Thèmes – Politique sociale

Le financement de l’assurance-chômage est un fiasco interminable

Le fait que l’assurance-chômage se trouve dans une mauvaise posture financière est dû aux hypothèses trop optimistes qui ont été faites dans le cadre de la 3e révision de la loi sur l’assurance-chômage et au long report de mesures d’assainissement par le Conseil fédéral. La 4e révision persiste sur la voie de la négligence: le Parlement renonce à assainir rapidement et durablement la dette et fait traîner en longueur l’assainissement en prenant mollement des mesures qui manquent de conviction, et dont la durée est prévue pour plus de 18 ans, soit au moins jusqu’en 2029.

03 mai 2010, Susanne Blank, Responsable politique économique

Pas question de vider l’assurance-chômage de sa substance

30 mars 2010, Susanne Blank, Responsable politique économique

Vider l’assurance-chômage de sa substance ? Non !

Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, l’assurance-chômage constitue le contrepoids au marché du travail flexible en Suisse. Afin que l’assurance-chômage puisse jouer ce rôle, elle doit reposer sur un financement solide, ce qui n’est pas le cas avec la 4ème révision de la LACI. Cela ouvre tout grand les portes à de nouvelles coupes dans les prestations et entraîne un démantèlement inacceptable de l’assurance-chômage. C’est pourquoi Travail.Suisse et les fédéations qui lui sont affiliées ont décidé de lancer le référendum contre la 4e révision de la LACI. La récolte des signatures commence aujourd’hui. suite

Pour Travail.Suisse, un financement solide de l’assurance-chômage est indispensable pour assurer sa stabilité à long terme. A cet égard, il est nécessaire que toutes les dettes éventuelles soient remboursées en temps utile. La 4ème révision ne satisfait pas à cette exigence.

Assainissement des dettes au ralenti
D’ici l’été 2010, les dettes de l’assurance-chômage atteindront environ 7 milliards de francs. Et elles continueront de s’alourdir en raison du chômage élevé et persistant. L’alternance de phases d’endettement et de désendettement est liée à la nature même de l’assurance-chômage. Il est donc d’autant plus important pour l’assurance-chômage de ne pas avoir de dettes à la fin d’une période de haute conjoncture. Le modèle de financement de la 4ème révision n’atteint de loin pas cet objectif. L’assainissement durera 18 ans. Pour une assurance-chômage qui est soumise à de fortes fluctuations conjoncturelles, cela relève de la mauvaise plaisanterie.

La loi actuelle est meilleure
Ce lent démantèlement est inacceptable. Un regard sur le passé montre qu’il y a aussi d’autres solutions. Après la crise du marché du travail des années 90, les dettes qui s’élevaient alors à 8.8 milliards de francs ont pu être épongées en quatre ans grâce à des cotisations salariales plus élevées. La loi actuellement en vigueur permet également un assainissement plus rapide. Dès que la dette de l’assurance-chômage atteint 2.5% de la somme des salaires soumis à cotisation – ce qui est le cas cette année – le Conseil fédéral peut augmenter le taux de cotisation de 0.5% au maximum (1’150 mios de francs de recettes supplémentaires) et introduire le pour cent de solidarité (160 mios de francs). En résumé: sans révision, il y a plus d’argent à disposition pour l’assainissement des dettes qu’avec une révision.

Le non-remboursement de la dette ouvre tout grand les portes à un nouveau démantèlement des prestations
La période de 18 ans prévue pour résorber la dette est trop longue et ouvre les portes à un nouveau démantèlement des prestations. Car un niveau d’endettement de plusieurs milliards de francs mène tout droit à des coupes dans les prestations. L’assurance-chômage continuerait ainsi d’être vidée de sa substance. Cela n’est ni supportable ni acceptable pour les travailleurs et travailleuses en Suisse.

30 mars 2010, Martin Flügel, Président et Susanne Blank, Responsable politique économique

4ème révision de la loi sur l’assurance-chômage: Pas question de vider l’assurance-chômage de sa substance

Même après l’élimination des divergences au Conseil des Etats, la 4ème révision de la loi sur l’assurance-chômage est injuste et manque de sérieux. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses ne veut pas observer cette évolution sans réagir et lance le référendum contre la 4ème révision de la loi sur l’assurance-chômage. suite

Plus de 170’000 personnes en Suisse sont au chômage. La crise financière et économique mondiale provoquée par des banquiers avides de bonus en millions en est à l’origine. Alors que la crise sur le marché du travail est à son point culminant, le Parlement veut vider de sa substance l’assurance-chômage. On punit ainsi à nouveau les victimes qui souffrent le plus de la crise.

Contre le démantèlement inopportun des prestations
Le nombre d’indemnités est réduit et la durée de cotisation augmentée. Pour 400 indemnités, il faut maintenant 18 mois de cotisation, pour 260 indemnités, 12 mois. Ces réductions concernent en premier lieu des personnes qui ont déjà des rapports de travail flexibles et même précaires.
Le gain intermédiaire qui a fait ses preuves est dévalué. On ne prend plus en considération les versements compensatoires lors de l’ouverture d’un délai-cadre consécutif. L’attractivité du gain intermédiaire diminue ainsi fortement et, au lieu d’intégrer les personnes au marché du travail, on les en éloigne.
Les mesures de soutien régional sont supprimées. La possibilité d’augmenter le nombre d’indemnités à 520 pour les régions particulièrement touchées par le chômage est supprimée. Cette mesure est complètement erronée. La crise actuelle, qui provoque des effets très différenciés au niveau régional, montre justement que cet instrument est utilisé par les cantons concernés.

Contre la pénalisation des jeunes
Des jeunes professionnels bien formés doivent maintenant accepter n’importe quel travail sans tenir compte de leur formation. Les critères d’un travail convenable sont devenus nettement plus restrictifs. Les indemnités pour les jeunes de moins de 25 ans ont été réduites et le délai d’attente a été augmenté. Cela est chicanier, démotivant et défavorise les perspectives des jeunes sur le marché du travail.

Contre le manque de sérieux dans le financement de l’assurance-chômage
L’assurance-chômage est déjà aujourd’hui, avec 6 milliards de francs, en plein dans les chiffres rouges. Les déficits vont continuer à augmenter au cours des prochaines années. L’assainissement des dettes proposé par le Parlement dure jusqu’en 2028. Un tel modèle de financement n’est pas sérieux. Il ouvre la porte à d’autres démantèlements des prestations.

15 mars 2010, Martin Flügel, Président et Susanne Blank, Responsable politique économique

Créer les conditions pour un avenir meilleur

Le marché du travail suisse se trouve dans une crise profonde qui risque de durer encore longtemps. Afin d’endiguer les conséquences catastrophiques qu’entraînent le chômage et l’arrivée en fin de droits des personnes concernées et pour l’ensemble de la société, Travail.Suisse réclame la prise de mesures immédiates pour améliorer l’assurance chômage. Dans le même temps, la crise est aussi une opportunité qui permet de réaliser des améliorations structurelles sur le marché du travail. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et des travailleuses, veut saisir cette opportunité pour rendre le marché du travail suisse plus fort à l’avenir.

08 mars 2010, Martin Flügel, Président

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