Thèmes – Politique sociale

Taux d‘intérêt minimal : recommandation décevante de la Commission LPP

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travaileurs/euses, est déçu que la Commission LPP recommande pour l’année 2016 une baisse du taux d’intérêt minimal dans la prévoyance professionnelle à 1.25 pourcent. Dans l’environnement actuel marqué par de fortes variations sur les marchés des placements financiers, une fixation du taux tellement à l’avance n’est plus conforme à l’objectif fixé. C’est pourquoi Travail.Suisse demande de laisser inchangé le taux d’intérêt minimal à 1.75 pourcent et d’instaurer en même temps un groupe de travail des partenaires sociaux qui devrait examiner une formule modifiée et une fixation du taux d’intérêt minimal vers la fin de l’année concernée (ex-post). suite

La baisse recommandée du taux d’intérêt minimal à 1.25 pourcent est précipitée. Dans l’environnement actuel très volatil, fixer tellement à l’avance le taux d’intérêt minimal n’est plus adapté à l’objectif recherché. Depuis longtemps, la formule en cours de la politique des placements de nombreuses caisses de pension pour fixer le taux d’intérêt minimal n’est plus appropriée. Un réexamen de la formule au lieu d’une baisse unilatérale du taux minimal aurait donc été approprié. C’est pourquoi Travail.Suisse demande au Conseil fédéral de faire réviser la formule appliquée actuellement. Ce qui serait juste serait de fixer le taux d’intérêt minimal vers la fin de l’année concernée quand on a davantage d’indications sur la performance effective. S’il devait s’avérer qu’à ce moment-là seul un taux d’intérêt minimal très faible serait justifié, les assurés pourraient mieux l’accepter. Un très faible taux fixé à l’avance, comme cela est le cas actuellement, n’est en revanche que difficilement compréhensible pour les assurés.

Pour d’autres informations :
Matthias Kuert Killer, responsable de la politique sociale, Tél. 079 777 24 69

31 août 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Laisser inchangé le taux d‘intérêt minimal dans la LPP

Travail.Suisse plaide, dans le cadre de la consultation des partenaires sociaux sur le taux d’intérêt minimal dans la prévoyance professionnelle, pour faire une pause de réflexion. La formule appliquée pour déterminer le taux d’intérêt minimal ne correspond plus à la répartition des différents placements de la plupart des caisses de pension. En outre, dans l’environnement actuel marqué par de grandes variations sur les marchés des capitaux, une fixation pareillement anticipée du taux n’apparaît plus être conforme au but recherché. C’est pourquoi, Travail.Suisse demande de laisser le taux d’intérêt minimal inchangé à 1.75 pourcent. En même temps, il faut instaurer un groupe de travail des partenaires sociaux qui devrait examiner une formule modifiée et une fixation du taux d’intérêt minimal pour 2016 vers la fin de l’année 2016 (ex-post). suite

La LPP prescrit que le Conseil fédéral doit tenir dûment compte de l’évolution des placements de la fortune pour la fixation du taux d’intérêt minimal. Les formules appliquées jusqu’ici ne prennent en considération que dans une faible mesure les placements en actions et en immobilier qui ont atteint au cours des dernières années de très bons résultats. Par contre, les obligations suisses de la Confédération sont surreprésentées dans les formules. De plus, comme le taux d’intérêt minimal est fixé très à l’avance, on procède à des déductions de sécurité bien que la loi ne le prévoie pas. Cela a conduit à des taux d’intérêt minimal très modestes mesurés à l’aune de la performance des dernières années. Un faible intérêt en réserve n’est cependant pas apte à promouvoir la confiance et produit une faible acceptation de la part des assurés.

C’est pourquoi Travail.Suisse demande au Conseil fédéral de revoir la formule appliquée actuellement. Le problème pourrait perdre de son acuité aussi si le taux d’intérêt minimal n’était fixé pour chaque année que vers la fin de l’année correspondante (ainsi pour 2016 vers la fin 2016). Si à ce moment-là, il s’avérait que seul un faible taux d’intérêt minimal soit justifié, les assurés pourraient mieux l’accepter. Mais cela seulement à la condition que leur capital de vieillesse, lors des bonnes années, soit bonifié d’un intérêt approprié et correspondant.

Pour la consultation sur le taux d’intérêt minimal: ici

Pour d’autres renseignements :
Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale, Tél. 079 777 24 69

28 août 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Consultation Taux minimal LPP 2016

(seulement en allemand)

27 août 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Pas de baisse de l‘âge d’entrée dans la caisse de pension

Dans le cadre de la réforme de la prévoyance vieillesse, la Commission sociale du Conseil des Etats propose d’abaisser l’âge d’entrée dans la caisse de pension à 21 ans. Le Comité de Jeunesse.Suisse – l’organisation nationale de jeunesse de Travail.Suisse – considère que cette décision est contreproductive. suite

Le Conseil fédéral a, sous le nom de « prévoyance vieillesse 2020 » proposé une grande réforme de la prévoyance vieillesse. Le but est de maintenir les prestations pour les assurés en dépit de l’évolution démographique problématique. Dans le cadre de cette réforme, on a aussi examiné la question de baisser l’âge d’entrée dans la caisse de pension qui est aujourd’hui fixé à 25 ans. Après un examen minutieux, le Conseil fédéral a renoncé à cette mesure dans son message. La Commission sociale du Conseil des Etats propose néanmoins maintenant de fixer le début du processus d’épargne à 21 ans.

Le Comité de Travail.Suisse considère cette mesure comme contreproductive pour plusieurs raisons.

• La baisse de l’âge d’entrée dans la caisse de pension rendra plus difficile l’insertion professionnelle des jeunes travailleurs et travailleuses. Les jeunes deviendront des travailleurs plus chers étant donné que les employeurs devront verser leur contribution au 2ème pilier dès l’insertion professionnelle.

• Les jeunes ont déjà un salaire comparativement plus faible. Une réduction supplémentaire par des cotisations à la caisse de pension limite encore plus leur marge de manœuvre. En outre, pendant les jeunes années, on a diverses occasions de poursuivre un développement par le biais de formations continues, séjours linguistiques et voyages. Avec un salaire amoindri, il est plus difficile de constituer des réserves pour de tels plans. C’est un problème sérieux avant tout pour les jeunes dont les familles ne peuvent pas leur donner un coup de pouce financier.

• La baisse de l’âge d’entrée dans la caisse de pension n’apporte pas non plus les effets désirés pour les caisses de pension. Car les salaires comparativement plus faibles des jeunes apportent peu de revenus aux caisses de pension mais limitent en revanche les jeunes pour la constitution de leurs propres réserves.

Pour d’autres informations:
Jordan Kestle, Président Jeunesse.Suisse, Tel. 041 418 22 43
Roman Helfer, Vice-Président Jeunesse.Suisse, Tel. 079 540 78 37

Jeunesse.Suisse est l’organisation nationale des jeunes de Travail.Suisse. En font partie les jeunes des organisations de travailleurs et travailleuses Syna, Hotel&Gastro Union, transfair, OCST et SCIV.

21 août 2015, Jordan Kestle, Président de Jeunesse.Suisse

Prévoyance vieillesse 2020 : Pilules amères pour les travailleurs et travailleuses

Travail.Suisse reconnaît la volonté de la Commission sociale du Conseil des Etats de rendre la réforme de la prévoyance vieillesse capable d’obtenir une majorité politique. La recette consistant à combiner des améliorations et des détériorations a marché lors de réformes précédentes et peut aussi réussir avec celle-ci. Mais après les propositions de la CSS-E, les travailleurs et travailleuses devraient avaler plusieurs pilules bien amères. C’est pourquoi, des améliorations sont nécessaires pour Travail.Suisse. suite

Les détériorations sont difficiles à digérer : le relèvement de l’âge de la retraite et la réduction drastique du taux de conversion minimal chargeront fortement les travailleurs et travailleuses. Des rentes plus basses menacent. Pour rendre acceptable un relèvement de l’âge de la retraite des femmes, il faut garantir l’égalité des salaires avec des mesures législatives, une meilleure couverture d’assurance pour les travailleuses et travailleurs à temps partiel et la mise à disposition d’une compensation sociale substantielle pour la retraite anticipée avant 65 ans pour les bas et moyens revenus. Il faut aussi que les employeurs garantissent l’emploi jusqu’à 65 ans. La Commission sociale a manqué de poser d’importants jalons avec la suppression de la déduction de coordination et avec des compensations ciblées pour l’âge de la retraite flexible.

La baisse drastique du taux de conversion minimal a des effets sur les rentes. Cette couleuvre est d’autant plus difficile à avaler du fait que, de l’autre côté, les sociétés d’assurance-vie tournées vers le profit s’en sortent sans dommage. Elles peuvent toujours faire des profits exagérés sur le dos des travailleurs et travailleuses avec l’assurance sociale prévoyance professionnelle à cause de la réglementation du «Legal Quote ». « Cela n’est pas une surprise, quelques Conseillers d’Etats se faisant les relais de l’industrie de l’assurance », souligne Matthias Kuert Killer, Responsable pour la politique sociale à Travail.Suisse. « Ces bénéfices exagérés restent inacceptables et devront être corrigés vers le bas au plus tard par le Conseil national. »

Pour qu’il n’y ait pas de baisses de rentes, il faut des mesures de compensation étendues. La Commission sociale ne l’a pas oublié. Sur ce point, l’augmentation annoncée des rentes de 70 francs dans l’AVS est réjouissante. Il est juste qu’une partie des mesures de compensation au moins se fasse dans le premier pilier. Ainsi l’argent est investi efficacement et profite à tous. Malgré tout, il faut aussi une contribution supplémentaire par le biais de Fonds de sécurité LPP. Car les pertes de rentes ne peuvent pas être seulement compensées par 70 francs de l’AVS.

Travail.Suisse suivra de près la suite des délibérations parlementaires. Sur la base des propositions de la CSS-E, il demeure possible de trouver à la fin un projet apte à recueillir une majorité. Mais des améliorations sont encore nécessaires. Travail.Suisse combattra avec détermination une détérioration au détriment des travailleurs et travailleuses.

Pour plus d’informations :
Martin Flügel, Président, tél. 079 743 90 05
Matthias Kuert Killer, Responsable de la politique sociale, tél. 079 777 24 69

17 août 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

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