Thèmes – Travail – Salaires des managers

Répartir équitablement les fruits de la croissance

Les salaires des managers les mieux payés se sont stabilisés à un niveau très élevé. Mais, dans de nombreuses entreprises, les salaires des managers se sont aussi envolés en 2012. Corollaire: une perte croissante de la confiance de la population dans l’économie. suite

Pour la neuvième fois de suite, Travail.Suisse, se basant sur les rapports annuels de 27 entreprises suisses, a pris sous la loupe les salaires de leurs managers et calculé les écarts salariaux qui apparaissent – donc le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas. Le constat est amer: certes, depuis 2009 l’écart salarial ne s’est plus autant creusé qu’entre 2002 et 2008 dans les entreprises qui versent les salaires les plus excessifs à leurs managers, mais pour la plupart des autres entreprises concernées par l’analyse des salaires des managers, l’envolée a aussi été rapide en 2012.

En outre, il ressort d’une comparaison établie sur la durée depuis 2002 que dans des entreprises telles que Lonza, Clariant, Kuoni, Georg Fischer et Oerlikon, les salaires les plus élevés ont doublé voire presque triplé et que leur hausse a été démesurément forte par rapport à celle du salaire le plus bas. Cette envolée débridée des salaires les plus élevés est d’autant plus incompréhensible que la prestation économique de ces entreprises a été plutôt modeste durant cette période.

Cette répartition inéquitable des revenus induit une perte croissante de la confiance de la population dans les objectifs et la démarche de l’économie. Le oui catégorique à l’initiative sur les rémunérations abusives souligne clairement cette évolution.

Les politiques doivent endosser un rôle moteur

Par conséquent, non seulement les politiques doivent endosser un rôle moteur en ce qui concerne les salaires des managers, mais aussi trouver des réponses crédibles à la question de la répartition de la richesse, à savoir :

- Limiter les salaires des managers et mettre fin au cartel des salaires : en ce qui concerne les salaires des managers, une limitation matérielle s’impose et entraîne un oui à l’initiative 1:12. Travail.Suisse continue en outre de demander le vote obligatoire des actionnaires, sur le salaire de chaque membre de la direction et du conseil d’administration d’un groupe. Mais pour que le pouvoir des travailleurs et travailleuses, comme celui des actionnaires, soit renforcé le personnel doit être bien représenté au sein du conseil d’administration.
- Protéger les salaires et les conditions de travail : la mise en confiance nécessite non seulement un frein aux salaires des managers, mais aussi la protection des salaires et des conditions de travail des « simples » travailleurs et travailleuses. Par conséquent, les politiques doivent garantir des salaires minimaux par région et par branche et donner aux partenaires sociaux de nouveaux outils leur permettant d’imposer ces salaires minimaux.
- Mettre fin à une politique fiscale au service des revenus élevés et des bénéfices des entreprises : la politique fiscale appliquée par les cantons profite avant tout aux managers qui ont des revenus élevés et aux entreprises qui versent de tels salaires. En parallèle, de nombreux cantons doivent faire des économies et, lorsque l’argent manque pour les transports publics, l’entretien des routes, les services de santé, la formation, les garderies etc., ce sont avant tout la classe moyenne et les personnes à bas revenus qui en subissent les conséquences.

Travail.Suisse réclame des mesures visant une Suisse prospère, au sein de laquelle toutes et tous bénéficient de sa prospérité croissante, une Suisse où l’économie rime avec plus d’égalité et non avec plus d’inégalité. L’endiguement des salaires excessifs des managers en est un élément incontournable.

Pour plus d‘informations:
Martin Flügel, Président, tél: 031/370.21.11 ou 079/743.90.05
Josiane Aubert, conseillère nationale et vice-présidente, tél. 079/635.98.20
Dario Bucheli, collaborateur de projet, tél. 031/370.21.11

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Managerlohnstudie f 2012.pdf 514 KB

PK 240613 f Text M Flügel.doc 33 KB

PK 240613 f Text J Aubert.doc 29 KB

PK 240613 f Text D Bucheli.doc 46 KB

PK 240613 f Text D Bucheli 2.doc 46 KB

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24 juin 2013, Martin Flügel, Président et Dario Bucheli, Collaborateur de projet Drucker-icon

Les banques en pleine transformation –
les salaires des dirigeants reprennent l’ascenseur

L’année 2012 n’a pas été facile pour les banques, mais cela n’a pas eu le moindre effet sur les rémunérations de leurs dirigeants, rémunérations qui ont de nouveau tendance à progresser. suite

L’année 2012 a de nouveau été difficile pour les banques. Les amendes et les provisions pour les cas litigieux, la dépréciation du goodwill par suite des restructurations, la réévaluation des propres engagements et le bas niveau des intérêts ont pesé lourdement sur les deux grandes banques helvétiques UBS et Credit Suisse. Même cinq ans après la crise financière, elles étaient encore en plein processus d’adaptation au nouveau contexte des diverses réglementations. La branche ne peut pas se soustraire à l’incertitude économique du moment. Pourtant, quiconque s’attend à une diminution des rémunérations des dirigeants en raison de cette situation se fait des illusions.

UBS: un relèvement des salaires des dirigeants en raison de la “modestie” des anciens directeurs en la matière

En 2012, UBS a versé au total 2,5 milliards de francs en bonus tout en enregistrant une perte nette de 2,5 milliards de francs. La raison réside dans le fait que UBS distribue les bonus après avoir calculé le bénéfice avant impôts « ajusté » de quelque 3 milliards de francs, qui ne comprend ni dépréciation du goodwill (d’environ 3 milliards de francs suite à la restructuration de la banque d’investissement (Investment Bank), ni réévaluation de la dette (de quelque 2,5 milliards de francs). La banque ne pourrait verser des bonus encore plus élevés que si elle ne prenait pas en considération non plus l’amende de 1,5 milliard de francs lié aux affaires du Libor.

Par conséquent, le résultat d’UBS semble, à première lecture, plus mauvais qu’il ne l’est en réalité. En effet, sur le plan opérationnel, UBS a réalisé un bénéfice, la gestion de fortune a augmenté grâce à l’apport de nouveaux fonds et, en fin d’année, le cours de l’action était supérieur de 27,6 pour cent à celui l’année précédente. Pourtant, 2012 a été une année de mutation et en aucun cas une année de succès, sauf pour les actionnaires qui ont profité de dividendes en hausse de 50 pour cent.

Dans le rapport d’UBS sur les indemnités, ce sont notamment les derniers changements de personnes (de Grübel à Ermotti en septembre 2011) et du président du conseil d’administration (de Villiger à Weber en mai 2012) qui ont eu des conséquences particulières. À cette époque, les anciens directeurs avaient renoncé à une grande partie de leurs droits en matière de salaire, ce que ne font pas le CEO actuel, Sergio Ermotti, et le président actuel du conseil d’administration, Axel A. Weber. Bien au contraire: le 3 mai 2012, M. Weber a même reçu 4,268 millions de francs à titre de prime d’engagement. En calculant sa rémunération sur toute une année et en y ajoutant la prime d’engagement, on obtient pour M. Weber un salaire annuel de près de 9,7 millions de francs, soit 194 fois ce que gagne un travailleur percevant le salaire le plus bas chez UBS.

Outre le changement de son président à plein temps du conseil d’administration, ce dernier a été élargi, passant de onze à douze personnes, et a augmenté la proportion des femmes en son sein. L’indemnité des membres du conseil d’administration exerçant cette fonction à titre accessoire est inférieure de un pour cent à celle de l’année précédente. Cette indemnité est demeurée à 1 sur 15 par rapport au salaire le plus bas.

Lors de l’exercice écoulé, l’indemnité la plus importante attribuée au sein de la direction du groupe UBS, soit 8,871 millions de francs, a été versée pour la première fois au CEO Sergio Ermotti. Le directeur du Groupe Amérique Robert McCann, qui avait encore gagné 9,183 millions de francs en 2011, a dû se contenter en 2012 de 8,555 millions de francs, soit 171 fois le salaire le plus bas versé par l’entreprise. L’écart salarial le plus important au sein de la direction du groupe s’est donc refermé de 3,4 pour cent, et se situe désormais à 1 sur 177. L’écart salarial entre la rémunération de M. Ermotti et le salaire le plus bas chez UBS s’est creusé de 4,8 pour cent par rapport à 2011, et même de 199 pour cent – en raison du renoncement de Oswald Grübel à sa rémunération variable – en comparaison avec la rémunération de son prédécesseur.

Pour les neuf autres membres qui siégeaient encore au sein de la direction du groupe UBS à fin 2012, le salaire n’est pas comptabilisé séparément. En moyenne, il s’élevait à plus de 6,2 millions de francs ou à 125 fois le salaire le plus bas chez UBS. Cet écart salarial s’est ainsi creusé de 10,3 pour cent par rapport à l’année précédente.

UBS: des reports d’indemnités et 24,5 millions de francs en attributions de compensation pour A. Orcel

Chez UBS, la nouvelle vedette s’appelle Andrea Orcel ; le 1er juillet, il a pris ses fonctions de CEO de la banque d’investissement (Investment Bank) au sein de la direction du groupe. Il a été incité à ce changement du fait que UBS a repris de son ancien employeur Bank of America Merrill Lynch des reports de rémunérations de près de 6 millions de francs en espèces et 18,5 millions en actions bloquées. Si ces attributions de compensation étaient considérées comme un salaire, M. Orcel aurait gagné, en 2012, 614 fois plus que le collaborateur touchant le salaire le plus bas chez UBS. Il ne s’agit pas d’une composante de salaire à proprement parler, mais d’une pratique discutable qui torpille le concept des reports de droits au salaire. Par le biais du report des indemnités, les dirigeants doivent se concentrer sur l’évolution à long terme de l’entreprise. En conséquence, le report des indemnités reste également lié aux critères de rendement et de performance au cours des années suivantes, et dans un cas extrême ce report des indemnités pourrait même être ramené à zéro. Si le report des indemnités des dirigeants est « racheté » selon ces pratiques du marché, comme elles l’ont été en 2012 par UBS pour A. Orcel et 202 autres cadres, toute la conception du report des indemnités sera remise en question.

Credit Suisse: les écarts salariaux se creusent pour MM. Shafir et Dougan au sommet de l’échelle des salaires

Contrairement à UBS, Credit Suisse a enregistré un bénéfice net en 2012. Toutefois, ce bénéfice de 1,349 milliard de francs était inférieur de 30,9 pour cent à celui de l’année précédente et se situait également en deçà des attentes des experts. Le cours de l’action en fin d’année n’était supérieur que de 0,9 pour cent à celui de 2011. Comme pour UBS, la forte réévaluation des propres engagements d’environ 2,9 milliards de francs a pesé sur le résultat de Credit Suisse.

L’année 2011 avait déjà été mauvaise pour CS en raison des transformations entreprises, ce qui avait alors également entraîné une réduction des rémunérations des dirigeants. Cette évolution bienvenue s’est de nouveau inversée en 2012.

Urs Rohner, président à temps complet du conseil d’administration de Credit Suisse depuis fin avril 2011, a reçu 5,235 millions de francs, soit près de 22 pour cent de plus que l’année précédente. L’écart salarial entre sa rémunération et celle d’un collaborateur touchant le salaire le plus bas de l’entreprise s’est creusé de 12 pour cent, et se situe à 1 sur 97.

Le conseil d’administration a été élargi, et compte une personne de plus, soit 14 membres exerçant leur fonction à titre accessoire. En dépit d’une indemnité globale plus élevée, l’écart salarial s’est donc réduit de 9,4 pour cent pour se situer à 1 sur 10.

D’importants changements ont été enregistrés au sein de la direction du groupe de Credit Suisse. Cinq membres ont quitté le navire au cours de 2012. Private Banking et Wealth Management (y compris Asset Management) ont fusionné et sont désormais dirigés conjointement par Hans-Ulrich Meister et Robert S. Shafir. À l’avenir, la banque d’investissement (Investment Bank) devrait, elle aussi, être dirigée conjointement par deux membres de la direction du groupe.

Comme l’année précédente, c’est Robert S. Shafir qui a touché l’indemnité globale la plus élevée versée par Credit Suisse. Après avoir reçu 8,5 millions de francs l’année précédente, il s’est vu attribuer en 2012 au total 10,59 millions de francs (plus 24,6 pour cent). L’écart salarial le plus important chez CS s’est ainsi creusé de 18 pour cent, pour se situer à 1 sur 191.

Après le recul massif de la rémunération de Brady Dougan en 2011, son indemnité globale a de nouveau augmenté cette année de 33,5 pour cent pour atteindre 7,77 millions de francs. Cette hausse est due principalement à la contre-valeur plus élevée des actions qui lui sont attribuées. Déjà, la tendance constatée au cours de l’an dernier visant à verser des rémunérations plus raisonnables aux dirigeants s’est de nouveau inversée. L’écart entre le salaire de B. Dougan et le salaire le plus bas de CS a augmenté de 26,5 pour cent et se situe à 1 sur 140.

Les salaires des onze autres membres de la direction du groupe ne sont pas communiqués individuellement. En moyenne, ils gagnent chacun près de 5,7 millions de francs, ce qui correspond à un écart salarial de 1 sur 105 (plus 3,4 pour cent).

Les actionnaires n’entreprennent rien

En 2012, en dépit d’importantes mesures d’économies et de restructuration – les deux grandes banques suisses ont supprimé plus de 2000 emplois à temps complet –, les deux groupes ont de nouveau distribué des rémunérations élevées à leurs dirigeants. Les nouveaux programmes de bonus des banques ne prévoient pas de baisser fondamentalement les rémunérations de leurs dirigeants, mais renouent plutôt facilement avec les anciens programmes. Cette évolution en direction d’une hausse des salaires des dirigeants n’est guère freinée par la seule initiative Minder. Lors des assemblées générales de cette année, les actionnaires ont été nettement plus nombreux que l’année précédente à approuver, lors d’un vote consultatif, le rapport sur les indemnités. Chez UBS, 82,5 pour cent des actionnaires ont approuvé le rapport sur les indemnités. L’année précédente, ils n’avaient été que 60 pour cent. Chez CS, l’approbation était même de 88 pour cent par rapport à 67,6 pour cent l’année précédente.

De nouvelles mesures politiques sont nécessaires afin de stopper cette évolution ou de l’inverser.

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Tableaux Ecarts salariaux banques.doc 73 KB

10 juin 2013, Dario Bucheli, Collaborateur de projet Drucker-icon

Un beau succès en 2012 pour les assurances
dont les écarts salariaux se sont légèrement refermés

C’est Martin Senn, CEO de Zurich Assurance, dont la rémunération a dépassé en 2012 142 fois le salaire le plus bas, qui continue de présenter l’écart salarial le plus important chez les assurances passées à la loupe. L’écart salarial s’est refermé d’un faible 5 pour cent, comme celui de La Bâloise. L’écart salarial par rapport à la rémunération de Bruno Pfister, CEO de Swiss Life, s’est même refermé de 21 pour cent pour atteindre 1 sur 60. Par contre, chez Helvetia, le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas s’est creusé de 11 pour cent. Plus de 27 collaborateurs touchant le salaire le plus bas devraient fusionner leurs salaires annuels pour atteindre celui du CEO Stefan Loacker. suite

Dans la branche des assurances, les conditions cadre commencent lentement à s’améliorer de nouveau. A titre d’exemple, en 2011, le tsunami au Japon, la crise grecque et les mauvaises conditions prévalant sur les marchés financiers ont durement frappé les comptes.

Dans l’ensemble, 2012 peut être qualifiée d’année fructueuse pour les assurances, également parce que toutes les assurances passées sous revue ont profité de la reprise des marchés financiers et que leurs investissements ont enregistré des résultats positifs.

Alors qu’en 2011 les écarts salariaux se sont creusés en dépit du recul des bénéfices, la tendance s’est inversée lors du dernier exercice, à quelques exceptions près.

Zurich Assurance: le chiffre d’affaires et le bénéfice sont en nette hausse, alors que les salaires des dirigeants sont en léger recul

Grâce au chiffre d’affaires qui a augmenté de plus de 40 pour cent pour atteindre plus de 66 milliards de francs, à un bon retour sur investissements et à la dissolution de réserves devenues inutiles, Zurich Assurance a augmenté son bénéfice net après impôts de plus de 11 pour cent, soit 3,721 milliards. En fin d’année, le cours de l’action Zurich affichait une augmentation de plus de 14,5 pour cent par rapport à l’année précédente.

Le 29 mars 2012, Josef Ackermann, le dirigeant controversé de Deutsche Bank, est devenu le nouveau président du conseil d’administration de Zurich Insurance Group. Son indemnité globale calculée sur un an s’est élevée à 846‘000 francs. C’est 15 pour cent de moins que le million perçu en 2011 par Manfred Gentz. L’écart salarial par rapport à la rémunération touchée par le président du conseil d’administration s’est refermé de 16,5 pour cent pour atteindre 1 sur 16. Travail.Suisse exige que cette évolution se confirme au cours des prochaines années et que l’indemnité du président du conseil d’administration n’atteigne plus jamais les montants exorbitants des années précédentes.

L’écart salarial le plus important constaté à Zurich Assurance, celui du salaire le plus bas par rapport à la rémunération du CEO Martin Senn, s’est légèrement refermé, de 5 pour cent, et atteint toujours un rapport incroyable de 1 sur 142. Toutefois, si l’on calculait la rémunération de M. Senn avec le cours du change annuel moyen de la BNS, l’écart salarial se creuserait alors, et ce, de 0,58 pour cent pour atteindre un rapport de 1 sur 146.

A l’exclusion du CEO, un membre de la direction du groupe Zurich touche en moyenne un salaire de plus de 3,5 millions de francs. L’écart salarial se referme de 10 pour cent pour se situer dans un rapport de 1 sur 67.

Swiss Life: l’intégration d’AWD a permis à l’écart salarial entre le salaire du CEO et le salaire le plus bas de se refermer de 20,9 pour cent

Au cours du dernier exercice, Swiss Life a tiré les conséquences du mauvais investissement fait en 2007 lors de l’acquisition du conseiller financier allemand AWD, qui n’a jamais convaincu depuis lors. La marque AWD a été liquidée et des produits choisis ont été diffusés sous la marque Swiss Life Select. Il en est résulté une réduction des actifs patrimoniaux immatériels de 578 millions de francs. D’où un recul de 84,7 pour cent du bénéfice net qui est passé de 606 à 93 millions. Après correction des effets spéciaux, le bénéfice net a augmenté de 22 pour cent et il ressort clairement que 2012 a tout de même été une bonne année pour Swiss Life, comme le confirme le cours de l’action qui a terminé en hausse de 40 pour cent par rapport à l’année précédente. Les raisons de ce succès sont à attribuer à des avancées opérationnelles, à un bon retour sur investissements, à une consolidation des provisions ainsi qu’au chiffre d’affaires en augmentation de 13 pour cent pour se situer à plus de 18,7 milliards.

En 2012, les indemnités versées aux membres du conseil d’administration sont restées au même niveau que l’année précédente. La plus forte croissance est celle de Rolf Dörig, président du conseil d’administration, avec 3,5 pour cent. Au moins, l’écart salarial de 1 sur 31 par rapport au salaire le plus bas, comme pour tous les autres membres du conseil d’administration, est resté le même que l’année précédente.

Les membres de la direction du groupe ont vu leur salaire diminuer de 6,2 pour cent par rapport à l’année précédente. Un membre de la direction du groupe (sans le CEO) ayant perçu en moyenne une rémunération 33 fois plus importante qu’un collaborateur touchant le salaire le plus bas, l’écart salarial s’est refermé de 2,8 pour cent. Le seul et unique écart salarial ayant enregistré en 2012 de fortes fluctuations par rapport au salaire le plus bas est occasionné par la rémunération du CEO Bruno Pfister. Avec 3,37 millions, ses services ont coûté à Swiss Life 19 pour cent de moins que l’année précédente, mais tout de même 60 fois plus que ceux d’un collaborateur touchant le salaire le plus bas. Son salaire moins important que celui de l’année précédente laisse supposer que la responsabilité du mauvais investissement relatif à AWD lui est attribuée, du moins en partie.

La Bâloise: troisième meilleur résultat depuis 11 ans, la direction du groupe gagne un peu plus

La Bâloise a fêté son 150e anniversaire avec un bénéfice consolidé du groupe qui a augmenté de 621,7 pour cent, passant de 61,3 à 442,4 millions de francs. Cet accroissement est dû au fait que 2011 avait été une année extrêmement négative en raison des réévaluations de valeurs des emprunts d’Etat de la Grèce et des écarts d’acquisition (goodwill) en Croatie. 442,4 millions de francs constituent tout de même un excellent résultat. Au cours des 11 dernières années, des bénéfices plus élevés n’ont été atteints qu’en 2006 et 2007. En fin d’année, le cours de l’action était de 21,9 pour cent supérieur à celui de l’année précédente.

Au sein de la direction du groupe, l’indemnité basée sur les actions a augmenté, alors que l’indemnité fixe en espèces a baissé. En moyenne, un membre de la direction du groupe La Bâloise (à l’exclusion du CEO) a perçu avec 1,6 million de francs 29 fois plus qu’un collaborateur touchant le salaire le plus bas. Cela signifie que l’écart salarial s’est creusé de 5,6 pour cent. Toujours est-il que la rémunération de 2,8 millions de francs du CEO Martin Strobel est en baisse. Le rapport entre le salaire le plus bas et le salaire le plus élevé s’est refermé de 4,7 pour cent et passe de 1 sur 54 à 1 sur 51.

Les rémunérations des membres du conseil d’administration ne peuvent que difficilement être comparées à celles des années précédentes. M. Burckhard, président du conseil d’administration, n’est pas un président exécutif comme l’était son prédécesseur Schäuble. Par conséquent, l’indemnité versée au président du conseil d’administration a diminué et l’écart salarial s’est refermé de plus de 60 pour cent. En revanche, l’indemnité versée à chacun des membres du conseil d’administration (sans le président) a augmenté de plus de 24 pour cent, et l’écart salarial s’est ainsi creusé de plus de 21 pour cent.

Helvetia: tous les écarts salariaux se sont creusés

Helvetia a connu un exercice solide et a enregistré de bons résultats. Son bénéfice a augmenté de 10 pour cent dans les affaires vie et de plus de 33 pour cent dans les affaires non vie; dans l’ensemble il a dépassé de 18 pour cent celui de l’année précédente. La stratégie de croissance de Helvetia porte lentement ses fruits: ce ne sont plus 90 pour cent, mais uniquement 69 pour cent du bénéfice qui ont été réalisés en Suisse. Helvetia a racheté l’assureur français de transports Gan Europcourtage et 51 pour cent de l’assurance vie italienne Chiara Assicurazioni, mais les effets de ces acquisitions ne seront visibles qu’à partir de 2013. Le cours de l’action était de 17,5 pour cent supérieur à celui de l’année précédente et le dividende a été relevé à 17 francs.

Dans l’ensemble, les écarts salariaux se sont creusés chez Helvetia, le plus notablement au sein de la direction du groupe: au total, les membres de la direction du groupe ont touché, comme l’année précédente, 6,882 millions de francs. Toutefois, un mandat a été supprimé. La rémunération individuelle d’un membre de la direction du groupe a donc augmenté de plus de 8 pour cent. L’écart salarial par rapport au salaire le plus bas a augmenté de 12 pour cent, se situant à 1 sur 21.

Quant au CEO Stefan Loacker, il a bénéficié d’une augmentation de salaire de 8 pour cent, touchant près de 1,5 million de francs, soit 27 fois le salaire le plus bas. L’écart salarial le plus important chez Helvetia a ainsi enregistré une augmentation de 11,3 pour cent par rapport à l’année précédente.

Il est nécessaire d’agir au niveau des salaires les plus bas

Contrairement à l’année précédente, les salaires les plus bas ont connu quelques changements au cours du dernier exercice. Helvetia constitue à cet égard une exception affligeante, étant donné que le salaire le plus bas versé chez Helvetia a baissé de 2,9 pour cent par rapport à l’année précédente.

En revanche, les trois autres assureurs ont relevé leur salaire le plus bas. Swiss Life verse au collaborateur touchant le salaire le plus bas 2,4 pour cent de plus que l’année précédente, La Bâloise 2,2 pour cent de plus et Zurich 1,36 pour cent de plus. Il convient toutefois de remarquer que chez Helvetia le salaire annuel le plus bas, soit 54‘360 francs, dépasse de 840 francs celui de Zurich, dont le chiffre d’affaires est environ 10 fois plus important que celui de Helvetia. Zurich, le prestataire suisse de services financiers le plus puissant selon le classement de Forbes, ferait bien de montrer l’exemple non seulement pour le montant des rémunérations de ses dirigeants, mais aussi enfin pour les bas salaires.

29 avril 2013, Dario Bucheli, Collaborateur de projet Drucker-icon

Les salaires des dirigeants restent élevés
chez Nestlé, Swatch et Kuoni

Les salaires des dirigeants de Nestlé, Swatch et Kuoni continuent d’être très élevés. Toutefois, les écarts salariaux ont connu des évolutions très différentes: chez Nestlé, c’est notamment son CEO qui a profité d’un exercice favorable, l’écart salarial s’est creusé, atteignant un rapport de 1 sur 238. En dépit d’une année record, tous les écarts salariaux se sont resserrés chez Swatch. En 2012, l’écart salarial le plus important se situait dans un rapport de 1 sur 137. Lors de l’exercice écoulé, Kuoni a subi une perte pour l’ensemble du groupe et les écarts salariaux se sont pourtant creusés. L’écart salarial par rapport à la rémunération du CEO s’est creusé de plus de 24 pour cent pour atteindre 1 sur 54. suite

Nestlé a connu un exercice 2012 très positif: son bénéfice net, son chiffre d’affaires et le cours de son action en fin d’année ont tous augmenté de plus de 10 pour cent. Paul Bulcke, CEO de Nestlé, s’est offert, pour cette belle année, une rémunération de 12,608 millions de francs, soit 11,6 pour cent de plus qu’en 2011. Sa rémunération a ainsi atteint son sommet depuis qu’il a pris ses fonctions de CEO en 2008. En 2003, avant les années d’excès les plus considérables, la rémunération de Peter Brabeck-Letmathe, le CEO d’alors, se situait à un niveau semblable. Un collaborateur touchant le salaire le plus bas devrait travailler pendant plus de 238 ans pour percevoir le salaire de M. Bulcke, ce qui signifie que l’écart salarial s’est creusé de 10,3 pour cent par rapport à l’année précédente.

Fort heureusement, tous les salaires des dirigeants de Nestlé n’ont pas augmenté dans la même proportion que la croissance du bénéfice ; mais ils restent tout de même à un niveau extrêmement élevé: l’indemnité versée au président du conseil d’administration Brabeck-Letmathe est restée constante, se chiffrant à 8 millions de francs, soit 151 fois le salaire le plus bas. En moyenne, un membre du conseil d’administration de Nestlé (à l’exception du président) a touché près de 6 pour cent de moins, mais ses 383‘000 francs représentent encore environ 7 fois plus que le salaire le plus bas et signifient un resserrement de 6,9 pour cent de cet écart salarial. Malheureusement, au sein de la direction du groupe, ce n’est pas seulement l’écart salarial par rapport à la rémunération du CEO qui s’est creusé, mais aussi par rapport à celles de tous les autres directeurs. En moyenne, un membre de la direction du groupe (sans le CEO) a gagné 3,127 millions de francs, l’écart salarial entre la rémunération moyenne des membres de la direction du groupe et le salaire le plus bas s’est donc creusé de 1,5 pour cent pour se situer dans un rapport de 1 sur 59.

Swatch: une année record qui entraîne une diminution des écarts salariaux

Cette année, Swatch, l’entreprise qui a la meilleure image en Suisse 1, a surpris tout le monde. Elle a rencontré un vif succès et un écho positif en publiant son rapport de gestion également en suisse allemand. Non seulement la forme, mais aussi le contenu de ce rapport de gestion ont de quoi impressionner. Que ce soit par exemple les effectifs ou le nombre d’apprentis, le cours de l’action ou le dividende de l’action au porteur ou de l’action nominative, tous les indices ont atteint des valeurs records. Le chiffre d’affaires brut a augmenté de 14 pour cent, se situant à 8,143 milliards de francs, un record. Le bénéfice du groupe a augmenté de 26 pour cent et a atteint 1,6 milliard de francs, un record là aussi. La nouvelle convention collective de travail (CCT) de l’industrie horlogère a permis de relever de 2,6 pour cent le salaire minimal très bas de 3500 francs, qui reste toutefois à un niveau très faible. Les effets de cette année record sur les rémunérations des dirigeants sont étonnamment positifs: tous les écarts salariaux ont diminué.

Nayla Hayek, la présidente du conseil d’administration de Swatch, s’est contentée de 3,797 millions de francs (une diminution de 6,1 pour cent). Ainsi l’écart entre sa rémunération et le salaire le plus bas a-t-il diminué de 8,4 pour cent, se situant dans un rapport de 1 sur 81. Chez Swatch, l’indemnité d’un membre non exécutif du conseil d’administration n’atteint même pas le triple du salaire le plus bas. De ce fait, l’écart salarial s’est refermé de 27,6 pour cent.

Nick Hayek, CEO de Swatch, a perçu au total (y compris pour son mandat de membre du conseil d’administration) 6,395 millions de francs (soit une diminution de 4 pour cent). Ainsi la personne la mieux payée perçoit-elle 137 fois le montant obtenu par un-e employée-e touchant le salaire le plus bas. L’écart salarial s’est refermé de 6,3 pour cent. Le salaire moyen des membres de la direction élargie du groupe et des membres exécutifs du conseil d’administration, sans son président et le CEO, a représenté à peine 36 fois plus que le salaire le plus bas. De ce fait, l’écart salarial s’est, lui aussi, refermé de quelque 8 pour cent.

Travail.Suisse salue ces évolutions salariales chez Swatch et espère qu’elles se poursuivront à l’avenir dans la même direction.

Kuoni: le CEO Rothwell reçoit un bonus relevé d’environ 50 pour cent, en dépit des pertes enregistrées par le groupe

Kuoni connaît actuellement un processus de mutation, passant d’organisateur de voyages à prestataire de services dans le domaine du voyage. C’est pourquoi l’entreprise s’est retirée en 2012 des affaires déficitaires en Europe. Le retrait de six pays coûtera plus de 100 millions de francs, dont 48,3 millions ont été comptabilisés dans l’exercice 2012, entraînant une perte de 13,2 millions de francs pour le groupe.

Malgré cette perte, les salaires des membres de la direction du groupe ont pris l’ascenseur. Peter Rothwell, le CEO de Kuoni, a obtenu une coquette indemnité de 2,817 millions de francs, soit 27,4 pour cent de plus que l’année précédente. La part variable de son indemnité (bonus), qui a augmenté de 48,7 pour cent par rapport à l’année précédente, constitue 57 pour cent de son salaire. L’écart salarial s’est creusé comme jamais auparavant : de 24,2 pour cent, passant d’un rapport de 1 sur 44 à 1 sur 54.

Depuis le début de notre étude en 2002, l’écart salarial entre la rémunération moyenne d’un membre de la direction et le salaire le plus bas a augmenté de 210 pour cent, passant d’un rapport de 1 sur 13 à 1 sur 39.

L’indemnité globale des membres de la direction du groupe, déduction faite de celle du CEO, s’est élevée à 7,425 millions de francs, soit 1,856 million de francs (plus 21 pour cent) par personne. L’écart salarial entre le salaire moyen d’un membre de la direction du groupe (sans le CEO) et le salaire le plus bas s’est creusé de 18 pour cent, se situant dans un rapport de 1 sur 36.

Ce sont là des évolutions éhontées face à la première perte subie par le groupe depuis 2005, et une correction de ces excès salariaux serait indiquée de toute urgence.

1 Selon GfK Business Reflector 2013

Annexe Dimension

PD Salaires des dirigeants Nestlé Swatch Kuoni.doc 112 KB

Tableaux Ecarts salariaux Nestlé Swatch Kuoni.doc 88 KB

15 avril 2013, Dario Bucheli, Collaborateur de projet Drucker-icon

Les salaires des dirigeants des grands groupes pharmaceutiques: Roche dépasse Novartis

C’est la branche pharmaceutique qui paie les salaires les plus élevés en Suisse. Alors que les écarts salariaux se refermaient en 2012 chez Novartis, les salaires sont restés extrêmement excessifs chez Roche. Severin Schwan, son CEO, a touché une rémunération 261 fois plus élevée que celle d’un collaborateur touchant le salaire le plus bas. suite

Les géants pharmaceutiques bâlois ont de quoi être satisfaits du dernier exercice comptable. Le cours de l’action de Novartis a augmenté de 7%(en fin d’année), et celui de l’action de Roche de 12%.

Le chiffre d’affaires de Novartis était de quelque 53,15 milliards de francs (plus 2,3%), celui de Roche se situait autour de 45,5 milliards (plus 7%). Les deux groupes pharmaceutiques ont vu leur bénéfice augmenter de plus de 9 milliards de francs.

Cette année fructueuse a eu des effets divers sur les rémunérations des dirigeants.

Les écarts salariaux se referment chez Novartis

En 2012, Daniel Vasella, président du conseil d’administration de Novartis, a gagné quelque 500‘000 francs de moins, soit 3,2%, que l’année précédente. Son indemnité globale de plus de 13 millions de francs n’en est pas moins restée immensément élevée; pour obtenir un tel montant, une collaboratrice ou un collaborateur touchant le salaire le plus bas devrait travailler pendant 216 ans. Avec une indemnité de 933‘339 francs par séance (officielle), D. Vasella fait aussi pâlir d’envie de nombreux dirigeants de groupes.

L’indemnité globale du conseil d’administration a baissé, bien que ce dernier ait été élargi à douze membres. En 2012, l’indemnité annuelle moyenne d’un membre du conseil d’administration (à l’exclusion de M. Vasella) était encore de 561‘000 francs (moins 8,9%), le fossé salarial se refermant ainsi de plus de 11%.

Joseph Jimenez a gagné 13,23 millions de francs, soit environ 2 millions (16%) de moins que l’année précédente. En particulier, il s’est vu attribuer nettement moins d’actions en 2012. Toutefois, le bonus, qui a fondu par rapport à l’année précédente, n’en a pas moins constitué encore 82,5% de l’indemnité globale. Son travail a été rétribué 219 fois plus que celui d’un travailleur ou d’une travailleuse touchant le salaire le plus bas. L’écart salarial s’est refermé de 18%.

L’écart salarial s’est creusé chez Novartis uniquement pour trois membres de la direction du groupe. Même le coût salarial moyen d’un membre de la direction du groupe (sans J. Jimenez) a néanmoins baissé de 2,5% pour se situer à 5,4 millions de francs. L’écart salarial de 1 sur 88 correspond à une légère diminution de près de 5%.

Travail.Suisse salue l’évolution des salaires des dirigeants de Novartis et espère qu’elle se poursuivra au cours des années à venir.

La direction du groupe ne comporte de nouveau aucune femme

Sur le plan du personnel, un changement frappe surtout dans la direction du groupe Novartis: Naomi Kelman, qui avait été débauchée il y a un an de Johnson & Johnson, a déjà perdu – après deux mois – son poste de membre à part entière de la direction du groupe. Elle doit son départ à l’évidente mauvaise décision qu’elle a prise de fermer le site de Nyon à fin 2011, décision qui entraîna d’innombrables protestations et critiques ; la fermeture fut finalement évitée grâce aux concessions du Canton de Vaud. Mais l’on ne saurait avoir pitié de la directrice du domaine des médicaments vendus sans ordonnance (« OTC – over the counter »). Pour son engagement chez Novartis, N. Kelman a touché tout juste 8,2 millions de francs (y compris une indemnité pour délai de résiliation non tenu et interdiction de concurrence).

Depuis le départ de Naomi Kelman, ce sont de nouveau uniquement des hommes qui siègent au sein de la direction du groupe Novartis.

Les écarts salariaux se creusent considérablement chez Roche

En 2011, il était encore possible d’être fort satisfait de l’évolution des salaires chez Roche, où les écarts salariaux diminuaient comme ils le font désormais chez Novartis. Cette évolution a malheureusement été de courte durée.

En 2012, la seule évolution positive chez Roche s’est manifestée du côté du président du conseil d’administration. Franz Humer a touché environ 8,66 millions de francs, soit 2,5% ou 223‘000 francs de moins que l’année précédente. Réduit d’environ 5%, le fossé salarial était de 1 sur 143.

En 2012, un membre du conseil d’administration (à l’exception de M. Humer) a reçu en moyenne quelque 374‘000 francs, ce qui correspond à une hausse de 9,5% par rapport à l’année précédente.

Chez Roche, c’est Severin Schwan, CEO, qui a touché le gros lot. Selon nos calculs, sa rémunération s’est chiffrée à quelque 15,8 millions de francs, soit plus de 27 pour cent de plus que ce qu’il avait gagné l’année précédente. De même, le coût salarial moyen d’un membre de la direction du groupe (sans S. Schwan) a augmenté de 28,% pour se situer à plus de 6 millions de francs. Globalement, les six personnes constituant la direction du groupe ont reçu quelque 44,84 millions de francs (soit une augmentation de 24,6%). De ce fait, les écarts salariaux se sont creusés massivement: S. Schwan a empoché près de 261 fois plus qu’une collaboratrice ou un collaborateur touchant le salaire le plus bas, ce qui correspond à une augmentation de 24 pour cent des écarts salariaux. Les membres de la direction du groupe eux-mêmes (à l’exception de S. Schwan) atteignent en moyenne un rapport incroyable de 1 sur 100 (plus 4,9%).

Des chefs de longue date se retirent

Comme cela a été annoncé lors de l’assemblée générale, après Daniel Vasella, c’est Franz Humer, son collègue de Roche, qui se retire également. Pendant une vingtaine d’années, MM. Vasella et Humer ont présidé à la destinée de leur groupe pharmaceutique. Avant le tournant du millénaire, ils ont tous deux été CEO, puis ont détenu le double mandat de CEO et de président du conseil d’administration, avant de renoncer au premier titre et de ne garder que la présidence de leur société. Depuis des années, ils ont empoché tous deux des indemnités exorbitantes et ont touché finalement un salaire horaire de plus de 100‘000 francs. Autant les parallèles entre les deux hommes sont importants, autant ils ont été perçus différemment dans le grand public. Depuis plusieurs années, Daniel Vasella occupe le devant de la scène mais son image médiatique dégringole, lui-même et Novartis ayant notamment essuyé de vives critiques pour cause de rémunérations excessives. La situation est restée nettement plus calme autour de Roche et de F. Humer, même si le salaire de ce dernier se situait à un niveau comparable à celui de D. Vasella. Le fait est que F. Humer a adopté une manière prudente et retenue, en prenant apparemment davantage le pouls de la société et en réagissant toujours plus tôt que son collègue Vasella. De même, lors de son départ l’an prochain, il renoncera à une indemnité d’interdiction de concurrence, à la présidence d’honneur et à un contrat de consultant.

Travail.Suisse souhaite que les salaires évoluent plus raisonnablement dès la fin de l’ère Vasella-Humer. La perception de salaires exorbitants tels que certains dirigeants en ont touché au cours des dernières années devrait enfin appartenir au passé.

Incertitudes quant aux effets de l’initiative contre les rémunérations abusives

L’initiative contre les rémunérations abusives, acceptée par le peuple suisse, ne mettra sans doute pas un terme aux salaires excessifs. Attendons de voir si les membres de conseil d’administration font un meilleur travail, plus indépendant, du fait de la pression exercée pour leur réélection annuelle, et attendons de voir quels seront les effets de la décision contraignante des actionnaires sur le système des rémunérations, et si les dirigeants cherchent plutôt le dialogue et la justification de leurs actes devant les actionnaires. Quoi qu’il en soit, les votes consultatifs de cette année (80% des actionnaires de Novartis et presque 100% des actionnaires de Roche ont accepté le système des rémunérations) ne promettent aucun changement majeur au niveau des inégalités choquantes et exigent que de nouvelles mesures soient prises pour remettre les rémunérations des dirigeants sur des rails plus adéquats.

Annexe Dimension

PD Salaires des dirigeants groupes pharmaceutiques.doc 94 KB

Tabelaux Ecarts salariaux Novartis et Roche.doc 66 KB

25 mars 2013, Dario Bucheli, Collaborateur de projet Drucker-icon

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