Thèmes – Formation

Loi sur la formation continue: Le Conseil des Etats reconnaît la réinsertion comme thème important

Le Conseil des Etats a, lors de sa séance d’aujourd’hui, accepté d’introduire le thème de la « réinsertion » dans la loi sur la formation continue (voir l’art. 8e). Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, salue cette décision. Au vu de l’évolution démographique, une réinsertion professionnelle optimale de personnes, qui ont provisoirement limité leur activité professionnelle, est importante sous l’angle de la société et de l’économie. suite

Une étude de Travail.Suisse montre qu’un tiers des femmes en couple ayant des enfants de moins de sept ans renoncent à une activité professionnelle. 1 Selon l’enquête suisse sur la population active SAKE, 135’000 femmes ont renoncé en 2009 à une activité professionnelle en raison de l’éducation des enfants ou de soins prodigués à des proches. De nombreuses femmes, qui décident de renoncer à une activité lucrative, reprennent plus tard – le plus souvent lors de la scolarisation des enfants – une activité rémunérée. Selon des estimations de Travail.Suisse, il s’agit de 13’500 femmes par année. Les femmes qui interrompent leur activité plus longtemps présentent des lacunes professionnelles. Il leur manque des connaissances pour faire « leur promotion » et pour rechercher un emploi.

Le besoin de formation continue est avéré

Malheureusement, les personnes en réinsertion n’ont qu’un accès limité aux offres de réinsertion de l’assurance-chômage. Il n’existe pas dans tous les cantons des cours spéciaux pour ce groupe-cible. En raison de moyens financiers limités, nombreux sont ceux qui renoncent à une formation continue. Dans cette perspective, la décision du Conseil des Etats doit être vue comme un signe qu’il faut utiliser de façon optimale le potentiel de personnes qui se réinsèrent et la formation continue des pouvoirs publics doit y apporter aussi sa contribution. « Travail.Suisse demande au Conseil national, lors de la phase l’élimination des divergences, de suivre la position du Conseil des Etats » indique Bruno Weber-Gobet, responsable de la politique de formation à Travail.Suisse.

Pour plus d’informations :
Bruno Weber-Gobet, responsable de la politique de formation à Travail.Suisse, 079 348 71 67


1 Réussir son retour à la vie active. Champs d’action et mesures possibles dans le domaine de la formation et de l’intégration des personnes souhaitant réintégrer le marché du travail. Travail.Suisse, février 2013, Berne.

04 mars 2014, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Formation continue – La loi contribuera-t-elle à plus d’égalité des chances?

Le Conseil national a commencé de débattre aujourd’hui de la Loi sur la formation continue. Il s’agit de la première loi qui voit le jour au niveau national. Du point de vue de Travail.Suisse, cette loi revêt une importance stratégique pour le développement, pour tous, de l’apprentissage tout au long de la vie. La valeur de la loi sera mesurée avant tout sur la l’amélioration de l’accès à la formation continue par les personnes peu qualifiées et éloignées du monde de la formation. suite

Le rapport sur la formation de 2010 démontre qu’en matière de formation continue les différences s’accroissent entre les divers groupes de la population (voir le Rapport sur la formation Suisse 2010, p. 266). La formation aide avant tout les hommes bien à très bien qualifiés à améliorer leur position sur le marché du travail. Pour ces personnes, le marché de la formation continue continuera de fonctionner. Les personnes peu qualifiées, les personnes travaillant à temps partiel et les femmes, par contre, ont plus de problèmes. Elles ont plus de peine à trouver l’accès à la formation continue. Les obstacles sont nombreux : le temps, l’argent, la motivation et l’organisation font défaut. Ces groupes de personnes sont bien moins soutenues par les employeurs. La valeur de la loi sur la formation continue sera mesurée à sa capacité à réduire les inégalités ou non. Si les articles 13 à 16 sur les compétences de base sont acceptés, un petit pas dans la bonne direction sera franchi. L’article 8 (amélioration de l’égalité des chances) y contribuera aussi activement lorsqu’il sera mis en œuvre par la Confédération et les cantons.

Pour plus d’informations:
Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation, tél. 079 348 71 67

10 décembre 2013, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Les 50+ sur le marché du travail : pourquoi il faut agir
et comment

En comparaison internationale, le taux de participation des travailleurs de plus de 50 ans au marché du travail suisse est élevé. Mais l’évolution démographique va faire augmenter notablement la part de ce groupe dans la population active. Le moment est venu d’agir concrètement, en particulier pour parer au manque de personnel qualifié qui va faire sentir de plus en plus ses effets dans les années à venir. suite

Le taux d’activité des 50-64 ans était de 76% en 2011 et celui des 55 ans et plus de 70%, ce qui place notre pays – dans le cadre des pays de l’UE/AELE – en troisième position derrière l’Islande et la Suède. Quant à la moyenne de l’UE elle est de 49,7. Ces bons résultats ne doivent toutefois pas donner l’impression que tout va pour le mieux et que la nécessité d’agir soit faible.
En effet, si en 2010, on dénombrait 786’000 personnes actives de 55 ans ou plus, soit 17,5% de la population active, selon le scénario moyen de l’évolution de la population de la Suisse, cette catégorie représentera plus de 20% en 2020 et 22% vers 2025. 1
Etant donné qu’aujourd’hui déjà se profile une pénurie de main-d’œuvre dans de nombreux métiers – les professions MINT 2 mais aussi d’autres professions par exemple dans le secteur public (enseignants, CFF), il est très important d’anticiper l’évolution démographique et de faire en sorte que les travailleurs plus âgés puissent se maintenir plus longtemps sur le marché du travail. Les autres raisons qui plaident pour promouvoir l’emploi des 50 ans et plus sont la nécessité de limiter le report de charges vers les assurances sociales et l’aide sociale et de ne pas dépendre trop fortement de la solution parfois de facilité offerte par la libre-circulation des personnes.
Certaines branches sont plus touchées que d’autres par le phénomène du vieillissement de leur personnel : ce sont notamment les branches de la santé et de l’action sociale et de l’enseignement qui ont vu, entre 2000 et 2010, une importante progression du nombre de travailleurs plus âgés.
S’il est vrai que la pénurie de main-d’œuvre a fait prendre conscience du problème et suscite un débat pour améliorer l’employabilité des travailleurs plus âgés, prédomine encore une vision marquée par le jeunisme avec l’idée que les 50+ sont moins performants. Or la réalité est beaucoup plus complexe car tout dépend des tâches qu’ils effectuent et des possibilités de changements de postes. Relevons aussi que catégoriser les travailleurs plus âgés en tant que tels est arbitraire tant il existe de différences individuelles.
Des entreprises de placement ou de travail temporaire rendent compte d’une dégradation récente de la situation pour les personnes de plus de 50 ans sur le marché du travail. D’une part, ils sont davantage licenciés, d’autre part les entreprises les embauchent moins facilement ou, pire, ont comme politique – tacite – de ne pas engager les personnes de plus de 50 ans. 3

Améliorer les conditions-cadres…

Depuis quelques années, le Département fédéral de l’intérieur (DFI) et le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) ont pris conscience de la nécessité de promouvoir la participation des travailleurs plus âgés au marché du travail, compte tenu du vieillissement démographique. Mais les mesures prises jusqu’ici demeurent trop ponctuelles et modestes. Ainsi, pour ce qui est de l’assurance-chômage, on a légèrement amélioré les conditions pour les allocations d’initiation au travail pour les chômeurs de plus de 50 ans. Des efforts sont faits pour promouvoir la santé au travail. Mais des mesures pourtant nécessaires font complètement défaut comme par exemple la nécessité de mettre en place une politique de non-discrimination par l’âge à l’embauche. Il est aussi très important de favoriser la formation et la formation continue des 50+. Le Conseil fédéral et le Parlement commencent à en prendre conscience et on peut espérer que bientôt les bases légales seront modifiées pour tenir compte de cette nécessité.

Le DEFR, dans son initiative pour combattre la pénurie de personnel qualifié, relève que les principaux potentiels disponibles se trouvent chez les femmes et les travailleurs âgés. En 2009, l’économie aurait disposé de 420’000 équivalents plein temps supplémentaires si le potentiel des sans-emploi et des personnes non actives et occupées à temps partiel âgés de 55 à 64 ans avait été entièrement mis à profit. Le potentiel est donc là et des mesures concrètes devraient être mises en œuvre pour en tirer au moins partiellement profit.

… et diffuser les bonnes pratiques d’entreprises

Mais à elle seule, l’amélioration des conditions-cadres générales pour les travailleurs plus âgés ne suffira pas à promouvoir suffisamment l’emploi et l’employabilité des 50+. Pour y arriver, il faut que les bonnes pratiques d’entreprises relatives à une politique de gestion des âges soient mieux connues et généralisées. Car il n’est pas nécessaire de réinventer la roue. De nombreuses études réalisées au cours de ces dernières années en Suisse ou à l’étranger indiquent assez clairement quelles sont les mesures qui peuvent être mises en place ; à titre d’exemple on peut citer le passage flexible vers la retraite, une évolution des fonctions, l’ergonomie et un case-management 50+, la formation continue, les politiques d’embauche non discriminatoires, l’aménagement des relations intergénérationnelles, la connaissance par l’entreprise de la structure des âges etc. 4

On constate en tout cas une volonté d’un certain nombre d’entreprises d’aller de l’avant sur cette question comme en témoignent par exemple les initiatives prises par de nombreuses grandes entreprises suisses, dont certaines viennent de se regrouper dans un réseau d’entreprises pour entreprises avec le but de réaliser un management des générations permettant la réussite économique. 5

La migration n’est pas une solution

Il serait dangereux de croire que le problème du vieillissement de la population active pourra être durablement compensé par la migration ou la libre circulation des personnes. En effet, le vieillissement de la population est une réalité en cours dans toute l’Europe et certains pays se voient peu à peu confrontés à une évolution démographique plus défavorable que celle de la Suisse, l’Allemagne par exemple. Si l’on prend ce dernier pays, devenu un important pourvoyeur de personnel qualifié ces dernières années pour l’économie suisse, on constate de plus en plus d’initiatives visant à faire revenir en Allemagne les personnes venues travailler en Suisse, par exemple par d’importantes incitations financières. On peut en conclure qu’une optimisation du potentiel de main-d’œuvre indigène, où la valorisation des travailleurs plus âgés est un volet très important, doit être considérée comme une stratégie fondamentale pour le maintien du taux de population active et donc de la prospérité et du bien-être pour la population de notre pays.


Un projet sur les travailleurs plus âgés de Travail.Suisse avec des partenaires de Hongrie

Dans le cadre de la contribution à l’élargissement de la Suisse aux nouveaux pays membres de l’UE Travail.Suisse a obtenu un financement pour un projet de coopération sous le titre « Promotion de l’emploi des travailleurs plus âgés. L’expérience suisse et actions proposées en Hongrie. »
En Hongrie, le taux d’activité des plus de 50 ans est parmi les plus bas des pays de l’UE alors que c’est l’inverse en Suisse. C’est la raison pour laquelle les partenaires hongrois du projet (la fédération nationale des conseils d’entreprise (MOSz) et l’Association nationale des entrepreneurs et employeurs de Hongrie) veulent mieux connaître la situation des travailleurs âgés sur le marché du travail helvétique.
Une partie du projet consiste dans un tour d’étude en Suisse du 25 au 30 novembre 2012, organisé par Travail.Suisse pour des représentants de ces deux partenaires. Pendant le tour, les partenaires hongrois visiteront des entreprises suisses ayant de bonnes pratiques pour les travailleurs plus âgés ainsi que des organisations syndicales et patronales et autres institutions concernées par cette problématique. Dans une seconde phase, un workshop aura lieu en Hongrie intégrant et commentant les expériences de la pratique en Suisse ainsi que celles ayant en cours en Hongrie.
Il en résultera une publication avec des recommandations qui feront l’objet de séminaires régionaux en Hongrie. Le but est de diffuser les bonnes pratiques existantes dans les différentes régions de Hongrie. Ce projet permet simultanément de mieux connaître la situation des travailleurs plus âgés en Suisse même et de faire un travail de sensibilisation pour mieux promouvoir l’emploi et l’employabilité des travailleurs plus âgés aussi dans notre pays.


1 Démos newsletter, no2, mai 2012, Office fédéral de la statistique
2 Il s’agit des professions des mathématiques, informatique, sciences naturelles, ingénieurs
3 NZZ am Sonntag, „Kein Job, keine Rente“, p. 25, 30 juin 2013
4 Par ex. Etudes relatives à la place des personnes d’un certain âge dans les entreprises. Résumés. 27p. 2009. Promotion Santé Suisse ; Stratégie pour l’emploi des seniors. 61p. 2006. Union patronale suisse ; A guide to good practice in age management. 48p. 2006. European Foundation for the Improvment of living and Working Conditions.
5 www.demographieforum.ch; www.demographie-netzwerk.ch

14 octobre 2013, Denis Torche, Denis Torche, Responsable de la politique extérieure

Nouvelle époque – nouveaux défis

Le 1er janvier 2004 est entrée en vigueur la nouvelle loi sur la formation professionnelle (LFPr). Sa principale nouveauté résidait dans un fonds destiné à cofinancer des projets novateurs importants en matière de formation professionnelle. Pour Travail.Suisse, l’association faîtière indépendante des travailleurs, ce fonds est un élément essentiel si l’on veut construire un système de formation professionnelle capable de se développer. La liste des critères d’autorisation de projets doit donc être régulièrement adaptée aux besoins du moment. suite

Les articles 54 et 55 de la nouvelle loi sur la formation professionnelle 1 sont deux des garants d’une formation professionnelle novatrice. C’est sur leur base que peuvent être cofinancés des projets de formation professionnelle proposés par les cantons, des organisations du monde du travail ou d’autres acteurs de la formation professionnelle. Chaque année, 10% des moyens financiers de la Confédération affectés à la formation professionnelle sont versés à ce fonds. Quantité de projets touchant les places d’apprentissage sont basés sur ce fonds. Des associations de formation ont été financées par ce biais, l’élaboration du Case Management, lancée, les ordonnances sur la formation professionnelles, actualisées, et des présentations de professions, assurées, pour ne citer que quelques projets. Le fonds prend normalement en charge 60% des coûts d’un projet, ce qui en laisse 40% aux promoteurs. Travail.Suisse a trois projets en cours, lancés grâce aux moyens du fonds : un projet de théâtre extraordinairement prometteur pour les Ecoles professionnelles, qui aborde les questions d’intégration de différentes nationalités dans le quotidien des apprentis 2 ; ensuite, le projet « Avenir plutôt qu’origine », qui prépare les instruments d’une sélection équitable pour un apprentissage 3 et enfin, le projet « Réinsertion », qui traite des champs d’action et des mesures possibles en matière de formation et d’accès au marché du travail de personnes qui veulent retravailler 4 .

Le contexte de la loi sur la formation professionnelle en 2004 : un manque de places d’apprentissage

Lors de l’élaboration de la nouvelle loi sur la formation professionnelle en 2002, puis de son entrée en vigueur en 2004, le manque de places d’apprentissage était flagrant. La politique de la formation professionnelle était surtout confrontée à la question de l’intégration des jeunes dans le marché du travail de notre pays. Il n’était alors pas question de la formation professionnelle des adultes ni de regarder au-delà de la frontière. La loi a donc été élaborée en fonction des données de l’époque, et le fonds en a subi les conséquences négatives. Il ne peut financer différents projets novateurs, faute de base légale. C’est évidemment une petite catastrophe pour le fonds, conçu pour les problèmes de 2004, mais qui doit résoudre maintenant ceux des années 2013 et suivantes.

Nouvelles questions en 2013

Les situations évoluent, dans la formation professionnelle, comme ailleurs. Au manque de places d’apprentissage s’est substitué le manque de main-d’œuvre qualifiée. À cela s’ajoutent d’une part la discussion internationale sur la formation professionnelle, suscitée par la libre circulation des personnes, laquelle nécessite la comparabilité des formations, et d’autre part le chômage élevé des jeunes dans différents pays d’Europe, qui met en évidence les carences des systèmes de formation professionnelle exclusivement académiques et amène à reconsidérer la formation professionnelle duale 5 . Des projets novateurs concernant le manque de main-d’œuvre et les discussions internationales devraient donc pouvoir trouver un cofinancement. Pour cela, il faut modifier la loi.

Encouragement de la formation professionnelle des adultes

Aujourd’hui, une intégration durable dans le marché du travail présuppose au moins un certificat de formation secondaire supérieure (II). En Suisse, environ 600’000 personnes entre 25 et 65 ans n’en ont pas. Vu la menace d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, il est indiqué, en termes de politique, d’exploiter ce potentiel de manière optimale. Les instruments adaptés à la formation professionnelle des adultes existent : certificat de formation pour adultes, validation de prestations de formation, apprentissage écourté, formation professionnelle de base 6 . Il manque, par contre, une base légale encourageant la formation professionnelle des adultes. Travail.Suisse estime qu’il convient de la créer à l’art. 12 de la LFPr. Dans sa version actuelle, cet article oblige les cantons à prendre les mesures adéquates pour préparer à la formation professionnelle initiale les personnes qui accusent des déficits personnels de formation à la fin de la scolarité obligatoire. La situation ayant changé (on est passé du manque de places d’apprentissage au manque de main-d’œuvre qualifiée), il faut compléter ce texte. Les adultes sans formation professionnelle doivent aussi être inclus dans les dispositions. L’article 12 pourrait être rédigé ainsi :

«Préparation à la formation professionnelle initiale et au rattrapage professionnel :
Les cantons prennent des mesures
1 pour préparer à la formation professionnelle initiale les personnes qui, arrivées à la fin de la scolarité obligatoire, accusent un déficit de formation;
2 (nouveau) pour donner aux personnes adultes sans formation professionnelle initiale la possibilité d’obtenir un certificat de formation professionnelle initiale par le biais d’autres procédures de qualification (formation de rattrapage)».

Cette modification de la loi est nécessaire pour que l’encouragement à la formation professionnelle des adultes puisse figurer au chapitre 8 de la loi sur la formation professionnelle (participation de la Confédération aux coûts de la formation professionnelle), et en particulier aux articles 53 (forfaits versés aux cantons) et 55 (subventions en faveur de prestations particulières d’intérêt public). Ainsi seulement sera assurée la sécurité financière nécessaire.

Mesures en faveur des travailleurs âgés

Les travailleurs d’un certain âge ne figurent pas jusqu’ici dans la législation sur la formation professionnelle et la formation continue, actuellement en discussion au Parlement. Ils ne constituent pas un groupe cible spécifique. Donc, aucun projet de formation ne les concerne en particulier. Mais le marché du travail, compte tenu de l’évolution démographique, dépend toujours plus de travailleurs vieillissants qualifiés. La politique de la formation est donc tenue d’œuvrer, au moyen de ses instruments, au maintien des travailleurs âgés sur le marché du travail. Travail.Suisse propose que l’article 32 LFPr soit adapté aux nouveaux défis :

Art. 32 Mesures de la Confédération
1 La Confédération encourage la formation continue à des fins professionnelles.
2 Elle soutient notamment l’offre visant
a. à permettre aux personnes dont la profession connaît des modifications structurelles de se maintenir dans la vie active ;
b. à faciliter la réinsertion professionnelle des personnes ayant temporairement réduit leur activité professionnelle ou l’ayant interrompue ;
c. (nouveau) à préserver et améliorer, par des mesures appropriées, la capacité des travailleurs âgés sur le marché du travail.

Promotion de projets internationaux

La formation professionnelle de la Suisse est certes une réussite. Mais ses spécificités sont encore bien trop peu connues dans le contexte international et doivent donc être vendues de manière plus délibérée. Notamment la formation donnée dans les Hautes écoles spécialisées. Le nouveau Secrétariat d’Etat à la formation, la recherche et l’innovation (SFRI) a un devoir important à accomplir dans ce domaine. Travail.Suisse mesurera le travail de ce Secrétariat d’Etat notamment à l’aune de sa réussite à mieux « vendre » la formation professionnelle dans le contexte européen et international, autrement dit à mieux la positionner et partant à obtenir pas à pas au niveau international aussi, une reconnaissance de l’équivalence des voies de formation professionnelle et des voies de formation générale. Travail.Suisse estime qu’il serait sage de la part du Secrétariat d’Etat de mieux inclure les partenaires impliqués dans la vente de la formation professionnelle. Il verrait une possibilité d’agir par le biais de l’article 55.3 de la loi sur la formation professionnelle 7 , et de demander au Conseil fédéral d’autoriser dorénavant le financement de projets novateurs spécifiques concernant la « vente » de la formation professionnelle au niveau international, projets présentés par les partenaires, en s’appuyant sur les articles 54 et 55. Actuellement, il manque à la loi sur la formation professionnelle la notion d’une responsabilité des partenaires alliés dans le positionnement international de la formation professionnelle. Il faut donc travailler à inclure cette question de manière habile dans une révision de la loi sur la formation professionnelle.

Sécurité au travail – assurance du savoir-faire dans la formation professionnelle

La prévention des accidents est du ressort des employeurs. C’est valable aussi pour les apprentis. Mais ce groupe est surreprésenté dans les accidents de travail 8 . À noter que c’est le devoir du SEFRI d’autoriser les exceptions permettant aux jeunes d’exécuter des travaux dangereux pendant leur apprentissage 9 . La formation professionnelle est donc interpellée à un double titre par le thème de la sécurité au travail qu’elle doit mieux traiter dans son environnement, avec des projets novateurs par exemple. Il faut sérieusement poser la question de savoir comment traiter à l’avenir le thème de la « sécurité au travail » dans la formation professionnelle. Notamment parce que des demandes ont été déposées pour abaisser de 16 à 15 ans la limite d’âge pour effectuer des travaux dangereux.
__________

1 http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20001860/index.html
2 http://www.rookie-forumtheater.ch/rookie.html
3 http://www.zukunftstattherkunft.ch/index_de.html
4 A. Zihler, V. Borioli Sandoz, Réussir son retour à la vie active, Berne, février 2013.
5 http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-634_en.htm
6 http://www.berufsbildung.ch/dyn/8728.aspx
7 LFPr art. 55.3: Le Conseil fédéral peut prévoir d’autres prestations d’intérêt public pour lesquelles des subventions pourront être versées.
8 http://www.suva.ch/startseite-suva/praevention-suva/arbeit-suva/sichere-lehrzeit-suva.htm
9 Ordonnance sur la protection des jeunes travailleurs, OLT 5: Le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) peut, avec l’accord du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), prévoir, en particulier dans les ordonnances sur la formation, des dérogations à cette interdiction pour les jeunes âgés de plus de 16 ans lorsque l’exécution de travaux dangereux est requise pour atteindre les buts de la formation professionnelle initiale ou de cours reconnus par les autorités. Il fixe les mesures de sécurité et de protection de la santé nécessaires.

23 septembre 2013, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Que peut faire la politique de la formation en faveur
des travailleurs et travailleuses d’un certain âge?

En Suisse, les travailleurs et travailleuses âgés font désormais la une des médias. À juste titre. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, estime absolument indispensable que la politique de la formation notamment ne néglige pas plus longtemps ce groupe cible, et qu’elle le mette au contraire au cœur de ses projets de formation. suite

En premier lieu, les travailleurs et travailleuses âgés sont plutôt moins touchés par le chômage que les autres travailleurs. Par contre, s’ils deviennent chômeurs, ils ont alors plus de difficultés à renouer avec le marché du travail, comme le reflètent les statistiques relatives au chômage de longue durée, où ils sont représentés de manière surproportionnelle, avec un taux de 40,6% (juillet 2013). Connaître le chômage après 50 ans signifie donc se préparer à de nombreux refus et à une longue période de recherche. Il est dès lors compréhensible que cela entraîne des frustrations et une « peur de l’avenir » chez les personnes concernées et leurs familles. Il est d’autant plus nécessaire que la politique, et précisément celle de la formation, s’attaque à cette thématique.

Une première réaction positive de la Confédération

Jusqu’ici, les travailleurs et travailleuses âgés n’ont guère figuré dans la législation sur la formation ; ils ne sont mentionnés ni dans la loi sur la formation professionnelle, ni dans la loi sur la formation continue, actuellement en discussion au Parlement. La législation ne faisant pas apparaître ces « travailleurs et travailleuses âgés » en qualité de groupe cible spécial de la formation et de la formation continue, il n’existe, par conséquent, pas de projets de formation qui leur soient consacrés.

Aussi est-il réjouissant que le Conseil fédéral soit prêt à accepter un postulat portant sur le thème de « la formation et la formation continue des travailleurs et travailleuses âgés ». Le Conseil fédéral est chargé « de déterminer les mesures qu’il importe de mettre en œuvre en matière de formation afin de limiter au possible les risques de déqualification des travailleurs et travailleuses âgés; ces mesures devront s’inscrire dans une politique de formation continue qui réponde aux besoins des travailleurs âgés » 1. Si le Parlement soutient également ce postulat, un premier pas important sera ainsi franchi en direction de projets de formation utiles aussi bien aux travailleurs et travailleuses âgés qu’à l’économie, qui aura de plus en plus besoin de travailleurs et travailleuses âgés très qualifiés, compte tenu de la pénurie prévisible de main-d’œuvre spécialisée.

Des modèles de bonnes pratiques

La crise des places d’apprentissage a permis à la politique de la formation de se rendre compte qu’il était possible de résoudre la plupart des problèmes par le biais de projets régionaux diversifiés et spécifiques à chaque branche et par l’échange de modèles de bonnes pratiques. Une telle approche doit être étudiée également dans la sphère des « travailleurs d’un certain âge ». Toutefois, elle exige impérativement une base légale minimale, sans laquelle la Confédération ne peut lancer des projets.

Une nouvelle norme dans la loi sur la formation professionnelle

La loi sur la formation professionnelle prévoit, à l’article 55, la possibilité de soutenir, dans des domaines spécifiques, des projets de formation d’intérêt public. Actuellement, des projets de formation destinés au groupe cible « travailleurs et travailleuses âgés » n’en font pas encore partie. Mais si des projets doivent être lancés dans ce domaine, il conviendra de modifier la loi, en prévoyant, par exemple, un amendement de l’article 32 de la LFPr:

Art. 32 Mesures de la Confédération
1 La Confédération encourage la formation continue à des fins professionnelles.
2 Elle soutient notamment l’offre visant:
a. à permettre aux personnes dont la profession connaît des modifications structurelles de se maintenir dans la vie active;
b. à faciliter la réinsertion professionnelle des personnes ayant temporairement réduit leur activité professionnelle ou l’ayant interrompue;
c. (nouveau) à maintenir et à améliorer, par des mesures appropriées, la capacité des travailleurs âgés sur le marché du travail.

Un tel amendement de la loi permettrait de réagir judicieusement au nouveau défi que posent les « travailleurs et travailleuses âgés ».

1 Martin Candinas – Postulat 13.3639 http://www.parlament.ch/d/suche/seiten/geschaefte.aspx?gesch_id=20133639

09 septembre 2013, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

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