Thèmes – Travail – Marché du travail

Sombres nuages sur le marché du travail

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses est préoccupée par le développement du marché du travail en Suisse. Comme le SECO l’a communiqué lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui, le chômage a continué d’augmenter en 2015 et les prévisions pour 2016 sont tout sauf favorables. A la fin 2015, 158’629 personnes étaient annoncées au chômage, ce qui représente une augmentation de plus de 11’000 personnes pendant l’année passée. suite

L’insécurité relative à la mise en œuvre de l’article 121a de la Constitution fédérale et les relations futures avec l’Union européenne (UE) ainsi que la surévaluation du franc suisse, après la décision il y a un an de la Banque nationale de supprimer le taux plancher avec l’Euro, ont laissé leurs traces sur le marché du travail suisse. Le taux de chômage a été en 2015 de 3,3 pourcent, ce qui représente un accroissement de 0,1 pourcent par rapport à l’année précédente. Et les prévisions laissent entrevoir une augmentation supplémentaire à 3.6 pourcent. Le chômage atteindrait ainsi un niveau qu’il n’avait plus connu depuis le paroxysme de la crise financière à la fin 2009.

Eliminer les incertitudes actuelles

Pour Travail.Suisse, il est clair qu’il faut lever l’incertitude relative aux relations futures de la Suisse avec l’UE. Seul le maintien des accords bilatéraux représente la base adéquate pour le site économique suisse permettant un développement positif du marché du travail. Pour ce qui est de la mise en œuvre de l’article 121a de la Constitution fédérale, il faut trouver une solution négociée avec l’UE. Une introduction unilatérale d’une clause de sauvegarde avec de possibles contingents ne peut être une solution durable et conforme au but visé.

Le niveau du taux de change s’avérera aussi déterminant pour le marché du travail. Même si la crainte d’une parité avec l’Euro ne s’est pas réalisée, le franc reste toujours fortement surévalué. La Banque nationale est appelée à prendre des mesures pour affaiblir le franc et atteindre un taux de change réaliste et supportable face à l’Euro.

Mesures pour les personnes s’insérant sur le marché du travail et les travailleurs plus âgés

Travail.Suisse appelle aussi les milieux politiques à prendre des mesures de soutien à des groupes de personnes ayant des problèmes particuliers sur le marché du travail. En font partie, d’une part, les personnes s’insérant sur le marché du travail mais qui n’y arrivent pas ou alors avec des problèmes considérables. D’autre part, les travailleurs plus âgés sont particulièrement concernés. Il faut prendre à leur égard des mesures pour améliorer leur employabilité et les maintenir sur le marché du travail.

Pour plus d’informations :
Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique, Tél. 076 412 30 53

08 janvier 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Des solutions immédiates pour les problèmes du marché du travail

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, se réjouit de l’annonce faite aujourd’hui par le Conseil fédéral d’examiner des mesures supplémentaires pour améliorer la protection des salaires et des conditions de travail. Le Conseil fédéral semble enfin se rallier au point de vue selon lequel la mise en œuvre de l’article 121a de la Constitution fédérale doit être assortie de mesures supplémentaires. Il faut maintenant relever le défi qui consiste à présenter rapidement des solutions afin de pouvoir les intégrer à temps dans le message concernant la mise en œuvre de l’art. 121a. suite

L’annonce, il y a deux semaines environ, d’une possible introduction d’une clause de sauvegarde recèle des risques importants pour la place économique Suisse et compromet la situation des travailleuses et travailleurs. Mais le Conseil fédéral a enfin reconnu qu’il est nécessaire de prendre des mesures pour améliorer la protection des salaires et des conditions de travail. Travail.Suisse va s’engager fortement pour une optimisation des mesures d’accompagnement.

Dans le cadre de l’initiative contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, on a aussi pris des décisions justes. Pour Travail.Suisse, il demeure bien clair qu’il faut améliorer l’intégration des jeunes sur le marché du travail, augmenter la participation des femmes en simplifiant la conciliation entre vie professionnelle et familiale et garantir pour les travailleurs plus âgés le maintien sur le marché du travail. Dans les discussions avec le Conseil fédéral, Travail.Suisse continuera à s’engager pour un financement spécial de la formation continue des travailleurs plus âgés et participera activement dans les groupes de travail. Ce n’est que si l’on décide de prendre des mesures efficaces que Travail.Suisse peut soutenir en tant que partenaire social ces mesures lors du « Sommet pour lutter contre la pénurie de personnel qualifié » en septembre 2016.

Mesures à court terme pour protéger les salaires et les conditions de travail

Le Conseil fédéral s’est donné beaucoup de temps pour analyser la situation, de sorte qu’il est d’autant plus important d’agir rapidement. « Les mesures de protection des salaires et des conditions de travail doivent être impérativement intégrées dans le message concernant la mise en œuvre de l’article 121a de la Constitution fédérale. C’est un défi à relever pour toutes les parties prenantes », indique Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse. Le message du Conseil fédéral est déjà annoncé pour la fin du mois de mars 2016, raison pour laquelle des solutions concrètes sont nécessaires à court terme. Travail.Suisse se réjouit de ce que le Conseil fédéral ait enfin pris la bonne décision ; mais la balle est également dans le camp des employeurs. Travail.Suisse les exhorte à s’impliquer avec détermination pour résoudre les problèmes sur le marché du travail et améliorer la protection des salaires et des conditions de travail. Ce n’est qu’avec la prise de mesures effectives que l’on réussira à convaincre la population de poursuivre la voie bilatérale avec l’Union européenne (UE).

Pour plus d’informations:
Adrian Wüthrich, Président, tél. 079 287 04 93

18 décembre 2015, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Mise en œuvre de l’art. 121a Cst. : pas aux dépens des travailleurs et travailleuses!

Les grandes lignes présentées aujourd’hui par le Conseil fédéral pour mettre en œuvre l’initiative contre l’immigration de masse remettent en question les accords bilatéraux. On ne connaît pas les répercussions sur la place économique suisse et le marché du travail de la possibilité d’introduire unilatéralement une clause de sauvegarde. Pour Travail.Suisse, une concertation avec l’Union européenne est absolument nécessaire. En outre, le projet du Conseil fédéral laisse à désirer du point de vue de la protection par étapes nécessaire des salaires et des conditions de travail et omet des mesures concrètes pour renforcer la l’intégration des jeunes et la participation des femmes et des travailleurs âgés sur le marché du travail. Travail.Suisse exige du Conseil fédéral un engagement clair dans ce sens le 18 décembre 2015. suite

Du point de vue de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleuses et des travailleurs, la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. présentée aujourd’hui par le Conseil fédéral joue avec le feu en menaçant de se faire aux dépens des travailleuses et des travailleurs.

D’entente avec l’UE et non pas contre elle

Pour Travail.Suisse, les négociations avec l’UE restent essentielles en matière de mise en œuvre de l’art. 121a de la Constitution fédérale. Seule une solution négociée avec l’UE permettra de maintenir les accords bilatéraux et, partant, de garantir de bonnes relations avec nos voisins et nos principaux partenaires commerciaux. Nous considérons la possibilité présentée aujourd’hui d’introduire unilatéralement une clause de sauvegarde avec des contingents éventuels comme un instrument inapproprié. Un risque de rupture des accords de libre circulation des personnes avec des répercussions incertaines sur les accords bilatéraux est indigne d’un Etat de droit comme la Suisse. En même temps, les bonnes conditions cadres de la place économique suisse sont remises en question et l’insécurité menace la stabilité économique et le marché du travail.

Assurer la stabilité du marché du travail au lieu de le mettre en péril

Travail.Suisse s’oppose résolument à la revendication des milieux économiques et des employeurs à établir un régime d’autorisation de courte durée. Le Conseil fédéral doit y renoncer. Ce régime correspondrait en fait à rétablir le statut de saisonnier et entraînerait beaucoup d’abus sur le marché du travail. Toute discrimination sur le marché du travail suisse crée une pression supplémentaire dans toute la Suisse sur les salaires et les conditions de travail. Pour Travail.Suisse, la politique doit améliorer la situation des travailleuses et des travailleurs et non pas l’affaiblir. Les mesures annoncées pour lutter contre les abus sont essentielles pour stabiliser les salaires et les conditions de travail. L’analyse du marché du travail envisagée dans les décisions d’aujourd’hui offre cependant une lueur d’espoir, mais une optimisation des mesures d’accompagnement est un minimum. Du point de vue de Travail.Suisse, l’augmentation des amendes en cas de sous-enchère salariale doit être mise en œuvre sans tarder puisque de toute façon les travaux législatifs sont en cours. En outre, les autres facettes de l’optimisation des mesures d’accompagnement doivent être impérativement intégrées dans le message relatif à la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. ou reprises dans les décisions du Parlement. Il faut prendre des mesures concrètes pour améliorer l’intégration des jeunes travailleurs sur le marché du travail, augmenter la participation des femmes via l’harmonisation entre vie professionnelle et vie familiale et encourager les travailleurs âgés à rester au travail. Nous attendons du Conseil fédéral qu’il montre davantage de détermination au lieu de faire quelques retouches d’ordre cosmétique.

Pour d’autres informations :
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93

04 décembre 2015, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses de Suisse – Pour du travail ayant de l’avenir

Trois grands thèmes nous occuperont au cours des quatre prochaines années: notre rapport avec l’Union européenne, la garantie de la prévoyance vieillesse et la protection climatique. Quelques réflexions à ce sujet. suite

Après le Oui à l’initiative « Contre l’immigration de masse », l’insécurité larvée – en plus de l’abandon du taux plancher euro – franc suisse – n’affecte pas seulement les entreprises, mais aussi leurs employés. Les accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne sont importants pour maintenir la prospérité en Suisse, pour garantir de nombreux emplois. Tel était – et est encore – l’argument principal avancé en faveur d’un Oui aux Bilatérales. En vue d’une prochaine votation (probablement en 2017) nous devons à nouveau démontrer que nous sommes tous capables de gérer la libre circulation des personnes et l’immigration qui l’accompagne. De temps à autre, j’entends que d’aucuns préfèreraient renoncer à davantage de prospérité si cela permettait d’empêcher l’arrivée en Suisse de nouveaux flux d’étrangers. En l’occurrence, c’est à la politique d’apporter des réponses. Les riches ne remarquent guère l’immigration. Mais le grand public remarque le changement. Nous réclamerons de meilleures mesures d’accompagnement afin de protéger les salaires et les conditions de travail en Suisse. Nous nous y engagerons avec nos partenaires européens. Une chose est claire : ceux qui considèrent les mesures d’accompagnement comme un mal nécessaire et s’opposent à leur amélioration risquent de faire des dégâts dans la politique européenne.

Garantir la prévoyance vieillesse

La garantie de la prévoyance vieillesse, actuellement en discussion, est un autre objet extrêmement important pour Travail.Suisse. Elle revêt une grande importance pour les travailleurs et travailleuses. Nous voulons des rentes satisfaisantes, ce qui implique un financement solide. Le Conseil des Etats a délibéré sur les propositions de sa commission et les a soutenues, Le projet contient cependant de nombreuses pilules amères. Il sera nécessaire d’améliorer le projet de loi afin de le rendre acceptable. Il faut néanmoins mettre en évidence un point positif, à savoir qu’au bout de vingt ans les rentes de l’AVS connaîtront enfin une nouvelle hausse. Cette hausse ne suffira cependant pas à compenser la baisse du taux de conversion dans le deuxième pilier.

Les déclarations faites à propos de l’âge de la retraite à 67 ans montrent que la situation pourrait encore empirer. En effet, sur smartvote, plus de 80 pour cent des parlementaires du PRD et de l’UDC approuvent le relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans.

La politique climatique pour de bonnes conditions de travail

Le troisième grand thème est celui de la politique en matière de changement climatique. Ce qui peut paraître étonnant à première vue. Mais, nous l’avons de nouveau remarqué cet été, lorsqu’il fait très chaud pendant une longue période, nous sommes accablés, dans notre travail également. Le changement climatique entraîne un réchauffement continu de la planète. Si nous ne réussissons pas à prendre des mesures appropriées pour maintenir en deçà de 2° C la hausse de la température moyenne, cet échec aura des incidences négatives sur les travailleurs et travailleuses, en Suisse aussi.

Depuis longtemps, des négociations sont menées au niveau international en vue d’un accord mondial. Notre économie mondialisée a besoin de solutions globales, et tout le monde doit s’en tenir aux règles établies. Faute de quoi, ceux qui ne respectent pas ces règles profiteront de la situation aux dépens de ceux qui s’adaptent en faveur du climat. Si les pays de notre planète ne font rien, les températures continueront de grimper. Réagissons avant qu’il ne soit trop tard ! Une possibilité nous sera de nouveau offerte à la fin de cette année : grâce à la nouvelle Conférence de l’ONU sur le climat, qui se tiendra à Paris. J’espère infiniment que les Etats pourront se mettre d’accord et qu’ils prendront des mesures pour sauver notre planète. Mais les négociations devront se poursuivre après 2015. La Suisse est sollicitée, elle aussi. Les discussions ardues qui se déroulent au sein du Parlement à propos des importantes réformes qu’implique la Stratégie énergétique 2050 montrent qu’il n’est déjà guère aisé de trouver des solutions communes dans son propre pays. Et ce, bien que les mesures prévues par la Stratégie énergétique 2050 permettent de créer ou de garantir des dizaines de milliers d’emplois en Suisse.

Nous avons encore du pain sur la planche. Avec le document adopté lors de son congrès, Travail.Suisse veut aller de l’avant et réaliser son idée de travail ayant de l’avenir. De concert avec ses fédérations, Travail.Suisse souhaite atteindre le plus grand nombre possible de ces objectifs. Nous voulons nous engager avec respect et équité. Nous voulons œuvrer activement en notre qualité de voix autonome sur la scène politique nationale. Comme l’a dit Max Weber avec pertinence, agir en politique, « c’est forer des planches dures lentement et vigoureusement, à la fois avec ardeur et sens de la mesure », et cela ne nous fait pas peur. Nous poursuivrons notre forage.

Annexe Dimension

15 09 28 f Eine starke Stimme.docx 16 KB

28 septembre 2015, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Loi fédérale sur l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation (loi relative à Innosuisse)

(en allemand seulement)

Annexe Dimension

2015 08 30 VN Innosuisse.pdf 205 KB

31 août 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon