Thèmes – Politique sociale

Prévoyance Vieillesse 2020: Travail.Suisse met en garde contre la mise en miettes

La commission sociale du Conseil nationale (CSS-CN) discute depuis aujourd’hui jusqu’à vendredi de la réforme de la prévoyance vieillesse 2020. Cette séance est déterminante : si la commission jette les décisions du Conseil des Etats aux orties et introduit d’autres péjorations au projet, la réforme de la prévoyance va droit dans le mur. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et des travailleuses, met en garde contre la mise en miettes programmée si les tenants de la ligne dure de l’UDC et du PLR arrivent à s’imposer. suite

Les décisions du Conseil des Etats sur la réforme de la prévoyance vieillesse étaient déjà des pilules amères à avaler pour la population. Selon Matthias Kuert Killer, responsable de la politique sociale chez Travail.Suisse : « Aujourd’hui, c’est une véritable mise en miettes qui menace au sein du Conseil national dominé par les rangs bourgeois ». Les signaux montrent clairement un démantèlement drastique supplémentaire.

Dans le catalogue des mesures à la disposition des membres de la commission, on trouve l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes sans aucune compensation dans l’AVS, un âge de la retraite automatique à 67 ans pour tous au cas où la fortune des avoirs de l’AVS diminue, la suppression des suppléments de rente AVS décidées par le Conseil des Etats et la radiation du déplafonnement des rentes AVS pour les couples mariés ou encore la réduction des rentes de veuves. En outre, d’autres réductions menacent, comme les mesures de compensation en cas de réduction du taux minimum de conversion dans le deuxième pilier et le renoncement à toute règle pour limiter les gains des sociétés d’assurance vie orientées sur le profit. « Nous craignons de voir à quoi ressemblera le paquet amputé de la commission sociale du Conseil national » ajoute Kuert Killer.

Il est évident qu’avec ces mesures, la promesse d’ „aucune diminution des rentes“ ne pourra être tenue. Aussi sûrement que menace l’augmentation générale de l’âge de la retraite à 67 ans, le référendum contre un tel paquet sera lancé et gagné. Car « la population ne se laisse pas arnaquer dans la prévoyance professionnelle », Kuert Killer en est convaincu. La CSSS-CN risque ainsi une mise en miettes de la réforme de la prévoyance vieillesse. Cela n’est pas digne d’une politique responsable et prévoyante, c’est pourquoi Travail.Suisse appelle la commission sociale concernée à prendre ses responsabilités et à éviter une telle mise en miettes.

Pour plus d‘informations:
Matthias Kuert Killer, Responsable de la politique sociale Travail.Suisse, Tél. 031 370 21 11, Portable : 079 777 24 69

17 août 2016, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

AVS : un financement supplémentaire modéré renforce la qualité de vie

Le résultat des comptes de l’AVS a été négatif en 2015. Ce n’est pas une surprise mais reflète l’effet démographique attendu : la génération des baby-boomer atteint l’âge de la retraite, c’est pourquoi les moyens dont l’AVS a besoin augmentent. suite

Cela a le mérite de la clarté : si l’on veut pouvoir continuer à garantir la qualité de vie, la Suisse ne pourra pas passer à côté d’un financement supplémentaire de l’AVS. « Une augmentation modérée de la TVA est un prix à payer modeste et faisable pour une AVS forte » indique Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale à Travail.Suisse. Un financement supplémentaire affectera beaucoup moins la qualité de vie de la population que les relèvements de l’âge de la retraite demandés à droite ou même des réductions de rente.

Pour d’autres informations :
Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale, Travail.Suisse, Tél mobile : 079 777 24 69

29 mars 2016, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Révision partielle de la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité (réforme des PC)

(en allemand seulement)

17 mars 2016, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses de Suisse – Pour du travail ayant de l’avenir

Trois grands thèmes nous occuperont au cours des quatre prochaines années: notre rapport avec l’Union européenne, la garantie de la prévoyance vieillesse et la protection climatique. Quelques réflexions à ce sujet. suite

Après le Oui à l’initiative « Contre l’immigration de masse », l’insécurité larvée – en plus de l’abandon du taux plancher euro – franc suisse – n’affecte pas seulement les entreprises, mais aussi leurs employés. Les accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne sont importants pour maintenir la prospérité en Suisse, pour garantir de nombreux emplois. Tel était – et est encore – l’argument principal avancé en faveur d’un Oui aux Bilatérales. En vue d’une prochaine votation (probablement en 2017) nous devons à nouveau démontrer que nous sommes tous capables de gérer la libre circulation des personnes et l’immigration qui l’accompagne. De temps à autre, j’entends que d’aucuns préfèreraient renoncer à davantage de prospérité si cela permettait d’empêcher l’arrivée en Suisse de nouveaux flux d’étrangers. En l’occurrence, c’est à la politique d’apporter des réponses. Les riches ne remarquent guère l’immigration. Mais le grand public remarque le changement. Nous réclamerons de meilleures mesures d’accompagnement afin de protéger les salaires et les conditions de travail en Suisse. Nous nous y engagerons avec nos partenaires européens. Une chose est claire : ceux qui considèrent les mesures d’accompagnement comme un mal nécessaire et s’opposent à leur amélioration risquent de faire des dégâts dans la politique européenne.

Garantir la prévoyance vieillesse

La garantie de la prévoyance vieillesse, actuellement en discussion, est un autre objet extrêmement important pour Travail.Suisse. Elle revêt une grande importance pour les travailleurs et travailleuses. Nous voulons des rentes satisfaisantes, ce qui implique un financement solide. Le Conseil des Etats a délibéré sur les propositions de sa commission et les a soutenues, Le projet contient cependant de nombreuses pilules amères. Il sera nécessaire d’améliorer le projet de loi afin de le rendre acceptable. Il faut néanmoins mettre en évidence un point positif, à savoir qu’au bout de vingt ans les rentes de l’AVS connaîtront enfin une nouvelle hausse. Cette hausse ne suffira cependant pas à compenser la baisse du taux de conversion dans le deuxième pilier.

Les déclarations faites à propos de l’âge de la retraite à 67 ans montrent que la situation pourrait encore empirer. En effet, sur smartvote, plus de 80 pour cent des parlementaires du PRD et de l’UDC approuvent le relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans.

La politique climatique pour de bonnes conditions de travail

Le troisième grand thème est celui de la politique en matière de changement climatique. Ce qui peut paraître étonnant à première vue. Mais, nous l’avons de nouveau remarqué cet été, lorsqu’il fait très chaud pendant une longue période, nous sommes accablés, dans notre travail également. Le changement climatique entraîne un réchauffement continu de la planète. Si nous ne réussissons pas à prendre des mesures appropriées pour maintenir en deçà de 2° C la hausse de la température moyenne, cet échec aura des incidences négatives sur les travailleurs et travailleuses, en Suisse aussi.

Depuis longtemps, des négociations sont menées au niveau international en vue d’un accord mondial. Notre économie mondialisée a besoin de solutions globales, et tout le monde doit s’en tenir aux règles établies. Faute de quoi, ceux qui ne respectent pas ces règles profiteront de la situation aux dépens de ceux qui s’adaptent en faveur du climat. Si les pays de notre planète ne font rien, les températures continueront de grimper. Réagissons avant qu’il ne soit trop tard ! Une possibilité nous sera de nouveau offerte à la fin de cette année : grâce à la nouvelle Conférence de l’ONU sur le climat, qui se tiendra à Paris. J’espère infiniment que les Etats pourront se mettre d’accord et qu’ils prendront des mesures pour sauver notre planète. Mais les négociations devront se poursuivre après 2015. La Suisse est sollicitée, elle aussi. Les discussions ardues qui se déroulent au sein du Parlement à propos des importantes réformes qu’implique la Stratégie énergétique 2050 montrent qu’il n’est déjà guère aisé de trouver des solutions communes dans son propre pays. Et ce, bien que les mesures prévues par la Stratégie énergétique 2050 permettent de créer ou de garantir des dizaines de milliers d’emplois en Suisse.

Nous avons encore du pain sur la planche. Avec le document adopté lors de son congrès, Travail.Suisse veut aller de l’avant et réaliser son idée de travail ayant de l’avenir. De concert avec ses fédérations, Travail.Suisse souhaite atteindre le plus grand nombre possible de ces objectifs. Nous voulons nous engager avec respect et équité. Nous voulons œuvrer activement en notre qualité de voix autonome sur la scène politique nationale. Comme l’a dit Max Weber avec pertinence, agir en politique, « c’est forer des planches dures lentement et vigoureusement, à la fois avec ardeur et sens de la mesure », et cela ne nous fait pas peur. Nous poursuivrons notre forage.

28 septembre 2015, Adrian Wüthrich, Président

Le Conseil des Etats se met à genoux devant l’industrie de l‘assurance

Le Conseil des Etats a terminé aujourd’hui l’examen du projet de réforme prévoyance vieillesse 2020. Il a refusé de faire cesser les bénéfices exorbitants que les sociétés d’assurance font avec l’argent des caisses de pension. Et cela, malgré le fait qu’il y ait une proposition du Conseil fédéral sur la table. Travail.Suisse est fâché que l’on ignore cet aspect. Si cette décision n’est pas corrigée par le Conseil national, les bénéfices privatisés dans l’assurance sociale de la prévoyance professionnelle feront peser une lourde hypothèque pour l’acceptation de la réforme de la prévoyance vieillesse. suite

Depuis des années, les sociétés d’assurance font des bénéfices exagérés avec l’argent des caisses de pension, grâce à une législation avantageuse. La réglementation actuelle du « Legal Quote » leur permet de conserver dix pourcent du chiffre d’affaires au lieu de dix pourcent du bénéfice pour elles et les actionnaires. Cela conduit à des bénéfices annuels de l’industrie d’assurance de 600 à 700 millions de francs. C’est de l’argent qui est soustrait aux travailleuses et travailleurs assurés. Pour une assurance sociale, de tels bénéfices exorbitants sont beaucoup trop élevés. Aujourd’hui, le Conseil des Etats aurait eu la possibilité de réduire au moins ces bénéfices selon la proposition du Conseil fédéral. Le Conseil des Etats fortement lié à l’industrie de l’assurance a, sous les coups de boutoir du Conseiller d’Etat Kuprecht, employé par la Bâloise assurances, rejeté ainsi tout ce qui aurait pu aller vers une répartition juste des excédents. Si le Conseil national ne corrige pas cette décision, l’industrie de l’assurance hypothéquera l’acceptation de la réforme de la prévoyance vieillesse. « La population ne peut comprendre pourquoi elle devrait être « saignée » par la baisse du taux minimal de conversion pendant que l’industrie de l’assurance continuerait à se servir de l’argent des caisses de pension des assurés » indique Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale à Travail.Suisse.

Déjà plus tôt cette semaine, le Conseil des Etats a pris des décisions très indigestes pour les travailleurs et travailleuses ; le relèvement de l’âge de la retraite des femmes et la baisse drastique du taux de conversion toucheront de plein fouet de nombreuses travailleuses et de nombreux travailleurs. Le Conseil des Etats a manqué l’occasion de lier le relèvement de l’âge de la retraite des femmes à une meilleure égalité du travail à temps partiel et à une compensation sociale de l’anticipation de la rente.

Il faut des mesures de compensation supplémentaires

La baisse drastique du taux minimal de conversion a des effets sur les rentes. Pour que cela ne conduise pas à des baisses de rentes, il faut prendre des mesures de compensation étendues. Il est réjouissant sur ce point qu’il ait été décidé d’augmenter les rentes de 70 francs dans l’AVS et que l’on ait relevé le plafond pour les couples. Il est ainsi juste qu’une partie des mesures de compensation passe par le premier pilier.

Mais le relèvement des rentes AVS seul ne permet pas de tenir la promesse du Conseil fédéral qu’il n’y aura pas de baisses de rentes. Il faut donc d’autres mesures de compensation dans la prévoyance professionnelle. Le fait que le Conseil des Etats n’ait pas aboli la déduction de coordination est une chance ratée. Il aurait pu ainsi d’un seul coup compenser les pertes de rentes et le travail à temps partiel et donc assurer nettement mieux de nombreuses femmes. Il est par contre positif qu’il y ait une unité de vue pour stabiliser la situation financière de l’AVS par une augmentation de la TVA.

Travail.Suisse va suivre de près la suite des débats parlementaires. Un projet capable de recueillir une majorité est encore possible. Mais des améliorations sont nécessaires. Travail.Suisse combattra avec détermination une détérioration à la charge des travailleuses et travailleurs.

Pour d’autres informations:
Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale, Tél. 079 777 24 69

16 septembre 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

RSS | D | F | Info juridiques | Impressum | Sitemap | Full Site | LOGIN