Thèmes – Formation

La nouvelle Loi fédérale sur l’encouragement des hautes écoles et la coordination dans le domaine suisse des hautes écoles

La nouvelle LEHE est un projet unique pour le paysage de la formation suisse. Toutes les hautes écoles – c’est-à-dire les universités, les écoles polytechniques, les hautes écoles spécialisées et pédagogiques – bénéficieront à partir de 2015 d’un système de coordination et de promotion centralisé. Cette restructuration marque l’environnement des hautes écoles : de nouvelles organisations se sont constituées, d’autres sont en mutation et la participation se renforce. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses exprime aussi sa voix dans ce cadre.

Pour cette raison, nous vous envoyons périodiquement une Info-Mail et faisons ressortir pour vous les acteurs, les forces et les aspects encore en chantier de la nouvelle LEHE. Si vous voulez aussi recevoir cette Info-Mail, merci de le signaler ici :










Ici vous trouvez les textes des Info-Mail :

100 millions de francs ne résolvent qu’une petite partie du problème

Dans le cadre du message FRI 2017-2020, il a été décidé de démarrer un programme spécial pour la médecine humaine. 100 millions de francs devrait faire augmenter le nombre d’étudiant-e-s diplômé-e-s de 860 en 2014 à 1350 en 2025. On est particulièrement intéressé dans ce cadre à ce que davantage de médecins choisissent la médecine de premier recours. Mais on y parviendra que si les différents acteurs dans ce domaine gardent constamment en ligne de mire ce but et prennent des décisions allant dans cette direction. suite

Il y a maintenant des moyens financiers pour augmenter le nombre de places dans la médecine de premier recours. Mais le financement seul ne suffit pas. D’importantes décisions en aval des acteurs les plus divers sont nécessaires.

• Dans les hautes écoles, il faut aménager la formation de manière à ce que plus d’étudiant-e-s en médecine s’orientent vers la médecine de premier recours: selon des études, deux critères ont fait leurs preuves à cet égard : les programmes longitudinaux et des expériences cliniques précoces 1 .

• Le financement de la formation postgrade médicinale suivant les études requiert des réglementations intercantonales. Depuis décembre 2014, une procédure d’adhésion est en cours concernant la „Convention sur le financement de la formation postgrade 2 “. Cette convention entre en vigueur si au moins 18 cantons y adhèrent. Actuellement 11 cantons ont signé la convention 3 . Il manque donc encore au moins sept cantons pour que cette convention intercantonale puisse entrer en vigueur.

• Concernant la formation postgrade des médecins de famille, il existe un programme d’assistanat au cabinet soutenu par les cantons et la Fondation pour la promotion de la formation en médecine de famille FMF. Les programmes d’assistanat au cabinet permettent aux médecins assistants de la discipline médecine interne générale d’effectuer une formation postgrade axée sur la pratique chez des médecins de famille expérimentés 4 . Selon le rapport annuel de la FMF, le financement des programmes cantonaux devrait être assuré à moyen terme mais pas à long terme 5 . Voilà un message de mauvais augure du fait que le programme d’assistanat au cabinet devrait justement être fortement développé pour augmenter le nombre de médecins de famille.
• Si l’on veut augmenter le nombre de médecins de famille, il ne s’agit pas seulement de conserver les places de formation postgrade actuelles mais il faut les étendre à large échelle. Pour y parvenir, il faut, hormis le financement, que davantage de médecins de famille soient prêts à se former comme maître de stage et à offrir des places de formation postgrade dans leur cabinet. Il faut alors se poser la question s’il existe à cet égard un potentiel en médecins de famille ? Si oui, quel est son ordre de grandeur ? Et quelles sont les mesures à prendre qui pourraient éventuellement augmenter ce potentiel ?

• S’il devait y avoir plus de médecins de famille, l’attractivité de la profession „médecin de famille“ devrait s’en trouver améliorée. Pour ce faire, il faut la volonté d’y parvenir de toute la branche médicale, y compris les médecins spécialistes et les caisses maladie, et la politique.

Si tous ces défis sont pris au sérieux, on constatera alors que les 100 millions de francs pris dans le pot de la formation ne sont qu’un petit pas vers le but long et difficile de pérenniser et fortifier les médecins de famille.


1 http://www.travailsuisse.ch/system/uploadedfiles/3810/original/2016_06_27_HFKG_Hausaerzte-gewinnen_f.docx
2 Convention sur la contribution des cantons aux hôpitaux relative au financement de la formation médicale postgrade et sur la compensation intercantonale des charges (Convention sur le financement de la formation postgrade CFFP) http://www.gdk-cds.ch/fileadmin/docs/public/gdk/themen/gesundheitsberufe/medizinalberufe/aerztliche_weiterbildung/ikv_wfv_plenar_beitrv_20141120_f.pdf
3 http://www.gdk-cds.ch/fileadmin/docs/public/gdk/themen/gesundheitsberufe/medizinalberufe/aerztliche_weiterbildung/tb_wfv_ratifkanton_20161231_d-f.pdf
4 http://www.gdk-cds.ch/index.php?id=1130&L=1
5 La Fondation pour la Promotion de la Formation en Médecine de Famille (FMF) : Rapport annuel 2015, p. 1: „Die Finanzierung der kantonalen Programme dürfte zwar mittel-, nicht aber langfristig gesichert sein. Für die Politik ist die Praxisassistenz nach wie vor „nur“ ein Instrument zur Förderung der Hausarztmedizin und nicht primär ein verbindlicher und akkreditierter Weiterbildungsgang der Fachrichtung Allgemeine Innere Medizin bzw. Kinder- und Jugendmedizin. Es ist notwendig, dass alle Kantone, vor allem aber die Kantone Bern und Zürich die Praxisassistenzstellen nicht verringern und wenn immer möglich, diese ausbauen. Die Praxisassistenz muss langfristig gesichert sein, wie dies auch bei den stationären Weiterbildungsstellen der Fall ist.“

05 avril 2017, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Hôpitaux universitaires et hautes écoles critiquent le programme d’impulsion visant à former davantage de médecins

Plus de spécialistes au lieu d’enfin suffisamment de médecins généralistes, telle est la crainte de Médecine Universitaire Suisse. L’association plaide pour une plus grande prise en main du milieu politique. suite

La somme de 100 millions de francs suisses pour former davantage de médecins a déjà été approuvée et répartie entre les hautes écoles qui désirent créer de nouvelles places d’études. Reste à savoir si la mesure est adaptée pour combattre la pénurie de médecins de famille et de pédiatres. L’association Médecine Universitaire Suisse* en doute fortement. «Ce n’est souvent qu’après les études que l’on décide de sa spécialisation», relève Henri Bounameaux. C’est pourquoi, d’après le vice-président de l’association, il faudrait agir au moins tout autant au niveau de la formation continue.

Médecine Universitaire Suisse salue l’objectif d’augmenter le nombre annuel de diplômes en médecine pour atteindre la barre de 1300 contre environ 1100 actuellement. Cependant, pas tous les programmes ne conviennent pour motiver les futurs médecins à choisir la voie généraliste, critique Henri Bounameaux. Le doyen de la faculté de médecine de Genève ne juge en particulier pas judicieux la démarche de l’EPFZ, qui proposera à partir de cet automne un bachelor scientifico-technique en médecine. Selon lui, il s’agit de gaspillage des fonds publics. En effet, grâce à la passerelle qui permet aux titulaires d’un bachelor de l’EPFL d’intégrer les universités de Genève et de Lausanne, on pourrait déjà former suffisamment de spécialistes scientifiques. Henri Bounameaux souligne qu’il est primordial que les nouveaux prestataires de formations en médecine travaillent en étroite collaboration avec les facultés existantes, car ce n’est qu’ainsi que l’on pourra éviter une concurrence insensée et continuer à garantir une formation de qualité.

Incitations malencontreuses

L’angiologue formule également quelques critiques à l’encontre des membres de l’association: les hôpitaux universitaires proposent trop de postes de médecins-assistants pour futurs spécialistes, pour une durée de plusieurs années. Nombre de ces spécialistes ouvriront par la suite leur propre cabinet, ce qui mènera à un manque de personnel indigène dans les hôpitaux. En revanche, les places limitées à une année et adaptées aux futurs généralistes ne font pas légion. Un groupe de travail interne se penche à présent sur ce problème. Les médecins de famille apprennent souvent les ficelles du métier dans les domaines de la médecine interne, de la dermatologie, de la rhumatologie et de l’oto-rhino-laryngologie. Henri Bounameaux est d’avis qu’il faudrait de plus qu’ils élargissent leurs connaissances au sein d’un cabinet de médecin de famille. Selon lui, trop peu de médecins généralistes sont prêts à former les médecins de demain, même s’ils pourraient ainsi résoudre leur problème de succession. Les places de stage chez les médecins de famille pour l’année d’études à option pèsent également sur le budget des facultés. «Le canton devrait payer les médecins de famille pour former la relève», exige Henri Bounameaux. En effet, alors que les médecins-assistants sont déjà suffisamment qualifiés pour obtenir un salaire, la situation est différente pour les sous-assistants.
Les programmes de médecins de famille proposés à présent par toutes les facultés de médecine sont un point positif, relève Médecine Universitaire Suisse dans sa prise de position. Mais en raison du manque de fonds, pas tous les intéressés ne peuvent être retenus.

Argent et exigence

Outre des moyens financiers, le vice-président de l’association souhaite plus de volonté d’action de la part du milieu politique. Premièrement, le règlement tarifaire devrait enfin être adapté en faveur des médecins de famille, et ce, malgré l’opposition des spécialistes, qui touchent un salaire plus important. Deuxièmement, il faudrait inciter ll’ouverture de cabinets de médecins dans des régions rurales, par exemple sur l’initiative des communes. Troisièmement, on pourrait même envisager une obligation pour les médecins à travailler pendant un certain temps dans un cabinet de médecins de famille une fois les études terminées. «Les études de médecine sont gratuites. Il serait donc normal que les futurs médecins donnent quelque chose en retour à la société.» Bien entendu, il sait que dans un pays où la liberté règne cette exigence est difficile à réaliser.

  • L’association Médecine Universitaire Suisse (unimedsuisse) a été fondée en 2015. Les cinq hôpitaux universitaires cantonaux ainsi que les facultés de médecine correspondantes (Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Zurich) se sont regroupés pour défendre leurs intérêts communs.

05 avril 2017, Andrea Söldi, libre journaliste RP

Profession enseignante reconnue grâce à un nouveau positionnement

Jusque fin 2014, la formation du corps enseignant incombait exclusivement aux cantons. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE) au début de cette année, les hautes écoles pédagogiques font partie du paysage suisse des hautes écoles. Travail.Suisse a discuté avec Hans-Rudolf Schärer de ce que cela signifie pour les HEP. suite

Depuis bientôt deux ans, les hautes écoles pédagogiques sont situées sur le même niveau que les hautes écoles universitaires et les hautes écoles spécialisées. Quelle est l’importance de ce nouveau positionnement pour votre domaine de formation ?
Hans-Rudolf Schärer : les exigences et l’importance de la profession enseignante pour la société même au degré primaire sont mieux reconnues. Dans les milieux UDC, on entendait dire à l’occasion que les enseignant-e-s n’avaient aucun besoin d’étudier et qu’un apprentissage suffisait. Aujourd’hui, de telles idées sont balayées.

Vous voulez dire qu’il s’agit avant tout d’une question d’estime pour les HEP ?
Il en résulte aussi des avantages tout à fait concrets. Par exemple, nous collaborons maintenant dans diverses délégations thématiques de Swissuniversities et représentons les intérêts de l’école et de la formation du corps enseignant. Dans le domaine de la recherche, cela se traduit par le développement de l’Open Access : lorsque des publications scientifiques seront gratuitement accessibles sur internet, nos professeur-e-s et nos étudiant-e-s pourront en faire usage facilement et gratuitement. Notre nouvelle situation simplifie en outre la recherche en commun avec d’autres types de hautes écoles. Et les accréditations obligatoires augmenteront la qualité.

Avant l’entrée en vigueur de la LEHE, les hautes écoles spécialisées et les HEP craignaient de ne pas être estimées à leur juste valeur par les universités. Comment vivez-vous aujourd’hui la collaboration au sein de la Conférence des recteurs ?
La discussion est constructive et tout le monde respecte le principe bien connu : les trois types de haute école sont différents mais égaux. Vis-à-vis de l’extérieur, l’organisation tout entière parle d’une seule voix, ce qui nous donne du poids dans le discours social et dans le monde politique. Par exemple, toutes les hautes écoles s’engagent ensemble dans le cadre de Swissuniversities afin de continuer de participer au programme de recherche européen Horizon 2020.

Quelle est l’importance du point de vue des HEP de la perméabilité entre les types de haute école et des possibilités de promotion ?
Nous avons de grands besoins avant tout dans notre noyau de compétence, en méthodologie didactique, et nous devons former nous-mêmes notre propre succession pour la recherche et l’enseignement. Avec d’autres hautes écoles nous sommes en train d’élaborer des programmes de doctorats. Le suivi des doctorant-e-s se fera essentielle-ment au sein des HEP mais les titres ne peuvent être délivrés que par les universités.

L’intégration des HEP dans le paysage suisse des hautes écoles ne durcit-elle pas la concurrence avec d’autres types de hautes écoles, par exemple pour obtenir des fonds de formation qui ont tendance à se réduire comme peau de chagrin ?
Nous sommes moins concernés car notre financement émane en majeure partie des cantons. Mais nous pouvons déjà profiter des subsides fédéraux via les contributions liées aux projets avec notre grande initiative portant sur la méthodologie didactique.

De quoi s’agit-il ?
Nous avons planifié de nombreuses filières de master dans les domaines de la méthodologie didactique dont l’essentiel en matière de responsabilité incombe aux HEP. Par exemple, en collaboration avec d’autres HEP et universités, nous offrirons bientôt chez nous, à Lucerne, une filière de master en didactique de l’histoire. Dans quelques cantons comme Berne et Lucerne, le corps enseignant au niveau gymnasial acquiert déjà son savoir didactique à la HEP. Or nous voulons mettre notre noyau de compétence, qui consiste à rendre l’individu capable de transmettre des savoirs, davantage à disposition de la société dans ses autres domaines d’activités. Le cadre moyen en entreprise a aussi besoin de compétences didactiques. Je vois encore beaucoup de potentiel dans ce domaine.

* Hans-Rudolf Schärer est recteur de la haute école pédagogique de lucerne, président de la Chambre des hautes écoles pédagogiques de Swissuniversities (l’association des recteurs des hautes écoles) et un des vices-présidents de Swissuniversities.

09 novembre 2016, Andrea Söldi, libre journaliste RP

Message FRI : la collaboration porte ses fruits

Les organisations des hautes écoles et de la formation professionnelle ont collaboré pour la première fois dans la perspective de l’élaboration du message pour la formation, la recherche et l’innovation (message FRI). Et c’est heureux, il faut bien le dire car le projet n’aurait probablement pas pu atteindre de compromis au Parlement. suite

Il y a deux ans environ, les groupes d’intérêts des hautes écoles et de la formation professionnelle se réunissaient pour la première fois depuis l’introduction du processus FRI afin de discuter de leurs attentes concernant le message FRI 2017-2020. La discussion a permis à chaque partie d’exposer sa situation et les enjeux auxquels elle est confrontée et de faire connaître à l’autre ses priorités. Ainsi, au lieu de se côtoyer ou de se combattre, les parties ont pu comprendre leur démarche réciproque et se concerter afin de parler d’une seule voix dans le processus politique.

Le message FRI sous pression

Malheureusement, le message FRI a subi au cours de son cheminement la pression de l’exigence d’économie. Tout d’abord, le Conseil fédéral a réduit les finances prévues pour les années 2017-2020 sans rien changer aux buts, ce qui signifiait pour tous les domaines de la formation et notamment de la formation professionnelle un affaiblissement considérable. Puis, soutenant le projet au Conseil national dans la phase parlementaire, la Commission des finances (CdF) l’a emporté contre les requêtes de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC-N). Quelle devait être la réaction des différents acteurs du domaine de la formation ?

Se concerter au lieu de se combattre

La concertation a par bonheur résisté. Durant l’été, les groupes d’intérêts des hautes écoles et de la formation professionnelle ont élaboré ensemble un projet de compromis qui a repris des arguments tant de la politique financière que de la politique de la formation. Soumis aux Commissions du Conseil des États (CdF, CSEC-E), le projet a été par la suite accepté par les deux Chambres, avec même un léger complément, et se révèle un franc succès de la concertation des hautes écoles et de la formation professionnelle.

09 novembre 2016, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Enthousiasmer le corps enseignant pour les professions
techniques

Pour réduire le manque de personnel qualifié dans les professions techniques, un grand nombre d’initiatives sont en cours. Un projet commun des hautes écoles spécialisées et des hautes écoles pédagogiques y développe un accent particulier. suite

Les hautes écoles spécialisées disposent du savoir technique et les hautes écoles pédagogiques sont spécialisées dans la transmission de ce savoir. Les deux types de hautes écoles veulent maintenant collaborer. Cinq établissements de chaque catégorie ont déposé ensemble une demande de projet auprès de la Confédération pour rehausser l’intérêt pour les MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique).

Qu’il y ait dans ce domaine un manque de personnel qualifié et que ce soient les femmes qu’il est particulièrement difficile d’enthousiasmer pour les professions correspondantes, est un problème reconnu depuis longtemps. Différents acteurs ont déjà développé différentes ébauches de solution spécifiques. Celle qui concerne le corps enseignant est toutefois relativement nouvelle explique le directeur de projet Jürg Christener : « Nous voulons faire en sorte que le corps enseignant devienne un « multiplicateur » explique le directeur de la haute école pour la technique à la haute école spécialisée de la Suisse du nord-ouest. Le domaine des sciences naturelles est passionnant mais il suscite des peurs, particulièrement auprès des femmes. « Il est toutefois possible de rendre plus accessible la connaissance technique par des méthodes appropriées », l’ingénieur EPFZ en est convaincu.

Pas un effet immédiat

Pour ce qui est de la mise en œuvre concrète, rien n’est encore définitivement gravé dans le marbre. On pense à des formations continues pour les professeurs des hautes écoles pédagogiques afin de les soutenir dans le développement de modules. Il s’agit en outre de créer des offres pour les enseignants qui sont déjà actifs dans la vie professionnelle. A partir de l’année à venir, les participants au projet veulent aussi ensemble examiner en détail les plans d’étude des hautes écoles pédagogiques et identifier des canaux appropriés. Le but n’est pas de surcharger les études par de nouveaux contenus, indique Christener. Il s’agit beaucoup plus d’améliorer le cadre d’étude actuel pour favoriser l’intérêt pour la technique.

Comme pour tous les efforts prodigués dans ce domaine, le projet est orienté à long terme et il est difficile d’en mesurer l’efficacité, admet Christener. Jusqu’à ce que le corps enseignant, bénéficiaire d’une formation optimisée, puisse enseigner devant une classe et que les élèves entrent sur le marché du travail, cela va durer au moins dix ans, il en est conscient. Le choix professionnel en Suisse obéit toujours à une vision traditionnelle des rôles. « Il s’agit de modifier les valeurs de la société et cela prend du temps ». Néanmoins, les études MINT dans les hautes écoles spécialisées sont devenues plus appréciées au cours des quatre dernières années, même auprès des femmes, fait valoir Christener, qui, en tant que président de l’association Natech Education, s’engage pour l’amélioration de l’enseignement des sciences naturelles et techniques. Que cette évolution soit en lien avec la promotion des MINT reste toutefois difficile à prouver concrètement.

Esprit d’ouverture des pédagogues

La proposition de projet se fait dans le cadre des contributions liées au projet que prévoit la nouvelle loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles. Les coûts totaux de 6 millions de francs sont supportés pour moitié par la Confédération et pour moitié par les dix établissements participants.* Le montant a déjà été avalisé – sous réserve que le Parlement ne réduise pas davantage le budget pour la formation, la recherche et l’innovation. La mise en œuvre doit débuter l’an prochain et durer jusqu’en 2020.

L’initiative pour le projet est partie du côté technique dit Jürg Christener. « Nous sommes positivement surpris de l’ouverture manifestée par les représentants des hautes écoles pédagogiques face à notre demande rapide. »

Le projet « Edification d’un réseau national pour la promotion de la formation et formation continue MINT du corps enseignant » est porté par les hautes écoles suivantes :
- Haute école spécialisée de Suisse du nord-ouest, haute école pour la technique (direction du projet)
- Haute école Lucerne HSLU (Département informatique, technique &architecture)
- Haute école spécialisée bernoise BFH
- Scuola universitaria professionale della Swizzera italiana SUPSI (Department of Innovative Technologies DTI)
- Haute école spécialisée Suisse orientale FHO (haute école pour la technique et l’économie HTW Coire)
- Haute école pédagogique de Lucerne (HEP LU)
- Haute école pédagogique des Grisons (HEP GR)
- Haute école pédagogique bernoise (HEP BE)
- Scuola universitaria professionale della Swizzera italiana SUPSI (Dipartimento Formazione e Apprendimento DFA)

09 novembre 2016, Andrea Söldi, libre journaliste RP

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