Thèmes – Travail

Le dumping salarial est une réalité – il faut étendre les mesures d’accompagnement

Le SECO a publié aujourd’hui le rapport sur les mesures d’accompagnement. Il montre clairement que le dumping salarial et des conditions de travail est à l’ordre du jour. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, la protection des salaires et des conditions de travail est très importante et le sera encore plus à l’avenir. Ce n’est qu’avec des mesures d’accompagnement effectives et qui fonctionnent que l’on pourra maîtriser les défis politiques à venir. suite

Dans le rapport sur les mesures d’accompagnement du SECO, on trouve des données détaillées sur l’exécution et les résultats des contrôles du marché suisse du travail. « On voit clairement que les mesures d’accompagnement apportent une importante contribution pour la protection des salaires et des conditions de travail mais aussi que le dumping salarial est une réalité » indique Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique à Travail.Suisse.

Un risque particulier de dumping existe dans les branches sans CCT étendues là où il n’y a pas de salaires minimaux obligatoires. Cela signifie, d’une part, que pour les contrôles on doit s’appuyer sur des salaires d’usage selon la branche et le lieu très imprécis. D’autre part, on ne peut pas sanctionner le dumping salarial et il ne reste à disposition que l’instrument de la procédure de conciliation. Le rapport montre qu’en 2015 dans ce domaine des cas de dumping salarial ont été constatés auprès de 1014 entreprises suisses et 681 entreprises étrangères détachant des travailleurs. On arrive ainsi à des cas de dumping salarial chez 11% des employeurs suisses qui ont été contrôlés et 14% des entreprises étrangères ayant détaché des travailleurs en Suisse, un niveau qui n’avait jamais été aussi élevé jusqu’ici. En même temps, les procédures de conciliation chez les employeurs suisses n’ont abouti que dans 50% des cas, alors que le taux de réussite était encore de 69% en 2013.

Dans les branches avec des salaires minimaux, il y a aussi des infractions, bien que là au moins les possibilités de sanctions existent. Il y a toutefois des problèmes quandi les employeurs contournent les salaires minimaux, soit en engageant de faux indépendants, en déclarant des salaires inexacts ou s’il n’est pas possible de rendre effectives les sanctions pour les entreprises étrangères qui détachent des travailleurs faute de canaux de transmission efficaces.

Il faut améliorer la protection des salaires et des conditions de travail

Le rapport sur les mesures d’accompagnement montre clairement qu’il faudra aussi à l’avenir accorder la plus grande considération à la protection des salaires et des conditions de travail. Il est dès lors central pour Travail.Suisse pour lutter contre le dumping salarial que l’on facilite davantage les conditions d’extension des CCT, fasse une analyse des instruments à disposition pour lutter contre la fausse indépendance et que l’on introduise une garantie pour l’exécution des décisions des sanctions prononcées, comme cela avait été demandé dans une résolution de l’assemblée des délégué-e-s de Travail.Suisse de fin avril (résolution ici).

Des mesures d’accompagnement efficaces et une protection des salaires en Suisse qui fonctionne sont indispensables pour relever les grands défis politiques de la mise en œuvre de l’Article 121 a de la Constitution fédérale. « Il faut garantir la protection des salaires et des conditions de travail, améliorer l’intégration des jeunes dans le marché du travail, relever la participation des femmes au marché du travail et assurer le maintien sur le marché du travail des travailleuses et travailleurs plus âgés. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra convaincre la population de la poursuite de la voie bilatérale avec l’Union européenne » indique encore Gabriel Fischer.

Pour d’autres informations :
Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique, 076 412 30 53

12 mai 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Formation de rattrapage pour adultes et situation des travail-leurs plus âgés – des thèmes convenant bien pour le jour du travail

On fêtera dimanche prochain, le 1er mai, le jour du travail. Il est bon à cette occasion de réfléchir sur le travail et son univers et ne pas oublier les acquis sociaux obtenus. Un regard rétrospectif sur le sommet national de la formation professionnelle et la conférence nationale sur les travail-leurs âgés de la semaine passée montre que l’on avance pas à pas dans l’engagement pour les travailleurs et travailleuses. suite

Le jour du travail, il en va de l’équité, de la justice, de l’égalité sociale, de la solidarité, de bonnes conditions de travail, de droits au lieu de travail et des droits humains. Ces thèmes restent pleinement actuels. Le 1er mai est le seul jour férié dans le monde entier, répandu dans toutes les cultures. On fêtera le jour du travail pour la 126ème fois cette année. Le 1er mai qui est devenu une « fête du travail » sans dommage, fut à l’origine un jour de lutte du mouvement international des travailleurs et travail-leuses. Ce jour rappelle la lutte des travailleurs et travailleuses de Chicago pour la journée de huit heures, pour des salaires plus élevés et contre les conditions de travail misérables dans les fa-briques. Le 1er mai 1886, 350’000 travailleurs et travailleuses firent une grève générale. La police tira le 4 mai sur les grévistes et tua quatre personnes. Six grévistes furent arrêtés parce qu’ils étaient en tête de la grève. Pour effrayer la base, 5 d’entre eux furent condamnés et exécutés.

Mettre en œuvre les revendications au niveau international

Trois ans plus tard, le 14 juillet 1889, on commémora le 1er mai en souvenir de la protestation de Chi-cago lors du 2ème congrès international des travailleurs et travailleuses à Paris. Depuis lors, le 1er mai est devenu un symbole de la solidarité des travailleurs et travailleuses du monde entier. C’est dans ce sens au niveau international que l’on fête le jour du travail. La journée de huit heures est devenue le standard dans bien des régions car les travailleurs et travailleuses du monde entier ont lutté à cette fin. Il est important de reconnaître que cette exigence n’a pu avoir une chance que parce qu’elle a été soulevée et mise en œuvre au niveau mondial. L’argument des adversaires, consistant à dire que la capacité concurrentielle d’un pays est entravée par rapport à d’autres pays en cas de réduction du temps de travail, tombe alors automatiquement si la revendication est faite au niveau international. Les thèmes qui marquent le 1er mai restent actuels au temps de la globalisation. C’est pourquoi, Tra-vail.Suisse travaille aussi dans le cadre du Comité exécutif du Syndicat européen (CES).

Formation de rattrapage pour adultes

Convenant au jour du travail, voici un aperçu de deux rencontres des partenaires sociaux avec le con-seiller fédéral et président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann et les cantons, de la se-maine passée. Travail.Suisse a pu s’engager dans ce cadre pour des requêtes favorables aux travail-leurs et travailleuses. Le thème de la formation de rattrapage a pris une place de premier plan dans la Déclaration commune des partenaires sociaux, de la Confédération et des cantons lors du sommet national de la formation professionnelle. Suite à un long engagement de Travail.Suisse, le thème de la qualification professionnelle des adultes a fini par figurer à l’ordre du jour. Parmi les 550’000 adultes âgés de 25 à 64 ans, qui en 2014 n’ont pas de diplôme postobligatoire, environ 50’000 d’entre eux, âgés entre 25 et 45 ans, pourraient, de manière réaliste, obtenir un diplôme par la voie de la formation de rattrapage. Selon la Déclaration finale, il faut faire à ce sujet un effort pour améliorer la situation des personnes concernées et contribuer ainsi à atténuer la pénurie de personnel qualifié. A l’aide d’une campagne d’information et de sensibilisation, qui débutera en 2017, et du guide à paraître sous peu relatif aux formations et aux examens adaptés aux adultes, les partenaires veulent mieux faire connaître les moyens et voies de formation existants aux adultes qui veulent rattraper par un diplôme une formation professionnelle ou continuer à se former, ainsi qu’aux prestataires de formation et con-seillers en formation. Même si on souhaitait encore d’autres mesures, c’est tout de même un succès pour Travail.Suisse.

Poursuite du développement de la formation professionnelle

Lors du sommet national de la formation professionnelle, on a aussi décidé de poursuivre le déve-loppement de la formation professionnelle. A côté de l’élaboration d’une stratégie de formation pro-fessionnelle tournée vers l’avenir avec Horizon 2040, les partenaires ont mis à leur agenda commun la prise de mesures pour l’optimisation des processus administratifs. Les partenaires sont d’accord que l’on prépare les moyens requis pour concrétiser toutes les mesures de la formation professionnelle dans le message relatif à l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation pendant les années 2017-2020. Cet objet est actuellement traité par la commission du Conseil national. Il faut veiller attentivement à ce que l’amélioration du financement de la formation professionnelle supérieure ne se fasse pas au détriment de la formation professionnelle initiale.

Les travailleuses et travailleurs plus âgés à nouveau au centre des débats

Lors de la 2ème conférence nationale sur les travailleurs âgés, dirigée par le président de la Confédéra-tion, les partenaires sociaux, la Confédération et les cantons ont discuté de mesures pour améliorer la situation des travailleuses et travailleurs plus âgés. La délégation de Travail.Suisse s’est particulière-ment engagée pour exiger que l’on puisse au milieu de la vie professionnelle faire un bilan de compé-tence et avoir davantage de possibilité de continuer à se former. Pour maintenir l’employabilité des travailleuses et travailleurs plus âgés sur le marché du travail, il faut mettre sur pied suffisamment tôt des mesures de formation continue ciblées. Négliger la formation continue a un coût. C’est pourquoi Travail.Suisse a salué le fait que la conférence nationale sur les travailleurs âgés ait réaffirmé l’utilité des bilans de compétence ä mi-parcours de la vie professionnelle et garde dans son viseur l’exigence de formation continue pour des groupes cibles déterminés. Travail.Suisse va tenter maintenant d’élaborer des mesures concrètes pouvant se greffer sur la déclaration finale commune qui a été adoptée.

Crédit de financement nécessaire pour la formation continue

Nous allons nous engager avec détermination pour un financement spécial des mesures de formation continue. Le Conseil fédéral va examiner, à la demande de Travail.Suisse, la possibilité de soumettre au Parlement un financement des mesures de formation continue, à l’image de ce qui avait été fait à la fin des années 1990 avec l’arrêté, approuvé par le Parlement, sur le développement des places d’apprentissage. De façon analogue, il faudrait maintenant investir pour la capacité des adultes à se maintenir sur le marché du travail. Le crédit pourrait financer des mesures dans la formation de rattra-page, la qualification des adultes et la formation continue. On pourrait ainsi aider les travailleurs et travailleuses à se maintenir sur le marché du travail.

26 avril 2016, Adrian Wüthrich, Président

Conférence nationale sur les travailleurs plus âgés: la négligence se paie

Pour maintenir l’employabilité des travailleuses et travailleurs plus âgés sur le marché du travail, il faut avoir mis en place des mesures de formation continue suffisamment tôt. Négliger la formation continue se paie. Dans ce sens, Travail.Suisse salue le fait que la conférence sur les travailleurs plus âgés ait confirmé la nécessité de faire un bilan de compétences au milieu de la vie professionnelle et garde à l’esprit le développement de la formation continue de groupes déterminés. suite

Le chômage des travailleuses et travailleurs plus âgés augmente plus qu’en proportion. Travail.Suisse salue les mesures prises, en particulier dans le domaine du mentoring, qui doivent aider les travailleuses et travailleurs plus âgés à retrouver le chemin du marché du travail. Mais pour Travail.Suisse, il est aussi important de garder à l’esprit des mesures à plus long terme. Des formations continues bien planifiées et des planifications de carrière sont la meilleure protection qui soit contre les licenciements. Il en résulte que Travail.Suisse s’engage avant tout pour que le crédit spécial pour des mesures de formation continue envisagé par le Conseil fédéral soit effectivement soumis au Parlement. De notre point de vue, c’est un bon investissement pour le futur.

Pour plus d’informations:
Adrian Wüthrich, président, 079 287 04 93

Vous trouverez des informations plus détaillées dans l’annexe.

21 avril 2016, Adrian Wüthrich, Président

Il vaut la peine d’investir pour les travailleuses et travailleurs plus âgés

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses salue la tenue de la 2ème conférence nationale sur les travailleuses et travailleurs plus âgés de ce jeudi faisant partie de l’initiative de la Confédération pour lutter contre la pénurie de personnel qualifié. Le moment est venu de prendre des mesures concrètes en faveur des travailleuses et travailleurs plus âgés. Travail.Suisse demande en particulier au Conseil fédéral de soumettre au Parlement un crédit spécial pour des mesures de formation continue à l’intention des travailleuses et travailleurs plus âgés. suite

Plusieurs raisons plaident pour une mise en avant par l’économie et le monde politique des travailleuses et travailleurs plus âgés :

• L’évolution démographique fera augmenter au-dessus de la moyenne leur part dans la population active au cours des prochaines années.
• Le nombre des chômeurs et chômeuses de plus de 50 ans a augmenté de plus de 10 pourcent depuis 2013.
• La part des bénéficiaires de l’aide sociale a plus fortement augmenté parmi les plus de 45 ans que parmi d’autres catégories d’âge au cours des dix dernières années.
• La part des travailleurs plus âgés a fortement augmenté dans ce laps de temps parmi les travailleurs et travailleuses temporaires.

Ces chiffres montrent que les travailleuses et travailleurs plus âgés sont confrontés sur le marché du travail à des problèmes croissants. Et pour ceux qui ont un emploi fixe, l’inquiétude pour son emploi se fait plus forte. Dans le cadre d’un sondage représentatif sur le « Baromètre Conditions de travail », que Travail.Suisse a mené en 2015, ils considèrent négativement leurs perspectives à moyen terme. Dans le groupe des 46 à 64 ans, 65 pourcent des personnes sondées ne croient pas effectivement qu’en cas de perte volontaire ou non de leur emploi, elles trouveront à nouveau un emploi comparable et au salaire équivalent. L’insécurité concernant son emploi est nettement plus élevée dans cette catégorie d’âge que chez les travailleurs et travailleuses plus jeunes (51 pourcent).

Pour les raisons mentionnées et à cause de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée – tout comme suite à l’acceptation de l’initiative sur l’immigration de masse – il faut investir dans le maintien de l’employabilité des travailleuses et travailleurs plus âgés. Nous appelons les employeurs à mieux utiliser et développer le potentiel de main-d’œuvre déjà présent sur le marché du travail au lieu de se servir trop rapidement sur le marché européen. Travail.Suisse estime qu’il est déterminant d’avoir une politique de formation qui agit déjà au milieu de la vie professionnelle, soit juste après la quarantaine. Un bilan de compétence couplé à une offre de conseil pour la suite de la carrière doit devenir la normalité pour les travailleurs et travailleuses de cet âge. Il faut utiliser les entretiens d’évaluation avec les collaborateurs et collaboratrices pour le développement personnel et développer la formation continue après le 40ème anniversaire pour maintenir son employabilité.

Travail.Suisse demande à la Confédération le financement d’une offensive de formation continue. Le Conseil fédéral doit prévoir un crédit spécial pour les mesures de formation continue pour les travailleuses et travailleurs plus âgés. A l’heure actuelle, les offices régionaux de placement ne peuvent pas financer des mesures de formation à long terme. Un besoin d’agir est manifeste dans ce domaine. A la fin des années 1990, on avait réagi de la sorte par rapport à la situation qui prévalait pour l’apprentissage en prenant des décisions ; maintenant il faut en faire de même pour les travailleuses et travailleurs plus âgés, vu les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ainsi, on ne luttera pas seulement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée mais aussi contre l’insécurité largement répandue auprès des travailleuses et travailleurs plus âgés.

Pour plus d’informations :
Adrian Wüthrich, président, Tél. 079 287 04 93
Gabriel Fischer, responsable du dossier politique économique, Tél. 076 412 30 53

19 avril 2016, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation et Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Travailleuses et travailleurs plus âgés sous pression

19 avril 2016, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation et Gabriel Fischer, Responsable politique économique

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