Thèmes – Travail

Salaires des dirigeants dans l’industrie des machines : diminution due à la crise et non aux enseignements assimilés

Les écarts salariaux dans les grandes entreprises suisses ont continué de se creuser l’an passé, de 21 pour cent en moyenne. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Travail.Suisse. L’industrie des machines fait assurément contraste avec cette évolution générale, puisque dans cette branche l’écart salarial s’est resserré de cinq pour cent en moyenne. Mais on ne peut parler d’enseignements assimilés : c’est la crise qui a induit la diminution des rémunérations des dirigeants.

07 juin 2010, Yvonne Debrunner, salaires des managers

Coop et Migros: l’écart salarial se creuse légèrement

Des bonus qui se chiffrent en millions et la maximisation du profit à court terme ont conduit l’économie mondiale à une crise profonde en 2008: en conséquence, des appels ont été lancés pour trouver de nouvelles solutions à la culture des entreprises de l’économie privée. Les sociétés coopératives constituent une telle alternative. Mais qu’apportent-elles donc? Certains éléments, comme le montre une étude des deux entreprises coopératives que sont Migros et Coop. Mais l’écart salarial s’y creuse malgré tout.

19 avril 2010, Yvonne Debrunner, salaires des managers

Avec Grübel, l’écart salarial augmente de 753%

Il y a un peu plus d’une année, l’UBS fut sauvée grâce à l’argent de l’Etat. En 2009, elle faisait encore une perte de 2,7 milliards de francs. Mais la direction s’accorde à nouveau des bonus en millions. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs-euses, attend que l’Assemblée générale de demain se prononce contre cette évolution lors du vote consultatif. suite

Avec de nouveaux excès dans les bonus versés, la direction de l’UBS a choqué aussi bien les actionnaires que les contribuables ordinaires. Depuis 2007, la banque est dans les chiffres rouges. Il y a un peu plus d’une année, l’Etat est intervenu pour la sauver et on a dû annoncer des licenciements massifs. En 2009, elle faisait encore des pertes de 2,7 milliards de francs.

Dirigeants de l’UBS : la fête continue !
La direction de l’UBS est cependant revenue à la situation qui prévalait avant la crise. Oswald Grübel a gagné 16 millions en 2009.* L’écart salarial entre le revenu du directeur général et le salaire le plus bas a augmenté de 753 pourcent par rapport à l’année précédente. Le rapport entre la rémunération moyenne des membres de la direction et le salaire le plus bas a augmenté de 274 pourcent. En moyenne, un membre de la direction a gagné 9,5 millions.

Le conseil d’administration se montre plus modeste
Ce n’est qu’au sein du Conseil d’administration que la crise semble avoir eu des effets. Kaspar Villiger, en particulier, se montre avant-gardiste. Il a renoncé aux actions prévues et a réduit massivement son salaire de base. L’écart salarial entre la rémunération de Villiger et le salaire le plus bas a ainsi diminué de 1 :33 à 1 :14.

Des mesures plus fortes sont nécessaires
Vu que la tendance de la direction de l’entreprise va de nouveau dans l’autre direction, il est grand temps de donner un signal clair contre le retour aux anciennes pratiques. La votation des actionnaires sur le rapport des rémunérations en offre la possibilité. Au vu de l’évolution de l’année dernière, un non serait un signal urgent et nécessaire.

  • Parce que l’UBS indique Carsten Kengeter et non pas Oswald Grübel comme ayant la rémunération la plus élevée, on a retenu ce montant. Il se décompose comme suit : salaire de base de 3 millions (communiqué ainsi lors de l’entrée en fonction de Grübel), indemnité d’entrée de 13 millions (rapporté ainsi dans le rapport d’activité), valeur estimée d’environ 13’000 pour diverses prestations et des contributions de l’employeur à des institutions de prévoyance (valeurs reprises de Kengeter). Grübel a renoncé à des parts de rémunération dépendantes de prestations.

13 avril 2010, Susanne Blank, Responsable politique économique et Yvonne Debrunner, salaires des managers

Attaquer le mal à la racine

Les salaires excessifs des managers et les bonus abusifs alimentent une bombe à retardement au plan social et économique que la crise bancaire et économique ne cesse d’amplifier. Pour Travail.Suisse, un contre-projet à l’initiative contre les rémunérations abusives est nécessaire pour attaquer le mal à la racine. C’est donc non seulement la position des actionnaires mais aussi celle des travailleurs et travailleuses qu’il faut renforcer. C’est pourquoi Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, revendique la représentation appropriée du personnel au Conseil d’administration. suite

Avec l’initiative contre les rémunérations abusives, on a un projet prenant en compte l’incompréhension de la population à propos des excès dans le domaine des bonus et des salaires des managers. La crise bancaire et les plans de sauvetage étatiques colossaux ont encore renforcé cette incompréhension. Selon plusieurs enquêtes, plus de 75% des citoyennes et citoyens approuvent l’initiative.

L’initiative contre les rémunérations abusives et les propositions actuelles de contre-projet visent à renforcer le droit des actionnaires. Mais cela ne suffit pas à régler les problèmes sociaux et économiques découlant de l’explosion des bonus et des salaires des managers. Car, en ce qui concerne les entreprises internationales cotées en bourse, les actionnaires ne sont pas des personnes individuelles « raisonnables » ou des caisses de pension, mais des banques d’investissement, des sociétés de participation ou des hedgefonds. Et ce sont précisément ces acteurs de l’industrie de la finance qui sont à l’origine de la problématique actuelle concernant les salaires excessifs et les bonus abusifs des managers.

C’est pourquoi, pour Travail.Suisse, le renforcement des actionnaires est certes un pas dans la bonne direction. Mais il faut davantage pour attaquer le mal à la racine. Cela ne réussit que si l’entreprise est considérée sérieusement comme un système social dans l’environnement sociétal et politique et pas seulement comme une machine de maximisation des profits. Le renforcement de la position des travailleurs et travailleuses par le biais d’une représentation appropriée au Conseil d’administration permet de faire un pas dans cette direction. C’est la raison pour laquelle Travail.Suisse demande que le contre-projet à l’initiative contre les rémunérations abusives introduise une représentation du personnel au Conseil d’administration d’environ un tiers des membres du Conseil d’administration.

La balle est maintenant dans le camp des partis bourgeois et des associations économiques. A eux de montrer qu’ils veulent vraiment prendre un nouveau départ après la crise. Il ne s’agit pas de vaincre ou de réinventer le capitalisme. La situation exige néanmoins d’avancer avec courage. C’est à ce prix que la confiance de la population se laissera regagner.

Cf. le document en annexe.

10 février 2010, Martin Flügel, Président

Réfréner les salaires des dirigeants et renforcer la position des travailleurs et travailleuses

L’évolution des salaires des dirigeants est de la dynamite pour la cohésion sociale et met en péril la réussite économique de la Suisse. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, il est clair qu’il faut trouver des solutions, avec la révision en cours du droit de la société anonyme, pour réduire les conséquences économiques et sociales indésirables de l’évolution des indemnités au sein des conseils d’administration et des directions d’entreprise.

24 août 2009, Martin Flügel, Président

Informations juridiques | Impressum | Sitemap | Full Site | LOGIN