Thèmes – Travail

Mise en œuvre de l’art. 121a Cst. : pas aux dépens des travailleurs et travailleuses!

Les grandes lignes présentées aujourd’hui par le Conseil fédéral pour mettre en œuvre l’initiative contre l’immigration de masse remettent en question les accords bilatéraux. On ne connaît pas les répercussions sur la place économique suisse et le marché du travail de la possibilité d’introduire unilatéralement une clause de sauvegarde. Pour Travail.Suisse, une concertation avec l’Union européenne est absolument nécessaire. En outre, le projet du Conseil fédéral laisse à désirer du point de vue de la protection par étapes nécessaire des salaires et des conditions de travail et omet des mesures concrètes pour renforcer la l’intégration des jeunes et la participation des femmes et des travailleurs âgés sur le marché du travail. Travail.Suisse exige du Conseil fédéral un engagement clair dans ce sens le 18 décembre 2015. suite

Du point de vue de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleuses et des travailleurs, la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. présentée aujourd’hui par le Conseil fédéral joue avec le feu en menaçant de se faire aux dépens des travailleuses et des travailleurs.

D’entente avec l’UE et non pas contre elle

Pour Travail.Suisse, les négociations avec l’UE restent essentielles en matière de mise en œuvre de l’art. 121a de la Constitution fédérale. Seule une solution négociée avec l’UE permettra de maintenir les accords bilatéraux et, partant, de garantir de bonnes relations avec nos voisins et nos principaux partenaires commerciaux. Nous considérons la possibilité présentée aujourd’hui d’introduire unilatéralement une clause de sauvegarde avec des contingents éventuels comme un instrument inapproprié. Un risque de rupture des accords de libre circulation des personnes avec des répercussions incertaines sur les accords bilatéraux est indigne d’un Etat de droit comme la Suisse. En même temps, les bonnes conditions cadres de la place économique suisse sont remises en question et l’insécurité menace la stabilité économique et le marché du travail.

Assurer la stabilité du marché du travail au lieu de le mettre en péril

Travail.Suisse s’oppose résolument à la revendication des milieux économiques et des employeurs à établir un régime d’autorisation de courte durée. Le Conseil fédéral doit y renoncer. Ce régime correspondrait en fait à rétablir le statut de saisonnier et entraînerait beaucoup d’abus sur le marché du travail. Toute discrimination sur le marché du travail suisse crée une pression supplémentaire dans toute la Suisse sur les salaires et les conditions de travail. Pour Travail.Suisse, la politique doit améliorer la situation des travailleuses et des travailleurs et non pas l’affaiblir. Les mesures annoncées pour lutter contre les abus sont essentielles pour stabiliser les salaires et les conditions de travail. L’analyse du marché du travail envisagée dans les décisions d’aujourd’hui offre cependant une lueur d’espoir, mais une optimisation des mesures d’accompagnement est un minimum. Du point de vue de Travail.Suisse, l’augmentation des amendes en cas de sous-enchère salariale doit être mise en œuvre sans tarder puisque de toute façon les travaux législatifs sont en cours. En outre, les autres facettes de l’optimisation des mesures d’accompagnement doivent être impérativement intégrées dans le message relatif à la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. ou reprises dans les décisions du Parlement. Il faut prendre des mesures concrètes pour améliorer l’intégration des jeunes travailleurs sur le marché du travail, augmenter la participation des femmes via l’harmonisation entre vie professionnelle et vie familiale et encourager les travailleurs âgés à rester au travail. Nous attendons du Conseil fédéral qu’il montre davantage de détermination au lieu de faire quelques retouches d’ordre cosmétique.

Pour d’autres informations :
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93

04 décembre 2015, Adrian Wüthrich, Président

Faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses de Suisse – Pour du travail ayant de l’avenir

Trois grands thèmes nous occuperont au cours des quatre prochaines années: notre rapport avec l’Union européenne, la garantie de la prévoyance vieillesse et la protection climatique. Quelques réflexions à ce sujet. suite

Après le Oui à l’initiative « Contre l’immigration de masse », l’insécurité larvée – en plus de l’abandon du taux plancher euro – franc suisse – n’affecte pas seulement les entreprises, mais aussi leurs employés. Les accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne sont importants pour maintenir la prospérité en Suisse, pour garantir de nombreux emplois. Tel était – et est encore – l’argument principal avancé en faveur d’un Oui aux Bilatérales. En vue d’une prochaine votation (probablement en 2017) nous devons à nouveau démontrer que nous sommes tous capables de gérer la libre circulation des personnes et l’immigration qui l’accompagne. De temps à autre, j’entends que d’aucuns préfèreraient renoncer à davantage de prospérité si cela permettait d’empêcher l’arrivée en Suisse de nouveaux flux d’étrangers. En l’occurrence, c’est à la politique d’apporter des réponses. Les riches ne remarquent guère l’immigration. Mais le grand public remarque le changement. Nous réclamerons de meilleures mesures d’accompagnement afin de protéger les salaires et les conditions de travail en Suisse. Nous nous y engagerons avec nos partenaires européens. Une chose est claire : ceux qui considèrent les mesures d’accompagnement comme un mal nécessaire et s’opposent à leur amélioration risquent de faire des dégâts dans la politique européenne.

Garantir la prévoyance vieillesse

La garantie de la prévoyance vieillesse, actuellement en discussion, est un autre objet extrêmement important pour Travail.Suisse. Elle revêt une grande importance pour les travailleurs et travailleuses. Nous voulons des rentes satisfaisantes, ce qui implique un financement solide. Le Conseil des Etats a délibéré sur les propositions de sa commission et les a soutenues, Le projet contient cependant de nombreuses pilules amères. Il sera nécessaire d’améliorer le projet de loi afin de le rendre acceptable. Il faut néanmoins mettre en évidence un point positif, à savoir qu’au bout de vingt ans les rentes de l’AVS connaîtront enfin une nouvelle hausse. Cette hausse ne suffira cependant pas à compenser la baisse du taux de conversion dans le deuxième pilier.

Les déclarations faites à propos de l’âge de la retraite à 67 ans montrent que la situation pourrait encore empirer. En effet, sur smartvote, plus de 80 pour cent des parlementaires du PRD et de l’UDC approuvent le relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans.

La politique climatique pour de bonnes conditions de travail

Le troisième grand thème est celui de la politique en matière de changement climatique. Ce qui peut paraître étonnant à première vue. Mais, nous l’avons de nouveau remarqué cet été, lorsqu’il fait très chaud pendant une longue période, nous sommes accablés, dans notre travail également. Le changement climatique entraîne un réchauffement continu de la planète. Si nous ne réussissons pas à prendre des mesures appropriées pour maintenir en deçà de 2° C la hausse de la température moyenne, cet échec aura des incidences négatives sur les travailleurs et travailleuses, en Suisse aussi.

Depuis longtemps, des négociations sont menées au niveau international en vue d’un accord mondial. Notre économie mondialisée a besoin de solutions globales, et tout le monde doit s’en tenir aux règles établies. Faute de quoi, ceux qui ne respectent pas ces règles profiteront de la situation aux dépens de ceux qui s’adaptent en faveur du climat. Si les pays de notre planète ne font rien, les températures continueront de grimper. Réagissons avant qu’il ne soit trop tard ! Une possibilité nous sera de nouveau offerte à la fin de cette année : grâce à la nouvelle Conférence de l’ONU sur le climat, qui se tiendra à Paris. J’espère infiniment que les Etats pourront se mettre d’accord et qu’ils prendront des mesures pour sauver notre planète. Mais les négociations devront se poursuivre après 2015. La Suisse est sollicitée, elle aussi. Les discussions ardues qui se déroulent au sein du Parlement à propos des importantes réformes qu’implique la Stratégie énergétique 2050 montrent qu’il n’est déjà guère aisé de trouver des solutions communes dans son propre pays. Et ce, bien que les mesures prévues par la Stratégie énergétique 2050 permettent de créer ou de garantir des dizaines de milliers d’emplois en Suisse.

Nous avons encore du pain sur la planche. Avec le document adopté lors de son congrès, Travail.Suisse veut aller de l’avant et réaliser son idée de travail ayant de l’avenir. De concert avec ses fédérations, Travail.Suisse souhaite atteindre le plus grand nombre possible de ces objectifs. Nous voulons nous engager avec respect et équité. Nous voulons œuvrer activement en notre qualité de voix autonome sur la scène politique nationale. Comme l’a dit Max Weber avec pertinence, agir en politique, « c’est forer des planches dures lentement et vigoureusement, à la fois avec ardeur et sens de la mesure », et cela ne nous fait pas peur. Nous poursuivrons notre forage.

28 septembre 2015, Adrian Wüthrich, Président

Loi fédérale sur l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation (loi relative à Innosuisse)

(en allemand seulement)

31 août 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

La commission de l’économie plus courageuse que le Conseil fédéral

Travail.Suisse, l’organisation indépendante des travailleurs et travailleuses, applaudit la décision de la commission de l’économie et des redevances CER du Conseil national : en acceptant l’initiative parlementaire déposée par son vice-président, le socialiste neuchâtelois Jacques-André Maire, elle se montre bien plus courageuse et responsable que le Conseil fédéral. Le récent rapport de ce dernier sur son initiative visant à combler la pénurie en personnel qualifié (Fachkräfteinitiative) était insuffisant. Avec cette décision, la commission a clairement refusé que le collège gouvernemental ne tente de liquider les interventions des parlementaires sur le front de l’emploi, de la formation et du retour à la vie active en période de pénurie de main d’œuvre qualifiée. suite

Un premier pas pour combler un angle mort de la LACI a été franchi lors de la dernière séance de la CER-N. L’initiative parlementaire Maire (14.452) vise à modifier les critères que l’assurance chômage applique pour accorder des mesures de formation. Ces critères doivent être assouplis pour les candidat-e-s au retour qui se sont absentés de nombreuses années du marché du travail pour s’occuper de leurs enfants.

Les personnes qui se sont retirées plus de quatre ans de la vie professionnelle pour élever leurs enfants, en grande majorité des femmes, doivent pouvoir se réinsérer dans les meilleures conditions. Pour cela, ces personnes ont des besoins particuliers en matière d’accompagnement, qui vont bien au-delà de quelques cours de mise à niveau de leur formation initiale. C’est d’un véritable accompagnement professionnel sur plusieurs mois dont elles ont besoin. Pour pouvoir en bénéficier, les candidat-e-s au retour doivent pouvoir recevoir l’aide financière pour des mesures de formation telle que prévue par la Loi sur l’assurance chômage LACI. Cependant, cela leur est impossible en raison des critères que leur imposent les offices régionaux de placement qui ne tiennent pas compte de leur situation particulière.

Les membres de la CER ont compris l’incohérence contenue dans la LACI. Ils ont aussi refusé que le rapport du Conseil fédéral du 19 juin dernier ne serve à liquider les interventions en attente de réponse. Si la commission du Conseil des Etats suit cette heureuse décision, alors l’article 60 sera bientôt complété par la mention de ce public-cible spécifique. Le candidat au retour – et bien plus souvent la candidate – après une longue interruption de l’activité professionnelle pour des raisons familiales ne sera plus tenu de rechercher activement un emploi pendant la durée des cours qui lui seront accordés.

Pour plus de détails:
Valérie Borioli Sandoz, Responsable Politique de l’égalité, 079 598 06 3

30 juin 2015, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique d'égalité

Révision de la loi fédérale concernant des mesures en matière de lutte contre le travail au noir

(seulement en allemand)

28 juin 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

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