Thèmes – Politique sociale

Réductions draconiennes des rentes en lieu et place d’emplois pour les rentiers et rentières de l’AI

Le Conseil fédéral et le Parlement ont voulu, dans la 6e révision de l’AI (6a), remettre au travail 17‘000 rentiers et rentières de l’AI, mais sans que soient créés simultanément les emplois nécessaires. Il s’agit maintenant, par le biais du second train de mesures (6b), de créer un nouveau système de rentes. Celui implique, pour une partie des rentiers et rentières, de sévères réductions de leurs rentes. Au lieu de contribuer à assainir l’AI, ce nouveau système va la vider de sa substance, au grand dam des personnes concernées. Aux yeux de Travail.Suisse, les réductions de rentes constituent un moyen inacceptable d’assainir l’AI. C’est pourquoi l’organisation faîtière de 170‘000 travailleurs s’opposera résolument à la révision.

07 février 2011, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Les réductions de rente sont un moyen inacceptable d’assainir l’AI

Demain, vendredi, le Conseil fédéral et les personnes à la tête des partis gouvernementaux discuteront, dans le cadre des entretiens de Von-Wattenwyl, de la 6ème révision de l’AI. Le 2ème paquet de mesures de cette révision prévoit un assainissement de l’AI par des réductions de rentes. Travail.Suisse les considère comme inacceptables. L’organisation faîtière de 170’000 travailleurs et travailleuses demande aux partis et au Conseil fédéral de chercher des solutions réalistes et raisonnables au lieu de s’en prendre une fois de plus aux personnes concernées uniquement et de miner la sûreté de la sécurité sociale en Suisse. suite

Le paquet de mesures 6b prévoit d’introduire un nouveau système de rentes qui doit augmenter l’incitation au travail pour les rentiers et rentières de l’AI. Mais ce qui est vendu comme « une adaptation du système des rentes pour soutenir la réinsertion » est en fait avant tout un exercice d’économie draconien. Les personnes qui ont un degré d’invalidité élevé verront leur rente réduite jusqu’à un tiers. Travail.Suisse s’y opposera avec détermination. Pour une rente moyenne d’environ 1400 francs par mois, les réductions de rente de plusieurs centaines de francs par mois sont tout simplement inconcevables. La réduction des rentes en cours n’est pas seulement inacceptable pour les personnes concernées mais mine aussi le système de sécurité sociale qui est basé sur la sûreté.

Des efforts de réinsertion réalistes au lieu de réductions de rentes précipitées
Si le Conseil fédéral ne propose que des réductions de rente, c’est, semble-t-il, comme s’il ne croit pas lui-même à la réinsertion des personnes à l’AI proclamée avec emphase. Cela n’est pas étonnant : le Conseil fédéral et le Parlement ont jusqu’ici manqué de créer, avec une obligation envers les employeurs, les conditions pour que les rentiers et rentières AI trouvent effectivement un travail. Une politique d’insertion crédible est toute différente. La réduction de rentes de personnes à l’AI, qui doivent vivre depuis des années avec une modeste rente, témoigne de l’impotence et de l’absence de scrupule.

Une obligation doit être introduite pour les employeurs
Travail.Suisse s’engage depuis longtemps pour la création d’une contribution d’intégration obligatoire des employeurs. Les entreprises peuvent fournir cette contribution soit en réservant des places de travail pour des personnes souffrant d’un handicap, soit en versant une taxe affectée à la création de nouvelles places de travail pour ce groupe. Pour Travail.Suisse, il est clair que la volonté de travailler à nouveau correspond au désir de très nombreuses personnes concernées. Mais pour que les incitations fonctionnent et que ces personnes puissent utiliser leur capacité de travail restante, il faut créer les postes de travail correspondants. Si on utilisait vraiment sur le marché du travail les capacités des personnes à l’AI, on économiserait un multiple des réductions de rentes et un assainissement de l’AI pourrait se faire sans problèmes.

03 février 2011, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

6ème révision de l’AI : la réinsertion tourne à la farce

La 6ème révision de l’AI a comme objectif d’intégrer dans le marché du travail plus de 16’500 rentiers et rentières AI. Cela ne peut marcher que si les employeurs mettent à disposition les postes nécessaires. Le Conseil national a toutefois rejeté aujourd’hui toute obligation à leur égard. Travail.Suisse, l’organisation indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, exprime sa déception face à cette politique qui manque de crédibilité et de courage. La 6ème révision de l’AI a ainsi échoué avant même d’avoir commencé. suite

Cela fait longtemps que Travail.Suisse s’engage avec force pour une politique d’intégration crédible et pour un engagement obligatoire de la part des employeurs dans le cadre des mesures de (ré)insertion de l’AI. Avec la décision qu’a prise aujourd’hui le Conseil national, l’AI est plus loin que jamais de devenir une assurance d’insertion. Le but de la 6ème révision de l’AI, c’est-à-dire la réinsertion dans le premier marché du travail, n’est plus qu’une illusion. Qui doit se soumettre à toute une série de mesures les unes après les autres, sans pour autant avoir de perspective d’emploi, peut à juste titre se sentir être l’objet de tracasseries. Au lieu d’une réintégration, on assiste à un passage fréquent de l’AI vers l’assurance-chômage et l’aide sociale. Une fois de plus, on veut assainir l’AI sur le dos des personnes concernées. Pour Travail.Suisse, une telle politique fait régner l’exclusion, est à courte vue et n’est pas crédible. La 6ème révision de l’AI a ainsi échoué avant même d’avoir commencé.

16 décembre 2010, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Une politique d’intégration crédible exige un engagement de la part des employeurs

Quiconque veut faire des économies dans l’AI grâce à des réinsertions doit veiller à ce que soient créés les postes nécessaires destinés à des personnes ayant une capacité partielle de rendement. Les bénéficiaires de l’AI doivent déjà fournir une contribution importante en vue de l’assainissement de cette assurance, de par leurs devoirs de participation plus sévères et la réalisation de trains de mesures complets. L’ensemble de la population fournit également une contribution à l’AI par le biais de l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée. Lors de la dernière semaine de la session, le Conseil national devra maintenant aussi responsabiliser le camp des employeurs.

13 décembre 2010, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

6e révision AI: Obliger les employeurs !

Obliger les employeurs ! L’économie suisse emploie quelque 30‘000 personnes aux capacités de prestation limitées. C’est très peu dans le contexte international et comparativement aux plus de 4 millions d’actifs en Suisse. D’un seul coup, avec la 6e révision de l’AI, plus de 16‘000 bénéficiaires de l’AI devraient désormais être intégrés dans l’économie suisse. Or, cela ne pourra marcher que si les emplois nécessaires à cet effet auront été créés. Il est illusoire de vouloir atteindre cet objectif uniquement en développant les incitations destinées aux employeurs. À la place, il faut une contribution obligatoire à l’intégration, de la part des employeurs. Travail.Suisse a mis au point un modèle concret de réinsertion dans le cadre de l’AI.

23 novembre 2010, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Informations juridiques | Impressum | Sitemap | Full Site | LOGIN