Thèmes – Travail – Marché du travail

Formation de rattrapage pour adultes et situation des travail-leurs plus âgés – des thèmes convenant bien pour le jour du travail

On fêtera dimanche prochain, le 1er mai, le jour du travail. Il est bon à cette occasion de réfléchir sur le travail et son univers et ne pas oublier les acquis sociaux obtenus. Un regard rétrospectif sur le sommet national de la formation professionnelle et la conférence nationale sur les travail-leurs âgés de la semaine passée montre que l’on avance pas à pas dans l’engagement pour les travailleurs et travailleuses. suite

Le jour du travail, il en va de l’équité, de la justice, de l’égalité sociale, de la solidarité, de bonnes conditions de travail, de droits au lieu de travail et des droits humains. Ces thèmes restent pleinement actuels. Le 1er mai est le seul jour férié dans le monde entier, répandu dans toutes les cultures. On fêtera le jour du travail pour la 126ème fois cette année. Le 1er mai qui est devenu une « fête du travail » sans dommage, fut à l’origine un jour de lutte du mouvement international des travailleurs et travail-leuses. Ce jour rappelle la lutte des travailleurs et travailleuses de Chicago pour la journée de huit heures, pour des salaires plus élevés et contre les conditions de travail misérables dans les fa-briques. Le 1er mai 1886, 350’000 travailleurs et travailleuses firent une grève générale. La police tira le 4 mai sur les grévistes et tua quatre personnes. Six grévistes furent arrêtés parce qu’ils étaient en tête de la grève. Pour effrayer la base, 5 d’entre eux furent condamnés et exécutés.

Mettre en œuvre les revendications au niveau international

Trois ans plus tard, le 14 juillet 1889, on commémora le 1er mai en souvenir de la protestation de Chi-cago lors du 2ème congrès international des travailleurs et travailleuses à Paris. Depuis lors, le 1er mai est devenu un symbole de la solidarité des travailleurs et travailleuses du monde entier. C’est dans ce sens au niveau international que l’on fête le jour du travail. La journée de huit heures est devenue le standard dans bien des régions car les travailleurs et travailleuses du monde entier ont lutté à cette fin. Il est important de reconnaître que cette exigence n’a pu avoir une chance que parce qu’elle a été soulevée et mise en œuvre au niveau mondial. L’argument des adversaires, consistant à dire que la capacité concurrentielle d’un pays est entravée par rapport à d’autres pays en cas de réduction du temps de travail, tombe alors automatiquement si la revendication est faite au niveau international. Les thèmes qui marquent le 1er mai restent actuels au temps de la globalisation. C’est pourquoi, Tra-vail.Suisse travaille aussi dans le cadre du Comité exécutif du Syndicat européen (CES).

Formation de rattrapage pour adultes

Convenant au jour du travail, voici un aperçu de deux rencontres des partenaires sociaux avec le con-seiller fédéral et président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann et les cantons, de la se-maine passée. Travail.Suisse a pu s’engager dans ce cadre pour des requêtes favorables aux travail-leurs et travailleuses. Le thème de la formation de rattrapage a pris une place de premier plan dans la Déclaration commune des partenaires sociaux, de la Confédération et des cantons lors du sommet national de la formation professionnelle. Suite à un long engagement de Travail.Suisse, le thème de la qualification professionnelle des adultes a fini par figurer à l’ordre du jour. Parmi les 550’000 adultes âgés de 25 à 64 ans, qui en 2014 n’ont pas de diplôme postobligatoire, environ 50’000 d’entre eux, âgés entre 25 et 45 ans, pourraient, de manière réaliste, obtenir un diplôme par la voie de la formation de rattrapage. Selon la Déclaration finale, il faut faire à ce sujet un effort pour améliorer la situation des personnes concernées et contribuer ainsi à atténuer la pénurie de personnel qualifié. A l’aide d’une campagne d’information et de sensibilisation, qui débutera en 2017, et du guide à paraître sous peu relatif aux formations et aux examens adaptés aux adultes, les partenaires veulent mieux faire connaître les moyens et voies de formation existants aux adultes qui veulent rattraper par un diplôme une formation professionnelle ou continuer à se former, ainsi qu’aux prestataires de formation et con-seillers en formation. Même si on souhaitait encore d’autres mesures, c’est tout de même un succès pour Travail.Suisse.

Poursuite du développement de la formation professionnelle

Lors du sommet national de la formation professionnelle, on a aussi décidé de poursuivre le déve-loppement de la formation professionnelle. A côté de l’élaboration d’une stratégie de formation pro-fessionnelle tournée vers l’avenir avec Horizon 2040, les partenaires ont mis à leur agenda commun la prise de mesures pour l’optimisation des processus administratifs. Les partenaires sont d’accord que l’on prépare les moyens requis pour concrétiser toutes les mesures de la formation professionnelle dans le message relatif à l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation pendant les années 2017-2020. Cet objet est actuellement traité par la commission du Conseil national. Il faut veiller attentivement à ce que l’amélioration du financement de la formation professionnelle supérieure ne se fasse pas au détriment de la formation professionnelle initiale.

Les travailleuses et travailleurs plus âgés à nouveau au centre des débats

Lors de la 2ème conférence nationale sur les travailleurs âgés, dirigée par le président de la Confédéra-tion, les partenaires sociaux, la Confédération et les cantons ont discuté de mesures pour améliorer la situation des travailleuses et travailleurs plus âgés. La délégation de Travail.Suisse s’est particulière-ment engagée pour exiger que l’on puisse au milieu de la vie professionnelle faire un bilan de compé-tence et avoir davantage de possibilité de continuer à se former. Pour maintenir l’employabilité des travailleuses et travailleurs plus âgés sur le marché du travail, il faut mettre sur pied suffisamment tôt des mesures de formation continue ciblées. Négliger la formation continue a un coût. C’est pourquoi Travail.Suisse a salué le fait que la conférence nationale sur les travailleurs âgés ait réaffirmé l’utilité des bilans de compétence ä mi-parcours de la vie professionnelle et garde dans son viseur l’exigence de formation continue pour des groupes cibles déterminés. Travail.Suisse va tenter maintenant d’élaborer des mesures concrètes pouvant se greffer sur la déclaration finale commune qui a été adoptée.

Crédit de financement nécessaire pour la formation continue

Nous allons nous engager avec détermination pour un financement spécial des mesures de formation continue. Le Conseil fédéral va examiner, à la demande de Travail.Suisse, la possibilité de soumettre au Parlement un financement des mesures de formation continue, à l’image de ce qui avait été fait à la fin des années 1990 avec l’arrêté, approuvé par le Parlement, sur le développement des places d’apprentissage. De façon analogue, il faudrait maintenant investir pour la capacité des adultes à se maintenir sur le marché du travail. Le crédit pourrait financer des mesures dans la formation de rattra-page, la qualification des adultes et la formation continue. On pourrait ainsi aider les travailleurs et travailleuses à se maintenir sur le marché du travail.

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26 avril 2016, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Conférence nationale sur les travailleurs plus âgés: la négligence se paie

Pour maintenir l’employabilité des travailleuses et travailleurs plus âgés sur le marché du travail, il faut avoir mis en place des mesures de formation continue suffisamment tôt. Négliger la formation continue se paie. Dans ce sens, Travail.Suisse salue le fait que la conférence sur les travailleurs plus âgés ait confirmé la nécessité de faire un bilan de compétences au milieu de la vie professionnelle et garde à l’esprit le développement de la formation continue de groupes déterminés. suite

Le chômage des travailleuses et travailleurs plus âgés augmente plus qu’en proportion. Travail.Suisse salue les mesures prises, en particulier dans le domaine du mentoring, qui doivent aider les travailleuses et travailleurs plus âgés à retrouver le chemin du marché du travail. Mais pour Travail.Suisse, il est aussi important de garder à l’esprit des mesures à plus long terme. Des formations continues bien planifiées et des planifications de carrière sont la meilleure protection qui soit contre les licenciements. Il en résulte que Travail.Suisse s’engage avant tout pour que le crédit spécial pour des mesures de formation continue envisagé par le Conseil fédéral soit effectivement soumis au Parlement. De notre point de vue, c’est un bon investissement pour le futur.

Pour plus d’informations:
Adrian Wüthrich, président, 079 287 04 93

Vous trouverez des informations plus détaillées dans l’annexe.

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21 avril 2016, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Il vaut la peine d’investir pour les travailleuses et travailleurs plus âgés

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses salue la tenue de la 2ème conférence nationale sur les travailleuses et travailleurs plus âgés de ce jeudi faisant partie de l’initiative de la Confédération pour lutter contre la pénurie de personnel qualifié. Le moment est venu de prendre des mesures concrètes en faveur des travailleuses et travailleurs plus âgés. Travail.Suisse demande en particulier au Conseil fédéral de soumettre au Parlement un crédit spécial pour des mesures de formation continue à l’intention des travailleuses et travailleurs plus âgés. suite

Plusieurs raisons plaident pour une mise en avant par l’économie et le monde politique des travailleuses et travailleurs plus âgés :

• L’évolution démographique fera augmenter au-dessus de la moyenne leur part dans la population active au cours des prochaines années.
• Le nombre des chômeurs et chômeuses de plus de 50 ans a augmenté de plus de 10 pourcent depuis 2013.
• La part des bénéficiaires de l’aide sociale a plus fortement augmenté parmi les plus de 45 ans que parmi d’autres catégories d’âge au cours des dix dernières années.
• La part des travailleurs plus âgés a fortement augmenté dans ce laps de temps parmi les travailleurs et travailleuses temporaires.

Ces chiffres montrent que les travailleuses et travailleurs plus âgés sont confrontés sur le marché du travail à des problèmes croissants. Et pour ceux qui ont un emploi fixe, l’inquiétude pour son emploi se fait plus forte. Dans le cadre d’un sondage représentatif sur le « Baromètre Conditions de travail », que Travail.Suisse a mené en 2015, ils considèrent négativement leurs perspectives à moyen terme. Dans le groupe des 46 à 64 ans, 65 pourcent des personnes sondées ne croient pas effectivement qu’en cas de perte volontaire ou non de leur emploi, elles trouveront à nouveau un emploi comparable et au salaire équivalent. L’insécurité concernant son emploi est nettement plus élevée dans cette catégorie d’âge que chez les travailleurs et travailleuses plus jeunes (51 pourcent).

Pour les raisons mentionnées et à cause de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée – tout comme suite à l’acceptation de l’initiative sur l’immigration de masse – il faut investir dans le maintien de l’employabilité des travailleuses et travailleurs plus âgés. Nous appelons les employeurs à mieux utiliser et développer le potentiel de main-d’œuvre déjà présent sur le marché du travail au lieu de se servir trop rapidement sur le marché européen. Travail.Suisse estime qu’il est déterminant d’avoir une politique de formation qui agit déjà au milieu de la vie professionnelle, soit juste après la quarantaine. Un bilan de compétence couplé à une offre de conseil pour la suite de la carrière doit devenir la normalité pour les travailleurs et travailleuses de cet âge. Il faut utiliser les entretiens d’évaluation avec les collaborateurs et collaboratrices pour le développement personnel et développer la formation continue après le 40ème anniversaire pour maintenir son employabilité.

Travail.Suisse demande à la Confédération le financement d’une offensive de formation continue. Le Conseil fédéral doit prévoir un crédit spécial pour les mesures de formation continue pour les travailleuses et travailleurs plus âgés. A l’heure actuelle, les offices régionaux de placement ne peuvent pas financer des mesures de formation à long terme. Un besoin d’agir est manifeste dans ce domaine. A la fin des années 1990, on avait réagi de la sorte par rapport à la situation qui prévalait pour l’apprentissage en prenant des décisions ; maintenant il faut en faire de même pour les travailleuses et travailleurs plus âgés, vu les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ainsi, on ne luttera pas seulement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée mais aussi contre l’insécurité largement répandue auprès des travailleuses et travailleurs plus âgés.

Pour plus d’informations :
Adrian Wüthrich, président, Tél. 079 287 04 93
Gabriel Fischer, responsable du dossier politique économique, Tél. 076 412 30 53

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2015 09 11 Kurzfassung f.docx.pdf 299 KB

2015 09 09 Bericht Barometer v DEF.pdf 1528 KB

19 avril 2016, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation et Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Travailleuses et travailleurs plus âgés sous pression

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19 avril 2016, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation et Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

La mise en œuvre de l’article 121a de la Constitution fédérale donne lieu à un jeu dangereux

Le Conseil fédéral a présenté début mars son projet de loi de mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse. Une clause de sauvegarde doit au besoin limiter l’immigration. Cette mise en œuvre doit prendre en compte un probable conflit avec l’UE et le risque que les accords bilatéraux soient dénoncés. Les problèmes qui se posent sur le marché du travail ne sont abordés qu’avec réticence. Les mesures d’accompagnement visant à protéger les salaires et les conditions de travail sont renforcées de manière marginale seulement et les mesures pour exploiter le potentiel indigène restent vagues. Pour les travailleurs, le mélange se révèle dangereux. suite

Il y a deux ans, une petite majorité des votants ont approuvé l’initiative contre une immigration de masse. Depuis ce vote, la mise en œuvre de l’initiative fait peser comme une épée de Damoclès sur les relations futures de la Suisse avec l’UE et sur le développement économique de la Suisse.
Le 4 mars, le Conseil fédéral a présenté ses propositions de mise en œuvre de l’article 121a de la Constitution fédérale. Cette mise en œuvre au sens strict passe par une clause de sauvegarde, qui peut être unilatérale, si nécessaire – s’il n’y a pas entente avec l’UE à son propos. A quoi s’ajoute le fait que les mesures d’accompagnement pour protéger les salaires et les conditions de travail sur le marché doivent être adaptées et d’autres mesures, adoptées, visant celles-ci à exploiter le potentiel de main-d’œuvre indigène.

Une clause de sauvegarde unilatérale est une voie sans issue

Le 9 février 2014 a créé une grande insécurité quant aux futures relations de la Suisse avec l’UE qui, rappelons-le, est de loin son principal partenaire économique et commercial. Cette insécurité juridique qui nuit à la planification est déjà perceptible dans les entreprises. L’évolution économique languissante et l’augmentation du chômage – déjà induites par le franc surévalué – en sont la preuve indubitable. La clause de sauvegarde unilatérale proposée par le Conseil fédéral fera de cette insécurité un état durable, car une clause de sauvegarde est en contradiction avec l’accord sur la libre circulation des personnes. Si elle devait être appliquée, elle constituerait une violation d’un accord international aux conséquences imprévisibles. Travail.Suisse estime que la violation envisagée d’un accord international est indigne de l’Etat de droit suisse, et qu’une clause de sauvegarde unilatérale est donc une voie sans issue.

Le Conseil fédéral continue d’espérer lui aussi une solution négociée avec l’UE et une adaptation de l’accord existant. Quant à savoir si une telle entente pourrait se réaliser et, le cas échéant, quelle forme elle prendrait, personne ne peut le prédire. Et le Conseil fédéral envoie des signaux parfaitement contradictoires. Une fois, c’est la ministre de la justice qui s’exprime de manière factuelle et sur un ton froid. Une autre, c’est le président de la Confédération qui revient apparemment sans illusion, d’une visite à Bruxelles. Et quelques jours plus tard, le ministre des affaires étrangères annonce avec un optimisme qui touche à l’euphorie qu’un résultat négocié est proche. II y a unanimité sur un point : le référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union n’est pas une bonne chose pour la Suisse. Jusqu’au 23 juin, date de sa tenue, les négociations seront bloquées et ensuite, le délai sera très court si l’on veut respecter la date butoir de mise en œuvre, fixée par la Constitution au 9 février 2017.

Il est tout à fait imaginable que, dans la seconde moitié de l’année, les négociations avec l’UE aboutissent à un résultat compatible avec les accords bilatéraux. Celui-ci devrait toutefois différer de la clause de sauvegarde actuellement étudiée et ne correspondre que de loin avec une interprétation stricte de l’article 121a. Il est vraisemblable que l’UDC lancerait alors un référendum. Lors de la campagne en vue de la votation, la situation sur le marché du travail serait décisive pour qu’une majorité de la population décide du maintien de la voie bilatérale dans nos rapports avec l’UE.

Le développement des mesures d’accompagnement est bloqué et la promotion du potentiel indigène, languissante

Du point de vue des travailleurs, la situation sur le marché du travail est déterminante. La libre circulation des personnes ne peut être considérée comme quelque chose de positif que si les salaires et les conditions de travail sont assurés et protégés et que la pression est réduite. Les mesures d’accompagnement jouent à cet égard un rôle majeur. Le principe qui veut qu’en Suisse soient appliqués les salaires suisses et les conditions de travail suisses passe par les mesures d’accompagnement. Ces mesures fonctionnent bien, mais les sous enchères salariales et les attaques contre les conditions de travail restent d’actualité. Travail.Suisse estime donc qu’il est politiquement nécessaire de travailler constamment à l’optimisation et au développement des mesures d’accompagnement pour conserver le soutien des travailleurs à la libre circulation des personnes.

Mais dans le groupe de travail institué par le Conseil fédéral, les employeurs ont adopté une attitude de blocage et refusé toute adaptation des mesures d’accompagnement. Le Conseil fédéral s’est laissé influencer par cette position idéologique et n’a inclus dans son message relatif à la mise en œuvre de l’article 121a que deux petites modifications de ces mesures. Il s’agit d’une part de la possibilité de prolonger les contrats de travail normaux. Cette prolongation est déjà possible dans les quelques cantons qui ont adopté ce genre de contrats. Ce n’est donc qu’une confirmation juridique a posteriori de la réalité vécue. D’autre part, il s’agit d’examiner si les entreprises étrangères qui détachent des employés en Suisse doivent disposer une domicile de notification dans notre pays, pour garantir que les décisions découlant de l’application de la loi sur les travailleurs détachés peuvent être publiées et appliquées. Cette mesure est fondée sur un postulat (14.3106) présenté par le Conseiller aux Etats Luc Recordon et adopté. Quant aux véritables améliorations des mesures d’accompagnement dans le domaine de l’allégement de la déclaration de force obligatoire des CCT, à la tenue d’un registre professionnel, dans lequel les entreprises doivent prouver, documents à l’appui, qu’elles respectent les salaires et les conditions de travail, ou aux mesures efficaces pour résoudre les problèmes qui apparaissent dans les chaînes de sous-traitants, le Conseil fédéral a pris ses distances, et fermé les yeux, une fois de plus, sur les problèmes qui se posent sur le marché du travail.

Le Conseil fédéral se montre aussi très timoré dans sa manière d’aborder la promotion du potentiel de main-d’œuvre indigène. L’initiative lancée en 2011 par le DEFR et visant à combattre la pénurie de personnel qualifié n’a été suivie que de peu d’effets concrets. Plutôt que de proposer de nouvelles mesures pour utiliser le potentiel de main-d’œuvre indigène, cette initiative présente un condensé des projets en cours ou planifiés aux différents niveaux de l’administration et par les organisations de la société civile. Travail.Suisse considère donc comme une nécessité politique d’améliorer la situation des travailleurs de manière plus intensive et efficace. Si, et seulement si, les bénéfices de la libre circulation des personnes sont plus justement répartis et que les chances des travailleurs sur le marché du travail restent intactes, alors la libre circulation continuera d’être approuvée. Ces dernières années, la compatibilité entre profession et famille s’est lentement améliorée, mais la capacité des travailleurs vieillissants de se maintenir sur le marché du travail et leur mobilité ont diminué. La promotion de la formation de rattrapage pour les personnes qui n’ont pas de certificat de formation initiale et le soutien à un retour sur le marché du travail après une pause familiale sont traités avec mesquinerie, et les exigences croissantes auxquelles font face ceux qui doivent concilier un travail et une aide à leurs proches ainsi que l’augmentation problématique des jeunes qui émargent à l’aide sociale sont des problèmes que le radar politique peine à détecter.

On a besoin d’une politique fiable

Travail.Suisse est d’avis que la mise en œuvre de l’article 121a doit être sous-tendue par une politique fiable. En d’autres termes, la mise en œuvre passe nécessairement par une solution négociée avec l’UE. La variante qui prévoit une clause de sauvegarde unilatérale est susceptible de provoquer un incendie et aboutit dans un cul-de-sac. En outre, les problèmes qui se posent sur le marché du travail doivent être pris au sérieux et il faut concrétiser et intensifier les mesures visant à exploiter au mieux le potentiel de main-d’œuvre indigène. Enfin, l’économie devra renoncer à aller chercher en toute hâte à l’étranger les forces de travail dont elle a besoin et prendre davantage en compte les travailleurs suisses. A cette fin, les politiques doivent garantir qu’en Suisse, les salaires et les conditions de travail sont ceux de la Suisse. Les employeurs n’auront plus dès lors de raison financière de recruter de la main-d’œuvre étrangère. De plus en plus de jeunes, dès la fin de leur formation, passent au travers des mailles du filet sur le marché du travail, et les travailleurs vieillissants qui perdent leur emploi ne trouvent qu’à grand peine un nouveau travail. Il faut faciliter le rapport profession-famille et permettre aux femmes de mieux s’intégrer sur le marché du travail. Ainsi seulement les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes profiteront aux travailleurs et à toute la population.

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22 mars 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

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