Thèmes – Travail

Les augmentations salariales sont possibles
même avec un franc fort

La décision de la Banque nationale suisse, prise au début de l’année, de supprimer le cours plancher et la réévaluation du franc par rapport à l’euro qui a suivi pénalisent l’économie suisse. Même si différentes entreprises ou branches souffrent fortement du taux de change modifié, une large crise de l’économie suisse n’est pas à craindre. Des augmentations salariales moderées pour la plupart des travailleurs et travailleuses sont donc tout à fait possibles, même dans un environnement avec un franc surévalué. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, réclame que les gels de salaires restent une exception pour les revendications salariales 2016 et que des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5 % soient accordées à la plupart des travailleurs et travailleuses. suite

La suppression du cours plancher a réévalué de manière brutale le franc par rapport à l’euro, ce qui a clairement pénalisé l’exportation ainsi que le tourisme. Il faut cependant disposer d’une vue d’ensemble pour procéder à une évaluation concrète. Même si les termes utilisés mentionnent souvent la force du franc, il s’agit en premier lieu de la faiblesse de l’euro. Par exemple, on voit que le franc n’est pas plus évalué aujourd’hui par rapport au dollar américain ou à la livre sterling qu’il y a un an. 1

Un franc fort pénalise les exportations, mais favorise en même temps les importations. Les entreprises peuvent acheter moins cher des matériaux et des intrants dans la zone euro et également les prix du pétrole et des autres matières premières sont très bas d’un point de vue historique. Qui plus est, les différentes branches sont confrontées aux différentes sensibilités de prix de leurs clients. Traditionnellement, par exemple, la branche de l’industrie chimique et des produits pharmaceutiques est moins sensible aux fluctuations des taux de change et l’industrie horlogère s’attend, elle aussi malgré un franc surévalué, à un développement stable des exportations à un haut niveau 2 pour 2015.

La surévaluation du franc constitue sans aucun doute un grand défi que l’économie suisse doit relever, mais l’impact concret sur les différentes entreprises ou branches ne peut être évalué que de manière différenciée. Pour l’ensemble de l’économie, les perspectives restent stables dans l’ensemble et une crise élargie n’est pas à craindre. Le groupe d’experts de la Confédération part du principe que, sans une récession profonde, l’économie suisse est capable de s’adapter à la nouvelle évolution du taux de change. 3

L’économie suisse évolue dans un environnement difficile mais avec des perspectives stables

Malgré un léger recul du produit intérieur brut au premier trimestre 2015 de 0.2%, le Secrétariat d’État à l’économie, SECO 4 , prévoit une croissance économique de 0.8% pour toute l’année et ses pronostics pour 2016 envisagent une augmentation de la performance économique de 1.6 %. Le baromètre conjoncturel du Centre de recherches conjoncturelles (CRC) de l’EPF Zurich a progressé, le mois dernier, pour retrouver sa valeur moyenne à long terme. Le CRC conclut « que le choc de la surévaluation du franc perd lentement en intensité » et « que l’économie suisse espère pouvoir résorber le premier choc de surévaluation du franc au cours des prochains mois ». 5

Le marché intérieur reste un pilier important de notre économie

Alors que l’exportation doit se battre avec les conséquences du franc fort, le marché intérieur reste très solide. Comme les années précédentes, la consommation des ménages s’avère être un pilier porteur de la conjoncture suisse. La consommation privée devrait rester très importante également dans un futur proche. Le Centre de recherche conjoncturelle de l’EPF Zurich (CRC) 6 évalue une augmentation de la consommation privée à 1.9% pour 2015. La consommation privée joue donc aussi un rôle important en tant que pilier de la conjoncture suisse, durant la période d’adaptation à la nouvelle évolution du taux de change.

Les premiers signaux d’alarme sur le marché de l’emploi

Le marché de l’emploi n’a pas encore complètement subi les conséquences de la surévaluation du franc. Une légère augmentation des personnes inscrites au chômage a, certes, été constatée depuis le mois de février et le chômage partiel augmente de nouveau, mais dans l’ensemble l’étendue des conséquences négatives est encore modeste. Cependant les perspectives pour le deuxième semestre 2015 et pour l’année 2016 se sont clairement détériorées. Ainsi, les indicateurs du développement futur sur le marché du travail sont clairement négatifs et le SECO mise sur une augmentation du taux de chômage qui atteindra 3.3% dans l’année en cours et 3.6% en 2016. 7

Pour Travail.Suisse, la sauvegarde des emplois est la première priorité. Il ne s’agit pas seulement d’éviter du chômage à court terme, mais aussi de maintenir l’emploi en Suisse, à moyen terme. En plus des interventions de la banque nationale pour affaiblis le franc il faut un engagement clair de l’économie en faveur de la Suisse comme site de production, un accord entre partenaires sociaux en cas de situations extrêmes et un soutien politique, comme par ex. un accès simple au dédommagement du chômage partiel ainsi que son extension éventuelle.

Des augmentations salariales différenciées d’un montant modeste sont possibles

La surévaluation du franc pénalise l’économie suisse, mais toutes les branches ou les exploitations ne sont pas touchées de la même manière. Il faut donc aborder l’automne salarial avec une approche différenciée. Pour les entreprises dont l’existence est menacée par la problématique du taux de change, des solutions basées sur un partenariat social sont proposées pour protéger les emplois. Dans la mesure où les problèmes sont exposés de manière transparente et qu’une symétrie des sacrifices équilibrés ne met pas seulement les travailleurs et travailleuses à contribution, des mesures à durée déterminée ayant pour but la sauvegarde des emplois sont envisageables. Dans ces situations d’exception, il est possible de renoncer à une augmentation salariale pour contribuer de manière supplémentaire à la sauvegarde des emplois. Dans le même temps, Travail.Suisse et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel&Gastro Union exigent que les gels de salaire restent exceptionnelles et que la majorité des travailleurs et travailleuses puissent profiter d’augmentations salariales équitables. Comme à l’accoutumée, les fédérations de Travail.Suisse ont une approche différenciée et tiennent compte des situations spécifiques de chacune des branches et des entreprises. Il devrait être possible d’octroyer à la majorité des travailleurs et travailleuses des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5%.

Evolution modeste des salaires nominaux au cours des dernières années – redistribution unilatérale

L’augmentation des salaires a été très modérée depuis 2010, malgré un rétablissement économique rapide après la crise économique et financière mondiale à partir de 2007. La tradition en Suisse voulant que les augmentations de salaire soient modérées durant la période de croissance économique favorable et qu’en contre-partie, les augmentations de salaire soient octroyées également dans des périodes économiquement plus tendues a été clairement pratiquée. Les travailleurs et travailleuses ont contribué, avec un développement modéré de leurs salaires et un grand engagement lié à une grande flexibilité, au bon maintien de la Suisse durant les années de crise mondiale. Il est d’autant plus important qu’aujourd’hui la volonté d’engagement et la performance des travailleurs et travailleuses soient récompensées. Dans un avenir proche, c’est notamment la consommation privée qui reste un pilier important de la conjoncture suisse. Il est donc important que les négociations salariales 2016 renforcent le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses et soutiennent la consommation privée.

Les études faites par Travail.Suisse sur les salaires de managers montrent que l’écart salarial, l’écart entre le salaire le plus élevé et le plus bas dans une même entreprise, s’est encore creusé au cours des dernières années. Alors que les étages supérieurs ont multiplié leurs parts du gâteau, les travailleurs et travailleuses n’ont eu que quelques augmentations minimes, en guise de miettes. Si la croissance obtenue profite en premier lieu aux chefs et aux actionnaires, cela conduit à une répartition inégale des revenus. A côté d’une solution politique au problème des salaires abusifs des managers, il faut obligatoirement avoir des augmentations de salaire conséquentes et continues pour ne pas mettre en danger la cohésion sociale de la société.

Focalisation sur les salaires minimum et les salaires des femmes

Du point de vue de Travail.Suisse, cet automne salarial doit notamment voir augmenter les salaires minimum. Les employeurs doivent prouver leur volonté d’améliorations ciblées dans les négociations salariales pour les travailleurs et travailleuses aux plus bas revenus, comme cela est toujours annoncé. La surévaluation du franc entraîne en 2015 également un recul du renchérissement. Selon les pronostics du SECO 8, les prix baisseront en 2015 de 1% et le retour du renchérissement sera reporté à 2016. L’occasion se présente donc de permettre, avec un relèvement des salaires minimum, une croissance sensible des salaires réels pour les revenus les plus bas, ce qui, en tant qu’augmentation directe du pouvoir d’achat, profitera directement à l’économie. Pour Travail.Suisse, il est clair que lors de l’automne salarial de cette année, il faudra mettre l’accent en particulier sur des accords, respectivement des augmentations en fonction des lieux et des branches où les salaires minimum sont habituellement les plus bas.

Il en va de même pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes. Le dialogue sur l’égalité des salaires effectué sur une base volontaire a échoué sans résultat. Désormais, c’est aux employeurs de prouver que l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes ne reste pas uniquement lettre morte dans la Constitution, mais qu’elle est activement poursuivie. Travail.Suisse réclame donc, lors des négociations salariales de cet automne, la focalisation concertée des partenaires sociaux sur l’amélioration des salaires des femmes. Dans le même temps, le Conseil fédéral est prié de présenter enfin les mesures efficaces, promises depuis longtemps, pour lutter contre l’inégalité salariale entre hommes et femmes.

1 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015; p.12ss.

2 Cf. Fédération de l’industrie horlogère suisse FH, Communiqué de presse du 21.7.2015

3 Cf. SECO Communiqué de presse du 16.6.2015

4 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015

5 Cf. CRC Communiqué de presse du 30.07.2015

6 CRC Pronostics pour l’été 2015

7 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015

8 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015, p.12ss.

17 août 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Il est possible d’augmenter les salaires malgré un franc surévalué

La décision de la Banque nationale de supprimer le cours plancher au début de l’année et la forte surévaluation du franc pénalisent l’environnement économique de la Suisse. Dans les entreprises dont l’existence est menacée par le cours du franc, la protection des emplois est au premier plan. Les derniers chiffres montrent cependant que dans de nombreuses branches, les augmentations salariales sont tout à fait possibles, qu’une large crise économique n’est pas à craindre et que le produit intérieur brut affiche même une croissance modérée pour 2015. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses et les fédérations affiliées, Syna, transfair et Hotel&Gastro Union réclament, pour cette raison, que le gel des salaires reste une exception durant l’automne salarial et que la plupart des travailleurs et travailleuses se voient accorder des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5%. suite

Le franc surévalué met les entreprises face à de grands défis. C’est en particulier le tourisme et les entreprises de l’industrie à l’exportation qui sont touchées par les difficultés. Pour les entreprises concernées dont l’existence est menacée, des solutions de partenariat social sont proposées pour protéger les emplois. Dans ces situations d’exception, il est possible de renoncer à une augmentation salariale comme contribution supplémentaire à la protection des emplois.

Une large crise économique n’est cependant pas à craindre et le SECO prévoit même pour 2015 une croissance économique de 0.8% et de 1.6% pour 2016. Des augmentations salariales sont donc tout à fait possibles malgré une année 2015 exigeante.

Des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5% pour la plupart des travailleurs et travailleuses

Depuis 2010, les augmentations salariales ont été très modérées malgré un développement économique favorable. Il est d’autant plus important qu’aujourd’hui, dans une période économiquement plus difficile, des augmentations salariales soient accordées de manière continue. Cela correspond à la tradition en Suisse : Des augmentations modérées dans les années prospères mais ininterrompues dans les périodes difficiles.

Les études sur les salaires des managers effectuées par Travail.Suisse montrent que l’écart entre les salaires a fortement augmenté au cours des années précédentes. Alors que les étages supérieurs ont multiplié leurs parts du gâteau, les travailleurs et travailleuses n’ont eu que quelques augmentations minimes, en guise de miettes. Seules des augmentations salariales régulières pour tous les travailleurs et travailleuses garantissent une répartition équitable de la richesse et soutiennent la cohésion sociale dans la société.

La surévaluation du franc entraîne aussi un recul du renchérissement, en 2015. Pour Travail.Suisse, cela offre la possibilité, avec l’augmentation des salaires minima, d’effectuer une augmentation réelle et sensible des revenus les plus bas. Seule une croissance réelle des salaires profite à l’économie par l’augmentation du pouvoir d’achat et renforce la conjoncture dans son ensemble au moyen d’un renforcement de la consommation privée. A côté de cela, il faut aussi mettre l’augmentation des salaires des femmes au centre de nos préoccupations. Le dialogue sur l’égalité des salaires effectué sur une base volontaire a échoué sans résultat. Il faut désormais prouver que l’égalité des salaires entre hommes et femmes ne reste pas uniquement lettre morte dans la Constitution, mais qu’elle sera poursuivie activement durant l’automne salarial 2015. Dans le même temps, le Conseil fédéral est prié de présenter enfin les mesures plus efficaces, promises depuis longtemps, pour lutter contre l’inégalité salariale.

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et les fédérations affiliées, Syna, transfair et Hotel&Gastro Union réclament pour cette raison que le gel des salaires reste une exception durant l’automne salarial et que la plupart des travailleurs et travailleuses se voient accorder des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5%.

Plus d’informations:
• Gabriel Fischer, Responsable de la politique économique Travail.Suisse, Tél. 076 412 30 53
• Arno Kerst, Président de Syna, Tél. 079 598 67 70
• Eric Dubuis, Membre de la direction et secrétaire romand d’Hotel & Gastro Union, Tél. 079 290 76 26
• Stefan Müller-Altermatt, Conseiller national et président du syndicat transfair, Tél. 076 332 15 26

11 août 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Résultats des négociations salariales 2015 : Les travailleurs ne peuvent pas profiter d’une conjoncture économique favorable

La situation économique aussi bien que les perspectives se présentent de manière tout à fait positive pour 2015. Pourtant les travailleurs n’en profitent pas ou presque pas : Les résultats des négociations salariales pour l’année à venir varient de zéro à des augmentations se trouvant dans une fourchette de 1.8% au maximum. La plupart des augmentations salariales se situent en moyenne en dessous de 1%. Pour Travail.Suisse, l’association faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, c’est insuffisant. suite

L’économie suisse s’est très bien comportée aux cours de ces dernières années. C’est surtout le marché intérieur qui s’est avéré dynamique, la situation à l’exportation étant plus morose mais cependant solide. Le Secrétariat d’Etat à l’économie SECO présente à nouveau des perspectives de croissance réjouissantes pour la Suisse. Le PIB doit augmenter de 1.8%, d’ici à la fin 2014, et même de 2.4% en 2015. De même pour la zone euro, la croissance économique prévue est de 1.2%.

Augmentations salariales insuffisantes

L’organisation faîtière Travail.Suisse et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel&Gastro Union ont annoncé les négociations salariales 2015 en août 2014, alors que la situation économique se présentait de manière solide et les perspectives positives. Les salaires, quant à eux, n’arrivent pas à suivre cette progression. L’augmentation moyenne prévue en 2015 pour les travailleurs se situera entre zéro et 1.8%, mais les salaires augmenteront en moyenne de moins de 1% et les augmentations se situant au dessus de 1% n’ont pu être obtenues que pour quelques cas rares.

Le partenariat social en difficulté

Les négociations salariales 2015 se sont déroulées d’une manière extrêmement laborieuse. Malgré des perspectives économiques positives, beaucoup d’entreprises ont clairement voulu freiner la progression salariale. Dans l’ensemble, les résultats obtenus sont insuffisants. « Les salaires stagnent dans beaucoup de domaines malgré des perspectives économiques positives », dit Gabriel Fischer, le responsable de la politique économique de Travail.Suisse. Dans la construction, le partenariat social est totalement bloqué, suite à la rupture des négociations par les employeurs. Mais dans diverses autres branches et entreprises aussi, les négociations salariales se sont terminées sans résultats. Travail.Suisse lance un appel aux employeurs à s’ouvrir davantage pour faire exister un partenariat social vivant, en particulier en ce qui concerne les négociations salariales.

Plus d’informations:
• Gabriel Fischer, Responsable de la politique économique Travail.Suisse,
Tél. 076 412 30 53
• Arno Kerst, Président Syna,
Tél. 079 598 67 70
• Eric Dubuis, Membre de la direction et secrétaire de Romandie Hotel & Gastro Union,
Tél. 079 290 76 26
• Stefan Müller-Altermatt, Conseiller national et vice-président de transfair, le Syndicat
Tél. 079 332 15 26

15 décembre 2014, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Le moment est venu de relever les salaires

L’économie suisse a surmonté relativement bien les années de crise qui ont sévi à l’échelle internationale et elle se retrouve dans une phase de croissance en hausse. Le marché intérieur est dynamique, et les prévisions pour l’économie exportatrice sont réjouissantes, elles aussi. De leur côté, les travailleurs ont contribué à surmonter la crise en s’investissant considérablement dans leur travail, en faisant preuve de flexibilité et en ne touchant que de modestes hausses de salaires au cours des dernières années. Dans la plupart des branches, il y a de quoi récompenser cet engagement des travailleurs en leur accordant cette année de substantielles augmentations de salaires. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, demande pour les négociations salariales de 2015 des hausses de l’ordre de 2 pour cent. suite

L’économie suisse a bien surmonté la crise financière et la crise de croissance de 2008. Mi-2010 déjà, la Suisse avait retrouvé son niveau d’avant la crise, et elle connaît depuis lors une solide phase de croissance. Les perspectives sont bonnes, avec des pronostics de croissance de 2 pour cent, voire davantage; la Suisse semble profiter d’une économie mondiale qui a le vent en poupe. Le moment est venu de faire participer les travailleurs à cette réjouissante croissance économique.

De bonnes perspectives pour l’économie suisse

Pour l’année en cours, le Secrétariat d’Etat à l’économie SECO 1 s’attend à une croissance économique de 2 pour cent et pronostique même qu’elle atteindra 2,6 pour cent en 2015. Pendant la crise de ces dernières années, le marché intérieur est toujours resté le pilier de l’économie suisse. D’une part, la consommation privée s’est développée d’une manière très positive, et devrait rester importante dans un proche avenir. Toutefois, l’extraordinaire dynamique des dernières années devrait fléchir quelque peu. C’est notamment la fin prévisible du renchérissement nul (voire négatif) qui fait ici office de frein. D’autre part, le secteur de la construction a été un moteur important de la croissance économique helvétique pendant les années de crise au niveau international. En 2014, ce secteur contribue encore considérablement à soutenir l’économie, mais devrait ralentir quelque peu à moyen terme, en raison de la diminution des réserves de travail.

Au cours des dernières années, l’économie exportatrice a dû faire face à une situation très difficile en raison d’un climat de récession dans la zone euro et de la forte appréciation du franc suisse. Le développement de l’économie helvétique dans son ensemble et la vigueur de l’économie exportatrice en particulier sont d’autant plus remarquables dans ce contexte. La situation économique de la plupart des entreprises industrielles, et notamment de l’industrie MEM, s’est améliorée au cours du premier semestre de 2014 et l’augmentation des rentrées de commandes est connue 2 ; sur la moyenne à long terme, elles ont déjà fait remonter les taux d’utilisation de la capacité. Et le redressement de l’économie mondiale entraîne une amélioration des perspectives de l’économie exportatrice. Il est fondamental en l’occurrence que l’UE ait retrouvé la voie de la croissance. En 2014, les pronostics de croissance se situent à 1 pour cent pour la zone euro. Cette légère reprise pourra déjà revitaliser le secteur des exportations en Suisse, permettant ainsi à notre économie exportatrice de contribuer davantage à la relance conjoncturelle. 3

Un marché du travail qui demeure très stable

En Suisse, le marché du travail repose sur des bases solides. La croissance de l’emploi poursuit son évolution à un rythme modéré – enregistrant des taux de croissance en légère hausse. Depuis fin 2013, l’accroissement de l’activité a heureusement compris – avec l’hôtellerie et les restaurants, le commerce de détail et l’industrie – des branches qui auparavant n’avaient plus créé d’emplois depuis assez longtemps. Pour l’heure, la croissance de l’emploi est nettement mieux soutenue qu’au cours des dernières années. Le marché du travail réagit avec un certain retard au développement économique favorable. Alors qu’un taux de chômage de 3,1 pour cent est encore prévu pour cette année, il devrait tomber au-dessous de 3 pour cent et se situer autour de 2,8 pour cent en 2015. L’indicateur des perspectives d’emploi 4 a augmenté aussi bien pour le secteur secondaire que pour le tertiaire, ce qui permet de tabler sur de nouvelles créations d’emploi.

L’évolution positive de l’économie devrait entraîner des augmentations salariales appropriées

Les négociations salariales de 2015 sont placées sous le signe de ces dernières années, marquées par l’incertitude et au cours desquelles les travailleurs ont fourni des prestations élevées en dépit d’une forte insécurité et d’une lourde charge de travail. Parallèlement, les négociations salariales des dernières années ont été médiocres et leur résultat inférieur aux moyennes antérieures. Il est clair pour Travail.Suisse que compte tenu des modestes hausses de salaires des derniers temps et de l’amélioration progressive des perspectives économiques, les employeurs ont suffisamment de marge de manœuvre pour accorder aux travailleurs des augmentations de salaires notables et équitables. Des hausses salariales de l’ordre de 2 pour cent sont réalistes et appropriées, et ce, pour les raisons suivantes:

Modeste évolution des salaires nominaux au cours des dernières années: les hausses salariales des quatre dernières années ont été très modestes. L’an dernier, l’enquête sur les salaires, menée par UBS à l’automne 2013, escomptait une hausse du salaire nominal de 0,9 pour cent seulement. Avec la fin prévisible de l’ère du renchérissement nul, voire négatif (les pronostics envisagent – pour cette année et en particulier pour l’an prochain – une inflation de 0,6 pour cent), la nécessité de relever les salaires augmente. Il est important que les négociations salariales de 2015 permettent de renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs, afin que la consommation privée reste à l’avenir un pilier de l’économie suisse. Travail.Suisse attend de ces négociations une hausse du salaire nominal nettement plus importante que l’année précédente.

Répartir équitablement les fruits de la croissance: les études menées par Travail.Suisse et portant sur les salaires des dirigeants montrent que l’écart salarial – à savoir le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas dans une même entreprise – a continué de se creuser considérablement au cours des dernières années. Alors que le bel étage s’est octroyé de multiples augmentations de manière réitérée, les travailleurs « normaux » n’ont récolté que des augmentations de salaires dérisoires. Lorsque la croissance atteinte profite presque uniquement aux dirigeants et aux actionnaires, cela entraîne une répartition inéquitable des revenus. En plus de trouver une solution politique au problème des rémunérations abusives des dirigeants, il faut absolument relever les salaires de tous les travailleurs, de manière continue et perceptible. En outre, du fait de la productivité croissante du travail dans les entreprises, la marge de manœuvre est plus grande pour les négociations salariales. Des augmentations de salaires du même ordre de grandeur que celle de la croissance économique sont réalistes dans la plupart des branches.

Focalisation sur les salaires minimaux et sur ceux des femmes: dans le contexte de l’initiative sur les salaires minimums, l’économie et les employeurs n’ont cessé de souligner qu’il fallait régler ces salaires-là au sein du partenariat social et non pas dans la loi. Après qu’un salaire minimum légal a été balayé, les employeurs doivent prouver dans les négociations salariales qu’ils sont disposés à permettre des améliorations ciblées pour les travailleurs dont les salaires sont très bas. Il est clair pour Travail.Suisse qu’il faudra mettre l’accent, en automne, sur des négociations et des hausses des salaires minimums usuels localement et selon les branches. Il en va de même de l’égalité salariale entre les sexes. Le dialogue informel sur l’égalité salariale s’est achevé pratiquement sans le moindre résultat. Il incombe désormais aux employeurs de prouver que l’égalité salariale entre les femmes et les hommes n’est pas qu’une lettre morte dans la constitution, mais qu’on s’y attelle efficacement. Travail.Suisse demande donc que les négociations salariales de cet automne mettent l’accent sur l’amélioration des salaires pour les femmes.

Des hausses salariales régulières plutôt que des bonus et des augmentations salariales générales plutôt qu’individuelles: Travail.Suisse demande pour les travailleurs des augmentations de salaires régulières en lieu et place d’un bonus. Seules de telles augmentations garantissent une évolution durable des salaires et conduisent à un droit consolidé à des rentes. Certes, un bonus peut constituer un appoint bienvenu, mais il n’est pas une partie constituante continue du salaire et il ne doit être versé que dans des cas exceptionnels, et surtout pas pour remplacer des augmentations de salaires régulières. De plus, les hausses salariales doivent être accordées à tous en général. Tous les travailleurs doivent participer à la croissance économique. Seule une faible partie de l’ensemble des hausses salariales doit être utilisée pour des augmentations salariales individuelles. Alors que la proportion des hausses salariales générales a augmenté depuis 2010 5 , les tout derniers chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique indiquent qu’en 2013 nettement plus de la moitié des augmentations de salaires ont été versées à titre individuel. Il est impératif de corriger le tir.


1 Tendances conjoncturelles, été 2014.
2 Panorama 2014 – SwissMEM.
3 UBS Outlook Suisse, troisième trimestre 2014.
4 OFS Indicateurs du marché du travail 2014.
5 OFS, Accords salariaux conclus pour 2013 dans le cadre des conventions collectives de travail.

25 août 2014, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Il est maintenant temps de procéder à des augmentations salariales

L’économie suisse a retrouvé en 2014 un taux de croissance appréciable. En plus, les perspectives pour l’année à venir s’annoncent encore meilleures. Les travailleuses et les travailleurs en Suisse ont contribué avec un engagement important et une flexibilité accrue à sortir la Suisse de la crise. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel & Gastro Union réclament pour cette raison des augmentations salariales d’un ordre de grandeur de 2%. suite

L’économie suisse a surmonté, relativement sans dommages, les années de crise internationale et se trouve, aujourd’hui, à nouveau dans une phase de croissance motrice. C’est avec un engagement important que les travailleurs ont fourni leur contribution pour surmonter la crise. La plupart des branches disposent, désormais, d’une marge de manœuvre économique pour honorer, cette année, l’engagement des travailleurs par des augmentations de salaire significatives.

Des perspectives positives pour l’économie suisse

Le Secrétariat d’Etat à l’économie SECO chiffre, pour l’année en cours, le taux de croissance économique à 2% et son pronostic pour l’année 2015 prévoit même taux de croissance de 2.6%. Pour la Suisse, le marché intérieur, soutenu par la consommation privée et le secteur du bâtiment, est et reste un pilier important de son économie. Qui plus est, les perspectives sont aussi à la hausse pour l’économie d’exportation. Le marché du travail suisse repose, quant à lui, sur des bases solides : La croissance de l’emploi continue de progresser à un rythme modéré. Il est réjouissant de constater que, depuis la fin 2013, avec les hôtels, restaurants et cafés, le commerce de détail et l’industrie, cette tendance touche également des branches qui n’avaient plus vu de création de postes depuis longtemps.

Un développement économique positif doit conduire à des augmentations salariales appropriées

Au cours des dernières années, les travailleurs ont fourni de grandes performances avec des augmentations salariales extrêmement modestes. Travail.Suisse et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel & Gastro Union réclament des augmentations salariales d’un ordre de grandeur de 2% lors des négociations salariales de 2015 et ce, pour les raisons suivantes :

Des augmentations salariales nominales modestes l’année dernière : Les augmentations salariales des quatre dernières années ont été très modestes. En raison des pronostics économiques pour cette année et en particulier pour l’année à venir, les augmentations salariales doivent à nouveau être à l’ordre du jour, également pour soutenir la consommation privée, qui est très importante pour la conjoncture suisse.

Répartir équitablement les fruits de la croissance : Les études sur les salaires des Managers effectuées par Travail.Suisse montrent que l’écart entre les salaires a fortement augmenté au cours des années précédentes. Alors que les postes à responsabilité ont multiplié leurs parts du gâteau, les travailleurs normaux n’ont eu que quelques augmentations minimes en guise de miettes. Seules des augmentations de salaire régulières pour tous les travailleurs garantissent une répartition équitable de la richesse.

Focalisation sur les salaires minima et les salaires des femmes : Lors de la préparation de la votation sur l’initiative pour des salaires minimums, l’économie et les employeurs ont toujours souligné que les salaires minimums devaient être négociés dans le cadre du partenariat social. Les employeurs doivent maintenant apporter la preuve qu’ils ont la volonté de réaliser des améliorations ciblées pour les travailleurs ayant de faibles revenus. Il faut également se focaliser sur les salaires des femmes. Le dialogue sur l’égalité des salaires effectué sur une base volontaire a échoué pratiquement sans résultat. Désormais, c’est aux employeurs de prouver que l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes ne reste pas uniquement lettre morte dans la Constitution, mais qu’elle doit être promue de manière active.

Pour Travail.Suisse, il est clair qu’il faut des augmentations salariales régulières pour les travailleurs au lieu d’un bonus, car seules des augmentations salariales conventionnelles garantissent un développement durable du salaire et entraînent une consolidation des droits à la retraite. Qui plus est, Travail.Suisse réclame des augmentations salariales accordées à titre général et non individuel, car tous les travailleurs doivent pouvoir bénéficier de la croissance économique.

Plus d’informations:
• Gabriel Fischer, Responsable de la politique économique Travail.Suisse, Tél. 076 412 30 53
• Arno Kerst, Vice-Président Syna, Tel. 079 598 67 70
• Eric Dubuis, membre de la direction et secrétaire de Romandie – Hotel & Gastro Union, Tél. 079 290 76 26
• Stefan Müller-Altermatt, Conseiller national et vice-président de transfair, Tél. 076 332 15 26

04 août 2014, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

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