Thèmes – Travail – Marché du travail

Vente 24H/24 dans les shops :
Stoppons cet engrenage dans l’œuf !

M. Schneider-Ammann présente la réglementation des magasins de stations-service, soumis au vote le 22 septembre prochain, comme anodine et sans conséquence. Il suffit pourtant de voir la rafale d’interventions parlementaires qui attendent d’être traitées pour être au clair sur les véritables objectifs de la droite : elle pratique la politique du salami pour atteindre son but ultime, la libéralisation complète des heures d’ouverture des magasins. suite

L’initiative Lüscher sur laquelle nous sommes appelés à nous prononcer le 22 septembre n’avait pas fini son parcours dans les deux chambres, que déjà deux nouvelles interventions parlementaires étaient déposées :

Le Conseiller aux Etats PDC Filippo Lombardi signait une motion acceptée par la majorité de droite, pour uniformiser l’ouverture des magasins de 6h à 20h la semaine et de 6h à 19h le samedi.

Pour ne pas être en reste, le sénateur PLR tessinois Fabio Abate demande par motion d’étendre la définition de zones touristiques, ce qui signifie possibilité d’ouverture le dimanche : gageons que dans leur tête, toute la Suisse est touristique, les vallées, les montagnes, les villes !

Les Verts libéraux, ne voulant pas être en reste, souhaitent, par une motion déposée en 2012 et pas encore débattue au Conseil national, supprimer l’interdiction de travailler la nuit et le dimanche pour tous les commerces et toutes les entreprises de service d’une superficie jusqu’à 120 m2 .Des tentatives du même style sont intervenues à 15 reprises dans les cantons depuis 2006, rejetées dans 90% des cas en votation populaire (13cas sur 15).

Calendrier limpide

Prétendre que cette votation est anodine et ne fait que régler une anomalie mineure dans la vente de certains produits pendant les heures nocturnes est une analyse pour le moins légère de la situation : c’est vouloir consciemment oublier l’arrogance de la droite et son calendrier limpide. Elle souhaite une marche forcée et rapide vers une libéralisation des heures de tous les magasins, synonyme de dérégulation des conditions de travail. Plus vite nous stopperons cette marche infernale vers un libéralisme pur et dur, qui a fait déjà assez de dégâts dans d’autres secteurs de l’économie, mieux ce sera !

Nous ne voulons pas nous laisser entraîner vers un monde où seule la consommation débridée est la règle, alors que les salariés voient leurs conditions de travail se détériorer, la flexibilisation poussée à l’extrême, et leurs salaires stagner. A qui tout cela profite-t-il au final ? Pas aux travailleurs et travailleuses ni à la majorité de la population, qui souhaitent les uns et les autres pouvoir vivre harmonieusement leur activité professionnelle, la vie de famille et les loisirs.

Stoppons cette dérive et cassons cet engrenage dans l’œuf par un NON sec et sonnant le 22 septembre!

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09 septembre 2013, Josiane Aubert, Vice-présidente Travail.Suisse Drucker-icon

Que peut faire la politique de la formation en faveur
des travailleurs et travailleuses d’un certain âge?

En Suisse, les travailleurs et travailleuses âgés font désormais la une des médias. À juste titre. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, estime absolument indispensable que la politique de la formation notamment ne néglige pas plus longtemps ce groupe cible, et qu’elle le mette au contraire au cœur de ses projets de formation. suite

En premier lieu, les travailleurs et travailleuses âgés sont plutôt moins touchés par le chômage que les autres travailleurs. Par contre, s’ils deviennent chômeurs, ils ont alors plus de difficultés à renouer avec le marché du travail, comme le reflètent les statistiques relatives au chômage de longue durée, où ils sont représentés de manière surproportionnelle, avec un taux de 40,6% (juillet 2013). Connaître le chômage après 50 ans signifie donc se préparer à de nombreux refus et à une longue période de recherche. Il est dès lors compréhensible que cela entraîne des frustrations et une « peur de l’avenir » chez les personnes concernées et leurs familles. Il est d’autant plus nécessaire que la politique, et précisément celle de la formation, s’attaque à cette thématique.

Une première réaction positive de la Confédération

Jusqu’ici, les travailleurs et travailleuses âgés n’ont guère figuré dans la législation sur la formation ; ils ne sont mentionnés ni dans la loi sur la formation professionnelle, ni dans la loi sur la formation continue, actuellement en discussion au Parlement. La législation ne faisant pas apparaître ces « travailleurs et travailleuses âgés » en qualité de groupe cible spécial de la formation et de la formation continue, il n’existe, par conséquent, pas de projets de formation qui leur soient consacrés.

Aussi est-il réjouissant que le Conseil fédéral soit prêt à accepter un postulat portant sur le thème de « la formation et la formation continue des travailleurs et travailleuses âgés ». Le Conseil fédéral est chargé « de déterminer les mesures qu’il importe de mettre en œuvre en matière de formation afin de limiter au possible les risques de déqualification des travailleurs et travailleuses âgés; ces mesures devront s’inscrire dans une politique de formation continue qui réponde aux besoins des travailleurs âgés » 1. Si le Parlement soutient également ce postulat, un premier pas important sera ainsi franchi en direction de projets de formation utiles aussi bien aux travailleurs et travailleuses âgés qu’à l’économie, qui aura de plus en plus besoin de travailleurs et travailleuses âgés très qualifiés, compte tenu de la pénurie prévisible de main-d’œuvre spécialisée.

Des modèles de bonnes pratiques

La crise des places d’apprentissage a permis à la politique de la formation de se rendre compte qu’il était possible de résoudre la plupart des problèmes par le biais de projets régionaux diversifiés et spécifiques à chaque branche et par l’échange de modèles de bonnes pratiques. Une telle approche doit être étudiée également dans la sphère des « travailleurs d’un certain âge ». Toutefois, elle exige impérativement une base légale minimale, sans laquelle la Confédération ne peut lancer des projets.

Une nouvelle norme dans la loi sur la formation professionnelle

La loi sur la formation professionnelle prévoit, à l’article 55, la possibilité de soutenir, dans des domaines spécifiques, des projets de formation d’intérêt public. Actuellement, des projets de formation destinés au groupe cible « travailleurs et travailleuses âgés » n’en font pas encore partie. Mais si des projets doivent être lancés dans ce domaine, il conviendra de modifier la loi, en prévoyant, par exemple, un amendement de l’article 32 de la LFPr:

Art. 32 Mesures de la Confédération
1 La Confédération encourage la formation continue à des fins professionnelles.
2 Elle soutient notamment l’offre visant:
a. à permettre aux personnes dont la profession connaît des modifications structurelles de se maintenir dans la vie active;
b. à faciliter la réinsertion professionnelle des personnes ayant temporairement réduit leur activité professionnelle ou l’ayant interrompue;
c. (nouveau) à maintenir et à améliorer, par des mesures appropriées, la capacité des travailleurs âgés sur le marché du travail.

Un tel amendement de la loi permettrait de réagir judicieusement au nouveau défi que posent les « travailleurs et travailleuses âgés ».

1 Martin Candinas – Postulat 13.3639 http://www.parlament.ch/d/suche/seiten/geschaefte.aspx?gesch_id=20133639

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09 septembre 2013, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

Libre circulation des personnes avec la Croatie:
il est nécessaire de prendre de nouvelles mesures sur le marché du travail

Les négociations portant sur l’extension à la Croatie de l’Accord sur la libre circulation des personnes ont abouti. La Suisse et l’Union européenne se sont mises d’accord sur une approche comparable aux solutions adoptées jusqu’ici pour l’extension à d’autres pays. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, considère donc que le mandat de négociations a été rempli. Toutefois, elle demande parallèlement que des mesures de politique intérieure soient prises en vue d’améliorer la protection des salaires et des conditions de travail. Seules des mesures d’accompagnement efficaces permettront à la population d’être convaincue du bien-fondé de la libre circulation des personnes et donc d’assurer la poursuite de la voie bilatérale avec l’UE. suite

L’approche adoptée pour élargir la libre circulation des personnes à la Croatie correspond dans une large mesure à celle qui avait été choisie pour les extensions, opérées jusqu’ici, aux huit Etats de l’Europe de l’Est, ainsi qu’à la Bulgarie et à la Roumanie. Au bout d’un délai transitoire de sept ans, la possibilité de recourir à la clause de sauvegarde existe encore pendant trois ans. En outre, l’admission de travailleurs croates dans des branches sensibles (construction, horticulture, nettoyage industriel, services de surveillance et de sécurité) restera assujettie à autorisation. On devrait pouvoir améliorer l’application de la clause de sauvegarde en rendant impossible le passage d’une catégorie d’autorisation (de séjour) à l’autre. Désormais, lorsque les conditions quantitatives d’une catégorie d’autorisation sont remplies, la clause de sauvegarde pourra être également appliquée à l’autre catégorie d’autorisation.

Ne pas occulter les conséquences négatives

Aux yeux de Travail.Suisse, les Accords bilatéraux conclus avec l’UE sont de la plus haute importance pour la Suisse. Près de 60% des exportations helvétiques et près de 80% des importations sont effectués avec l’espace européen. Cela signifie qu’un emploi sur trois est tributaire des relations économiques de la Suisse avec l’UE – une situation qui exige des relations réglementées. Toutefois, l’ouverture du marché du travail par le biais de la libre circulation des personnes impose de fortes contraintes politiques en matière de protection des salaires et des conditions de travail. Les mesures d’accompagnement constituent un solide instrument pour lutter contre les abus sur le marché du travail. Néanmoins, il faut constamment contrôler cet instrument et son application. Actuellement, la libre circulation des personnes entraîne certaines conséquences négatives, notamment dans les régions frontalières. Les travailleurs d’un certain âge et les jeunes qui se lancent sur le marché du travail y rencontrent des difficultés. Par ailleurs, la pression sur les salaires et les conditions de travail reste élevée, et la population réagit de plus en plus aux infractions commises régulièrement contre les mesures d’accompagnement et aux incidences négatives, dues à l’immigration, sur les infrastructures et le marché du logement.

Le maintien de la libre circulation des personnes nécessite une adaptation des mesures d’accompagnement

Afin de garantir que la population adhère à la libre circulation des personnes, la politique à adopter doit être orientée vers les exigences requises par un accroissement démographique ; elle doit prendre au sérieux les craintes et les besoins de la population, et empêcher les conséquences négatives de l’immigration pour les travailleurs. Et pour maintenir l’adhésion de la population à la libre circulation des personnes, il convient de répartir équitablement les fruits de la croissance et d’adapter comme suit les mesures d’accompagnement visant à améliorer la protection des salaires et les conditions de travail:

• Des salaires minimaux dans les branches où les salaires sont bas: en Suisse, il est nécessaire de fixer des salaires minimaux spécifiques à chaque branche, au niveau régional ou couvrant l’ensemble du territoire national, afin de pouvoir agir efficacement contre le dumping salarial. Les mesures d’accompagnement en vigueur actuellement pâtissent souvent du fait qu’il n’existe pas de salaire minimal et qu’il est donc difficile de résoudre la question des abus en matière de dumping salarial.

• Conventions collectives de travail et contrats-types de travail: il convient d’encourager les procédures d’extension facilitée des conventions collectives de travail ou la publication de contrats-types de travail. C’est le seul et unique moyen de lutter efficacement et préventivement contre le dumping salarial.

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09 septembre 2013, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Extension de la libre circulation des personnes à la Croatie: un renforcement des mesures d’accompagnement est nécessaire

Le Conseil fédéral a présenté aujourd’hui le résultat des négociations entre la Suisse et l’Union européenne en rapport avec l’extension de l’accord de libre circulation des personnes à la Croatie. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, il est clair que la protection des salaires et des conditions de travail doit être améliorée en Suisse. Seules des mesures d’accompagnement qui fonctionnent permettent d’atténuer la pression sur les conditions de travail et les salaires et de persuader la population, à l’avenir aussi, du bien-fondé de la libre circulation des personnes et de la voie bilatérale avec l’UE. suite

La procédure relative à l’extension de l’accord de libre circulation des personnes à la Croatie correspond pour l’essentiel à la procédure relative aux extensions qui ont eu lieu jusqu’à présent à 8 Etats d’Europe de l’Est ainsi qu’à la Bulgarie et la Roumanie. Après une période transitoire de 7 ans, il sera possible durant trois années supplémentaires d’invoquer une clause de sauvegarde. L’admission de travailleurs et travailleuses croates dans les branches sensibles, reste en outre soumise au régime de l’autorisation obligatoire.

Pression accrue sur les conditions de travail et les salaires

Les mesures d’accompagnement contribuent grandement à protéger les conditions de travail et les salaires en Suisse. Malgré cela, dans les régions proches de la frontière, en particulier les jeunes en quête d’un premier emploi et les travailleurs et travailleuses d’un certain âge se heurtent à des difficultés sur le marché de l’emploi. La pression sur les conditions de travail et les salaires reste forte et la population est de plus en plus sensible aux violations des mesures d’accompagnement.

Une politique claire est demandée

Il est nécessaire d’appliquer une politique axée sur les exigences d’une population qui s’agrandit, une politique qui prenne au sérieux les craintes et besoins de la population et qui empêche que l’immigration ait des retombées négatives pour les travailleurs et travailleuses.

Travail.Suisse est favorable à la poursuite de la voie bilatérale et de la libre circulation des personnes, mais pense qu’il faut agir dans le domaine des mesures d’accompagnement à des fins de protection des conditions de travail et des salaires :

• Des salaires minimaux applicables globalement à certaines branches ou à des régions sont indispensables dans les secteurs à bas salaires.

• C’est par des conventions collectives de travail ou des contrats-types de travail que les conditions de travail et les salaires peuvent être réellement protégés. La déclaration de force obligatoire des CCT et la promulgation de contrats-types de travail doivent être facilitées.

• Le nombre des contrôles doit être adapté à l’immigration croissante ; ceci est valable en particulier pour les régions frontalières où l’immigration est importante.

La croissance économique stimulée par la libre circulation des personnes doit être bénéfique à l’ensemble de la population. Il faut en parallèle que la protection des salaires suisses et des conditions de travail soit maintenue – ce n’est que de cette manière qu’il sera possible d’empêcher que la poursuite de la libre circulation des personnes et l’extension à la Croatie ne deviennent un parcours du combattant.

Pour de plus amples informations :
Gabriel Fischer, responsable de la politique économique, Travail.Suisse, tél. 031/370.21.11 ou 076/412.30.53

28 août 2013, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

L’état d’urgence en matière de main-d’œuvre constitue un défi démographique central

Le défi le plus important posé par la démographie en Suisse est celui de la pénurie de main-d’œuvre. Au cours des vingt prochaines années, les jeunes qui arriveront sur le marché du travail seront beaucoup moins nombreux que les personnes d’un certain âge qui prendront leur retraite. suite

Les aspects de la vie les plus divers sont concernés par le problème de la pénurie de main-d’oeuvre. Les besoins de notre société vont croissants – en partie à cause de la démographie – en matière de santé et de formation, d’encadrement de petits enfants et de personnes très âgées, de transports publics, de sécurité, etc. Parallèlement, la pénurie déjà existante de main-d’œuvre s’accentue du fait de l’évolution vers une société de services high-tech dans des domaines spécialisés tels que les sciences et les nouvelles technologies.

Politiquement, la voie consistant à miser uniquement sur davantage de migration pour surmonter l’état d’urgence en matière de main-d’œuvre, n’est pas valable. Il est donc essentiel que nous prenions soin des travailleurs que nous avons. Or, nous en sommes bien loin actuellement. Ainsi nous « permettons-nous » un taux d’abandon considérable des travailleurs d’un certain âge: un tiers des personnes âgées de 63 ans n’exerce plus d’activité professionnelle pour des raisons de santé. Et certes, les femmes gardent aujourd’hui une activité rémunérée tout en élevant leurs enfants, mais souvent avec un taux d’occupation très bas.

Ce sont en premier lieu les entreprises qui sont sollicitées pour exploiter ce potentiel inemployé. Elles doivent se mobiliser en réduisant la charge permanente sur le lieu de travail, en versant des salaires décents et en offrant des conditions de travail adaptées à l’âge permettant de préserver la santé et de maintenir plus longtemps une capacité de rendement, tout en veillant parallèlement à fixer des horaires de travail adaptés à la vie de famille, à offrir davantage de postes à temps partiel à tous les niveaux hiérarchiques en vue de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale.

La route est encore longue vers un marché du travail bien adapté à la démographie lorsque des études montrent que les employeurs préfèrent recruter à l’étranger plutôt que d’embaucher des travailleurs d’un certain âge ou que les médias rapportent que les licenciements de travailleurs âgés sont en augmentation.

La politique doit réagir, elle aussi. La disponibilité, sur l’ensemble du territoire, d’institutions d’encadrement destinées aux enfants, le soutien apporté à l’encadrement de personnes âgées, la promotion de formations de rattrapage destinées à des personnes sans certificat professionnel, ainsi que la formation continue de tous les travailleurs et travailleuses, toutes ces exigences font partie des nouvelles conditions-cadre indispensables pour maintenir la prospérité de la Suisse.

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26 août 2013, Martin Flügel, Président Drucker-icon