Thèmes – Travail – Salaires

Prorogation et modification de l’ordonnance sur le contrat-type de travail pour les travailleurs de l’économie domestique

(en allemand seulement)

12 octobre 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Les augmentations salariales sont possibles et nécessaires

Dans certaines branches et sur le marché de l’emploi, les conséquences de la surévaluation du franc se font encore sentir, mais dans l’ensemble, une croissance solide se profile pour 2016. Cette situation économique stable, nous la devons, notamment, à l’engagement et à la flexibilité des travailleurs et ils doivent maintenant être récompensés pour leurs efforts. Une augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs s’avère donc aussi nécessaire que judicieuse économiquement, car il s’agit là d’un pilier conjoncturel pour la consommation privée. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel&Gastro Union demande, pour cette raison, des augmentations salariales d’un ordre de grandeur de 1% pour la majorité des travailleurs, lors de l’automne salarial 2016. suite

Les pronostics prévoient, pour l’année en cours, une croissance économique de 1,4%, le cours de l’euro s’est stabilisé aux environs de 1,10 et l’industrie donne des signaux de plus en plus positifs. Certains signes indiquent, en effet, que le point le plus bas a été dépassé, suite à la suppression du taux plancher par la Banque nationale. Seul le marché de l’emploi en subit encore clairement les contrecoups. Pourtant des augmentations salariales significatives doivent être adoptées pour les travailleurs dans la grande majorité des entreprises, lors de cet automne salarial.

Le grand engagement des travailleurs

Les travailleurs ont fait preuve d’un grand engagement et d’une grande flexibilité, ils ont même acceptés des prolongations temporaires du temps de travail et contribués, par la modeste progression de leurs salaires, au maintien de la compétitivité des entreprises. Cela doit être récompensé : Les mesures spéciales prises dans le cadre de la réévaluation du franc doivent être supprimées ; Tous les travailleurs doivent pouvoir participer à la croissance économique, en bénéficiant d’augmentations de salaires applicables à la grande majorité des entreprises, lors des négociations salariales et il faut également accorder plus d’attention à l’équilibre entre le travail et le temps libre, ainsi qu’à la compatibilité entre le travail et la famille.

Des augmentations salariales de 1% valables aussi comme pilier conjoncturel

La situation économique en Suisse est stable, les plus grands risques conjoncturels sont actuellement d’ordre politique. La mise en oeuvre de l’initiative populaire « Contre l’immigration de masse » reste aussi peu claire qu’auparavant, mettant ainsi en danger, de manière latente, les accords bilatéraux avec l’UE. Les conséquences économiques de la victoire du Brexit sur les plus importants partenaires commerciaux de la Suisse ne sont pas encore prévisibles non plus. Et, avec la troisième réforme de l’imposition des entreprises, la Confédération, les cantons et les communes vont devoir réduire massivement et rapidement leurs dépenses. Une augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs est donc judicieuse aussi d’un point de vue économique, afin que la consommation privée soit maintenue comme le plus important pilier conjoncturel de cette période.

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel&Gastro Union demande, pour cette raison, que des augmentations salariales d’un ordre de grandeur de 1% soient accordées à la plupart des travailleurs, lors de l’automne salarial 2016.

Plus d’informations:
Gabriel Fischer, Responsable de la politique économique de Travail.Suisse, tél. 076 412 30 53
Arno Kerst, Président de Syna, tél. 079 598 67 70
Esther Lüscher, Présidente Hotel & Gastro Union, tél. 079 417 92 56
Anja Schuler, Collaboratrice scientifique du syndicat transfair, tél. 079 239 98 19

09 août 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Gel généralisé des salaires évité – hausses salariales entre 0,5 et 1 pourcent

Les négociations salariales de cette année ont été difficiles et exigeantes. La priorité était d’empêcher le gel généralisé des salaires sous prétexte du franc fort. Même si le gel salarial est courant dans les arts et métiers et dans l’industrie, la plupart des travailleurs et des travail-leuses profitent de hausses salariales en Suisse. Celles-ci sont toutefois très modestes, la plu-part se situant entre 0,5 et 1 pourcent. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et des travailleuses juge les résultats des négociations salariales insuffisants. suite

Avec la mise en œuvre en cours de l’article 121a de la Constitution fédérale et la surévaluation du franc après la décision de la Banque nationale en début d’année, les négociations salariales ont eu lieu cette année dans un contexte très difficile. Après la décision de la BNS, des scénarios catas-trophes ont été peints sur la muraille et des représentants des employeurs ont exigé une hausse du temps de travail et des baisses salariales. Raison pour laquelle Travail.Suisse et les fédérations affiliées Syna, Hotel & Gastro Union et transfair avaient pour priorité d’éviter un gel généralisé des salaires sous prétexte du franc surévalué.

Apres négociations et résultats insuffisants
Les négociations salariales 2016 ont été difficiles. Dans diverses branches et entreprises, aucun accord sur les mesures salariales n’a pu être trouvé entre partenaires sociaux – c’est aussi le cas d’un nombre grandissant d’entreprises des branches du service public (par ex. BLS AG, Groupe e, local.ch etc.). Travail.Suisse appelle les employeurs à tendre la main pour un vrai partenariat social, en particulier lors des négociations salariales.

L’an prochain, de nombreux travailleurs et travailleuses n’obtiendront aucune hausse salariale ou alors très légère. Avec pour prétexte l’avenir incertain, de nombreuses entreprises ont clairement freiné la progression salariale. Le gel généralisé des salaires sous prétexte du franc fort a tout de même pu être évité pour les travailleurs et travailleuses. Bien que plusieurs gels de salaire aient été décrétés (principalement dans les arts et métiers et dans l’industrie, mais aussi auprès des em-ployé-e-s de la Confédération), la plupart des travailleurs et travailleuses obtiendront de modestes augmentations de salaires. La majorité des hausses se situent entre 0,5 et 1 pourcent, ce qui du point de vue de Travail.Suisse est insuffisant.

Les progrès quant aux salaires des femmes et au congé paternité à la traîne
Cette année également, les employeurs n’étaient pas prêts à faire un effort particulier sur l’égalité des salaires entre hommes et femmes. Travail.Suisse soutient la recherche d’une solution politique. Les propositions du Conseil fédéral doivent impérativement être mises en œuvre, mais doivent encore être complétées par des mesures efficaces en matière de contrôles et de sanctions, afin de vraiment atteindre l’objectif d’égalité salariale.

Sur le congé paternité aussi, les progrès sont insuffisants. A l’exception de la nouvelle CCT de la Poste (10 jours au lieu de 2), d’Aldi (10 jours au lieu de 5) et de la SZU (10 jours au lieu de 2), au-cune amélioration n’a été obtenue. Trop d’employés continuent à n’être qu’au minimum légal d’un jour de congé paternité, autant que pour un déménagement. Travail.Suisse est décidé à faire avan-cer cette cause par une initiative populaire.

Pour plus d’informations :
•Gabriel Fischer, responsable politique économique de Travail.Suisse,
Tél. 076 412 30 53
•Arno Kerst, président de Syna,
Tél. 079 598 67 70
•Eric Dubuis, membre de la direction et secrétaire romand d’Hotel & Gastro Union,
Tél. 079 290 76 26
•Stefan Müller-Altermatt, conseiller national et président du syndicat transfair,
Tél. 076 332 15 26

21 décembre 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Les augmentations salariales sont possibles
même avec un franc fort

La décision de la Banque nationale suisse, prise au début de l’année, de supprimer le cours plancher et la réévaluation du franc par rapport à l’euro qui a suivi pénalisent l’économie suisse. Même si différentes entreprises ou branches souffrent fortement du taux de change modifié, une large crise de l’économie suisse n’est pas à craindre. Des augmentations salariales moderées pour la plupart des travailleurs et travailleuses sont donc tout à fait possibles, même dans un environnement avec un franc surévalué. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, réclame que les gels de salaires restent une exception pour les revendications salariales 2016 et que des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5 % soient accordées à la plupart des travailleurs et travailleuses. suite

La suppression du cours plancher a réévalué de manière brutale le franc par rapport à l’euro, ce qui a clairement pénalisé l’exportation ainsi que le tourisme. Il faut cependant disposer d’une vue d’ensemble pour procéder à une évaluation concrète. Même si les termes utilisés mentionnent souvent la force du franc, il s’agit en premier lieu de la faiblesse de l’euro. Par exemple, on voit que le franc n’est pas plus évalué aujourd’hui par rapport au dollar américain ou à la livre sterling qu’il y a un an. 1

Un franc fort pénalise les exportations, mais favorise en même temps les importations. Les entreprises peuvent acheter moins cher des matériaux et des intrants dans la zone euro et également les prix du pétrole et des autres matières premières sont très bas d’un point de vue historique. Qui plus est, les différentes branches sont confrontées aux différentes sensibilités de prix de leurs clients. Traditionnellement, par exemple, la branche de l’industrie chimique et des produits pharmaceutiques est moins sensible aux fluctuations des taux de change et l’industrie horlogère s’attend, elle aussi malgré un franc surévalué, à un développement stable des exportations à un haut niveau 2 pour 2015.

La surévaluation du franc constitue sans aucun doute un grand défi que l’économie suisse doit relever, mais l’impact concret sur les différentes entreprises ou branches ne peut être évalué que de manière différenciée. Pour l’ensemble de l’économie, les perspectives restent stables dans l’ensemble et une crise élargie n’est pas à craindre. Le groupe d’experts de la Confédération part du principe que, sans une récession profonde, l’économie suisse est capable de s’adapter à la nouvelle évolution du taux de change. 3

L’économie suisse évolue dans un environnement difficile mais avec des perspectives stables

Malgré un léger recul du produit intérieur brut au premier trimestre 2015 de 0.2%, le Secrétariat d’État à l’économie, SECO 4 , prévoit une croissance économique de 0.8% pour toute l’année et ses pronostics pour 2016 envisagent une augmentation de la performance économique de 1.6 %. Le baromètre conjoncturel du Centre de recherches conjoncturelles (CRC) de l’EPF Zurich a progressé, le mois dernier, pour retrouver sa valeur moyenne à long terme. Le CRC conclut « que le choc de la surévaluation du franc perd lentement en intensité » et « que l’économie suisse espère pouvoir résorber le premier choc de surévaluation du franc au cours des prochains mois ». 5

Le marché intérieur reste un pilier important de notre économie

Alors que l’exportation doit se battre avec les conséquences du franc fort, le marché intérieur reste très solide. Comme les années précédentes, la consommation des ménages s’avère être un pilier porteur de la conjoncture suisse. La consommation privée devrait rester très importante également dans un futur proche. Le Centre de recherche conjoncturelle de l’EPF Zurich (CRC) 6 évalue une augmentation de la consommation privée à 1.9% pour 2015. La consommation privée joue donc aussi un rôle important en tant que pilier de la conjoncture suisse, durant la période d’adaptation à la nouvelle évolution du taux de change.

Les premiers signaux d’alarme sur le marché de l’emploi

Le marché de l’emploi n’a pas encore complètement subi les conséquences de la surévaluation du franc. Une légère augmentation des personnes inscrites au chômage a, certes, été constatée depuis le mois de février et le chômage partiel augmente de nouveau, mais dans l’ensemble l’étendue des conséquences négatives est encore modeste. Cependant les perspectives pour le deuxième semestre 2015 et pour l’année 2016 se sont clairement détériorées. Ainsi, les indicateurs du développement futur sur le marché du travail sont clairement négatifs et le SECO mise sur une augmentation du taux de chômage qui atteindra 3.3% dans l’année en cours et 3.6% en 2016. 7

Pour Travail.Suisse, la sauvegarde des emplois est la première priorité. Il ne s’agit pas seulement d’éviter du chômage à court terme, mais aussi de maintenir l’emploi en Suisse, à moyen terme. En plus des interventions de la banque nationale pour affaiblis le franc il faut un engagement clair de l’économie en faveur de la Suisse comme site de production, un accord entre partenaires sociaux en cas de situations extrêmes et un soutien politique, comme par ex. un accès simple au dédommagement du chômage partiel ainsi que son extension éventuelle.

Des augmentations salariales différenciées d’un montant modeste sont possibles

La surévaluation du franc pénalise l’économie suisse, mais toutes les branches ou les exploitations ne sont pas touchées de la même manière. Il faut donc aborder l’automne salarial avec une approche différenciée. Pour les entreprises dont l’existence est menacée par la problématique du taux de change, des solutions basées sur un partenariat social sont proposées pour protéger les emplois. Dans la mesure où les problèmes sont exposés de manière transparente et qu’une symétrie des sacrifices équilibrés ne met pas seulement les travailleurs et travailleuses à contribution, des mesures à durée déterminée ayant pour but la sauvegarde des emplois sont envisageables. Dans ces situations d’exception, il est possible de renoncer à une augmentation salariale pour contribuer de manière supplémentaire à la sauvegarde des emplois. Dans le même temps, Travail.Suisse et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel&Gastro Union exigent que les gels de salaire restent exceptionnelles et que la majorité des travailleurs et travailleuses puissent profiter d’augmentations salariales équitables. Comme à l’accoutumée, les fédérations de Travail.Suisse ont une approche différenciée et tiennent compte des situations spécifiques de chacune des branches et des entreprises. Il devrait être possible d’octroyer à la majorité des travailleurs et travailleuses des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5%.

Evolution modeste des salaires nominaux au cours des dernières années – redistribution unilatérale

L’augmentation des salaires a été très modérée depuis 2010, malgré un rétablissement économique rapide après la crise économique et financière mondiale à partir de 2007. La tradition en Suisse voulant que les augmentations de salaire soient modérées durant la période de croissance économique favorable et qu’en contre-partie, les augmentations de salaire soient octroyées également dans des périodes économiquement plus tendues a été clairement pratiquée. Les travailleurs et travailleuses ont contribué, avec un développement modéré de leurs salaires et un grand engagement lié à une grande flexibilité, au bon maintien de la Suisse durant les années de crise mondiale. Il est d’autant plus important qu’aujourd’hui la volonté d’engagement et la performance des travailleurs et travailleuses soient récompensées. Dans un avenir proche, c’est notamment la consommation privée qui reste un pilier important de la conjoncture suisse. Il est donc important que les négociations salariales 2016 renforcent le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses et soutiennent la consommation privée.

Les études faites par Travail.Suisse sur les salaires de managers montrent que l’écart salarial, l’écart entre le salaire le plus élevé et le plus bas dans une même entreprise, s’est encore creusé au cours des dernières années. Alors que les étages supérieurs ont multiplié leurs parts du gâteau, les travailleurs et travailleuses n’ont eu que quelques augmentations minimes, en guise de miettes. Si la croissance obtenue profite en premier lieu aux chefs et aux actionnaires, cela conduit à une répartition inégale des revenus. A côté d’une solution politique au problème des salaires abusifs des managers, il faut obligatoirement avoir des augmentations de salaire conséquentes et continues pour ne pas mettre en danger la cohésion sociale de la société.

Focalisation sur les salaires minimum et les salaires des femmes

Du point de vue de Travail.Suisse, cet automne salarial doit notamment voir augmenter les salaires minimum. Les employeurs doivent prouver leur volonté d’améliorations ciblées dans les négociations salariales pour les travailleurs et travailleuses aux plus bas revenus, comme cela est toujours annoncé. La surévaluation du franc entraîne en 2015 également un recul du renchérissement. Selon les pronostics du SECO 8, les prix baisseront en 2015 de 1% et le retour du renchérissement sera reporté à 2016. L’occasion se présente donc de permettre, avec un relèvement des salaires minimum, une croissance sensible des salaires réels pour les revenus les plus bas, ce qui, en tant qu’augmentation directe du pouvoir d’achat, profitera directement à l’économie. Pour Travail.Suisse, il est clair que lors de l’automne salarial de cette année, il faudra mettre l’accent en particulier sur des accords, respectivement des augmentations en fonction des lieux et des branches où les salaires minimum sont habituellement les plus bas.

Il en va de même pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes. Le dialogue sur l’égalité des salaires effectué sur une base volontaire a échoué sans résultat. Désormais, c’est aux employeurs de prouver que l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes ne reste pas uniquement lettre morte dans la Constitution, mais qu’elle est activement poursuivie. Travail.Suisse réclame donc, lors des négociations salariales de cet automne, la focalisation concertée des partenaires sociaux sur l’amélioration des salaires des femmes. Dans le même temps, le Conseil fédéral est prié de présenter enfin les mesures efficaces, promises depuis longtemps, pour lutter contre l’inégalité salariale entre hommes et femmes.

1 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015; p.12ss.

2 Cf. Fédération de l’industrie horlogère suisse FH, Communiqué de presse du 21.7.2015

3 Cf. SECO Communiqué de presse du 16.6.2015

4 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015

5 Cf. CRC Communiqué de presse du 30.07.2015

6 CRC Pronostics pour l’été 2015

7 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015

8 Cf. SECO Tendances conjoncturelles été 2015, p.12ss.

17 août 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Il est possible d’augmenter les salaires malgré un franc surévalué

La décision de la Banque nationale de supprimer le cours plancher au début de l’année et la forte surévaluation du franc pénalisent l’environnement économique de la Suisse. Dans les entreprises dont l’existence est menacée par le cours du franc, la protection des emplois est au premier plan. Les derniers chiffres montrent cependant que dans de nombreuses branches, les augmentations salariales sont tout à fait possibles, qu’une large crise économique n’est pas à craindre et que le produit intérieur brut affiche même une croissance modérée pour 2015. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses et les fédérations affiliées, Syna, transfair et Hotel&Gastro Union réclament, pour cette raison, que le gel des salaires reste une exception durant l’automne salarial et que la plupart des travailleurs et travailleuses se voient accorder des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5%. suite

Le franc surévalué met les entreprises face à de grands défis. C’est en particulier le tourisme et les entreprises de l’industrie à l’exportation qui sont touchées par les difficultés. Pour les entreprises concernées dont l’existence est menacée, des solutions de partenariat social sont proposées pour protéger les emplois. Dans ces situations d’exception, il est possible de renoncer à une augmentation salariale comme contribution supplémentaire à la protection des emplois.

Une large crise économique n’est cependant pas à craindre et le SECO prévoit même pour 2015 une croissance économique de 0.8% et de 1.6% pour 2016. Des augmentations salariales sont donc tout à fait possibles malgré une année 2015 exigeante.

Des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5% pour la plupart des travailleurs et travailleuses

Depuis 2010, les augmentations salariales ont été très modérées malgré un développement économique favorable. Il est d’autant plus important qu’aujourd’hui, dans une période économiquement plus difficile, des augmentations salariales soient accordées de manière continue. Cela correspond à la tradition en Suisse : Des augmentations modérées dans les années prospères mais ininterrompues dans les périodes difficiles.

Les études sur les salaires des managers effectuées par Travail.Suisse montrent que l’écart entre les salaires a fortement augmenté au cours des années précédentes. Alors que les étages supérieurs ont multiplié leurs parts du gâteau, les travailleurs et travailleuses n’ont eu que quelques augmentations minimes, en guise de miettes. Seules des augmentations salariales régulières pour tous les travailleurs et travailleuses garantissent une répartition équitable de la richesse et soutiennent la cohésion sociale dans la société.

La surévaluation du franc entraîne aussi un recul du renchérissement, en 2015. Pour Travail.Suisse, cela offre la possibilité, avec l’augmentation des salaires minima, d’effectuer une augmentation réelle et sensible des revenus les plus bas. Seule une croissance réelle des salaires profite à l’économie par l’augmentation du pouvoir d’achat et renforce la conjoncture dans son ensemble au moyen d’un renforcement de la consommation privée. A côté de cela, il faut aussi mettre l’augmentation des salaires des femmes au centre de nos préoccupations. Le dialogue sur l’égalité des salaires effectué sur une base volontaire a échoué sans résultat. Il faut désormais prouver que l’égalité des salaires entre hommes et femmes ne reste pas uniquement lettre morte dans la Constitution, mais qu’elle sera poursuivie activement durant l’automne salarial 2015. Dans le même temps, le Conseil fédéral est prié de présenter enfin les mesures plus efficaces, promises depuis longtemps, pour lutter contre l’inégalité salariale.

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et les fédérations affiliées, Syna, transfair et Hotel&Gastro Union réclament pour cette raison que le gel des salaires reste une exception durant l’automne salarial et que la plupart des travailleurs et travailleuses se voient accorder des augmentations salariales entre 0.5 et 1.5%.

Plus d’informations:
• Gabriel Fischer, Responsable de la politique économique Travail.Suisse, Tél. 076 412 30 53
• Arno Kerst, Président de Syna, Tél. 079 598 67 70
• Eric Dubuis, Membre de la direction et secrétaire romand d’Hotel & Gastro Union, Tél. 079 290 76 26
• Stefan Müller-Altermatt, Conseiller national et président du syndicat transfair, Tél. 076 332 15 26

11 août 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

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