils ont volontairement reporté leur repos ou accumulé une fatigue supplémentaire, et ils retournent au travail encore plus fatigués après ces quelques jours riches en émotion et en fatigue – car ils n’auront pas pu récupérer. Cette fatigue accumulée conduit sans aucun doute possible à une baisse de productivité et peut même être dangereuse pour le travailleur.

Investir 180 millions pour préserver la santé des pères

On ne peut plus prétendre, comme l’a fait la génération précédente qui a bénéficié de conditions de travail et de situation familiale considérablement différentes de celles d’aujourd’hui, qu’avoir des enfants est une affaire qui ne relève que de la sphère privée et que l’Etat n’a pas à s’en soucier. Instaurer un temps réservé et payé pour les pères à la naissance coûterait, selon les estimations de Travail.Suisse, environ 180 millions par année3, des millions investis pour la famille, pour préserver la santé des salariés et pour mettre un terme à une inégalité entre femmes et hommes.

Le nouveau père n’a certes pas à récupérer des conséquences physiques d’un accouchement. Il doit par contre faire face à un surplus de tâches de soins, de garde et d’assistance lorsque paraît son enfant source de fatigue, sans même parler des chamboulements émotionnels. Pourquoi devrait-il hypothéquer sa santé pour pouvoir assumer son rôle de père ? Il n’y a pas que les entreprises qui ont besoin de conditions-cadres optimales, les familles aussi en ont besoin.

1Voir le Service médias du 19 mars 2012

2Voir Service médias du 4 juin 2012

3Pour un congé de 20 jours payés à hauteur de 80% du salaire, comme les allocations de maternité. Voir le Service médias du 4 juin 2012 pour les détails de l’estimation.

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27 août 2012, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Le congé paternité est souvent adopté dans la fonction publique

Les 25 plus grandes villes et les 26 cantons ont participé à la cinquième enquête sur les congés parentaux de Travail.Suisse. Même si le congé paternité a peu progressé cette année, les employeurs publics se montrent plus à l’écoute des besoins des familles de leurs employés. Les Conventions collectives de travail (CCT) négociées par les fédérations de Travail.Suisse montrent aussi que les congés parentaux et le congé paternité en particulier progressent petit à petit. Le temps est venu pour qu’une solution nationale voie enfin le jour, afin que toutes les entreprises puissent offrir un temps réservé et payé aux nouveaux pères. suite

La cinquième édition de l’enquête menée par Travail.Suisse auprès des employeurs publics a été présentée à la presse, aux côtés des Conseillers nationaux Valérie Piller Carrard et Marco Romano1. Cette enquête rend compte des politiques adoptées par les cantons et les grandes villes à l’égard de leur personnel, hommes et femmes, quand ils deviennent parents.

L’Administration fédérale, avec près de 35’000 personnes, le plus grand employeur public du pays, fait très bonne figure dans les classements. Les femmes bénéficient d’un congé de quatre mois en cas de maternité, les hommes disposent d’un temps payé de 5 jours pour accueillir leur enfant et pouvoir « tenir la barre » au sein de leur famille, pères et mères peuvent prendre un congé payé de deux mois en cas d’adoption.

Le congé maternité est souvent payé à 100%

Une majorité de cantons offre à leurs employées un congé maternité payé plus long et mieux rémunéré que le minimum légal qui est fixé à 14 semaines payées à 80% du salaire. La règle qui prévaut est celle d’un congé de 16 semaines rétribuées à 100%. Même tendance pour dix-huit des plus grandes villes du pays. Une note spéciale va au canton de Genève, où trois villes – Genève, Vernier, Lancy – se démarquent en offrant 20 semaines aux nouvelles mamans employées de la ville. Le versement de la totalité du salaire se justifie pleinement quand on connaît les frais auxquels les nouveaux parents doivent faire face quand un enfant paraît.

Le congé paternité payé progresse

La moitié des administrations cantonales accordent un congé à leurs employés nouveaux pères (13 cantons), dont tous ceux de Suisse romande. Cette année, on note que les cantons du Jura et de Fribourg ont adopté un congé paternité de respectivement 12 jours (ou de 17, en cas de naissances multiples) et de 5 jours.

Les villes devancent les administrations cantonales: un peu plus de la moitié (13) des vingt cinq villes sondées accorde un temps réservé et payé aux pères de 5 jours. En plus, cinq villes en accordent dix (Zürich, Winterthour, Lucerne, Köniz, Vernier). Une mention spéciale va à Genève, Lausanne et à Berne, où les pères peuvent s’absenter de leur travail sans grande conséquences financières respectivement 4 semaines, 21 jours ou 3 semaines.

Un tiers des conventions collectives de travail prévoient un congé paternité

Pour la première fois, un tableau des CCT et contrats d’entreprises négociées par les onze fédérations affiliées à Travail.Suisse dans toutes les branches et toutes les régions de Suisse a été publié. Les résultats montrent que le congé paternité de cinq jours fait petit à petit son chemin. Un tiers des nonante textes négociés prévoient un temps réservé et payé pour les employés. Les textes les plus généreux concernent les entreprises Huntsman avec 15 jours, puis BASF et Swisscom avec 10 jours.

En matière de congé maternité, on accord bien souvent 16 semaines aux employées, voire 18 (industrie du papier, pharma et chimie bâloise, Huntsman) ou 20 semaines (EMS Genève).

Les conventions collectives de travail contribuent au mieux-être et à de meilleures conditions de travail, aussi pour les parents. En attendant que des dispositions soient prises par le Parlement qui puissent bénéficier à l’ensemble de la population, les organisations membres de Travail.Suisse se chargent de négocier des textes favorables aux familles dans le cadre du partenariat social.

Congé pour adoption et congé parental non payé n’ont rien d’exotique

Le congé d’adoption est largement adopté par la moitié des cantons. Cette année, Zoug a fait le pas. Quand il existe, le congé d’adoption est de plusieurs semaines, de 8 à 20 (Genève). Pour les villes, seize en accordent un. Au niveau du congé parental non payé, cette possibilité est offerte au personnel dans presque tous les cantons (21) et toutes les villes (24). La durée n’en est par contre pas souvent spécifiée. La palme revient à la ville de Berne et au canton de Genève qui accordent jusqu’à deux ans d’absence pour raisons familiales.

Une mention particulière va au canton du Jura, lequel a d’un coup, adopté un congé paternité de 12 jours, un congé maternité de 16 semaines, un congé d’allaitement supplémentaire de 4 semaines et un congé d’adoption de 16 semaines.

Investir dans les mesures favorables aux familles rapporte

Le Parlement précédent s’est penché à plusieurs reprises sur des propositions de changement des dispositions fédérales, notamment en faveur des pères, sans succès à ce jour. Les nouveaux Conseillers nationaux Valérie Piller Carrard (PS FR) et Marco Romano (PDC TI) ont décidé de s’engager en faveur du congé paternité et du congé pour adoption. Leurs motions viennent s’ajouter à celles de leurs collègues plus anciens sous la Coupole fédérale. Jusqu’à présent, la question des coûts a souvent été utilisée pour rejeter tout progrès en la matière. Or, selon les estimations basées sur les chiffres de 2010 sur les coûts du congé maternité, un temps réservé de 20 jours payés aux nouveaux pères représente 180 millions de francs par année à charge des employés et des employeurs2. Le congé pour adoption ne représente que 3,5 millions3. Le nouveau Parlement, renouvelé pour un tiers, saura-t-il enfin prendre les bonnes décisions en matière de politique familiale ? Travail.Suisse s’investit sans relâche dans ce sens.

Comme cela a été le cas très longtemps pour le congé maternité, seuls les employeurs publics et les entreprises avec une bonne assise financière sont actuellement en mesure de proposer des congés parentaux et des mesures favorables à la conciliation entre travail et famille à leur employé-e-s. Ils ont bien compris le message selon lequel ce type d’investissements occasionne un retour sur investissement de l’ordre de 8%4 .

Une solution au niveau national, sur le modèle du congé maternité, est à même de permette de mutualiser les risques et les coûts des congés parentaux entre tous les employeurs, c’est-à-dire de les répartir, ce qui permet à toutes les entreprises, en particulier les PME, de pouvoir elles aussi répondre aux besoins de leurs employé-e-s. Une solution nationale permet aussi une solidarité entre toutes les personnes qui travaillent, quelque soit leur revenu et leur domicile. Il est temps de considérer que les mesures favorables à la famille ne relèvent pas de l’argument concurrentiel entre entreprises, mais bien d’une politique familiale nationale responsable et prévoyante, qui tienne compte des difficultés actuelles des familles et anticipe les défis posés par l’évolution sociétale et démographique de notre pays.

1Les tableaux présentant les congés parentaux accordés au personnel des administrations des cantons et des grandes villes sont disponibles sur www.travailsuisse.ch / Thème : Famille – Travail et famille (http://www.travailsuisse.ch/fr/node/3184).

2Les estimations se basent sur un financement paritaire employeur-employé sur le même modèle que celui qui permet le financement du congé maternité, c’est-à-dire par le système des allocations pour perte de gain (LAPG). Le calcul tient compte du nombre de naissances annuelles y compris des naissances multiples, du taux d’activité des hommes, du niveau des salaires plus élevé pour les hommes et du niveau moyen des allocations versées pour maternité.

3Les estimations des coûts occasionnés par le congé d’adoption prend pour hypothèse que les femmes puissent disposer du même nombre de jours que pour une naissance « naturelle » (98 jours) et que les hommes bénéficient d’un congé paternité de 20 jours.

4Modèle de calcul avec l’exemple d’une entreprise fictive « Famille S.A. » de 1500 employé-e-s. « Analyse coûts-bénéfices d’une politique d’entreprise favorable à la famille », Prognos SA, sous l’égide du Département fédéral de l’économie, de Migros, La Poste Suisse, Novartis, Raiffeisen. Bâle, 2005.

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PD Congés parentaux 2012.doc 55 KB

04 juin 2012, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Congé paternité – Avec 4 semaines, Genève est la plus généreuse des grandes villes de Suisse pour ses employés

L’enquête annuelle sur les congés parentaux chez les employeurs publics réalisée par Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, comportait une erreur. La Ville de Genève accorde un congé de 4 semaines à ses employés nouveau pères, ce qui fait d’elle la plus généreuse des 25 plus grandes villes de Suisse en la matière. suite

Une erreur s’est introduite dans le tableau des différents congés accordés aux employés des administrations des plus grandes villes de Suisse présenté en conférence de presse le 24 mai dernier. La Ville de Genève accorde 4 semaines de temps payé aux nouveaux pères depuis le 1er janvier 2011, faisant d’elle la ville la plus généreuse en la matière.

En plus du congé paternité, la Ville de Genève accorde aussi un congé maternité de 20 semaines payées à 100% (au lieu du minimum légal de 14 semaines payées à 80% du salaire), 20 semaines de congé d’adoption que père ou mère peuvent prendre sans distinction, et une année de congé parental assorti de la garantie de pouvoir retrouver son poste.

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Congés parentaux 25Villes 2012 F CORR 0.doc 118 KB

29 mai 2012, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Congés parentaux – les employeurs publics comblent les insuffisances de la loi

Les résultats 2012 de l’enquête annuelle sur les congés parentaux menée par Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, ont été présentés aujourd’hui en conférence de presse. L’occasion a été saisie par deux nouveaux membres du Parlement, les conseillers nationaux Valérie Piller Carrard et Marco Romano, de présenter leurs interventions sur le sujet. Comme l’année précédente, l’enquête a été réalisée auprès de la Confédération, des cantons et des grandes villes. Cette année, elle présente aussi les conventions collectives de travail négociées principalement par les organisations membres de Travail.Suisse. suite

Pour la cinquième année consécutive, Travail.Suisse a présenté son enquête annuelle sur les congés parentaux auprès des employeurs publics (Confédération, cantons et grandes villes). Même si le congé paternité a peu progressé cette année, l’enquête révèle que les employeurs publics sont à l’écoute des besoins de leurs employés ayant charge de famille. Les réglementations locales sont très souvent plus généreuses envers les employées devenues mères que celles contenues dans la loi. Il en va de même pour le congé paternité et le congé d’adoption.

La Conseillère nationale Valérie Piller Carrard (PS/FR) profitera d’une prochaine session au Parlement pour déposer un texte demandant que, par souci d’égalité, les pères puissent aussi bénéficier de plusieurs jours de congé payé lors de la naissance de leur enfant afin qu’ils puissent assumer la prise en charge et le soin du reste de leur famille.

Le Conseiller national Marco Romano (PDC TI) a lui déjà déposé une motion demandant à ce que l’on mette fin à la discrimination des familles qui adoptent un enfant par rapport à celles qui ont la chance d’avoir leurs propres enfants.

Une solution nationale pour rendre les congés paternité et d’adoption accessibles aux PME

Travail.Suisse constate que, dans les conventions collectives de travail, le congé maternité accordé est souvent de 16, voire de 18 semaines, tandis que le congé paternité fait lentement son chemin. Les coûts sont actuellement supportés individuellement par les employeurs. Mutualisés grâce à une solution nationale, ces congés deviendraient enfin accessibles aux petites et moyennes entreprises. L’investissement ne serait, selon les estimations de Travail.Suisse, que de 180 millions de francs pour un congé paternité de 20 jours, et de 3,5 millions de francs pour le congé d’adoption.

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PK 240512 f Text M Romano.doc 29 KB

Congés paternité Cantons 2012 F CORR.doc 118 KB

Congés parentaux 25Villes 2012 F CORR.doc 112 KB

PK 240512 Coûts congé paternité 2012.doc 37 KB

24 mai 2012, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Une grossesse au travail est une opportunité

Les réactions que suscite l’annonce d’une grossesse sur le lieu de travail sont souvent négatives. Cet état de fait est compréhensible car cela signifie qu’il faut faire face à une absence de plusieurs mois dans un proche avenir et qu’en attendant, beaucoup d’incertitudes planent, sources de tensions voire de conflits entre l’employeur et l’employée. Vu sous un autre angle, les mois de grossesse représente aussi une formidable opportunité pour trouver des solutions d’organisation du travail innovantes afin de conserver le personnel féminin de valeur après le congé maternité. L’échéancier numérique mamagenda.ch de Travail.Suisse est là pour faciliter la vie des supérieur-e-s hiérarchiques et des employées. suite

Passé l’écueil de l’annonce de la grossesse, pour lequel les femmes actives concernées seront bien préparées en consultant la première fiche d’information qui leur est destinée sur www.mamagenda.ch intitulée « Enceinte, comment l’annoncer au travail ? », supérieur-e-s et employées disposent de plusieurs mois pour organiser le travail et assurer la bonne marche des activités. Il s’agira notamment de prévoir le flux d’informations pendant la grossesse et durant le congé maternité, le remplacement de l’employée durant l’absence et la répartition des tâches, le cas échéant l’organisation de l’allaitement lors du retour au travail, etc. Il s’agit de faire le point sur les modèles d’organisation du travail possibles et souhaités, de discuter d’une convention pour le retour au travail, tout en gérant le reste de l’équipe ou du groupe de collègues, sans oublier les dispositions légales à respecter et qui règlent la maternité et l’allaitement au travail.

Avec une seule personne concernée par une maternité, les chef-fe-s peuvent s’en sortir sans trop de difficultés. La situation se complique lorsque plusieurs femmes attendent ou viennent d’avoir de la famille. Avoir une vue d’ensemble, de serait-ce que pour toutes les dispositions à respecter ou les entretiens à mener, est une gageure. C’est là la grande force de mamagenda.ch. L’échéancier numérique gratuit sur internet permet à un-e supérieur-e de voir en un coup d’œil l’évolution de plusieurs personnes enregistrées.

Chaque compte personnel montre à quelle semaine de grossesse ou de congé maternité se situent les personnes, depuis quand elles sont de retour au travail. Cela peut être utile non seulement pour les supérieur-e-s hiérarchiques qui gèrent des équipes comprenant plusieurs femmes, mais aussi pour tout-e professionnel-le chargé-e d’assurer le suivi de futures mères comme le personnel soignant, les sages-femmes en particulier.

Les données enregistrées sont anonymes, on peut ouvrir un compte avec un pseudonyme si on le désire et les notes personnelles qu’on enregistre dans mamagenda.ch ne sont visibles qu’à leurs auteurs.

Au carrefour de plusieurs sources utiles d’information

Pour préparer les entretiens, les discussions qui doivent être menées et les décisions qui seront prises, des fiches d’informations et des formulaires sont proposés dans mamagenda.ch à des moments choisis, sur des thèmes intéressant les différents publics ciblés :

- les employées, avec par exemple l’incapacité de travail et le certificat médical, comment contribuer à la relation de confiance avec son employeur, l’allaitement sur le lieu de travail, les droits liés à la maternité, etc.,

- les employeurs, avec entre autres, les absences et le droit au salaire, l’évaluation de la dangerosité de la place de travail, les modèles de travail, la gestion des risques et des équipes, etc.

- les futurs pères, concernés par des informations sur le congé paternité, le congé non payé, la garde des enfants, etc.

Chaque fiche et chaque outil sont visibles par tous les publics visés. Si la plupart des informations sont originales, plusieurs documents utiles déjà existants ont été intégrés ou mis en lien, comme par exemple une information sur le Passeport maternel de la FSSF, le Manuel PME Travail et famille du seco, les modèles de travail élaborés par le Bureau cantonal bernois de l’égalité entre la femme et l’homme ou bien encore la check-liste de l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail du canton de Genève pour mesurer la dangerosité de la place de travail.

Plusieurs chapitres pertinents du Manuel InforMaternité, déjà publié sur le site de Travail.Suisse, sont mis en lien dans mamagenda. Les utilisateurs trouvent ainsi facilement et rapidement les dispositions précises relatives aux droits des femmes enceintes et allaitantes telles que le prévoit la législation suisse.

La richesse et la pertinence des informations fournies a convaincu le Secrétariat d’Etat à l’économie de donner son soutien à mamagenda.ch et de le recommander.

Près de 20’000 visites après six mois d’existence

Chaque mois, c’est une moyenne de plus de 1500 personnes qui se rendent sur le site www.mamagenda.ch, pour un total de près de 19’302 visites à fin décembre 2011. Plus parlant, c’est le nombre de personnes qui créent un compte personnel. Chaque mois, on en dénombre plus d’une centaine, et ce depuis le lancement à fin juin 2011. A ce jour, 715 personnes utilisent mamagenda pour accompagner sa ou ses collaboratrices ou se faire accompagner par son ou sa supérieur-e hiérarchique durant la phase de la grossesse, du congé maternité puis du retour au travail. Les collaboratrices sont plus nombreuses à utiliser mamagenda que les supérieur-e-s hiérarchiques.

Toute femme enceinte qui travaille peut aussi utiliser mamagenda seule depuis chez elle, indépendamment de son ou de sa supérieur-e hiérarchique. Elle y trouvera toutes les informations utiles pour elle, notamment en matière de prévention de sa santé et de celle de son futur enfant. Toutefois, l’originalité de mamagenda réside dans le fait qu’il favorise le dialogue entre un-e chef-fe et sa collaboratrice dès qu’elle lui annonce sa grossesse, ceci dans le but de trouver ensemble les solutions aux questions pratiques qui ne tarderont pas à se poser.

Et les pères ?

Quelques personnes ont critiqué le fait que les pères n’étaient pas directement impliqués dans l’utilisation de mamagenda.ch, alors qu’ils sont aussi concernés que leurs compagnes par une naissance et les changements qui interviennent dans la sphère privée et professionnelle. Cette critique est légitime et juste du point de vue de l’égalité, mais elle ne résiste pas à l’analyse du champ d’utilisation de mamagenda.

Quand une femme active enceinte et son ou sa supérieur-e utilisent mamagenda ensemble, ils sont connectés par l’échéancier personnel de la femme. L’outil intervient dans une relation de travail régie par des règles où aucun tiers n’est autorisé à intervenir en principe. Pourtant, il est vrai que le choix d’une réduction du temps de travail pour concilier vie de famille et vie professionnelle, de la prise d’un congé non payé, du mode de prise en charge de l’enfant durant les heures de travail ou de la garde d’un enfant malade sont des thèmes qui concernent aussi bien les femmes que les hommes.

C’est pourquoi les femmes qui utilisent mamagenda sont invitées à discuter de tous ces sujets au sein de leur couple. Elles sont incitées à ne pas devoir prendre des décisions seules mais en accord avec leur compagnon de vie. Car trouver et choisir les mesures permettant de concilier travail et famille est certainement une tâche à se partager.

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05 mars 2012, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon