Thèmes – Formation

Encourager de manière ciblée les formations de rattrapage

On attend du Conseil fédéral qu’il dépose auprès du Parlement – lors de la session d’été – sa proposition relative à la loi fédérale sur la formation continue. Aux yeux de Travail.Suisse, il est indispensable qu’à l’avenir, cette loi contribue à la formation de rattrapage, en particulier à celle des personnes qui n’ont aucun diplôme de formation professionnelle initiale. A cet effet, Travail.Suisse propose une disposition obligeant la Confédération et les cantons, de concert avec les organisations du monde du travail, à prendre des mesures qui préparent les personnes exerçant une activité lucrative sans avoir reçu de formation professionnelle initiale à suivre les autres procédures de qualification (formation de rattrapage). suite

La législation suisse prévoit la possibilité de suivre des formations de rattrapage. Une telle formation professionnelle peut, par exemple, être faite par le biais d’une validation des acquis 1 , d’un apprentissage accéléré ou d’une procédure de qualification 2 selon l’article 32 de l’Ordonnance sur la formation professionnelle. Mais la législation ne prévoit pas la possibilité d’encourager de manière ciblée les formations de rattrapage. Le marché du travail a pourtant fortement besoin de ces formations, en raison de l’évolution démographique, ainsi que de la pénurie de main-d’œuvre qui se profile ; il faut en particulier des formations de rattrapage destinées à des personnes n’ayant encore aucun diplôme de formation professionnelle initiale. De plus, le marché du travail fonctionne aujourd’hui de telle manière qu’une formation du degré secondaire II est une condition préalable essentielle à une intégration durable et réussie dans le premier marché du travail. Du point de vue de la politique de la formation, il faut donc faire de la formation de rattrapage l’un des thèmes centraux de ces prochaines années.

Résultats d’une étude menée par Travail.Suisse

Une étude menée par Travail.Suisse montre qu’en Suisse, sur les quelque 600’000 personnes en âge de gagner leur vie et dépourvues de diplôme de formation professionnelle initiale, environ 52’000 seraient tout à fait aptes à obtenir une formation de rattrapage en passant par la reconnaissance des acquis 3 . Afin de pouvoir exploiter ce potentiel, Travail.Suisse propose, d’un côté, un engagement (commitment) de la part des partenaires concernés et, de l’autre, une réglementation légale à insérer dans la loi, actuellement en discussion, sur la formation continue.

Engagement (commitment) des partenaires concernés

Afin de promouvoir la formation de rattrapage d’adultes n’ayant pas de diplôme professionnel, il est judicieux de mettre au point un engagement (commitment) des partenaires de la formation professionnelle. Cet engagement devra, d’une part, fixer les objectifs à atteindre, les mesures à prendre, ainsi que les diverses responsabilités, et, d’autre part, en permettre la mise en œuvre. Dans les deux phases, il faudra recourir à la possibilité de favoriser des projets en vertu des articles 54 et 55 de la loi sur la formation professionnelle. Cette base légale permet à la Confédération de participer au financement de travaux d’analyse et de planification et de soutenir les mesures appropriées.

La « loi sur la formation continue » constitue une chance

L’engagement (commitment) sera renforcé si l’encouragement à la formation de rattrapage est également ancré dans la loi. Une chance est offerte actuellement d’adopter une réglementation appropriée dans la nouvelle loi, en préparation, sur la formation continue. Au stade actuel du débat, on peut partir de l’idée que la loi sur la formation continue prévoit que la formation non formelle et informelle soit intégrée par la formation formelle, par exemple par la formation professionnelle initiale. De ce fait, la loi sur la formation continue tient compte, elle aussi, de la question de la « formation de rattrapage ». Mais comme dans la loi sur la formation professionnelle, la formation de rattrapage n’est que réglementée dans la loi sur la formation continue, elle n’y est pas encouragée. Il y a donc lieu d’amender l’article 7 en le complétant ainsi:

«Art. 7 Prise en compte des acquis dans la formation formelle*
1 La Confédération et les cantons veillent dans leurs législations respectives à assurer la transparence et, autant que possible, l’équivalence des procédures de prise en compte de la formation continue et de la formation informelle dans la formation formelle.
3 (nouveau) De concert avec les organisations du monde du travail, ils prennent des mesures qui préparent aux autres procédures de qualification (formation de rattrapage) les personnes en âge d’exercer une activité professionnelle et qui n’ont pas de formation professionnelle initiale.»

Une telle réglementation permettrait de mettre au point une politique qui augmenterait la participation à la formation continue des personnes n’ayant pas de diplôme de formation initiale. En effet, ce groupe participe beaucoup moins (50%) à la formation continue que les personnes ayant un diplôme du degré secondaire II 4 . Toutefois, il manque à la catégorie des personnes sans formation d’importantes conditions préalables pour permettre d’accéder plus facilement à la formation de rattrapage. En effet, le manque de formation continue est l’un des obstacles qui complique pour ce groupe l’accès à la formation de rattrapage.

Travail.Suisse se mobilisera pour que la politique saisisse la chance que constitue la « loi sur la formation continue » et utilise à fond le potentiel qu’offrent les formations de rattrapage. Car l’absence de formations de rattrapage signifie en premier lieu plus de migration et, en second lieu, des coûts plus élevés pour la sécurité sociale.

1 http://www.validacquis.ch/InfoKand.php
2 http://www.berufsbildung.ch/download/mb6.pdf
3 Coûts pour la société de l’absence de formation professionnelle : accent mis sur la procédure de validation et les interruptions d’apprentissage, Tobias Fritschi, Livia Bannwart, Oliver Hümbelin, Sanna Frischknecht, Rapport final sur mandat de Travail.Suisse, Berne, 20 mars 2012, http://www.travailsuisse.ch/themes/formation/formation_professionnelle?lang=fr&page=3
4 La formation continue en Suisse 2011, Microrecensement formation de base et formation conti-nue, version corrigée 15.04.2013, pp. 5 et 7

13 mai 2013, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Apprentissage tout au long de la vie –
sans limite d’âge pour les bourses d’études

Le concordat sur les bourses d’études prévoit que la limite d’âge doit rester en deçà de 35 ans dans les lois cantonales sur les bourses d’études. La loi – révisée – sur les contributions à la formation maintient cette limite d’âge. De ce fait, des personnes qui effectuent leur parcours de formation avec des interruptions et des changements de parcours, sont souvent exclues, ce qui est en contradiction avec l’exigence d’un apprentissage tout au long de la vie. En effet, sans soutien financier, les personnes âgées de plus de 35 ans et dont les revenus sont faibles n’auront guère de chance d’obtenir un certificat de formation. S’en tenir à une limite d’âge, c’est faire preuve de manque de courage, car aujourd’hui déjà dix cantons ont renoncé aux limites d’âge. suite

La loi sur les contributions à la formation est aujourd’hui en vigueur ; sa révision fait actuellement l’objet d’une procédure de consultation. Cette révision est le contre-projet indirect du Conseil fédéral à l’initiative sur les bourses d’études de l’Union des étudiant-e-s de Suisse UNES. La révision reprend les dispositions formelles du concordat sur les bourses d’études, dans la mesure où elles concernent l’enseignement tertiaire. Ce concordat a été adopté en 2009 par la Conférence intercantonale des bourses d’études CIBE et entre en vigueur le 1er mars 2013. Il vise à harmoniser les lois cantonales et fixe des normes minimales. Un point de la révision de la loi est approfondi ci-après, celui de la limite d’âge fixée à 35 ans.

Supprimer les limites d’âge

Le concordat sur les bourses d’études règle la limite d’âge comme suit à l’article 12, alinéa 2: « Les cantons peuvent fixer un âge maximum au-delà duquel le droit à une bourse d’études est échu. Cette limite ne peut être inférieure à 35 ans au début de la formation ». Cette réglementation figure de nouveau dans la révision de la loi sur les contributions à la formation.

Cependant, certains cantons ont des réglementations qui vont nettement au-delà de cette limite. Dix cantons ont aboli la limite d’âge. Quant à ceux qui n’ont pas encore adhéré au concordat sur les bourses d’études, ils ont cinq ans pour adapter leur législation 1. C’est maintenant qu’une occasion se présente de supprimer la limite d’âge, parallèlement à l’adaptation de la législation cantonale. De même, la limite d’âge devrait être supprimée dans la loi révisée sur les contributions à la formation – donc au niveau fédéral.

Apprendre tout au long de la vie – mais uniquement avec une filière de formation linéaire

Personne ne conteste aujourd’hui la nécessité de continuer à apprendre tout au long de la vie pour rester à jour professionnellement et pour acquérir de nouvelles connaissances. Mais cette exigence se heurte à des lois qui empêchent des personnes aux faibles revenus de poursuivre cet objectif. Les lois continuent de tabler sur des parcours de formation qui se déroulent sans interruptions ni changements de filières.

Certes, des qualifications accrues sont souhaitées, mais le soutien n’est pas prévu

L’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié, lancée par le Département de l’économie, de la formation et de la recherche DEFR, voit un potentiel de main-d’œuvre dans les mères exerçant une activité professionnelle à temps partiel ou n’en exerçant pas et ayant un certi-ficat du degré secondaire II. Le DEFR constate qu’il faut agir – en plus de mesures structurelles – pour relever les qualifications.

Les candidat-e-s au retour à la vie active qui souhaitent reprendre une vie professionnelle n’affichent que rarement un parcours de formation linéaire. Souvent, les mères exerçant une activité lucrative interrompent leur parcours de formation, parce qu’elles manquent de temps et d’énergie pour suivre une formation continue à côté de leurs charges familiales et professionnelles. La plupart du temps, les mères qui n’exercent pas d’activité professionnelle ou qui en exercent une à temps partiel ont donc plus de 40 ans lorsqu’elles envisagent de suivre une formation continue ou une filière de formation au niveau universitaire 2. Elles n’ont aucun droit à des contributions à la formation, bien qu’elles ne disposent souvent que d’un revenu limité.

Il vaut la peine de suivre une formation de rattrapage pour obtenir un certificat professionnel

Apprendre tout au long de la vie signifie aussi encourager la formation de rattrapage. Une étude menée par la Haute école spécialisée bernoise HESB, Division Travail social, montre que quelque 50’000 personnes actives sans certificat professionnel remplissent les conditions pour suivre une formation de rattrapage^3^ . Or, seule une fraction de ces personnes suivent actuellement une telle formation. Et pourtant, un certificat professionnel vaudrait la peine pour ces personnes, même si elles ont plus de 40 ans. C’est ce que montre l’analyse coûts-avantages de l’étude susmentionnée. Mais la proportion des personnes qui suivent une formation de rattrapage pour obtenir un certificat n’augmentera que difficilement, aussi longtemps que l’obtention de bourses ne sera plus possible à partir d’un certain âge.

L’apprentissage tout au long de la vie n’implique pas seulement de poursuivre régulièrement une formation continue pour l’obtention d’un certificat professionnel ou de l’enseignement tertiaire. L’apprentissage tout au long de la vie signifie aussi que des personnes dans la force de l’âge suivent encore une formation de rattrapage pour obtenir un certificat professionnel, et qu’elles sont soutenues dans leurs efforts pour accroître leurs qualifications.

1 Vous trouverez de plus amples informations sur la procédure d’adhésion au concordat sur les bourses d’études sous: http://www.edk.ch/dyn/25861.php.

2 l’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant était déjà de 28,7 ans. Depuis lors, il a continué d’augmenter pour se situer en 2010 à 30,2 ans. Voir le tableau de l’Office fédéral de la statistique, sous http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/de/index/themen/01/06/blank

3 Haute école spécialisée bernoise HESB, Division Travail social. Fritschi, Tobias et al.: Gesellschaftliche Kosten der Ausbildungslosigkeit mit Fokus auf Validierung und Ausbildungsabbr 3 üche. Rapport final sur mandat de Travail.Suisse, Berne, 20 mars 2012.
/key/02/07.html.

18 février 2013, Angela Zihler, Co-responsable du projet "Expérience ReProf"

Conférence sur les places d’apprentissage: stratégie pour l’avenir

À la Conférence sur les places d’apprentissage, les partenaires prennent chaque fois des décisions stratégiques fondamentales concernant la formation professionnelle. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, est heureuse de constater que cette année encore la Conférence a donné de nouvelles impulsions. suite

La formation professionnelle est tenue de réagir à temps aux nouveaux défis. Ainsi seulement, elle reste capable d’anticiper, de tenir dûment compte des besoins de l’économie en main-d’œuvre qualifiée tout en restant attirante pour les jeunes et les jeunes adultes. De l’avis de Travail.Suisse, quatre décisions de la Conférence sur les places d’apprentissage1 sont particulièrement importantes.

Rapport général sur la formation de rattrapage

La loi sur la formation professionnelle prévoit la possibilité d’une formation de rattrapage. Dans sa forme actuelle, elle n’envisage pas cependant de la promouvoir systématiquement. Pourtant, si l’on considère l’évolution démographique et le manque prévisible de main-d’œuvre, le marché du travail dépend de plus en plus de cette formation de rattrapage, notamment celle de personnes qui ne possèdent aucun premier certificat de formation professionnelle. En réclamant un rapport général sur la formation de rattrapage, la Conférence sur les places d’apprentissage pose le premier jalon d’une promotion systématique et ciblée de cette formation. Travail.Suisse est convaincue que cette promotion de la formation de rattrapage des personnes sans certificat de formation professionnelle doit devenir un des sujets principaux de la politique de formation ces prochaines années. Un diplôme professionnel n’améliore pas seulement de manière durable la qualité de vie des personnes qui l’obtiennent, mais il est aussi bénéfique pour la société et contribue à pallier le manque de main-d’œuvre qualifiée que l’évolution démographique laisse prévoir. L’autre face de l’alternative, si l’on néglige la formation de rattrapage, c’est d’abord une immigration plus importante et ensuite une hausse des coûts de la sécurité sociale. Des études sur la formation de rattrapage publiées par Travail.Suisse (http://www.travailsuisse.ch/fr/node/3146) le montrent.

Mesures visant à promouvoir la mobilité dans la formation professionnelle

Dans les gymnases, il va de soi que les étudiants apprennent au moins deux langues étrangères en plus de leur langue maternelle. En outre, les gymnasiens et gymnasiennes ont la possibilité d’approfondir leur connaissance d’une langue étrangère par le biais d’une année d’échange linguistique international. La situation est tout autre du côté de la formation professionnelle. Environ 50 pour cent des jeunes en apprentissage professionnel sans maturité professionnelle ne sont soumis à aucune exigence en matière de langues étrangères. Dans le domaine des arts et métiers, la proportion atteint même 80 pour cent ! En outre, dans la formation professionnelle, les programmes d’échange et de mobilité ne font pas partie de la tradition. Du fait que la mobilité et l’étude des langues étrangères ne jouent qu’un rôle mineur dans la formation professionnelle, la Suisse a peu de chances de bien préparer ses apprentis à affronter le marché du travail européen et une formation continue. On attend d’eux de plus en plus qu’ils puissent comprendre et se faire comprendre en plusieurs langues et soient à même d’évoluer dans des contextes multiculturels. Travail.Suisse salue donc clairement les mesures prises pour encourager la mobilité dans la formation professionnelle.2

Renforcer la formation professionnelle supérieure et la maturité professionnelle

La haute qualification des professionnels grâce à la formation professionnelle supérieure et à la maturité professionnelle ouvrant sur les hautes écoles spécialisées est un facteur important pour la qualité, la productivité et la créativité de notre économie. Il est absolument nécessaire de les renforcer de manière à ce que leurs avantages soient connus aux niveaux national et international et que ces filières de formation soient reconnues comme équivalentes aux voies de formation générale. Pour atteindre cet objectif, Travail.Suisse estime qu’il serait judicieux que le futur Secrétariat d’Etat intègre mieux les partenaires. Il serait possible pour cela de faire appel à l’article 55.3 de la loi sur la formation professionnelle et de demander au Conseil fédéral que soient financés dorénavant par le biais de l’article 54 les projets spécifiques et novateurs des partenaires, visant à mieux positionner la formation professionnelle sur la scène internationale. Actuellement, il manque à la loi sur la formation professionnelle la notion de responsabilité des partenaires dans le positionnement international de la formation professionnelle. Cette demande devrait être présentée habilement lors d’une révision de la loi.

Utiliser davantage le potentiel des migrantes et des migrants

La Conférence sur les places d’apprentissage prévoit aussi de mieux utiliser le potentiel des migrantes et des migrants dans la formation professionnelle. Le projet de recherche MIRAGE <Les migrants qui gravissent les échelons sociaux >, de l’Université de Fribourg, donne d’importantes indications à ce propos. Il recommande notamment de laisser tomber les perspectives de déficit évoquées jusqu’à maintenant, de se focaliser sur le potentiel des migrantes et des migrants et de viser une promotion plus ciblée et plus « percutante » de la formation professionnelle. En recourant à des mesures ciblées de sensibilisation et de communication, il faut encore faire mieux connaître, et plus particulièrement aux immigrantes et immigrants, les possibilités variées de formation professionnelle3. À ce propos, Travail.Suisse s’est attelée à mettre sur pied un projet sur le thème de la « Formation des parents de langue étrangère : choix d’une profession et recherche de places d’apprentissage », en collaboration avec l’association faîtière des organisations de migrants (www.fimm.ch). Nous espérons que la Confédération soutiendra ce projet.

1http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/28789.pdf

2http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/28781.pdf

3http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/28789.pdf , page 2/4.

02 décembre 2012, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Pousser la formation de rattrapage

A la Conférence sur les places d’apprentissage, les partenaires concernés prendront des décisions stratégiques de fond concernant la formation professionnelle. Travail.Suisse se réjouit que les partenaires veulent élaborer un rapport général sur les possibilités, chances et coûts de la formation de rattrapage et faire ainsi un premier pas pour son développement. suite

La loi sur la formation professionnelle prévoit la possibilité de formations de rattrapage. Mais dans sa forme actuelle, elle ne prévoit pas qu’il faille la développer. Le marché du travail est toutefois, au vu de l’évolution démographique et du manque de personnel qualifié qui se profile, de plus en plus tributaire de formations de rattrapage, en particulier de personnes qui ne disposent d’encore aucune première formation professionnelle.

Un premier pas vers une importante nouveauté

En demandant un rapport général sur la formation de rattrapage, la Conférence sur les places d’apprentissage pose un premier jalon pour une formation de rattrapage ciblée et voulue. Travail.Suisse est convaincu que la promotion de la formation de rattrapage de personnes sans première formation achevée doit être un des thèmes centraux de la politique de formation des prochaines années. Un titre professionnel n’améliore pas seulement durablement la qualité de vie des personnes concernées mais profite aussi très clairement à la société et contribue à atténuer la pénurie de personnel qualifié prévisible due à l’évolution démographique. L’alternative à plus de formation de rattrapage est d’avoir primo plus de migration et, secundo, des coûts de sécurité sociale plus élevée. C’est ce que montrent des études que Travail.Suisse a publiées sur le thème de la formation de rattrapage (www.travailsuisse.ch/de/node/3145).

23 novembre 2012, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Encourager la mobilité et les langues étrangères dans la formation professionnelle

Lors de la conférence sur les places d’apprentissage qui aura lieu le 23 novembre 2012, un rapport sur l’encouragement de la mobilité et des langues étrangères dans la formation professionnelle sera discuté et, espérons-le, également adopté. Travail.Suisse espère que ce rapport servira de catalyseur aux diverses initiatives proposées dans ce domaine. suite

Il est évident qu’au gymnase les étudiants apprennent au moins deux langues étrangères en plus de leur langue maternelle. En outre, les collégiennes et collégiens ont la possibilité d’apprendre une langue étrangère de manière plus approfondie grâce à une année d’échange international. La situation est tout autre du côté de la formation professionnelle. Environ 50 % des jeunes en apprentissage sans maturité professionnelle ne sont nullement encouragés ni obligés d’apprendre les langues étrangères. Ils sont même près de 80 % dans le secteur de l’industrie et de l’artisanat! De plus, les programmes d’échange et de mobilité dans la formation professionnelle ne font guère partie de la tradition.

Les besoins sont croissants sur le marché du travail

Du fait que la mobilité et l’apprentissage des langues étrangères ne jouent qu’un rôle secondaire dans la formation professionnelle, la Suisse passe à côté de nombreuses occasions de bien préparer ses apprentis pour le marché européen du travail, et de bien préparer la formation continue: car aujourd’hui en Europe, on attend de plus en plus souvent des apprentis qu’ils se fassent comprendre en plusieurs langues et qu’ils puissent évoluer dans des environnements multiculturels.

Trouver des solutions créatives plutôt qu’augmenter les leçons

Toutefois, ce ne sera pas en augmentant le nombre d’heures de cours dans les écoles professionnelles spécialisées que l’on satisfera à l’exigence, dans la formation professionnelle, de davantage de mobilité et davantage de langues étrangères. Il faut emprunter d’autres voies. Pour Travail.Suisse, ce sont surtout les initiatives suivantes qu’il faut renforcer ou développer :

Renforcer l’enseignement bilingue: une possibilité consiste à enseigner certaines disciplines scolaires dans une langue étrangère. En quelque sorte, on apprend alors deux choses d’un seul coup: la matière en question et une langue étrangère. À cet égard, deux modèles peuvent entrer en jeu: le modèle d’enseignement bilingue, où l’on parle, on lit, on écrit en français et à environ 30% dans une langue étrangère. L’enseignant-e introduit par exemple un nouveau thème tout d’abord en français, puis l’approfondit grâce à des activités menées dans une langue étrangère. Dans le second modèle, nommé immersion, des disciplines entières sont enseignées dans une langue étrangère pendant une assez longue période. Les expériences actuelles en matière d’enseignement bilingue sont à prendre en compte et à considérer de manière à ce que les écoles professionnelles soient de plus en plus nombreuses à envisager la possibilité d’opter pour ce genre d’enseignement.

Mettre des fonds à disposition pour des projets: la Fondation ch, qui dispose de fonds destinés à des programmes de mobilité, a évidemment toute son importance dans le développement de la mobilité et de l’encouragement des langues étrangères. Il lui faut encore mieux réussir à adapter ses prestations de services aux besoins de la formation professionnelle et présenter ses offres de manière à ce que dépenses et recettes s’équilibrent pour les entreprises et les écoles qui souhaitent mener des projets de mobilité. De même, l’encouragement de projets de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie OFFT doit prévoir, en vertu des articles 54 et 55 LFPr, des fonds en faveur de l’incitation financière de projets novateurs dans ce domaine.

Nommer des délégués à la mobilité: afin que l’idée de l’encouragement de la mobilité et des langues étrangères puisse mieux réussir à s’imposer dans la formation professionnelle, il y a lieu de nommer des « délégués à la mobilité » au sein de la Confédération, des cantons et des organisations du monde du travail. Ces personnes devront veiller à ce que la question reste à l’ordre du jour dans leur contexte, et que les démarches possibles en vue d’encourager la mobilité et les langues étrangères soient entreprises. Sous ce rapport, la Confédération a une responsabilité particulière : elle doit veiller à ce que les « délégués à la mobilité » des différents partenaires soient regroupés dans un solide réseau.

Instaurer un pilotage: il faut instaurer un pilotage quant au développement dans le domaine de l’encouragement de la mobilité et des langues étrangères dans la formation professionnelle. Ce pilotage doit permettre d’évaluer régulièrement, sur le plan statistique et scientifique, l’évolution accomplie dans ce domaine. Pour la première fois, un état des lieux sera publié dans le Rapport sur l’éducation en Suisse 2014.

Un cours pilote chez Travail.Suisse

L’an prochain, Travail.Suisse offrira par le biais de sa commission de la jeunesse un cours pilote, dans lequel des compétences en langues étrangères pourront également être acquises lors de l’étude de la question : « Ce que je dois savoir au seuil du monde professionnel ». Le cours sera donné en trois langues et tous les documents seront distribués en italien, en français et en allemand. Toutefois, une seule langue nationale sera introduite dans les différentes séquences.

Etant donné que ce cours sera fréquenté par des jeunes (et des formatrices et formateurs) provenant de toutes les régions linguistiques, ceux-ci pourront s’entraider mutuellement à comprendre les contenus.

19 novembre 2012, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

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