Thèmes – Travail – Marché du travail

L’économie et la politique jouent un jeu dangereux

Les représentants de la Confédération, des cantons, des employeurs et des employé-e-s se sont retrouvés aujourd’hui à l’occasion du sommet national sur le personnel qualifié suisse. Le but était de développer des mesures pour promouvoir le potentiel indigène de main d’œuvre qualifiée. Le but n’a pas été atteint, ce que Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et des travailleuses, regrette fortement. suite

Lorsque l’on parle de pénurie de main d’œuvre qualifiée et de la manière d’y donner une réponse, les investissements faits en faveur d’une meilleure conciliation de l’activité professionnelle et de la famille ainsi que pour la formation continue des travailleurs et travailleuses les plus âgé-e-s ont de loin le plus grand impact. Mais pour que les choses bougent enfin dans ces domaines, des mesures qui portent sont nécessaires. Le sommet national sur le personnel qualifié suisse de ce matin a manqué l’occasion.

L’initiative sur le personnel qualifié n’est finalement qu’un instrument de marketing

Travail.Suisse a insisté juste avant le sommet : la discussion sur l’initiative sur le personnel qualifié doit acquérir de la substance. « Malheureusement, cela ne s’est pas produit », dit Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse. « La plateforme aurait pu avoir le potentiel de trouver des solutions et des mesures pour promouvoir la conciliation et la formation continue des travailleurs et travailleuses âgé-e-s. Malheureusement, ni les représentants des employeurs ni la politique ne semblent intéressés à une solution de partenariat social. ». La promotion d’un marché du travail encore plus libéralisé et la demande de supprimer la saisie du temps de travail sont des objectifs à courte vue qui conduisent à plus de travail gratuit. Ils sont rejetés avec véhémence par Travail.Suisse.

Cette attitude comporte des risques: la commission des institutions politiques du Conseil national vient tout juste de décider que l’initiative sur le personnel qualifié devait être la première et la plus importante mesure pour mettre en œuvre l’initiative populaire sur l’immigration de masse et que les contingents demandés par l’UDC pouvaient être contournés par la mobilisation de la main d’œuvre indigène. « Pourtant si le Président de la Confédération Schneider-Ammann promeut son initiative comme jusqu’à présent – sans contenu concret – la balle part dans la mauvaise direction » ajoute Wüthrich. La bonne direction est la suivante : la protection des salaires et des conditions de travail doit être garantie, l’intégration des jeunes dans le marché du travail doit être améliorée, la participation des femmes sur le marché du travail doit être augmentée et le maintien des travailleurs et travailleuses âgé-e-s sur le marché du travail doit être assuré. Ce n’est qu’à ces conditions que l’on pourra convaincre la population de poursuivre la voie des relations bilatérales avec l’Union européenne.

Plus d‘informations :
Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, Mobile: 079 287 04 93


Déjà avant le sommet national, Travail.Suisse a demandé des mesures dans le domaine de la conciliation. En premier lieu plus d’argent, par exemple avec une allocation de prise en charge pour les proches aidants ; deuxièmement, plus d’infrastructures grâce à une loi-cadre sur les infrastructures de prise en charge, une tâche du service public ; et troisièmement, plus de temps, par exemple grâce à un congé paternité – car la conciliation ne doit pas être seulement l’affaire des femmes, mais doit être un souci partagé par les hommes et les femmes. Pour les travailleurs âgés, Travail.Suisse a demandé un crédit spécial en faveur de la formation continue, afin que leur employabilité sur le marché du travail puisse être promue et soutenue.

12 septembre 2016, Adrian Wüthrich, Président

Personnel qualifié suisse : il est temps d‘agir!

Le vieillissement de la population et la proposition „d’une priorité à la main-d’oeuvre indigène light » pour mettre en œuvre l’initiative sur l’immigration de masse soulèvent une question centrale fondamentale : comment la Suisse peut-elle mobiliser davantage les potentiels inexploités de personnel qualifié ? C’est à cette question que le Sommet national sur le personnel qualifié suisse, qui se tient le lundi 12 septembre à Berne, devrait répondre. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, ce sont les investissements faits pour une meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale et pour la formation continue des travailleuses et travailleurs plus âgés qui ont le plus fort impact. suite

L’activité de la population en Suisse est élevée. A fin 2015 a été franchi pour la première fois le cap des 5 millions d’actifs. Le taux d’activité standardisé (15+ ans) atteint désormais 69.3 pourcent. L’UE-28 a une moyenne de 57.6 pourcent et aucun pays de l’UE n’a un taux d’activité plus élevé que la Suisse. Cela signifie que si la Suisse veut augmenter significativement le potentiel de main-d’œuvre présent en Suisse, des mesures qui portent sont nécessaires.

L’initiative sur le personnel qualifié ne doit pas devenir un instrument de marketing

Une initiative contre la pénurie de personnel qualifié en tant qu’instrument de marketing ne suffit de loin pas. « Certes les rencontres au sommet sont bien dotées mais il faut qu’elles soient suivies maintenant de la substance nécessaire » indique le président de Travail.Suisse, Adrian Wüthrich. « On a maintenant assez parlé sur les potentiels et les chances, il faut maintenant des mesures concrètes et les investissements correspondants ». Rien que parmi les personnes travaillant à temps partiel, il se trouve environ 330’000 personnes sous-occupées qui aimeraient travailler plus et qui sont disponibles à court terme, avant tout des mères avec des conjoints et enfants et des mères élevant seules leurs enfants. « Environ 7 pourcent des personnes employées à temps partiel aimeraient volontiers travailler davantage », indique Wüthrich.

Une meilleure conciliation comme levier pour plus de personnel qualifié

Qu’une meilleure conciliation de la vie professionnelle et familiale joue un rôle-clé relève de l’évidence. Mais encore faut-il des mesures de la Confédération et des cantons mais aussi l’acceptation des entreprises d’organiser de manière flexible le taux d’occupation des hommes avant tout. Le financement d’encouragement proposé par le Conseil fédéral de 100 millions de francs au cours des cinq prochaines années – cela fait 20 millions de francs par an – ne suffit de loin pas pour les mesures suivantes indispensables : l’offre de structures d’accueil extra-familiales doit être davantage étendue dans le sens d’une prestation de service public et les écoles de jour à horaire continu avec un accueil pendant les vacances doivent devenir la règle.

Les travailleuses et travailleurs plus âgés peuvent et veulent travailler plus longtemps

Aussi les travailleuses et travailleurs plus âgés, ainsi que la formation de rattrapage pour les adultes sans diplôme au niveau du secondaire II, représentent d’importants potentiels de mobilisation de personnel qualifié. « Les travailleurs plus âgés veulent travailler plus longtemps mais il se pose des problèmes si une reconversion ou une formation continue plus longue sont requises. C’est pourquoi Travail.Suisse appelle le monde politique depuis longtemps à soutenir un crédit spécial substantiel pour la formation et la formation continue », indique Wüthrich. Travail.Suisse a proposé au Conseil fédéral un crédit de financement spécial suivant l’exemple de ce qui avait été fait au début des années nonante pour la promotion des places d’apprentissage (Arrêté fédéral sur les places d’apprentissage). Il n’est pas possible de financer des reconversions et des formations par le biais de l’assurance-chômage. Il faut donc combler cette lacune par un crédit spécial.

D’importants investissements pour l’avenir de la place de travail suisse

Si la politique veut mobiliser sérieusement le potentiel de personnel qualifié présent en Suisse, il faut décider de mesures qui portent et les mettre en oeuvre, l’accent devant être mis sur la conciliation et sur les qualifications des travailleuses et travailleurs plus âgés. Il est clair que cela aura un coût. Mais n’oublions pas qu’investir dans la conciliation de la vie professionnelle et familiale et les qualifications des travailleuses et travailleurs sont des investissements pour le futur de la Suisse et permettent par l’action politique de diminuer l’immigration. Il revient aux cantons et aux partenaires sociaux d’agir. Soit, ils font de l’initiative contre la pénurie de personnel qualifié un paquet de mesures qui agissent ou alors ils la laissent n’être qu’un pur instrument de marketing.

Plus d‘informations :
• Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079/287’04’93
• Jacques-André Maire, conseiller national et vice-président de Travail.Suisse, 078/709’48’50
• Valérie Borioli Sandoz, responsable du dossier politique de l’égalité à Travail.Suisse, 079/598’06’37

08 septembre 2016, Adrian Wüthrich, Président

Développer sérieusement le potentiel de main d’oeuvre indigène

08 septembre 2016, Adrian Wüthrich, Président

La proposition de solution de la CIP-N peut être suivie

La Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) présente une variante de mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse qui ne remet pas en cause les accords bilatéraux avec l’UE. Elle a ainsi montré la voie à suivre et rejeté à juste titre la proposition d’une clause de sauvegarde unilatérale du Conseil fédéral. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, la solution proposée est praticable. Dans le cadre de l’initiative sur la pénurie de personnel qualifié qui veut mobiliser le potentiel de main-d’œuvre indigène, il faut avoir des mesures qui accrochent. Ce n’est qu’en protégeant adéquatement le marché du travail que l’on pourra gagner une nouvelle votation populaire. suite

Travail.Suisse considère que les décisions de la CIP-N sont appropriées pour la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse. Il faut rejeter les solutions qui mettent en danger les accords bilatéraux. La commission du Parlement exprime clairement que seule une solution « light » est possible si l’on ne veut pas mettre en danger les accords bilatéraux. Seule une solution consensuelle avec l’UE permettra de maintenir les accords bilatéraux et donc la sécurité juridique. Une interruption latente de l’accord sur la libre circulation des personnes avec des effets incertains sur les accords bilatéraux ne serait pas digne de l’Etat de droit suisse.

Retour au premier plan de l’initiative sur la pénurie de personnel qualifié

En privilégiant la priorité à la main-d’œuvre déjà présente en Suisse (main-d’œuvre indigène), l’initiative sur la pénurie de personnel qualifié de la Confédération, des cantons et des partenaires sociaux revient sur le devant de la scène. Mais si l’on veut mobiliser davantage de main-d’œuvre dans ce cadre, il faut des mesures qui accrochent, les mesures placebo ne suffisant pas. Le plus grand potentiel passe par des mesures pour améliorer la conciliation de la vie familiale et professionnelle et par des mesures de qualification. Travail.Suisse demande au Conseil fédéral et au Parlement l’extension des structures d’accueil extra-familiales et un crédit spécial pour la formation continue des travailleuses et travailleurs plus âgés et pour la formation de rattrapage des adultes.

La protection des salaires et des conditions de travail est déterminante

Tout aussi importantes sont les mesures pour lutter contre les abus et les problèmes sur le marché du travail. Elles garantiront la protection des salaires et des conditions de travail des travailleurs et travailleuses. Une optimisation des mesures d’accompagnement est en cours mais cela représente le minimum requis. En cas de nouvelle votation sur les accords bilatéraux, Travail.Suisse estime qu’une protection des salaires et des conditions de travail en lien avec les accords bilatéraux sera déterminante.

Pour d’autres renseignements :
Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, Tél. 031 370 21 11, portable : 079 287 04 93

05 septembre 2016, Adrian Wüthrich, Président

La pression salariale est bien réelle. Les mesures d’accompagnement doivent être plus fortes

Le Seco a publié aujourd’hui le 12ème rapport de l’observatoire sur la libre circulation des personnes. Il en souligne les effets positifs sur le développement économique et la stabilisation des œuvres sociales et les effets négatifs sur le marché du travail. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, la protection des salaires et des conditions de travail est fondamentale si l’on veut maintenir aussi à l’avenir la libre circulation des personnes. suite

Le 12ème rapport de l’observatoire du Seco dresse une image positive de la libre-circulation des personnes. La migration s’est produite principalement sur le marché du travail, a apporté une croissance économique positive et a aussi par l’immigration de travailleurs plus jeunes et bien qualifiés stabilisé les assurances sociales. Mais les problèmes sur le marché du travail deviennent aussi plus visibles. Ainsi, les différences salariales entre les nouveaux immigrés et les travailleurs résidents se sont accrues ces dernières années. « Comme ces différences ne s’expliquent pas par des facteurs salariaux pertinents (comme la formation, l’appartenance à une branche ou à une profession), cela signale une pression salariale croissante », indique Gabriel Fischer, responsable de la politique économique à Travail.Suisse. Avec les mesures d’accompagnement, il faut veiller que l’on verse en Suisse vraiment des salaires suisses et que l’on respecte les conditions de travail. Pour être sûr que ce but soit atteint, il faut appliquer de manière rigoureuse les instruments à disposition et aussi les améliorer.

La libre circulation des personnes doit être utile pour tout le monde

La protection des salaires et des conditions de travail sera centrale pour regagner la confiance de la population dans les accords bilatéraux. Venir à bout du grand défi politique de la mise en œuvre de l’Art. 121 a de la Constitution fédérale requiert que la libre circulation des personnes profite à tous. « Il faut garantir la protection des salaires et des conditions de travail, améliorer l’intégration des jeunes au marché du travail, relever la participation au marché du travail des femmes et assurer le maintien des travailleurs plus âgés sur le marché du travail. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra continuer à convaincre la population des avantages de la libre circulation des personnes » ajoute encore Fischer.

Pour d’autres informations :

Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique, 076 412 30 53

05 juillet 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

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